‹ Histoire d'Alexandre ier, empereur de RussieChapitre 17 sur 26 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Hoseon et Bérésma.

Ce ne Ait pas une des moindres gloires de Barclay de Tolly d'être resté à l'armée après que la commission des six généraux présidée par Soltykoff à St. Pétersbourg eût recommandé de le remplacer par Koutousoff. Ce dernier, comme de raison, trouva tout mauvais et rapporta à Alexandre que l'état de l'armée était pitoyable et qu'il fallait s'attendre aux échecs après l'affaire de Smolensk. En voyant & Gjatsk la sentinelle placée devant sa tente, il s'écria: „Comment est-il possible de se retirer avec de tels hommes I^^ Dans une affaire qui suivit de prés son arrivée, on prit deux canons à l'ennemi et on considéra ce fait comme de bon augure. Ayant rejeté la position de Gjatsk pour la bataille, Koutousoff adopta celle de Borodino, à 80 verstes de Moscou, et l'on commença de suite à travailler aux retranchements.

Le 4 septembre (v. st) le prince Gortchakoff eut une affaire sérieuse à Doronino, où il Ait blessé

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et où la perte de part et d'autre se monta à 2,000 homme».

Le 7 septembre retentit la bataille de Borodina La droite des Russes était inabordable, étant appuyée contre la rivière Kolocha; le centre était hérissé de redoutes, mais la gauche, la plus vulnérable, fut la moins bien défendue; et c'est là que Napoléon porta son attaque. Barclay commandait l'aile droite où était placée la première armée, Bagration l'aile gauche où se trouvait la seconde. Un détachement de la première était sous les, ordres de Miloradowitch. Au centre étaient les corps de Raïewski et de BagehufFwudt, sous les ordres du prince Gortchakoff.

Entre le sixième et le septième corps il n'y avait malheureusement qu'une mauvaise fortification avec 1 8 canons. Eoutaïsoff commandait l'artillerie de la première armée et Lœwenstem celle de la seconde. Yermoloflf était le chef de l'état major de Barclay et St. Priest celui de Bagration. Bennigsen était à la tête de l'état-major de KoutousofiF.

Ce ne fut que le 5 qu'on érigea à la hâte les redoutes Bagration et Raïewski et ce ne fut que le 6 qu'on envoya Tutchkoff dans la forêt d'Utitza. Or le 5, trois divisions de Davoust avaient déjà enlevé la redoute Schèwardîno, non sans y laisser 4,000 hommes, dans trois attaques.

Le général Toll a accrédité la supposition que EoutousofT s'est montré maladif, vieux, faible à Boro-

dino. Mais M. Liprandi, dans une série d'articles récemment publiés dans P Abeille du Nord a dit qu'il a reçu plusieurs ordres du général en chef et qu'ils furent tous donnés avec vivacité et vigueur. Et ce n'est pas pour réfuter M. de ToU, mais le général Danîelewsky qui dans son Histoire de la guerre nationale a prétendu que KoutousoflF au plus fort du combat^ a monté à cheval le Gorki, monticule qui dominait le champ de bataille, et que le feu de l'ennemi était si fort sur ce point, que ses aides-decamp entraînèrent de force le cheval et le général. M. Liprandi est d'opinion que KoutousoflF n'aurait pas souflfert une telle liberté de la part de ses oflScîers. M. Liprandi n'a peut-être pas réfléchi que lé but du général était déjà atteint et qu'il avait donné Tordre de porter de nouveaux renforts à la gauche. Quand donc M. de Wolzogen vient nous dire que porteur d'une communication du général Barclay, il a trouvé KoutousoflF loin du combat et a été reçu par des jurons, nous y voyons une preuve qu'il n'était pas trop vieux. La nouvelle qu'apportait Wolzogen disait que la bataille était perdue et il est assez naturel que le chef ait répondu avec humeur. „Crois-tu donc que le général en chef ne sait pas comment Va la bataille?"

