Platon, "Bfifn, Aleib,, p
128 HISTOIRE D'aLCIBUDK.
sant dans cette ville, mais qu'encore ta seras le plus illustre parmi les Grecs et les Barbares qui habitent cette région du monde. Et si la même Divinité te concédait l'empire de TEurope, mais te défendait de passer en Asie et d'aspirer à cette domination, je pense que tu ne voudrais pas vivre pour de si petites choses et si tu ne propageais pas ton nom et ta puissance parmi toutes les races humaines. Je pense aussi, qu'hormis Gyrus et Xerxès, tu ne juges personne digne de mémohre. Voici dans quelle espérance tu vis; ce n'est pas pour moi une conjecture mais une certitude. Gomme ta conscience t'affirme que je dis la vérité, tu me demanderas sans doute : mais Socrate, en quoi tout ceci se rapportet-il à l'obstination que tu as mise à me suivre partout î Je vais te l'expliquer, ô fils aimé de KUnias et de Dinomakhé: c'est que, pour réaliser tes desseins, lu ne peux rien sans mon aide, tant j'ai de pouvoir sur toi et sur tes affaires. De même que tu espères pouvoir prouver à la cité que tu es digne de tout honneur, et par Jà atteindre toutes les grandeurs et avoir la puissance de tout faire, j'espère de même pouvoir beaucoup sur toi, aussitét que je t^aurai convaincu que je suis digne de cette puissance. Ni tuteur, ni parent, ni aucun autre, ne peuvent