Piutarque, Perûîfef , XIV
tbènes revendiquait généreusement la dépense comme la gloire; ainsi il faisait acte de grand souveriin.
Gomme frontispice à l'histoire d'Athènes, il ne faudrait pas le groupe des plus célèbres Athéniens : Solon, Harmodios, RUsthènes, Thémistocle^ Uiltiade, Aristide, Cimoo, Éphialtes, Périclès, Alcibiade, Phocion, Démosthène; il faudrait cette figure de Parrhasios dont parle Pline l'Ancien : Le Peuple Athénien, 6 ^ri^Lo^ A07)va(â)Vy magnifique allégorie où le peintre avait su /exprimer dans tous ses contrastes le caractère de cet être multiplet
Les événements qui suivirent la mort de Périciës suffiraient seuls à prouver l'action du Peuple Athénien sur ses destinées. Périclès mort, la prospérité de TËtat ne décroît pas; il ne manque pas à la chose publique; à peine, s'aperçoit-on qu'il n'est plus. Cependant les citoyens qui lui succèdent à la tribune et à la tête des armées : Nicias, Lamakhos, Rléon, Démosthène, ne valent pas à eux tous le seul Périclès. C'est qu'A cette époque le véritable chef du Peuple ce n'est pas Nicias,
1. Pinxit {ParrhcLsius) démon Atheniensium y argumenta quoqve ingenioso: volebcU namquevariumyiracundum,injustumf inconstantem; eumdem exhortàbilemy elemeniem, mùerieordemf exceîsum^ gloriosumy humilemy ferocem fugacemquey et omnia pariter ostendere. Pline^ XXXV, 10. Cf. Pausanias, 1,1; Junius. De Pietura veterum, catalog. Artific.y p. 149, note k, Sillig. Catalogué Artifieum, p. 116.
ATHENES APRfeS LA MORT DE PÉRICLÈS. 197
ce n'est pas Kléon, pas plas qu'à l'époque précédente, ce n'était Périclès, pas plus qu'à Tépoque suivante ce ne sera Alcibiade. C'est que le véritable chef du Peuple, c'est le Peuple lui-même.
Malgré la mort de Périclès, malgré une nouvelle ap* parition de la peste S malgré les invasions annuelles de TAttique par les Péloponnésiens', malgré une guerre terrible qui menace d'être éternelle, malgré les intrigues aristocratiques de Nicias et les menées démagogiques de Kléon, le souverain d'Athènes, le Peuple, conserve toute son énergie et maintient la Cité prospère et brillante à l'intérieur, respectée et victorieuse à l'extérieur. A Athènes on poursuit les travaux commencés du vivant de Périclès; on construit et Ton équipe des flottes entières : « Jamais, dit Thucydide,
< Athènes n'avait eu une flotte plus magniGque ni
< plus nombreuse'». On vote de nouvelles lois, entre autres l'augmentation de la paye dikastique^; on
1. Il y eut, en 426, à Athènes, soit une recrudescence, soit une nou-. velle apparition de la peste. Thucydide, III, 87 ; Diodore de Sicile, XII, 58.
2. Pendant toute la première période de la guerre qui s'étend de 431 à 421 , les Péloponnésiens envahirent en effet presque chaque année l'Attique. Thucydide, II, 58-25, 47-57, 9^-94, III, 1, 26; IV, 2, 6. Diodore de Sicile, XII, 42, 45, 52, 55.