M. Liprandi s'élève aussi contre une autre affirmation de Danielewsky, disant que KoutousoflF a attribué à la mort de KoutaïsoflF un eflFet immense sur

la marche de la bataille. Le critique dit avec raison que la perte d'un général d'artillerie ne peut pas affecter la marche d'une bataille, que des hommes bien plus importants que Eoutaïsoff ont été tués ou blessés ce jour, et il ^nit par dire que le fils de Danielewsky fera sans doute mieux dans une troisième édition; car son père a été acteur dans cette guerre, tandis qu'un historien qui n'a pas pris part aux événements est toujours plus impartial.

. Eoutousoff est généralement accusé d'avoir fait de faux rapports, d'avoir caché la vérité et chanté victoire lorsqu'il était battu. Mais ce système n'était pas propre à lui seul. De tous les bulletins de Napoléon pendant cette campagne, le dernier (23*), celui de Bérezina, est le moins mensonger. Barclay avait embelli les affaires de Smolensk, et, dans une guerre nationale, où il s'agissait de ne pas décourager l'esprit public, un rapport valait une bataille. Wittgensteia avait aussi accrédité la victoire de Polotzk qui fut une défaite.

Mais revenons à la description de la mémorable bataille .de Borodino, où 1,200 canons vomirent la mort sur un espace de quatre verstes (kilomètres), et où 235,000 hommes combattirent avec un acharnement sans égal, où la défense Ait si héroïque, que l'attaque épuisée s'arrêta avant la fin du jour, à quatre heures. (Napoléon avait ce jour un rhume de cerveau et la nuit qui suivit fu| si froide ^ que l'année

firançaiBe ne chanta pas comme elle l'avait fait la nuit précédente.) L'attaque a cet immense avantage sur la défense qu'elle concentre ses forces quand elle veut et où elle veut, et, dans cette bataille, Napoléon a concentré jusqu'à 400 canons contre un seul point russe.

Le duc de Raguse reproche à Napoléon d'avoir &it son centre trop fort pour une attaque feinte et son aile droite qui devait décider de la victoire, pas' assez formidable. Le prince. Poniatovsky fut chargé dés la veille d'attaquer l'extrême gauche de l'ennemL n s'engagea dans la forêt d'Utitza où était posté Tutchkoff et n'en emporta les hauteurs qu'après la prise de la grande redoute. Napoléon jeta des forces plus considérables sur Semionovka et le combat y fut si acharné qu'il aurait dû porter le nom de ce village; TutchkoflF y fut tué. La redoute entre le sixième et le septième corps russe était si faible qu'elle fut une fois prise par des troupes de ligne et une autre fois par des lanciers. Le général Yermoloff, dans son rapport, dit cependant que cette position dominait tout le champ de bataille.

Le vice-roi dltalie commanda l'attaque contre le centre russe. La division Paskéwiteh y périt toute entière et le général Likhatcheff fut fait prisonnier, au moment où il cherchait la mort. La batterie'Schulmann (de 18 canons) ayant été prise, les généraux Yermo^ loff, Monakhitin, Eoutaïsoff prirent chacun un ba-

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taillon pour l'enlever à -l'ennemi. Koutaïsoff y périt, et Yermoloff fut blessé. Tout le corps Raïewski fut détruit et presque toute la seconde armée s'abîma avec son illustre cbef qui fut blessé à la jambe, et mourut dans ses terres, des suites de cette blessure. On reproche à Napoléon ayec raison de ne pas avoir fait donner sa garde. En effet, il aurait été plus important pour lui de détruire l'armée russe que de prendre Moscou. Quant aux gardes russes, ils souffrirent beaucoup sans tirer l'épée*}. Eoutousoff voulait recommencer la bataille le lendemain, mais les rapports qui lui arrivèrent lui démontrèrent que ce serait anéantir l'armée que de la risquer de nouveau. Le général Toll estime la parte des Busses à 40,000 et celle des Français à 30,000. Ces derniers eurent huit généraux tués et vingt blessés, aussi Napoléon app^la-t-il cette bataille, la bataille des généraux. Le général Bonnamy Ait fsût prisonnier, 6. Caulaincourt était au nombre des tués; Compans, Latour-Maubourg, Nansouty parmi les blessés. Un espace de quatre verstes carrées fut littéralement couvert de tués ou de blessés, et Napoléon put écrire ces mots à jamais regrettables: „La vue du champ de bataille est magnifique !'' Il y eut un moment où les Russes changèrent la défense en attaque et

