‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 29 sur 241 · Pollux, Vm, 20; Paradys, de Ostracism. Athen,, p · texte numérisé non relu

Pollux, Vm, 20; Paradys, de Ostracism. Athen,, p

4. Pollux, vm, 20; SigODius,(i« Rep. Athen,, II, 4; Paradys, dé OgtracUm. Athen., p. 15-19

rikklésîa, les Prytanes convoquaient une assemblée extraordinaire sur l'agora pour procéder à ce vote S A la date fixée, la place était entourée de barrières, percées de dix portes distinctes qui s'ouvraient aux citoyens de chacune des dix tribus. Au milieu de l'enceinte se trouvaient des urnes devant lesquelles siégeaient les Prytanes assistés des Thesmothètes. Chaque citoyen se munissait d'un &rrpaxov (coquille ou tesson) ,* il y inscrivait le nom du citoyen qu'il voulait bannir, et il déposait la coquille dans l'une des urnes *. Quand tous les citoyens avaient voté, les Thesmothètes procédaient au dépouillement des urnes ; mais pour que le bannissement contre un citoyen fût prononcé, il fallait qu'il fût voté par un minimum de six mille suffrages •.

Par cette sentence populaire qui d'ailleurs n'était pas infamante, un citoyen se voyait banni légalement, sans avoir été mis en accusation, sans avoir pu se défendre, sans avoir subi un jugement, quelquefois

1. Le scoliaste d'Aristophane, £gutt., y. 851; Plutarque, AristideSf VII; Parady9,d£ Ostracism. Athen,, p. 30.

2. Le scoliaste d'Aristophane, Equit.^ v. 851; Plutarque, Âristides, VII; PoUui, VIII, 20.

3. Le scoliaste d'Aristophane, Equit., v. 851 ; PoUux, VIU, 20; Plutarque, Aristid., VII; Diodore de Sicile, XI, 55; Démosthène, confr. Near,, 140; Tzetzes, Chiliad.y XII; Meursius, Atticâs LeeU, p. 23; s. Petitus, Leg.AHicœ, V, 9; Paradys,de 0*^racwm.,p. 15-19.

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même sans savoir que Tostracisme était requis contre lui. Car à l'assemblée de Tagora, les citoyens se bornaient uniquement à déposer leurs coquilles et leurs tessons dans les urnes ; et à l'assemblée du Pnyx qui précédait celle-ci de quelques jours, le peuple n'avait pas à désigner par ses suffrages le citoyen qui devait être soumis à l'ostracisme, mais seulement à statuer sur l'opportunité d'un vote d'ostracisme. Il semble que le citoyen contre lequel était dirigé le vote d'ostracisme n'était pas nommé, ni même indiqué au peuple par le requérant, sinon à mots couverts et d'une manière détournée et pleine de réticences. Le promoteur de cette mesure disait seulement qu'un citoyen menaçait la République par sa puissance et que l'intérêt de la chose publique exigeait son bannissement ^ La loi laissait au sens politique de chacun à juger quel était le citoyen dont l'exil était nécessaire à la sûreté de l'État. C'était surtout laisser

1. Cf. Plutarque, Àristid., VII, VIII; Nicias, XI; Alcihiad., XIII; Pollux,VIII, 20; P^TaAjB, de Ostraeismo Athenientiunif p. 15-19; Schœmann, Antiq. jur, puhl. grsec.y XXXV; Grote, Histoire de la Grèce, t. V, p. 328, 599, note 3; t. X, p. 52, note 1.

Dans la longue note du tome V, VdLUieur de VHis!oire de la Grèce réfuie & jamais et par les preuves les plus concluantes Tauthcnticitô et TezBctitude, d'ailleurs déjà mises en doute, du prétendu discours de Phalaz contre A Icibiade, inséré dans la collection des orateurs attiques sous la rubrique : Pseudo-Andocides, contra Alcibiadem,

LA CONSTITUTION ATHÉNIKNNE* 61

toute latitade aux cabales et aux manœuvres des partis.

Le chiffre de six mille suffrages exigé pour que la sentence fût légale et le jugement exécutoire garantissait d'ailleurs que cette condamnation ne serait pas l'effet d'une vengeance privée, mais d'une nécessité publique, réelle ou illusoire. Sans cette'condition, l'ostracisme eût été une institution ridicule et dangereuse, contraire même au principe du suffrage universel. La proposition soumise à l'Assemblée n'indiquant pas explicitement le citoyen contre lequel on requérait l'application de cette loi, chaque Athénien pouvait inscrire un nom sur sa coquille selon ses inimitiés personnelles. Parmi les votants combien qui, semblables au paysan d'Aristide S ne connaissaient pas les actes de celui contre lequel ils votaitnt 1 Combien qui eussent été fort empêchés de donner une cause sensée à leur vote ! Il y avait donc, selon toutes probabilités, grande dispersion de voix. S'il eût sufâ d'une infime majorité pour que la décision eût force de loi, souvent à cause du nombre illimité de noms divers inscrits sur les coquilles, la minorité fût devenue la majorité, et un citoyen eût été banni par un très-petit nombre de citoyens, c'est-à-dire contre le vœu de I&

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