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un projet de mariage avancé par la grande duchesse de Wéûnar, mais cela ne pouvait prendre^S
Je m'incline devant une si haute autorité. Cependant le comte de Saint Marsan écrivait au duc de Bassano même, en date du 12 janvier 1S13:
„0n a fait naître l'idée ici, qu'il serait peut-être possible de conclure une alliance de famille entre la France et la Prusse par le mariage d'une princesse de famille impériale avec le prince de Prusse. Cette idée, qui présente celle d'une union de tous les intérêts entre les deux puissances, union déjà naturelle sous le rapport de la grande politique, a dâ faire impression sur l'esprit d'un ministre aussi éclairé que la baron de Hardenberg, et lui fstire naître Tespérance de voir par là se consolider son ouvrage
Et le même diplomate rapportait ces paroles du Roi: „Dites à l'Empereur, que pour des sacrifices pécuniaires je ne peux plus en faire, mais que, s'il me donne de l'argent, je puis encore lever et armer 50 à 60,000 hommes pour son service".
Ce qu'il y a de certain c'est le traité que la Prusse conclut avec Napoléon à Paris le 24 février, s'obligeant de mettre 20,000 hommes à sa disposition et de laisser passer la grande armée dans ses États.
M. de Stein était à St. Pétersbourg, et il est remarquable, que pendant que Napoléon proclamait que la Russie était entraînée par la fatalité, M. de
Strâi écrivait que Napoléon . était entraîné par son orgueil vers sa chute.
n y avait alors à St. Pétersbourg une quantité d'officiers prussiens. Le colonel PhuU avait pris du service en Russie, était devenu l'instituteur militaire d'Alexandre et avait analysé avec lui les xsampagnes de Frédéric et de Luxembourg; mais quand il s'est ag^ d'agir, tous les deux eurent assez d'abnégation pour convenir qu'ils n'étaient pas des hommes jH-atiques, et Barclay de Tolly fut nommé commandant en chef.
Les historiens reprochent à Napoléon d'avoir commencé trop tard la campagne de 1812, mais ils n'^ivisagent pas que certains contingents comme ceux d'Italie et d'Espagne se mirent en marche à la fin de 1811.
B faut lui reprocher surtout d'avoir blessé Bernadotte en occupant la Poméranie suédoise, ce qui obligea son ancien compagnon d'armes à s'entendre avec l'empereur Alexandre et à lui abandonner la division russe qui était destinée à l'aider à conquérir la Norvège. Les écrivains allemands, à la suite de M. ToU croient généralement que l'empereur Alexandre n'avait pas de plan de campagne, et que la retraite n'est venue que bien après. Nous les ren-* voyons à l'entrevue de M. de Narbonne avec le Tzar à Yilna, où ce dernier développa devant lui la carte de la Bussie disant qu'il n'y avait pas d'en-
droit où il ne se retirât ayant de traiter avec Napoléon.
Napoléon croyait connaître assez bien le caractère de l'empereur Alexandre pour prévoir que la bonté de son cœur céderait sur tous les points avant de voir les dévastations de la guerre; il entretint l'espoir d'obtenir la paix pendant toute la campagne, mais le Tzar avait dit dans sa lettre au prince Soltykoff qu'il ne déposerait pas les armes tant qu'un seul soldat ennemi serait sur le sol de son empire, et il tint parole.
En quittant Vilna, après une conversation d'une heure avec Barclay de ToUy en tête à tête, Alexandre, en se mettant dans la voiture, lui dit: „ Adieu, ménagez mon armée, car je n'en ai pas d'autre^^ C'était donc enjoindre au général de ne pas la compromettre dans des batailles à la légère.
Les Russes sont jusqu'ici partagés entre l'admiration pour Barclay de ToHy et pour Eoutousoff. Je erois que le gouvernement a décidé la question en élevant un monument à chacun d'eux, devant l'église de Kasan à St Pétersboui^, et nous verrons qu'ils ont tous les deux bien mérité de la patrie. Napoléon, avec cette connaissance des hommes et surtout des militaires qu'il avait, les a caractérisés tous les deux en disant à Vilna, à M. Balacheff : „Barclay de ToUy est un génial de retraite et Koutousoff est trop vieux". Or la-retraite systématique des Russes
devait préparer la retraite désastreuse des Français et la prudence de la vieillesse de Eoutousoff n'a pas nui.
