ALCIBIADE ET LES OLIGARQUES
tait d'ailleurs connu que par une mission assez insigni* fiante en Sicile où les Athéniens l'avaient envoyé en 422^ avec deux trirèmes ^ Et, soit mort prématurée, soit retraite subite de la vie politique, soit encore incapacité absolue, il ne devait plus jouer, le silence des auteurs anciens l'atteste, aucun rôle dans l'histoire d'Athènes.
Grflce à ses succès de stratège, de politique et d'orateur, à ses sentiments démocratiques, héréditaires dans sa famille, et souvent affirmés par lui, à l'illustration de ses ancêtres, grâce surtout à ses libéralités, à sa magnificence dans les cborégies athéniennes et dans les théories panhelléniques, la multitude pardonnait à Alcibiade sa grande richesse et excusait ses violences et ses débauches*. L'admiration du peuple pour les vertus de leur rival et son indulgence pour ses vices, excitaient au plus haut point Tanimosité de Nicias, de Phaeax et des oligarques. Ceux-ci, en efTet, à peine ses égaux comme orateurs et comme stratèges, n'avaient pas espoir de rivaliser avantageusement avec lui soit à la guerre, soit à la tribune ; inférieurs en richesse, ils ne pouvaient pas non plus lutter avec lui de largesses au
. 1. Thucydide, V, 4, 5.