‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 37 sur 241 · Plutarque, Alctb,, XXIIl · texte numérisé non relu

Plutarque, Alctb,, XXIIl

2. Hesychius, s. t. Mup(jLV)xyjc; Bœckh^ Corpus Inscript. grxCf 1. 1^ n* 170. Cf. Sauppe, Dedem. urb. Àthen.y p. 124; Hanriot, Top, des dèmes de VÀttique, p. 33. — Le dème Skambonis était un dème urbain; Alcibiade était un Athénien d'Athènes.

3. Selon la regrettable coutume des auteurs anciens, les historiens grecs et latins ont négligé de nous apprendre la date de la naissance d'Alcibiade. On peut cependant, sans user d'inductions trop hasardées, la fixer presque en toute certitude à Tan II ou III de l'Olympiade LXXXII (461 ou 450 ayant Jésus-Christ). La donnée la plus concluante est celle^i. On sait que les Athéniens ne possédaient leur complète majorité politique qu'à Tâge de trente ans. JDès vingt ans, ils avaient le droit d'assister et de voter à l'Assemblée; mais ils ne harangaient le peuple et ils ne remplissaient de fonctions publiques qu'après trente ans. (Voir l'Introduction de VHistoire d'Àlcibiade, p. 560 Or, l'entrée d'Alcibiade aux affaires, signalée par le renvoi des ambassadeurs lacédémoniens et par l'alliance contractée avec Argos^ date de Tannée III OQ IV de la LXXXIX* Olympiade (421 ou 420 av. è. C). Et Plutarqua {Âlcib.j XIIIj dit qu'Alcibiade entra dans la carrière politique « étant encore tout jeune homme, Sti {utpàxiov w. • Thucydide fait aussi remarquer la grande jeunesse d'Alcibiade (V, 43). Il faut inférer de cette double assertion, non pas qu'Alcibiade occupa à vingt ans la première magistrature, mais qu'il se mêla à la vie politique aussitôt

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registre publies sous le nom d'Alcibiade, fils de Kit-

Tâge réglementaire atteint^ c'est-à-dire dès qu'il eut trente ans. Or puisqu'Âlcibiade avait trente ans en 421, il dut donc naître en 451. On pourrait donner encore d'auti^s preuves. Ainsi, selon la plupart des auteurs anciens, Alcibiade fit ses premières armes à la bataille de Potidée, qui fut livrée en 432 ou 431 av. J. G. Il avait donc à cette époque dix-neuf ou vingt ans. C'était en effet l'âge où les jeunes Athéniens, astreints au semce militaire depuis leur dix-huitième année, faisaient en certains cas partie des expéditions. Chambeau {de Alcib. disxert.f p. 18 et 19) I qui, à peu près d'accord avec nous, assigne positivement à l'année 450 av. J. G. la naissance d' Alcibiade, donne encore d'autres preuves. Nous les citons, car elles ne peuvent que fortifier notre assertion ; mais, pensant qu'elles sont basées sur des données trop vagues et trop hypothétiques, nous les laissons sous la responsabilité de Chambeau : a Restât adhuc ut annum definiamus « Alcibiadis nostri natalem quem nullus scriptor definite comme^ « morat, qaare conjecturis rem expediamus oportet. Primum vero I e ttemmatis conspectu salis liquet Dinomaehem, Alcibiadis ma* « trem, circiter Olymp. LIVI, ^^natam fuisse : siponamus eam cum c Clinia nuptam esse anno decimo octavo {ut mos erat apud Athe-

■ nienses)f tum Aleibiades fere Olymp. LXIXII, 2 (450 a. Ch.) natus « est, Nam quum Clinias pater apud Coroneam cecidisset {Olymp. « LIIXlIj 2) Aleibiades infans adhuc erat. Deinde Xenophon eum cum « Pericle de legibus - colloquentem inducit, ubi vigesimum annum

■ nondum agebat; prima stipendia autem apud Potidœam meruit « Olymp, LXIZVIIf 4. Jam ex Platonis dialogis palet anno quarto « Olympiadis LIIZIX trigesimum annum egisse, > — Disons, par parenthèse, qu'un historien fait naître Alcibiade en 445, c'est-àdire deux ans après la mort de son père , tué en 447 . Les autres monographes d'Alcibiade donnent cette même date de 451 ou de 450. Cf. Wiggers, Quxst, de Akibiad., p. 62; Hecker, de Akibiad. mortbus. p. 24; Vischer, Alkib. und Lysand.^ p. 15; Hertzberg, Alkib. der Staalsmann und Feldherr, p. 21.