Pendant que les corps français traversaient la Yistule, les Russes n'avaient pas encore concentré leurs forces et n'avaient à opposer que 200,000 hommes aux cohortes innombrables de Napoléon. Le colonel Tchemycheff, aide-de-camp de l'Empereur, avait bien à force d'or obtenu au nnnistére de la guerre à Paris le plan de campagne, mais Napoléon le changea dés qu'il eût appris ce larcin. Quant à l'état de l'armée, il faut qu'il ait apporté des renseignements bien inexacts, puisque pendant toute la première moitié de la guerre, les Russes restèrent dans la supposition, qu'ils n'avaient affaire qu'à 250,000 ennemis.
L'empereur d'Autriche avait bien sous main promis à Alexandre de ne pas attaquer la Russie, si on ne l'attaquait pas, et de se borner au corps auxiliaire de 30,000 hommes qu'il devait fournir à Napoléon; ce corps se montant à 34,000 hommes fiit placé sous les ordres du prince Scbwarzenberg, qui n'était ni heureux ni entreprenant. Le prince de Lichtenstein qui réunissait ces deux qualités lui fut adjoint Les 12,000 Saxons sous les ordres de Reynier devaient agir de concert avec les Autrichiens et ils furent des premiers battus. Tormassoff et spécialement le comte Lambert firent prisonniers le 27 juillet à Kobryn, 2,000 hommes composant la brigade Klengel.
It4 HISTOIRE
L'Angleterre ne voulut pas soutenir cette gaerre . colossale sans garanties, et ne consentit à payer trois millions de livres sterling que sur gage. Seize vaisseaux de ligne lui furent livrés à cet effet à Kronstadt
Napoléon fit la faute de ne pas rétablir le royaume de Pologne. Il répondit à Vilna au sénateur VyT)8ki, qu'il avait écouté avec intérêt le message de la confédération, qu'il récompensera ce dévoûment d'un pays qui le rend si intéressant^ quand il sera dans H(m pouvoir de le faire. Il ajouta qu'il avait promis à l'empereur d'Autriche l'intégrité de son empire. Or François était prêt à céder la Gallicie pour nUyrio, et Lemberg venait de réfuser un emprunt au prince de Schwarzenberg. La conséquence de cette froide réponse fut que les provinces polonaises de la Russie ne se soulevèrent pas, quoique les soldats originaires de ces provinces ne cessassent de déserter de l'armée russe. Napoléon perdit un temps précieux à Vilna en y restant trois semaines, et l'empereur Alexandre en se rendant à Moscou, disposa la noblesse de ce gouvernement à fournir 80,000 recrues, que les marchands équipèrent à leurs frais.
Le plan de Napoléon consistait à séparer les deux armées russes et à détruire l'armée de Bagration, mais le roi de Westphalie n'attaqua pas résolument à Grodno. Bagration, peu au courant des forces de l'ennemi, fit un immense circuit par Veswij et Slousk sur Bobruisk, pour ne pas prévenir Davoust
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à Mohilev, où il dut s'ouvrir un passage sanglant povà joindre Barclay à Smolensk. H avait 60,000 hommes sous ses ordres.
Les six premiers corps composant l'armée de Barclay rétrogradèrent jusqu'à Drissa, où PhuU avait forme un camp fortifié qu'heureusement on abandonna. L'arrière-garde sous les ordres d'Ostennann-Tolstoy soutint un combat glorieux à Ostrowno le 25 et le 26 juillet, ayant soin de choisir des positions avantageuses, et le jour suivant Platoff eut un engagement tout aussi sérieux, en couvrant la retraite de l'armée. Dans ces trois journées les Russes perdirent 1 à 1 2,000 hommes, mais la perte des Français fut tout aussi considérable. En attendant les gelées, les alliés perdaient un grand nombre de soldats par la chaleur qui fut extrême pendant les mois de juillet et d'août. Barclay n'ayant que 75,000 hommes sous ses ordres, ne voulut pas livrer à Vitebsk de bataille à un ennemi si supérieur en forces, et la jonction des deux armées russes se fit à Smolensk le 3 et le 4 août Napoléon qui n'avait pas réussi à prévenir cette jonction n'avait pas été plus heureux contre Wittgenstein. D envoya Oudinot contre lui ; mais le 31 juillet Wittgenstein le défit à Kliastitza.
