Cornélius Nepos, Xlctl^tad. ^ XI
6. DtltfcrtM, MX tn pnmtf ^iAvnAjo valerer; et farUa vraX tamn^enàor Ho oris atque orationU, ul nefno et dicendo posset resisiere. Cornélius Nepos, Alctlmid,, I.
ALCIBUDE SUCCÈDE A KLÉON. 383
c'est-à-dire, Tà-propos, la repartie, le mot^ ; ces caractères qui coDstitaent principalement Tesprit parisien et qui formaient aussi Tatticisme, le sel attique. L'ArctxtfffjuS; d'Aristophane se r^ttrouve dans les farces du Palais-Royal, comme dans les comédies du vieux répertoire du Théâtre-Français.
Faut-il parler de la valeur d'AlcibiadeT Encore presque enfant, il disait préférer la mort à la privation du courage *. Lors de la paix de Nicias, il avait déjà fait brillamment ses preuves au combat de Potidée , où il avait été blessé et à la bataille de Uélion. L'avenir lui réservait des occasions innombrables de déployer son courage, et il devait mourir en héros.
Pour sa beauté, tous les auteurs la vantent à l'envi, ^ et les marbres du Vatican, du Gapitole et du Musée de Naples confirment les témoignages écrits ' .
Ces qualités naturelles ou acquises, l'habileté, la science politique, l'éloquence, le courage et la beauté,
1. Cf. ?\vLiatqm,Aleibiad.^ II, IX, XVII, XXI, et ApopfUheg. Reg. et Duc. , IV.
2 Platon, iVtm. Aleihiad,, p. 115.
3. Cf. Xénophon, Memorab,, 1, 2 ; Platon, Prtm. Akibiad., pt 104; Fragm. Comic, Grœc, (édit. Didot), p. 725; Plutarque, Alcibiad.f î; Athénée, Xlil, 9; Cornélius Nepos, Alcibiad.y î; Justin, V, 1 ; Maxime de Tyr, Dissertât. XXIV; saint Clément d'Alexandrie, AdmonU, ad GerU.y p. 35. — On a vu au chapitre IV; p. 220 sq., la description des bustes d'Âlcibiade.
étaient étayées chez Alcibiade sur deux grandes forces : un nom illustre et une immense fortune. L'inconséquence est le propre des hommes. Les citoyens les plus anti-arîstocratiques de la république riaient à pleine goi^e aux scènes des comédies d'Aristophane, où le poëte bafouait le corroyeur Kléon, le marchand de bœufs Lysikiès et le lampiste Hyperbolos. Autant les ochlocrates haïssent la noblesse et affectent de la mépriser, autant ils s'enorgueillissent de voir un noble abandonner le parti où la naissance l'a placé et sacrifier sa position et ses avantages acquis à l'espoir ncertain de faire triompher la cause populaire. Uq aristocrate qui se fait démagogue conquiert par là même les sympathies de la plèbe. Ce que quelquesuns appelleraient une forfaiture lui devient un titre de gloire. A Athènes cependant, l'inconséquence de la démocratie était moins étrange qu'elle ne le paraît. Pour les Athéniens, au cœur desquels l'amour de la patrie était si profondément ancré, tous les grands noms rappelaient les fastes de leur histoire. Chez les modernes, les vieux noms évoquent fatalement les angoisses de la féodalité ; chez les Athéniens , ils n'évoquaient que les gloires de la cité d'Athènes. De plus, la race des Alcméonides, dont descendait Alcibiade comme Périclès, était chère au peuple. Kllsthènes,