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changement n'est valable sans sa sanction, çt s'il se range de l'avis de la minorité, ne fôt-elle que d'une seule voix, c'est la minorité qui l'emporte. Or quoi de plus aisé que d'avoir une créature dévouée dans un corps dont il nomme tous les membres, et l'étonnant est qu'il se soit trouvé un homme comme Mardvinoff osant parfois contredire son souverain.^
Tant que la police secrète ou officielle intervient dans les jugements, il ne peut être question de justice, et les mots des peuplades allant quérir les princes Variagues : „Notre pays est vaste et riche, mais il n'y a pas d'ordre", restent dans toute leur force.
Au couronnement d'Alexandre, on avait frappé upe médaille avec son portrait d'un côté, et de l'autre une colonne (celle du Séna*?) avec le mot: „loi" et l'inscription : „Gage de bonheur pour tous et chacun^^ Oui, la loi est un gage de bonheur quand elle est l'expression de la sagesse des siècles et non pas du caprice d'un seul. L'empereur Alexandre dit un jour à la princesse G. : „Si je pouvais changer les lois, je ne voudrais pas le faire". C'est juste, quant, au principe de l'égalité devant la loi, mais non pas quant à la loi elle-même. -En 1846, l'empereur Nicole, dit au Pape à Rome qu'il devait observer les lois de son empira, et Grégoire XVI lui répondit: — ,^^ y a cette différence que les lois de l'Église pour laquelle je plaide, sont immuables et celles de votre empire peuvent être changées par vous-même."
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Néanmoins, Alexandre était l'homme le plus libéi:al de son empire, et il n'est pas facile d'élever à la liberté un peuple dégradé par une tyrannie de piuBieurs siècles. Mr. Sterch, le professeur d'économie politique des grands-ducs Nicolas et Michel, dit lui-même**) que les Busses croient que le pouvoir s'affaiblit lorsqu'il abandonne quelque habitude d'oppression. Adorant le Tzar, ils avaient peu d'égard pour les lois et avaient recours à h^ faveur pour les éviter.
Sir Kobert Porter, ayant visité la Russie vers cette époque, fait le portrait , suivant de l'empereur Alexandre**):
„I1 est doux dans ses manières et très gracieux dans sa conversation. La bonté de son cœur brille dans ses yeux, et la douceur de son tempérament embellit même ses lèvres d'un sourire. Sa bienveilr lance est si grande qu'il ne se passe pas de jour sans quelque preuve de son attention pour le bienêtre de son peuple, et son indulgence en punissant les coupables est si grande, que la clémence la plus tendre s'allie toujours k sa justice. Ses traits s(mt beaux et élégants, son air affable et engageant; et sa contenance exprime toujours la bénignité de son humeur. Sa taille est de près de cinq pieds onze polices, n est blond et a des yeux bleus; et son teint sans être fleuri a l'éclat de la santé^^
♦) Russland unter Alexùnder I.
**) Sketches in Rtusia and Sweden, .
Nous trouvons une preuve de la vérité de ce jugement dans une sentence rendue par l'Empereur le 9/21 janvier 1804, contre Nepludoff et Lapteff, ci-devant gouverneurs de Tambov qui furent tous les deux chassés du service et déclarés incapables d'y rentrer pour les abus qu'ils avaient tolérés dans le 'cercle de leur administration. Les personnes auxquelles ite avaient fait tort, et partieuMèfenent le major Alénine, furent amplement dédommagées de la perte d'argent et de temps qu'elles avaient éprouvée.
Le 19 janvier 1804 (a. st.) le Corps des mines fut réorganisé, sur la représentation de M. Grourieff, ministre des finances, et d'après les plans de Moussine Pouchkine et du général Dirsakoff.
Le 13/25 janvier fut signée une convention à Berlin, entre la Russie et la Prusse pour l'extradition mutuelle des déserteurs et criminels. Sf les soldats russes avaient eu l'instruction des soldats prussiens, ils auraient su que la Prusse ne les protège pas en cas de désertion, et le gouvernement n'aurait pas attristé l'humanité par le spectacle des traitements cruels qu'il leur fait subir, lorsqu'ils sont rendus.
Le 25 juillet 1803, l'Empereur avait réorganisé l'académie des sciences projetée par Pierre P' et établi par Catherine P^ Elle devait désormais être composée de dix-huit membres ordinaires, deux pour chaque science: l'économie politique et la statistique, l'anatomie et la physiologie Airent du nombre; de
vingt adjoints et d'un nombre illimité de membre^ extraordinaires et correspondants.
Les rapports des paysans et des maîtres, en Livonie, Airent réglés selon l'état des choses qui y avait existé sous la domination de la Suéde et de la Pologne. On fixa la valeur de la terre à donner aux serfs et on détermina suivant elle, l'étendue du travail qu'ils devaient aux propriétaires. Les paysans eurent le droit, en cas de mauvais traitement, de porter leurs plaintes devant les tribunaux.
En mars 1804, une mesure fut prise qui promit un bel avenir aux paysans russes. Le comte Sergéi RoumianzoflF ayant reçu l'autorisation d^établir quelques colons libres sur ses domaines dans la Russie méridionale, il s'établit la classe des „cultivateurs libres". Tous les propriétaires reçurent la permission de donner la liberté à leurs serfs, d'abord sans terre, ensuite avec la terre, et plus tard avec l'obligation de leur donner huit dessiatines par tête. Mais bientôt vinrent les procès attaquant les testaments et provenant des héritiers dépossédés ou des héritiers collatéraux qui intentaient des procès aux serfs euxmêmes, et à moins que quelque philanthrope ne prît la défense de ces derniers, la balance de la justice penchait du côté des plus riches ou des nobles. L'Empereur défendit les faibles et leur fit même avancer de l'argent qui fiit -toujours payé avec plus d'exactitude que ne mettaient les nobles dans l'acquitr
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tement de leurs dettes. Le chiflfre des cultivateurs n'atteint pas 70,000 et n'a jamais dépassé depuis 75,000. Lorsque les serfs avaient plus de huit dessiatines, le surplus leur était enlevé par la couronne. On eut dit que le sort réservait l'émancipation définitive des serfs au neveu d'Alexandre I"*).
*) M. A. Radistcheff qui, pour son Foyage de SL PétersboHrg à Moscou avait éié exilé en Sibérie par Catherine II, fut rappelé par Paul I^*" et Alexandre le plaça au comité pour la formation des lois. L*élève de l'université de Leipzig se voua chaleureusement à l'émancipation des serfs, mais il fut bientôt tellement dégoûté des obstacles, qu'il fit comme son camarade Ouchakoff à Leipzig et s'empoisonna, malgré son âge avancé. Dans son ouvrage il parle d'un propriétaire du gouvernement de Novgorod qui avait été laquais de Paul I®"" et qui maltraita ses serfs tellement, que ces 'derniers finirent par le tuer lui et ses- trois fils. Le président de la cour criminelle M. Kr^stlanldne essaya en vain de sauver les condamnés et donna sa démission. Le viol commis par les fils de cet ex-échanson impérial est rare, mais il amène toujours des suites terribles.