Nap(^éon fit aussi là faute d'attaquer Smolensk qu'il aurait pu tourner, et de se tromper sur la force de ses murs et de ses tours en n'en faisant pas un siège régulier. Barclay de son côté en n'exécutant
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pas l'attaque à Rudnia sur le camp des Français le 8 août, fit croire qu'il manquait de résolution pour se mesurer avec le grand capitaine. Les Russes défendirent Smolensk avec acharnement, jusqu'à ce que les bombes et les congrèves de l'ennemi y eurent mis le feu. Les généraux russes reprochèrent viTement à Barclay de ne pas avoir livré de bataille le lendemain; mais nous nous demandons si une perte plus considérable en hommes n'aurait pas décidé Napoléon à s'arrêter à Smolensk, à diviser la guerre en deux campagnes, ce qui en aurait certainement changé les destinées?
En se retirant de Smolensk, Barclay prit d'abord la route de St. Pétersbourg et dut livrer le combat de Velutino. Cette journée fut heureuse pour lui, mais c'est parce que Napoléon fut absent, et Junot n'attaqua pas. A la tête de ceux qui. criaient le plus pour demander une bataille, était le grand-duc Constantin qui était connu pour son manque de courage, qui ne cessa de recommander à son firére de £BÛre la paix, et que Barclay renvoya avec Beunigsen à St. Pétersbourg.
Ayant regagné la route de Moscou, Barclay songeait à livrer ime bataille décisive; mais la position à Ouswiat ne parut pas assez bonne pour y risquer un combat*). Celle de Tzarewo-Zamesch fut ap-
'^) A ce sujet, il se passa une scèoe au quartier-général russe qui mérite d'être mentionnée. Barolay reprocha au colonel
d'alexaiïdbe I". 117
prouvée et il se peut qu'elle eût valu mieux que Borodino; mais en attendant l'Empereur crut devoir céder à l'opinion publique qui s*était soulevée contre Barclay et il nomma Koutousoff général en chef.
Wittgenstein avait fait tout le contraire de Barclay et avait vaincu pour avoir attaqué. Mais il est vrai qu'il avait affaire à Oudinot et Barclay à Napoléon dont le nom seul valait une armée. Ce dernier cependant ne s'était pas montré dans cette campagne aussi grand en stratégie qu'en tactique et n'avait même pas pour excuse l'ignorance du pays. Lorsque en 1811, Marmont lui envoya de l'Espagne un de ses aides-de-camp, l'Empereur lui dit:
— Voilà Marmont qui se plaint de manquer de tout, et je vais dans un pays qui ne produit rien. Comment cela finira-t-il?
— Très bien, je pense, Votre Majesté, répondit l'oflficier qui ne sut trop que lui dire.
Prévenu donc comme il était, Napoléon . voulut néanmoins que la Russie nourrît son armée, or l'ar-
ToU, quartier-maître général, de ne pas aroir trouvé de localité pour une bataiUe, et Toll répondit avec humeur qu'il ne pouvait pas en créer. Le prince 3agraiion se fâcha et lui dit: ,,yous voyez ici cinq cordons bleus (chevaliers de St. André) qui obéissent au général en chef. Moi qui suis plus ancien que lui, je donne l'exemple. Si vou» ne savez pas trouver une position, un autre officier la trouvera, mais si vous m'aviez répondu à moi comme vous venez de le faire, je vous aurais fait soldat'^ Barclay sachant qu'au fond Toll avait raison et n'avait manqué que dans la forme, ne dit rien. (Mémoires de Lœvenstern.)
mée de Barclay brûlait ce qu'elle ne mai^ait pas, et. lés Français eurent des traînards et des maraudeurs au début de la campagne.
Le général St. Gyr ayant pris le commandement du corps d'Oudinot qui fut blessé le 17 août, reprit aussi l'offensive et défit Wittgenstein à Polotzk, le 18 août, avec une perte de dix canons et de nodlle prisonniers. Cette affaire empêcha Wittgenstein de se joindre à Tormassoff et de former ainsi une ceinture derrière la grande armée.