‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 70 sur 241 · Platon, Prim. i/ct'Mad., p · texte numérisé non relu

Platon, Prim. i/ct'Mad., p

pare Alcibiade; Alcibiade qui, dit-il, « a été élevé par une nourrice de basse naissance, a été abandonné par Pérîclès à Zopyros, esclave thrace, inhabile i tout autre emploi à cause de sa vieillesse ; Alcibiade, dont personne n'a pris soin de l'éducation, dont toute la fortune, territoriale consiste environ en trois cents plèthres* de terre qu'il possède au dème d'Erkhiasis, et dont la mère, Dinomakhé, n'a de bijoux et de vêtements que pour la valeur de cinquante mines'; Alcibiade enGn, qui n'a pas vingt ans, qui est sans expérience et d'une telle présomption qu'il lai semble superflu d'étudier, de travailler et de s'exercer, et qu'il estime que sa beauté, sa taille, sa ri-

1. Le plèthre était une mesure agraire qui équivalait à un peu plus du quart de l'arpent. Trois.cents plèthres de condition ordinaire valaient environ une tlrentainede mille francs. Lysias, de Bonis Artstoph., 33. Les terres valaient plus ou moins selon la nature du sol et selon qu'elles étaient près ou loin d*Âthènes. On doit remarquer aussi que les terres rapportaient plus qu'aujourd'hui, soit qu'on les affermât, soit qu'on les fit valoir soi-même. Le taux ordinaire des intérêts était de 10 à 12 pour cent. Cf. Itée, de heredit, Hagn; Demosthëne, Pr. Phorm.; Bœckh, Économie politique des AthénicnSj t. I, p. 336, sq.

2. Cinquante mines, un peu plus de 4500 francs. Hais il faut se rendre compte du prix des choses dans l'Athènes antiqne. Relativement à la grande valeur de l'argent à cette époque, Dtnomakhé pour cette somme possédait déjà une riche garde- robe. Une paire de crcpides de femme coûtait deux drachmes, 1 fr. 80 cent. (Aristophane, PlutuSf V. 984) et le plus élégant des habits d'homme, la chalmyde , coûtait douze drachmes, 11 fr. (Pollui, VIII, 46).

SOCRATB ET ALCIBUDE. 137

• chesse et les dons de son esprit lui suffisent pour « accomplir ses projets ambitieux ^ »

Dans ce parallèle, Socrate montre par deux fois sa mauvaise foi accoutumée : la première en élevant outre mesure, contre toute justice et toute vérité, les Spartiates et les Perses; la seconde en abaissant Âlcibiade. L'éducation d'Alcibiade ne fut pas négligée, ainsi que le prétend Socrate. Le fils de Kltnias reçut d'abord l'éducation commune à tous les enfants d'Athènes; et son instruction fut dignement complétée par les entretiens de Périclès et par les leçons de sophistes renommés. Quand Socrate affecte d'estimer à rien les trois cents plèthres de terre d'Alcibiade, il serait aisé à celui-ci de répondre que trois cents plèthres constituent déjà une belle fortune dans un pays aussi riche que l'Attique, où c même les terres qui se refusent « à la culture font vivre plus de monde par les

1. PlatoD y Pn'm. Àkibiad., p. 130 à 134. — Voici, raconte Elien^ comment Socrate réprima l'orgueil d'Alcibiade. Voyant que ce jeune homme s'enorgueillissait de ses richesses et de ses grands domaines, il le mena dans un endroit où était eiposée une carte géographique représentant la terre entière. « Cherche ici l'Attique, je te prie », lui dit-il alors. Quand AIci biade l'eut trouvée : < Cherche maintenant, c continua Socrate , les terres qui t'appartiennent. — Elles ne sont « point marquées, répondit Alcibiade. — Eh ! quoi ! reprit Socrate, c tu tires vanité de propriétés qui ne sont pas même un point sur la «terre! > Histar. Var. III, 29.

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« mines et les carrières que celles qui produisent du cblé*..

D'ailleurs le patrimoine d'Alcibiade ne consistait pas seulement en terres. Il possédait des maisons et de vastes terrains à Athènes'; il avait aussi une grande exploitation industrielle, carrière ou fabrique'. Gequi est certain, c'est que la fortune d'Alcibiade était évaluée à plus de cent talents \

« Crois-moi donc, mon cher Alcibiade, continue So- « crate, obéis au précepte du temple de Delphes: « Connais-toi toi-même. Tes ennemis sont tels que « je te les ai peints, et non tels que tu te les figures* « Rien ne peut les vaincre que l'habileté et le talent; et « si tu restes inférieur en ces choses, la gloire te man-

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