1. Cette inscription, qui consacrait la légitimité de l'enfant et lui

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nias. C'était la coutume chez les Athéniens, qui ne portaient pas de nom de famillei de donner au fils aîné le nom de Taïeul et souvent au plus jeune le nom du père^ Ainsi le frère cadet d'Alcibiade, que mentionne PialoDy s'appelait RUnias'.

Le père d'Alcibiade n'était pas homme politique, cofflme ravaiect été ses aïeux KItnias l'Ancien et Alcibiade l'Ancien, comme devait l'être son fils Alcibiade . La figure de Kltoias est celle d'un riche citoyen et d'an brave guerrier. Il était à cause de sa fortune in-

assunit le droit d'héritage, était enregistrée à la fête des Apaturias , qai tombait au mois Pyanepsion (octobre-novembre). L'eafant pouvait être inscrit depuis le jour de sa naissance jusqu'à l'ftge de sept ans.

1. Par notre longue généalogie d'Âlcibiade, on a pu sa convaincre de cet usage. Que d'AIcméons, de Klîstbënes et de Hegaklès, dans la gent AIcméonide ! Que de KItnias et d*Alcibiades dans la gens Eacide I On pourrait citer encore de nombreux exemples de la transmission du nom de générations en générations. Miltiade, fils de Gimon, donna ce nom A son fils, le grand Cimon. L'alné des fils légitimes de Périclès, fils de Xanthippos, s'appelait Xanthippos. Le plus jeune, que Périclès eut d'Aspasie, fut nommé Périclès.

2. Platon, Pro<ogor«, p. 320; Prim. Alcib,, p. 104, 118.— On a*a d'autres renseignements sur ce frère d'Alcibiade que cette mention de Platon dans le Protagoras et dans le Premier Alcibiade. 11 n'était plus jeune qu'Alcibiade que de deux ou trois ans. Comme Alcibiade, il eut pour tuteurs Périclès et Ariphron. Dans le Premier ÀkibiadCf p. 118, Alcibiade traite ce frère avec mépris. Il l'appelle insensé : (laivô- [icvov àvOpcdicov. £t Socrate semble ne pas désapprouver cette épithète. Peut-être ce Rlinias mourut-il avant trente ans. En tout cas, il ne joua aucun rôle dans Thistoired^ Athènes.

scritsar la liste des trlérarques. A Tépoque de Tinvasion de Xercès , sa trirème fit partie de la flotte athénienne qui repoussa les Perses au combat naval d*Ârtémisiony (480 av. J. G.). Selon Hérodote, « Rltnias s'y distingua le plus entre les Athéniens, qui eux-mêmes effacèrent par leurs exploits tous les autres Grecs ^ > Trentetrois ans plus tard, en 447, lorsque las de subir un gouvernement imposé par le démocratie athénienne» les Béotiens du parti aristocratique, exilés de Thèbes, prirent les armes, Klînias, malgré son âge avancé et malgré les prudents conseils de Périclès, partit avec les mille hoplites volontaires qui se joignirent patrietiquement au;x troupes alliées que le stratège Tolmidas conduisait contre les révoltés. A la sanglante bataille de Goronée qui termina l'expédition, le père d'Alcibiade combattit et mourut vaillamment aux côtés de Tolmidas \

Voilà, dans toute sa concision, la vie si obscure, si simple et si glorieuse de cet homme auquel l'ambitieux Alcibiade aurait dû faire graver cette épitaphe : Il ne se mêla pas à la politique et mourut pour la patrie. Par leur silence même, les historiens affirment que

