‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 27 sur 241 · Le scoliaste d'Aristophane, Vesp.y y. 6Ç · texte numérisé non relu

Le scoliaste d'Aristophane, Vesp.y y. 6Ç

3. Les éruditfl antérieurs à notre siècle ont toujours vu à tort dans

Au début de la séance, quand les Prytanes, les Sénateurs, les Nomophylaques, les Thesmothètes, les Stratèges, les Aréopagites, les Lexiarques ' et les citoyens étaient réunis, on célébrait un sacrifice solennel, et un héraut récitait une prière pour la prospérité de la République et rheureux résultat de la délibération*. Cette cérémonie religieuse rendait la séance imposante, et devait contribuer à donner à cette grande masse

ces citoyens qu'on appelait les orateurs, de véritables magistrats^ choisis et nommés par le peuple pour parler à l'Assemblée. Ils les ont confondus avec les Syndikoi et les Orateurs du Sénat, orateurs officiels, nommés spécialement pour défendre les anciennes lois devant les Nomothètes et pour parler devant le Sénat. Quel que fût leur pouvoir et leur influence, les simples citoyens qui parlaient à la tribune du Pnyz et qu*on appelait les orateurs n'étaient en aucune façon des magistrats désignés à ces fonctions.

1. Il n'est pas certain que les magistrats, autres que les Prytanes qui présidaient TAssemblée, les Nomophylaques qui avaient à veiller à ce qu'aucune mesure illégale ne fût proposée, les Thesmothètes qui étaient chargés par le Sénat .de l'exécution immédiate de certains décrets du peuple, fussent tenus, en tant que magistrats, d'assister à l'Ekklésia. Sans doute, sans être astreints à monter sur le Pnyz à chaque Assemblée, ils ne manquaient cependant pas les séances, car ils avaient tout intérêt à en suivre les délibérations. Souvent môme ils y prenaient la parole, soit pour discuter la proposition, soit pour répondre à des interpellations que les orateurs leur adressaient quelquefois ds*iiB une discussion incidente. Au reste la loi qui obligeait tout citoyen à monter au Pnyï faisait-elle une exception en faveur des magistrats?

2. Aristophane, et le scoliaste, Acham.^ v. 43, sq.; Thesmoph,; y, 31, 49; Eschine, C. Ctestph., 2,

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d'hommes un certain recueillement. Aujourd'hui que le sentiment religieux est moins profond, le prédicateur n'esiril pas écouté à Téglise avec plus de silence que l'acteur au théâtre, le député à l'Assemblée et l'orateur à la conférence ?

La prière achevée, le héraut, sur l'ordre de l'Épistate des Prjtanes qui présidait l'Ekklésia, lisait le décret ou le projet de loi que le peuple était appelé en cette séance à discuter et à votera II terminait par cette courte proclamation dont la formule nous a été conservée : « Tiç à^optitw pouXerat ; Qui veut haranguer*? »

Le héraut, sur l'ordre du Président (l'Épistate des Prytanes), annonçait que les débats étaient clos et invitait les citoyens à voter. Comme il n'y avait sur le Pnyz qu'une seule manière de voter : la main levée, il y avait nécessairement deux votes. Le premier pour l'adoption , le second pour le rejet '. C'était aux Prytanes et à l'Épistate de compter les suffrages. S'il y avait doute, ils ordonnaient une nouvelle épreuve.

1. Aristophane, Thesmoph. , y. 372-375; Démosthène, de fais, TO; Eschine,C. Ctesiph., 6.

2. Aristophane, Acham., v. ^9,^Thesmophor., v. 379; Eschine, G. Ctesiph., 4.

3. De là les deux verbes : XeiporoveTv, donner son suffrage en levant la main, et 'Anoxciporoveiv , refuser son suffrage en levant la main.

Alors, bien certains de la majorité, ils proclamaient le résultat du vote, et la séance était levée *.

Si le Sénat de TArèopage était, selon l'expression de Plutarque ', l'ancre de la démocratie modérée de Solon , et la retenait contre les agitations et les caprices populaire?, l'ostracisme était l'égide de la démocratie souveraine de Kltsthènes, et la défendait contre les séditions intestines et les ambitions tyranniques.

L'ostracisme (ou vote par les coquilles) était une décision du Peuple, rendue à la majorité des suffrages exprimés au scrutin secret, en des comices extraordinaires, qui fprçait le citoyen dont le nom était inscrit sur le plus grand nombre de coquilles à s'exiler d'Athènes pour cinq ans '. -

1. Aristophane, et le scoliaste, Àcham,,y. 172; Pollux, Vin, 92, sq.

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