Xénophon, ifemofa&.y III
« font craindre de toi, mais la partie la plus nulle et la « moins éclairée de la nation. Es-tu donc intimidé par « les foulons, les cordonniers, les maçons, les ouvriers « en métaux, les laboureurs, les petits marchands, les c colporteurs et les brocanteurs , car voilà ceux qui « composent l'Assemblée du Peuple?. Ne ressembles-tu c pas à un athlète consommé qu'effrayerait Tassant « d'un ignorant? Tu parles facilement devant les pre- « miers citoyens, tu triomphes sans peine de ceux qui c ont l'habitude de parler en public; et tu crains « d'être moqué par une vile multitude, ignorante en « politique ' ! »
Si Âlcibiade ne mit pas en pratique les théories de Socrate et s'il ne suivit pas ses conseils, les leçons du philosophe ne lui furent cependant pas inutiles. Ces entretiens eurent sur Âlcibiade une double et salutaire influence. D'abord ils diminuèrent sa présomption et sa trop grande confiance en soi ; ils l'engagèrent, en lui montrant son ignorance relative, à s'instruire encore et i se perfectionner par l'étude et le travail dans
1. Xénophon, Memorah., III, 7. Selon Élien, ce serait à Alcibiade lui-m6me et non à Gharmide que Socrate aurait tenu ce discours, Var, Histor.y II, l. — Xénophon dans ses Mémoirm de Socrate, rapporte nombre de ces entretiens familiers qui, plus peut-être que les éloquents dialogues de Platon, justifient l'oracle de Delphes d'avoir reconnu en Socrate le plus sage des hommes.