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s*entamer rnne ou l'autre ; les vaincus s'enfuyant alors en désordre dans toutes les directions ; les vainqueurs reformant leurs lignes et activant par de nouvelles
charges en masse le désordre et la défaite de l'ennemi I
Les stratèges et les officiers subalternes devaient veiller à la conservation de la ligne de bataille, après que leurs troupes avaient coupé l'ennemi; c'était cette ordonnance qui assurait définitivement la victoire. Si la phalange victorieuse se débandait aussitôt après avoir rompu la phalange qui lui avait été opposée, et s'abandonnait à la poursuite des fuyards, les vaincus pouvaient se reformer rapidement en colonne et reprendre l'avantage en culbutant par un mouvement de conversion les bataillons disjoints des vainqueurs. Il y eut de nombreux exemples de ces victoires brusquement changées en défaites par une attaque en flanc. Les hoplites qui avaient forcé la ligne ennemie devaient ne pas quitter leurs rangs, achever de disperser les corps qui lâchaient pied quoique encore en bon ordre^ et se tenir prêts à empêcher^ par de nouvelles charges en masse» toutes les tentatives que feraient les troupes vaincues pour se reformer en colonnes serrées; C'était à la cavalerie et aux troupes légères de poursuivre les fuyards.
Les charges à la baïonnette de Finfanterie moderne ne peuvent donner aucune idée de ces grands chocs des phalanges grecques. D*abord il est très-rare que deux troupes opposées courent l'une sur Tautre et s'abordent à l'arme blanche. Le plus souvent, un corps d'infanterie qui voit un autre corps s'avancer pour le charger, attend celui-ci de pied ferme en le couvrant de feux. Dans les batailles de la Grèce, au contraire, les hoplites se chargeaient mutuellement. Tous les his- * toriens anciens se rencontrent sur ce point avec Thucydide , et l'autorité seule de Thucydide suffirait à l'affirmer. L'auteur de La Guerre du Péloponnèse, général avant d'être historien, n'eût pas, à plusieurs reprises, décrit une manœuvre contraire aux règles de la tactique. De plus, quand de nos jours deux troupes s'abordent, leurs rangs déjà décimés par la fusillade sont plus ou moins écartés ; leurs files n'ont qu'une profondeur de deux hommes ; un grand nombre de soldats, accélérant la course, se portent en avant du rang ; d'autres restent plus en arrière. Le front flotte; les hommes ne forment point une masse. Enfin^ lorsqu'ils arrivent à quelques pas les uns des autres, comme les soldats du premier et du second rang ne se sentent ni appuyés ni retenus par d'autres rangs, que les files ne sont plus coudes à coudes, quelques hommes s'avan-
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cent, d'autres se reculent. Il y a donc collision; combat corps à corps; mais il n'y a pas choc.
La bataille de DéUon, engagée au déclin du jour, se termina avant la nuit. L*aile droite des Athéniens commença par rompre l'aile gauche des Béotiens jusqu'à la moitié de leur ligne*. Les Thespiens, qui formaient le centre de cette aile, ayant le flanc découvert à cause de la retraite des autres confédérés, furent taillés en pièces par les Athéniens un instant victorieux ^. Dans le désordre que produisit ce mouvement de conversion contre les Thespiens, quelques Athéniens s'écrasèrent et s'entre-tuèrent'. Sur les autres points du champ debataille, les troupes d'Hippokratès furent vaincues. Les phalanges thëbaines, qui formaient l'aile droite, culbutèrent les Athéniens au premier choc; car ils avaient sur eux le double avantage d'opposeràdes files de huithommes seulement une profondeur de vingtnrinq hommes, ce qui augmentait leur force de résistance, et de descendre d'une montagne, ce qui augmentait leur force d'impulsion \ Le centre et la droite de l'armée athé-