'") Je tiens de M. Khosikoif, officier aa régiment Isniaïlewskî, que le sort de ce régiment fut semblable à celai de Préobrajenski. On les concentra sans les employer.

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où Napoléon perdit un temps précieux à voir ce qui allait advenir de ce mouvement, ce fut lorsque Ouvaroff traversant la Eôlocha s'était porté contre le flanc gauche des Français; mais n'ayant que de la cavalerie, il fiit obligé de rétrograder. La bataille aurait pu prendre une toute autre tournure s'il avait été dament soutenu.

Platoff qui s'était déjà distingué à Grodno en échappant à l'ennemi et en parvenant à rejoindre la première armée, couvrit la retraite jusqu'à Mojasik, où Miloradowiteh prit le commandement de l'arriéregarde.

Les Français s'arrêtèrent aux monts VorobieflF (Moineaux), le Montmartre de Moscou. Ds virent avec dédain et convoitise les 300 églises embellissant la ville. < Us songèrent avec extase au repos et aux délices qui les attendaient après tant d'épreuves. Napoléon attendait une députation portant sur un plat d'argent les clés de l'ancienne méti'opole russe. Personne ne vint; il entra dans la ville, elle était déserte, il se transporta au Kremlin, et il vit par la fenêtre les flammes et la fumée éclatant à plusieurs endroits pour célébrer son triomphe. Ce fut une vue qu'on n'oublie pas, un événement que l'éternité ne cessera de répéter. Les toits des églises et des maisons s'écroulaient avec un bruit épouvantable, pendant que des colonnes de feu s'élevaient vers le ciel en holocauste du patriotisme russe et parlaient une

langue que comprenaient toutes les nations venues de si loin à la suite du moderne Tamerlan. Les Français saisirent 300 incendiaires et les fusillèrent pour donner sans doute un exem|de à la postérité, car le feu en embrasant les boutiques de sucre et de cire ne fit que gagner en intensité. — „Quel peuple extraordinaire, quelle action barbare!" s'écria Napoléon, qui y vit la ruine de toutes ses espérances. Qui est l'auteur de ce devoûment héroïque et sans exemple? L'opinion publique l'attribua à Rostoptchine et l'histoire ne peut que faire remonter à lui la gloire et la responsabilité de cet acte. C'est lui qui avait fait sortir les criminels des prisons et les avait armés de torches, c'est lui, qui mit de ses propres mains le feu à sa villa. Que faire? — Écrire une lettre au frère Alexandre pour demander la paix. Napoléon en chargea un des habitants de Moscou, mais Alexandre était un peu sourd.

Un soir le feu brillait dans la cheminée de la salle du Kremlin. Napoléon se promenait à grands pas et louait Pierre-le-Grand. Ce qu'il trouvait de plus grand en lui, c'est qu'il était descendu du trône pour se faire charpentier à Sardam, tout conmie Napoléon de lieutenant d'artillerie à Toulon, était monté sur le trône vacant des Bourbons.

M. de Narbonne pour tirer son maître d'un &ux pas, faisait bon marché de l'histoire et assurait que Charles XII avait péri par le froid (la bataille de

Poltava fut livrée en juin), qu'il avait été écrasé par le nombre (les Russes plus nombreux à Narva que les Suédois y furent battus) et qu'il serait peut-être bon de décamper.

