Plutaïque, Akibiad.f V
2. Platon, Ptim. Àlcibiad., p. 103-104. Platarque, Àlcib., IV, V. — On sait la conduite qu'il tint envers Tun d'eux, Anytos, devenu plas tard tristement célèbre comme accusateur de Socrate. Cet Anytos qui aimait Àlcibiade Vinvita à venir souper chez lui avec quelques étrangers. Alcibiade refusa et mena débauche dans sa maison en compagDîe de courtisanes et d'amis. Au nombre de ceux-ci se trouvait un nommé Thrasyllos, qui appartenait à la quatrième classe de la floeiété, c'est-à-dire à la classe la plus pauvre. Après souper, Alcibiade se ravise; il dit à ce Thrasyllos et à quelques esclaves de le suivre, et se dirige vers la demeure d' Anytos. Il s'arrôte sur le seuil de la porte qui donne accès à la salle du repas, et apercevant les tables surchargées de vases précieux et de vaisselle d'or et d'argent, il ordonne à ses esclaves d'en prendre la moitié et de les porter chezThrasyllos; puis sans daigner même entrer, il se retire. Les convives d'Anytos se récrièrent sur l'insolence et Vaudace d' Alcibiade. « Je trouve, au con- « traire, leur répondit philosophiquement leur hdte, qu'Alcibiade me < traite avec ménagement et comme un ami, puisque maître de tout • emporter, il m'en laisse la moitié. » — Cette historiette, plus ou moms vraie, est rapportée par Athénée, XII, 9, et par Plutarque, Alcih. IV. La version d'Athénée et celle de Plutarque diffèrent Tune de l'autre dans quelques détails insignifiants mais le fond du récit reste le même.
114 HISTOIRE D*ALCIBUDE.
i On peut le dire hautement, de tous ceux qui le cherchaient, un seul homme a obtenu d'Alcibiade une liaison que l'histoire a diversement qualifiée. Mais cet homme s'appelait Socrate I Cet homme était celui que l'Oracle de Delphes avait sacré le plus sage des humains^ Cet homme était celui que saint Augustin devait reconnaître pour un des élus de la Cité de Dieu^. Faut-il donc le confondre avec les autres adorateurs d*Alcibiade, et admettre que ses avances aux beaux jeunes gens n'avaient pas pour unique but de les former à la sagesse et, comme il le disait luimême, « d'accoucher des intelligences? »
Cette odieuse accusation, basée sans doute sur les insinuations d*Aristoxène ', que leur violence même convainc de calomnie, et sur la lecture superficielle du PhMre et du Banquet de Platon S n'a commencé à être portée contre Socrate que longtemps après sa mort, à cette époque de décadence où la corruption romaine avait introduit cette infamie dans les mœurs.
1. Platon, iipolo^. Socraf., p. 21 ; Xénophoji, Apdog. Socrat., II; Valère Maxime, III, 4.