‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 12 sur 241 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

Si on revient à Tétude des siècles évanouis^ c'est que pour la France, l'Histoire comme la colombe de l'arche porte le rameau vert. Elle décuple le courage de ceux qui se préparent à la lutte prochaine; elle console ceux qui s*abîment dans le doute. Elle montre que les grands peuples se relèvent sans cesse; elle prouve qu'ils ne meurent jamais, puisque si leur patrie n'était plus même « une expression géographique » , le foyer de lumière qu*ils ont allumé éclairerait encore le monde pour l'éternité.

Paris^ septembre 1872*

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ÏA

Athènes n'était pas la capitale d'un État, quoiqu'elle eût un grand nombre de dèmes urbains et suburbains \ de colonies^ de villes sujettes et d'tles tributaires. L'État, c'était Athènes elle-même, la grande cité civilisatrice, englobant tout et centralisant tout. L'agriculteur de Pallène, le charbonnier d'Achames et le cordier de Munychie, dèmes de TAt-

1 . Les dèmes urbains de l'Attique correspondraient aux arrondissements de nos grandes villes; les dèmes suburbains aux communes de nos campagnes. Le nombre de ces dèmes n'est pas fizô d'une façon certaine. On le porte à cent ou à cent soixante-quatorze. Peut-^tre à l'origine KUsthènes l'arait-il fixé k cent, et l'accroissement de la population le fit-il élerer dans la suite à cent soixante^quatorze. Cf. Hérodote, V, 69; Eustathe, II. B,; Strabon, IX, 10; Schoeman, De Comibïr Âthenimnwaij p. 363 ; et ÀfUiqaiUU. jur. pufr. graec., p. 360; Hermann, Lwhbuch dêr Gfieché Antiquiti, p. 12;Hanriot, Recher-^ eha tur la topographie des dèmes de VAUique, p. 59 ; Ross, Den%en um AUiàa, p. 15, sq.) Sauppe, De demis urhanis Athenofum, p. 3.

tique, n'étaient pas citoyens de l'Attique ; ils étaient citoyens d'Athènes. Ils votaient à FAssemblée avec les citoyens d'Athènes; ils siégeaient au tribunal comme héliastes d'Athènes; ils combattaient dans les rangs des hoplites d* Athènes. On doit considérer les dèmes suburbains de l'Attique comme des faubourgs d'AthèneSy plus ou moins éloignés de la ville. Athènes et l'Attique formaient un tout, un agrégat.homogène, qui s'appelait la Cité Athénienne.

Les villes insulaires ou continentales, telles que Sa* mos, Paros, Rhodes» Ephèse, Golophon, Milet, qui reconnaissaient l'dtpx^, V4i^t\M^ioL (le commandement, la suprématie) des Athéniens, comme chefs de la Confédération Ionienne, étaient plutôt les alliées tributaires d'Athènes que ses sujettes. Ces villes^ en échange de la protection que leur assurait Athènes, devaient fournir à la métropole soldats, navires et argent; mais chacune d'elles conservait son autonomie politique et municipale ^

1. Thucydide, I, 122 ; II, 19; VI, 91 ; le scoliiete d'Àristoplune, ad Feip., t. 705; PluUrque, Ariitid.y XXXIII; Ctm.; XI; Grote, llittoire de la Griee, t. VII, p. 195, sq; Bœckh, Économie politique des Athénient, t. II, p. 156-209. » Ce qui montre jusqu'où tlliit Tindépendance de ces dtés en ce qui regardait leur gouyemement intérieur, c'est que plusieurs d*entre elles, Samoa par exemple, étaient des républiques aristocratiques, tandis qu'Athènes, la métropole, était une république démoentique.

LA CONSTITUTION ATHENIENNE. 5

Athènes et TAttique, ou mieux Athènes, puisque constitutionnellement * il n'y avait pas de distinction entre la ?ille et son territoire, étaient divisées en un certain nombre de dèmes qui composaient dix tribus ^ Chaque tribu possédait à peu près la même quantité de citoyens, mais ne contenait pas le même nombre de dèmes, tous les dèmes n*étant pas peuplés également. La division en tribus était politique et non territoriale, car, obstacle absolu aux factions locales, les dèmes adjacents n'étaient presque jamais de la même tribu. Ainsi les deux dèmes Pirée et Pha* lérôn , qui étaient contigus, appartenaient le premier à la tribu Hippotoontide, le second à la tribu Aiantide ; et deux dèmes situés, l'un i l'extrême nord, l'autre à l'extrême sud du territoire athénien, faisaient souvent partie de la même tribu '•

Politiquement, Athènes était divisée en dix tribus; socialement, les Athéniens étaient divisés en trois

1. Aa seul gfognphique cette distinction eiistait bien entendu. Il estéTident que l'eonemi entrant en Attique n'entrait pas pour cela à Athènes; qu*une grande partie de la population citoyenne, ou métœque, habitait l'Atlique et n'habitait pas Athènes. Mais un citoyen de TAttique et un citoyen d'Athènes, un dème de l'Attlque et un dème d'Athènes étaient tout un .

2. Hérodote, V, 69; Aristophane, Pa9,, t. 1183, et le scoliaste, tlrid; Pausanias, I, 5. Cf. Bœckb, Hanriot, Ross, Sauppe.

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