Napoléon a voulu attendre l'efiTet de ces deux coups de tonnerre: la bataille de Borodino et la prise de Moscou (une bataille gagnée et une victoire perdue), n y avait le plan de Daru qui consistait à hiverner à Moscou et à saler les chevaux, et que Napoléon appelait le plan du lion; lui qui était un aigle, il allait voler vers le midi.

Les officiers russes, par cette sympathie qu'ils ont toujours éprouvé pour les Français, venaient leur dire de partir, ou ils étaient perdus.

On perdit six semaines à attendre l'eflFet des deux coups de tonnerre. On envoya le général Lauriston qu'Alexandre avait refusé de recevoir à Vilna, au début de la guerre, on l'envoya au camp de Koutousoff qui le reçut, parce qu'il voulait gagner du temps et endormir Napoléon à Moscou pour le geler après. Alexandre fit des reproches au feldmaréchal d'avoir écouté l'ancien ambassadeur français, et les Français quittèrent Moscou en prenant la route de Ealouga.

M. Thiers parle du beau climat de Kalouga. Je voudrais bien l'y envoyer passer un hiver pour apprendre la vérité. J'ai vu à Kalouga le thermomètre geler d'abord, puis crever, sans qu'on pût dire

combien de degrés Réaumur il y avait au-dessous de 40^

. EoutouBoff qui avait été promu feldmaréchal pour la bataille de Borodino s'était retranché à Tauroutino, et cédant enfin aux instances de Bemngsen il avait attaqué Murât le 7 octobre (v. st.) à Vinkoff, à sept verstes de Tauroutino et lui prit trente-huit canons et 1,500 prisonniers, mais l'infanterie russe arriva trop tard et le général Baggahawoudt y fut tué. Les généraux russes insistant sur une nouvelle attaque, le maréchal leur répondit: „Vous parlez toujours d'attaquer, et nous ne sommes seulement pas assez avancés dans l'art militaire pour savoir exécuter un mouvement combiné. Si nous n'avons pas pris Murât au dépourvu, il est inutile de persister."

Ce fut le bruit du canon à Vinkoff qui tira Napoléon de son assoupissement, lui fit comprendre qu'il n'avait pas d'autre réponse à attendre du Tzar, et l'obligea à quitter cette Capoue dévastée et brûlée.

Lorsque Koutousoff apprit le départ de Napoléon de Moscou, il rendit de ferventes actions de grâces à Dieu, car il considéra, dés ce jour, la Russie comme sauvée.

Pour contre-balancer „ l'action barbare" de l'incendie de Moscou, Napoléon, en quittant cette ville, fit mettre le feu au Kremlin et au château de Pavlovsk. H se vengeait sur les pierres de ce qu'il s'était laissé bercer de fausses espérances de paix.

Ses soldats emportaient tout le butin qu'ils avaient pu faire dans les églises et dans les boutiques, far«> deau qui devait les écraser dans la retraite, pendant que les chevaux mal nourris devaient leur être de peu de service. Napoléon avait fait brftler l'équipage de M. de Narbonne, avant de venir à Moscou, parce qu'il n'était pas conforme aux règlements et, cette fois, il souffrit que ses officiers traînassent tous les carrosses qu'ils avairat pu trouver à Moscou.

Koutousoff en quittant le camp de Taurontino écrivit une lettre à madame de Narichkine à qui ce bien appartenait, en l'invitant à conserver ces retranchements qui avaient sauvé la Russie; et depuis, le prince Roumianzoff, le petit*iils du vainqueur de Kagoula, a élevé un monument sur cette terre qui est devenue sa propriété.

