Plutarquë, Akibiad. YUI
VIE PRIT^ D'aIiCIBIADE. S31
les parasites et les débauchés ^ ne voulut pas sacrifier cette somme à rexécution de la clause du contrat Mais craignant qu*Alcibiade, aussi irrité de ce manque de foi qu'envieux des riches domaines d'Hipponikos, ne méditât quelque mauvais dessein, il alla jusqu'à déclarer à TAssemblée que s'il mourait sans enfants, il instituait l'Etat héritier de tous ses biens*. Par cette déclaration, qui ne laissait à Alcibiade aucun espoir d'hériter de son beau-Grëre, Kallias chassait les craintes quelque peu chimériques dont il était assailli.
Malgré son mariage, Alcibiade continua à mener sa vie de débauche accoutumée avec les Athéniennes et les étrangères de tout rang*. Si bien que le poète Phérècrate, grâce à la licence de la Comédie Andenne, disait de lui en pleine scène du Théâtre de Dionysos : < Alci-
1. l» Banquet, de Xénophon, et le Protagorat, de Platon, nouf instruisent des mœurs du beau Kallias. Il tenait maison ourerte anz les sophistes et aux courtisanes.
% Pseudo-Andocide , C. Àleibiad., 13-14; Plutarque, Aleibiad., VIIL— n y a, dans ce passage de Plutarque, une interpolation qui le rend absurde : on doit évidemment donner au récit de Plutarque le sens de celui d'Andocide. — Remarquons aussi que ce fait, d'ailleurs peut» être apocryphe, de l'héritage de Kallias assigné à TÉtat, est une preuve nouvelle que ce Kallias n'avait point de frère. (Voir la note de la page précédente.)
3. Pseudo-Androcide, G. Altib,, 10; Plutarque, Alctbtod., VIII; Athénée, XIH, 9. Cf. Eupolis, Adulât, fr. 18 {Prag. Comic. Grase. édit, Pidot, p. 174-175).
« biade n'est pas un époux, puisqu'il est maintenant Té» « poux de toutes les femmes ^ »
Hipparète, qui aimait son mari jusqu'à l'adoration subissait cruellement cet abandon, et sa haute vertu s'indignait de la conduite d'Alcibiade*. La jeune femme souffrait cependant avec patience. Mais un jour Alcibiade ne craignit pas d'amener dans la maison qu'il habitait avec sa femme une de ses maîtresses, courtisane du der^ nier ordre. Cette action, qui selon la loi athénienne con-
1. OOx &v àvTjp ^àp 'AXxtStdSv);, &ç SoxeT, àvTJp &ira9Ûv t«5v Y^vaixâv è<n:i vûv.
Phérôcrate, fragm. {Fragm. Comic, Grmc, édit. pidot,p. 114}.
Selon un érudit du siècle dernier Çi*ih\é Vatry, 'Recheirchet sur la comédie grecque , Mém. de V Académie des Inscriptions, t. XVI, p. 389), c^est Alcibiade, irrité des attaques dont il était sans cesse Tobjet de la part des poètes comiques, qui aurait fait rendre le fameux décret par lequel il fut interdit de représenter sur le théâtre des personnages vivants. L'assertion est absolument erronée. Le décret qui tua la comédie ancienne ne fût rendu qu'en 404 av. J. C. par les trente tyrans, alors qu'Alcibiade était depuis longtemps proscrit d'Athènes.
L'historien Duris de Samos prétendait aussi qu'Alcibiade s'était vengé d'une façon terrible des injures scéniques d'Eupolis. Lors de l'expédition de Sicile, Eupolisse trouvant sur la trirème d'Alcibiade, celui-ci le fit précipiter à la mer. (Duris de Samos, Frag. 61, FYagm, Historié. Grxc. édit. Didot). Mais Thistorien firatosthène et, après lui, Cicéron démentirent victorieusement Duris en prouvant que plusieurs pièces d'Eupolis furent représentées postérieuivment à l'expédition de Sicile (Cicéron> Epist. ad Àttic, Yl, 1). De notre temps, ce thème, repris par quelques commentateurs, a été réfuté définitivement par Hecker, De ÀkUnadis mortbus.