‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 157 sur 241 · Plutarque, Nicias, IX. Cf. Thucydide, V · texte numérisé non relu

Plutarque, Nicias, IX. Cf. Thucydide, V

2. Plutarque, Nieùu, IX. — La postérité a ratifié ce jugement. L'histoire appelle encore cotte paix la Paix de Nicias.

3. Thucydide, V, 16. Cf. Plutarque, Nicicut, Vlll, IX. — Le témoignage de Thucydide que l'on pourrait cependant accuser de partialité en faveur de Nicias, est bien positif sur les motifs qui déterminèrent c% stratège à faire conclure la paix.

ATHÈNES APRis LA PAIX DE tfiGIAS. 279

paix condamnait à l'inaction ^ A côté des pentakosiomédîmes et des chevaliers, ruinés par les dépenses triérarchiques , à côté de la population suburbaine, agriculteurs, pâtres, mineurs, que les invasions pé-

riodiques des Péloponnésiens forçaient d'abandonner terres, troupeaux, travaux, et de venir camper misérablement dans les rues de la cité, et qui tous étaient très-satisfaits de la paix, il y avait les pauvres et les artisans de la ville et des ports, ouvriers employés à la construction des navires, fabricants d'armes et d'effets militaires*, oisifii vivant de la paye de l'Assemblée * et des dikastérias , qui regrettaient les jours agités de la guerre^ La ville n'avait pas autant souffert des hostilités que les campagnes ; elle ne ressentait pas aussi vivement que celles-ci les bienfaits de la paix. Quoique cette classe du peuple fût moins nombreuse que les populations suburbaines, composée en miyorité d'orateurs, de meneurs, de politiques de

1. Cf. Thucydide, V, 16; Plutarque, Nicias, \ïl, IX; Àkibiad,, XIII, XTV.

. 2. n y ayait aussi à Athènes d*aatres corps d'état moins directement intéressés, c'est vrai, à la reprise des. hostilités, mais doot la guerre n'entravât pourtant pas le commerce.

3. La guerre multipliait les Assemblées du Puyi; la paix au contraire les réduisait à peu près au nombre réglementaire.

4. Cf. Aristophane, Acham, v. 180, sq.; 1021-1095; PodP.T. 4&5-610, 1095-1165; Plutarque, iftetof, IX.

carrefour, et de gens alors sans travail, elle était plus active et plus puissante. Dans la république d'Athènes, comme dans tous les Ëtats antiques et modernes, la cité a toujours fini par imposer sa volonté aux campagnes.

L'ancien parti de Kléon, un instant démembré et vaincu à cause de la mort de son chef, se reforma donc et mit à sa tête Alcibiade, dont les opinions démocratiques étaient déjà notoirement connues '. Le fils de Kltnias était admirablement doué pour hériter du pouvoir de Kléon et pour se concilier Tafiection des masses. Non moins habile, non moins expérimenté dans les choses politiques que le démagogue tombé à Amphipolis, Alcibiade possédait des vertus et des qualités qui manquaient entièrement à Kléon, ou qui n'existaient chez lui qu'à un degré inférieur : la beauté, la grâce et la magnificence, la valeur et l'éloquence.

La grande éloquence d' Alcibiade est attestée à l'unanimité par les auteurs contemporains ou postérieurs ^ «Alcibiade, dit Démosthène, passait pour a le plus grand de tous les orateurs. » Au livre De

1. Cf. Aristophane, Ac/iam., v. 716; Thucydide, X, 43, VI, 89; Plutarqiie, Alcibiad., XIV ; NiciaSy tX, X.

2. Démosthène, C, Mid. 145, et cité par Plutarque, Alcibiad., X; Plutarque,AIct5i(uI., I, X,etdeFtrt.;Théophraste, cité par Plutarque, Alcibiad. y X; Cornélius Nepos, Alcibiad, , I; Théopompe et Timée, cités par Cornélius Nepos, ibid.; Gicéron, de Orator., II, 93.

ALCIBUDK SirCCâDB A KLÉON. 281

TOrateur^ Gicéron place Alcibiade comme mattre dans Tart de la parole sur la môme ligne que Périclès. Il sgoute que le caractère de l'éloquence de ces deux hommes illustres était « la concision, la simplicité, la pré- « cision, et l'abondance des idées plutôt que des mots^ « Selon Théophraste', « Alcibiade était le premier des « orateurs pour concevoir et pour juger ce qui conve- « nait à son sujet ^ » Plutarque rend à Alcibiade le même témoignage *. Après ce bel éloge, Théophraste^ fait quelques réserves : < Seulement, dit-il, les mots et c les termes propres à exprimer ses pensées ne se pré- « sentant pas toujours facilement à son esprit, Alcia biade hésitait souvent, s'arrêtait quelquefois au mi- « lieu d'une période ou répétait les derniers mots qu'il « venait de prononcer, afin de trouver ceux qu'il devait

1 Kal Xé^civ 226x81 nàvTuv, <S>c çoatv elvoci fieivoT^Toç. Démos-

thène. C. Jftd., 145. — Démosthène jugeait l'éloquence d'Alcibiade d'après le témoignage des historiens contemporains de celui-ci et peut-être de quelques ?ieillards qui avaient pu dans leur première jeunesse entendre à la tribune le fils de Rllnias.

2. ErarU (Pericles cttque Alcibiades) subtiles, ocutt, hretes, sentent His magis quam verhis abundantes* Cicéron^ de Orat.f II, 95. — Comme Démosthène, c'était d'après l'autorité d'écrivains dont les écrits sont aujourd'hui perdus, que Gicéron jugeait et dépeignait si bien Téloquence d'Alcibiade.

3. £6pcTv |ièv tjv rà 5iovTa xal voi^aai icàvTov UttMwtaxoç à 'AXxi- 6(a8Tic. — Théophraste, cité par Plutarque, Alcibiad. , I.

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