La bataille de Malo-Iaroslawetz fut celle qui décida du sort de la guerre. Cette ville fut prise par les troupes italiennes et reprise par Doktoroff plusieurs fois, dans la journée du 24 et le lendemain. Napoléon après avoir pris conseil de ses généraux, abandonna la route de Kalouga qui n'était pas encore dévastée, pour reprendre celle de Smolensk sur la-quelle il n'y avait que des cadavres et des ruines. La noblesse de Kalou^ reconnaissante du salut de cette province offrit à Koutousoff l'honneur royal de le mentionner dans les prières à Féglise; mais le feldmaréchal déclina cet hommage.

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Un officier supérieur français en me parlant de cette bataille me dit: 9,Tout ce que je sais c'est que nous avions marché dans une direction avant cette affaire et que, le lendemain, nous marchâmes dans une autre'^ Quand donc on vient nous dire que c'est le maréchal Morozoff (gelée) qui a décidé de la guerre, on fait bon marché de la vérité. Les généraux Barclay de ToUy et Bennigsen ayant quitté l'armée russe, Koutousoff ne fut plus paralysé dans ses mouvements, et il avait dans Tormossoff et Kanownitzine deux excellents généraux. Le colonel Toll devenu son quartier-maître général eut la satisfaction de voir adopter son avis de poursuivre les Français sur une ligne parallèle. La première gelée n'eut lieu que le 27 octobre (n. st.)) et la première neige ne tomba que» le 4 novembre; or la bataille de Viasma eut lieu le 22 octobre (v. st) et les Français y perdirent deux drapeaux, trois canons et 4,000 hommes. Wittgenstein avait battu Oudinot et Victor et les avait jetés audelà de la Dwina. Les Français se ruèrent sur Smolénsk avec l'indiscipline d'hommes affamés et avec une telle impatience que beaucoup furent écrasés aux portes. On n'y trouva assez de provisions que pour la garde.

A KrasnQï, le 3 novembre (v. st.) et les deux jours suivants, les Russes firent 26,000 prisonniers parmi lesquels six généraux, et prirent 116 canons. Les trophées des Busses furent si nombreux dans le gouvernement de Smolénsk, que l'Empereur donna à

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Koutousoff le titre de ,,priiice Smolensky^^; mais ces tropbéea ayant été pour la plupart ramassés dans la neige, ce titre pouvait paraître un reproche à Barclay deTolly, d'autant plus immérité que Koutousoff ne pouYait être persuadé de livrer bataille et répondait: ,9 Je ne donnerai pas un Busse pour six Français". — Un officier francs m'a dit à ce sujet: „A l'ennemi qui fuit, faites un pont d'or'^; en effet les Français auraient mieux aimé mourir en combattant qu'en gelant, et Ton fait bien d'éviter juste ce que l'ennemi vous désire de voir faire.

En attendant, l'amiral Tchitchagoff avistit poursuivi Schwarzenberg, qui repassa le ÎBoug le 11 octobre, et avait reposé ses troupes à Brjesc-Litowski pendant seise jours. L'empereur Alexandre lui donna des instructions qui révélaient en lui plus de coH"naissances militaires qu'on ne lui en supposait alors;' Le 26 octobre / 7 novembre, il lui écrivait:

„C'est à votre discernement à choisir les mesures les plus propres à atteindre le but, qui est de ne pas laisser sortir Napoléon de nos frontières, et de tâcher de détruire son armée en la mettant entre la vôtre, le corps de Wittgensteîn, celle de Koutousoff et le corps d'HsBrtell. Calculez bien les distances et le temps. C'est le 20 octobre / 1 novembre que Napoléon était près de Gjatzki, vous étiez, le 10/22 octobre entre Slonim et Brjesc: ainsi, vous avez la possibilité d'arriver de manière à produire ce résultat. Songez

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t^ombien les suites seront différentes, si Napoléon repasse notre frontière, et organise une nouvelle airmée. Je m'en remets enfin à votre bon jugement, à votre activité et à votre éjiei^e."

