Platon, Prim. Âleihiad,y p. lOô
verner lui-même. Pour se gouverner soi-même^ on doit d'abord se connaître La conclusion de ce dialogue, est donc ce dernier terme de la sagesse humaine, que nul ne peut se vanter d*atteindre : Connais-toi toimême : riSûei 24YT0N *.
Alcibiade ainsi perd presque absolument sa person* nalité et devient le comparse impersonnel nécessaire à la dialectique platonique. On peut même douter qu'avec sa nature ardente et pratique d'homme d'État et d'homme d'action, Alcibiade se soit rendu aussi aisément aux arguments du sophiste, que cet orgueilleux si sûr de sa force, si sûr de la faiblesse d'autrui, se çoit aussi facilement laissé convaincre d'ignorance et d'impéritie. Cependant le propre de l'homme pratique — et Alcibiade si profondément moderne par bien des côtés était cet homme — est d'écouter toujours avec une attention simulée ou réelle les discours de l'interlocuteur dont il a ou dont il croit avoir quelque chose à apprendre. U feint de se rendre à ses arguments, d'apprécier ses conseils, mais en réalité il n'est pas influencé; il conserve son jugement dans toute sa netteté et ne prend de ce qui lui est dit que ce qu'il veut bien prendre. C'est pourquoi dans ces pages éloquentes, on peut encore glaner quel-