1. Hérodote, VIII, 17 ; Plutarque,iilct&tad., I; Isocrate, de Big.y XI.

2. Thucydide, I* 1^3; Diodore de Sicile, XII, 6; Plutarque, Peri^ cleSfXXXf^X Àlcibiad., I; Isocrate, d« Bt^., XI.

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KItnias resta toujours en dehors des luttes politiques qui, durant ce siècle de grandeur, passionnèrent, agitèrent et finirent par ruiner le peuple d'Athènes. Et, il faut le dire à la gloire de Kllnias, son illustre origine, sa grande fortune et sa parenté avec Pèriclès lui auraient donné accès aux charges les plus élevées de la République, et lui auraient facilité, s'il eût eu un peu d'éloquence, ce qui n'était pas un talent rare dans la patrie des orateurs, les triomphes de la tribune du Pnyx. On peut donc regarder la mort de Rltnias, qui fit Alcibiade orphelin trois ans après sa naissance (447 av. J. G.), comme n'ayant pas été sans influence sur le caractère et l'avenir de cet homme illustre. En partant pour l'expédition de Béotie, Rlioias, inquiété peutêtre par de tristes pressentiments, avait désigné Péridès et Ariphron, ses deux cousins germains du côté de sa femme, pour tuteurs de ses deux enfants ^ Si Rlînias avait vécu, sans doute les conseils et l'autorité de cet honune dont le caractère noble, simple, aussi fanatique du devoir qu'indifférent à l'ambition, fait songer aux Romains des premiers temps de la République, auraient su maîtriser les ardentes passions et l'ambition excessive d'Alcibiade. Admis même que Rltnias

1. Platon, Prim. Àlcib., Cf. p. 104; Protagoras, p. 320, Plutarqiie, Aleib.j I; Isocrate, de Bigit^ XI.

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n'eût pu par son exemple et ses remontrances parvenir à dompter cette nature d'acier, semblable à une lame d'épée qui, flexible autant que ferme, ne plie que pour reprendre aussitôt sa' forme, il est au moins certain que le milieu dans lequel se fût écoulée la jeunesse d'Alcibiade n'eût pas développé chez lui les instincts ambitieux. Au contraire, sous la tutelle de Périclès, Alcibiade vécut au foyer même des passions politiques. Avec son intelligence précoce et la faculté d'assimilation des enfants doués, il s'initia très-jeune aux sentiments multiples, aux sophismes plus ou moins généreux, aux mille intrigues des hommes de parti. Quand Alcibiade cessa d'être un enfant et devint un éphèbe, Périclès qui avait dû remarquer ses désirs prématurés de briller et de dominer [ne se fît pas faute sans doute de parfaire dans des entretiens familiers, à la fois plus simples et plus pratiques que ceux de Socrate, cette éducation d'homme d'état. Le mécanisme de la politique athénienne, dont des conversations tenues chaque jour devant l'enfant lui avaient superficiellement indiqué les principaux ressorts, fut par Périclès expliqué au jeune homme dans tous ses rouages. En même temps qu'il révélait à Alcibiade les intrigues et les moyens de la vie politique, le c^rand Périclès, qui plus que tout autre avait joui et souffert

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du pouvoir, ne lui en montrait-il pas la grandeur et l'inanité ?

On regrette que les historiens anciens ne nous aient pas conservé quelques-uns de ces entretiens entre le tuteur et le pupille, entre ces deux ambitieux d'égale force, Tun au faite de la puissance et revenu de tout, Tautre dans l'ivresse des premières espérances et aspirant à tout, et qui s'enviaient peut-être mutuellement. Seul Xénophon * nous a laissé une de ces conversations quMl a recueillie soit de la bouche même d'Alcibiade, soit d'après le bruit public. Quoique Fauteur des Helléniquis y ait manifestement prêté à Alcibiade la dialectique captieuse de leur mattre commun Socrate, et qu'on n'y puisse guère trouver un vague écho de l'éloquence juvénile du futur orateur, ce court dialogue est précieux pour l'historien. Sa simplicité et sa conclusion négative lui donnent un vif intérêt, comme à tous les mémoires de Xénophon, moins ornés mais plus véridiques que les dialogues de Platon.

C'est avant Tâge de vingt ans*, dit Xénophon, qu'AIcibiade eut cet entretien avec son illustre tuteur « Dis- « moi, Périclès, peux-tu m'apprendre ce que c'est que

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