Le 12 novembre, le général russe Lamb^ fit 3,000 prisonniers, Tannée passa le Niémen le 15, et le 17 elle entrait à Minsk où l'on trouva plus de 8,000 Français dans les hôpitaux. Le 21, Lambert attaqua Dombrowski qui gardait la tête du pont de Borissoff, l'emporta à cinq heures, et la ville tomba dans ses mains. Mais malheureusement il fut blessé, et le général Paul Pahlen qui lui succéda ne se montra pas aussi bon militaire. H rencontra Oudinot et dut se replier en perdant 600 hommes. Borissoff fut occupé par l'ennemi, mais le pont resta aux mains des Russes, Wittgenstein, au lieu de poursuivre Oudinot, s'était porté sur la gauche de laBérézina, à la recherche de Napoléon qui ne pouvait manquer de traverser le fleuve. Koutouzoff suivait ce dernier à une distance de vingt-cinq lieues.

Le général TcharpHtz, posté à Vesselovo avec 4,000 hommes, fit une valeureuse résistance, tandis que le gros de l'armée de Tchitchagoff resta à surveiller le Bérésino inférieur, où les instructions de Koutousoff disaient que Napoléon devait passer. Langeron garda Borissoff et paralysa la défense de Tcharplitz jusqu'à un certain point, en llnvitant à se replier sur lui.

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Leâ l6/28iioyembrç le passage s'eifectua; Tcharplitz renforcé de deux régiments attaqua rennemi, nuds Sabaoieff ne résista pas par la masse de ses six régiments qu'il dispersa en tirailleurs. Le général français Doumerc les chargea avec sa cayalerie, et ne fut arrêté que par une charge de hussards russes. Le comte de Wittgenstein se vanta d'avoir contraint l'ennemi de passer la Béré^ina» qu'il devait l'empêdier de franchir. La v^e, la division Fartouneaux ayant donné dans ses 40,000 honmies, avait été &it6 prisonnière. L'amiral Tchitchagoff se défend de ne pas avoir rendu impraticables les marais de Gaina en disant qu'ils étaient gelés et pouvaient être passés sans p<Miits. Le gouverneur de Minsk trouva aux environs de la Bérézina 24,000 cadavres qu'il fit brûler.

Le 1 7/29 novembre, Tcharplitz détruisit l'arriéregarde française à Smorgoni, forte de 3,000 hommes, et depuis la retraite des Français se changea en déroute. L'armée de Tchitchagoflf fit à elle seule 30,000 prisonniers.

Napoléon quitta l'armée le 5 décembre et partit en traîneau avec le comte Gaulaincourt, laissant Murat à la tête des troupes. H ne s'arrêta pas à Yilna, où l'empereur Alexandre arriva le 2 1 décembre, et où il décora Koutousoff du grand cordon de St. George. La guerre avait duré mpins de six mois. Le maréchal russe qui parlait toujours de se présenter à la frontière avec des forces imposantes, n'arriva à Vilna

qu'avec 2 1 ,000 hommes. L'armée de l'est avait perdu 160,000 hommes.

Napoléon emprmita à la municipedité de Varsovie 400,000,000 de francs qui n'ont pas encore été payés jusqu'à présent H ne rougit pas de descendre jusqu'à fabriquer de faux assignats russes, et paya au roi de Saxe une dette de 6,000,000 Ihalers en cette monnaie, que les Russes saisirent plus tard à Leipzig et à Dresde. Prévoyant les difficultés qu'il devait rencontrer en Russie pour l'approvisionnement de son armée, il avait fait proposer par Lauriston au gouvernement russe d'établir des dépôts de conamerce dans l'intérieur de l'empire. Le chancelier Roumianzoff s'y prêta, mais le chef des voies et communications, un Hollandais d'origine, déjoua ce plan dont l'arriére-pensée était d'ériger des magasins pour l'armée française, magasins que les Russes auraient sans doute détruits, au début de la guerre.

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