Lysias, C. ÂlcQnad, mitwr
2. Au temps de Plutarque, ce plaidoyer, inséré aujourd'hui dans la collection des Orateurs Attiques sous la rubrique : Pseudo-Andocide, Contra Àkibiadem^ était considéré comme Pœuvre de Phaeaz. (Plutarque, Alcthiad., XIII.) Les commentateurs et les critiques modernes sont trés-partagés sur son authenticité. Taylor pense qu'il est réellement de Phaeax. Ruhnken {Hist. crttic, Orat. grâBc, t. VIII, p. 135), et Walckenaër (préface à ce discours) croient qu'il fut en effet prononcédans la lutte d*ostracisme entre Alcibiade et son adversaire; mais qu'il fut composé soit par Andocîde, soit par un autre orateur. Le
' docteur Thyrvall accepte également l'authenticité de ce discours dans un Yote d'ostracisme {History ofGretce^ t. III, p. 360 et Appendice II, p. 494, w{.). Mais d'autres autorités de l'érudition, entre autres H. Grote (Histoire de la Grèce, t. Y, p. 328, n. 3; t. VIII, p. 10, n. 1 ; t. X, p. 52, n. 1), le révoquent absolument en doute, et prouvent, par des raisons irréfragables, que c'est un exercice de rhéteur, ime composition apocryphe, pleine d'erreurs historiques et chronologiques, postérieure d'une ou deux générations k l'époque où l'ostracisme fut appliqué pour la première fois (416 av. J. G.), et écrite à un temps où, l'ostracisme étant tombé en désuétude, les Athéniens en étaient arrivés à perdre la notion de ce que cette institution avait été et de la manière dont on l'appliquait. En effet, selon ce discours, l'ostracisme n'eût pas été un vote secret; le vote eût été précédé d'une accusation, de harangues, de plaidoyers d'attaque et de défense ; le citoyen contre lequel l'application de cette loi était requise eût été formellement désigné au Peuple; c'eût été une véritable mise en cause. (Cf.Pseudo- Andocide, C. Ale%hiad,j 1 , 2, 3.) Toutes ces choses sont absolument contraires à l'essence de l'ostracisme, absolument contredites et démenties par le témoignage des auteurs anciens qui parlent de cette institution. (Voir l'Introduction, p. 56-60 et les notes.)— C'était, comme on sait, la coutume des rhéteurs athéniens du quatrième çiècle d'exer-
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mo0tbène et Plntarque, enfin Athénée et ËlienS étaient tenns pour chimériques par ses contemporains ; ce qui prouve combien ils ont été exagérés par les écrivains des générations suivantes, c'est qu'aucun des nombreux ennemis d'Alcibiade n*a songea l'en accuser en justice. Si dans toutes ces imputations : le meurtre d'un esclave dans la palestre de Sybirtios, l'outrage envers Tauréasy la profanation des vases sacrés, la séquestration du peintre Agatharchos, la liaison suspecte avec Socrate, l'assassinat d'Eupolis, la soustraction au tribunal de Tacte d'accusation du poète Hégémon^, une seule eût été susceptible d'être prouvée, eût eu quelque apparence de vérité, cela eût amplement suffi pour traduire Alcibiade devant les dikastes et pour le fiedre condamner au bannissement, à la détention ou à la perte des droits civiques. N'en a-t-on point la
cer leur talent sur quelque plaidoyer fictif mais intéressant. Pour rédiger cette composition apocryphe, son auteur recueillit toutes les anecdotes vraies ou fausses qui couraient encore sur Alcibiade , ou qui étaient mentionnées dans des écrits perdus aujourd'hui; anecdotes dont un adversaire d'Alcibiade eût pu en effet se servir contre lui dans un procès politique. '
1. Démosthène, C. Mid.y 143-148; PluUrque, Àleih., I, IV, IX, X, XIII; Athénée, V, 20, XU, 9, XIII, 4; Étien, Var. Eût. xm, 38. I 2. Cf. Antiphon, Fragm. {Orat. AUtc., t. II, p. 291). Pseudo-Ando-
cide, C. Akibiad,, 10, 11,13, 17, 21; Lysias, C. Alcihtad. Minor, 167, sq. ; Démosthène, inUid, 143, 147;Plutarque, Alcitnad.y in, IV, XIV, etc.
CALOBINIES CONTRE ALCIBIADS.
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preuve dans le verdict de mort qui quelques années plus tard fut rendu contre Alcibiade, sur le simple soupçon qu'il avait parodié les mystères d*Éleusis ?
La plupart de ces faits appartiennent trop à la nature d'AIcibiade, telle que nous la dépeignent ses contemporains, d'ailleurs plus ou moins partiaux S pour qu'on puisse tous les révoquer en doute ; mais l'histoire doit les enregistrer avec la plus grande déGance et les attribuer en partie à la malignité des inimitiés politiques. Au temps d'Alcibiade, ces récits couraient vaguement dans la foule; de bouche en bouche, ils s'amplifiaient et se dénaturaient. Chacun les connaissait, chacun les répétait ; personne n'y croyait. C'était une rumeur confuse et insaisissable, aussi impossible à vérifier qu'à combattre. On s'en servait pour miner sourdement la popularité d*Alcibiade ; mais de là à l'en attaquer publiquement devant les tribunaux il y avait loin. Aussi se» ennemis ne s'y hasardèrent-ils jamais, car si la loiathénienneautorisaitet engageait même toutÂthénien à remplir l'office de notre ministère public, qui n'existait pas à Athènes, et à se porter partie lésée devant les tribunaux, non-seulement comme particulier dans les causes privées, mais encore comme citoyen dans