Du CùfUrat Social, III
LA CONSTITUTION ATHÉNUENNE. 71
< avait on peuple de dieux, il se gouvernerait démo-
< cratiquement. Un gouvernement si parfait ne con-
< vient pas à des hommes. » S'il s'agit de Tantiquitë, c*est un sophisme. Les Athéniens connurent la véritable démocratie. Et ils n'étaient pas un peuple de dieux. S'il s'agit des temps modernes, c'est une vérité mani* faste. L'état même des nations modernes, l'étendue de leur territoire, le grand nombre de leurs citoyens, la multitude de leurs magistratures, la complication de leur administration s'opposent à ce qu'aucune d'elles pratique la démocratie comme on la pratiquait à Athènes. Ces nations ne peuvent vivre que dans une démocratie modérée, car elles ne peuvent se gouverner que par le système représentatif. En admettant que la constitution athénienne ait été parfaite, les Législateurs ne sauraient la prendre pour modèle. Les changements survenus depuis plus de vingt siècles dans les conditions d'existence des nations ont fait de la démocratie des Athéniens une généreuse utopie.