‹ Histoire d'Allemagne, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'année 1838;Chapitre 103 sur 116 · GUERRES RE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

GUERRES RE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

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puissances contre la France était résolue; l’empereur d’Allemagne rappela son envoyé du congrès dcRastadt, au commencement de 1799, et l’assemblée fut rompue. Dès le 6 mars, la république française, d’après sa coutume de prévenir son ennemi , déclara de nouveau la guerre à l’Empereur pour avoir laissé l’armée russe entrer dans ses États.

En Italie, la guerre avait recommencé quelques mois plus lot; car la reine de Naples, violente ennemie des Français, ne put attendre le moment de l’attaque générale et fit avancer les troupes napolitaines jusque dans les États romains, en novembre 1798; mais cet empressement eut un mauvais résultat. Les Français se tournèrent de ce côté avec leur célérité habituelle, chassèrent en Sicile le roi de Naples avec toute sa famille, et s’emparèrent de la basse Italie, jusqu’à la pointe de la Calabre. Le royaume de Naples devint la république parthénopéenne; et pour faire de toute l’Italie une république, les Étals de Gènes et de Toscane furent déclarés États libres.

Cette fois cependant ces nouvelles créations ne devaient avoir qu’une courte existence; déjà de tous côtés les armées des alliés se mettaient en campagne sous la conduite d’habiles généraux. Le Directoire n’avait plus une apparence bien solide, même en France : la Vendée avait repris les armes ; les armées françaises étaient en partie mal conduites; et dans le gouvernement de l’État comme dans l’administration militaire régnaient l’engourdissement et le désordre. De plus , l’arcbiduc Charles battit à Stockach , ainsi que dans plusieurs autres rencontres, et chassa d’Allemagne le général Jourdan qu’on lui avait opposé et que déjà une fois, au mois de mars, il avait mis en fuite et poursuivi jusqu’en Souabe, arracha au général Masséna l’ouest de la Suisse jusqu’au delà de Zurich, et considérait alors des bords du Rhin la tournure de la guerre en Italie.

(1) Cette année était de dix-huit mille hommes, fatigués d’une grande conquête et d’une longue route. Iis venaient du fond de l’Italie , où ils avaient reçu rendezvous à la Trebbia. Macdonald arriva au jour marqué en passant sur le ventre aux Autrichiens qui voulurent

Le général Schérer, homme perdu de mœurs et adonné à la boisson, y commandait d’abord l’armée française. Battu par le général autrichien Kray à Vérone et à Magnano, quand il abandonna le commandement, il ne livra plus à Moreau, son successeur, qu’une armée en désordre et dans la plus grande confusion. Dans ce moment arriva chez les Autrichiens le maréchal Suwarow avec ses Russes, qui renouvela en Italie son héroïque campagne contre les Turcs. C’était un vieux guerrier, mais plein d’une jeune audace, prompt, et que rien ne pouvait effrayer. Moreau malgré sa bravoure ne pouvait pas faire résistance à un pareil adversaire avec des soldats découragés. Suwarow les battit, le 27 avril, auprès de Cassano, et rentra le jour suivant dans Milan en vainqueur. Par cette victoire la Lombardie fut conquise, la république cisalpine dissoute et le nord de l’Italie rendu à la maison d’Autriche. De là , le général russe marcha contre Macdonald (1) qui revenait de Naples avec l’armée française et le battit au milieu de juin dans plusieurs sanglants combats sur les bords de la Trebbia, presque dans le même lieu où Annibal vainquit les Romains. Toute l’Italie jusqu’aux États de Gènes fut enlevée aux Français , les places fortes furent assiégées et prises, les républiques disparurent les unes après les autres et les anciens duchés furent reconstitués. Cependant le général Joubert avait rassemblé une nouvelle armée; mais il eut le même sort que les autres généraux, il fut battu à Novi après une lutte de vingt heures qui coûta beaucoup de sang et dans laquelle Joubert lui-même fut tué. Gènes était la seule ville qui restât aux Français. Le général russe, abandonnant alors le siège de la ville aux Autrichiens, tourna du côté des Alpes afin de pénétrer en Suisse et de conquérir celte forteresse, ce boulevard de la France. Quand il arriva au pied des monts géants qui cachent leur sommet dans les nues,

l’arrê(er. Il y rencontra Suwarow avec trois fois plus de forces qu’il n’en avait; mais il n’en garda pas moins ses positions pendant trois jours. Il ne se retira que quand il vit que personne ne venait, et fit à Suwarow plus de mal qu’il n’en avait reçu. jy, x.

ses guerriers hésitèrent un moment de gravir par-dessus ces rochers escarpés, étonnés de cette effroyable grandeur de la nature, dont ils n’avaient pas vu d’exemple dans leurs immenses contrées de Russie. Alors leur vieux général , qui avait l’estime de tous ses soldats, se jeta par terre en criant :« 11 vous faut ensevelir le vieux Suwarow sous ces montagnes, afin que tout le monde sache à quel endroit vous avez abandonné votre général. » Ses soldats, confus et excités par ces paroles, escaladent avec un nouveau zèle les rochers du Saint-Gothard,.et disputent les armes à la main tous les passages, arrivent au Pont-du-Diable et au lac de Lucerne ou des Quatre-Cantons; et là, dans des sentiers où le voyageur même ne peut se tenir, et où son œil est étourdi à la vue de l’abîme ouvert sous ses pieds, il y eut un sanglant combat, et les plus vaillants guerriers furent précipités dans les gouffres du fleuve écu niant qui sortait de la montagne avec fracas.

Pendant ce temps-là, Masséna ayant surpris, par une habile manœuvre, le général russe Korsakow, lui fit éprouver un échec complet , et le général Soult battit les Autrichiens audessous de Hotze , dans les environs de Zurich. Suwarow voulait se réunir avec eux ; mais après leur défaite il devenait impossible de sauver la Suisse, et l’on ne pouvait prolonger la guerre dans un pays pauvre où l’on ne trouvait rien pour l’entretien des troupes. Alors Suwarow se retira sur Feldkirch en Souabe, en passant par Graubundeten , à travers des sentiers où il ne pouvait passer qu’un homme à la fois ; ce mouvement fut opéré avec tant d’habileté qu’il ne fit aucune perle. Bientôt après il fut rappelé avec son armée. Les Russes n’avaient fait qu’une campagne réunis aux Autrichiens; mais ce fut une campagne comme on n’en trouve pas de semblable dans l’histoire, tant à cause des faits qu’à cause du gain qu’elle procura. Outre les grandes victoires , il y eut huit places fortes et 800 pièces d’artillerie qui furent prises.

Le caractère inquiet et faux de l’empereur Paul, qui prétendait être négligé et même offensé par ses alliés, fut l’occasion de cette rupture si prompte de l’alliance. On avait tenté , dans le même été, un débarquement en Hol-

lande d’Anglais et de Russes; mais des fautes commises dans l’exécution empêchèrent le succès, et ce fut le plus grand motif du mécontentement de l’empereur. Ainsi la France, par ce succès en Hollande et la reprise de la Suisse , fut sauvée d’un danger plus grand et plus prochain. Cependant il n’était pas encore complètement évité; car les armées victorieuses autrichiennes, après s’être emparées de l’intérieur de l’Italie, se tenaient sur les bords du Rhin et se préparaient à le passer avec les troupes de l’Empire , qui venait enfin de se prononcer pour la guerre; de plus, le gouvernement de France était en désaccord, et la confiance publique avait disparu. Bonaparte tira la nation de cette position difficile.

Bonaparte , premier consul , 9 novembre 1799. — Quand ce général , qui avait emporté intacte avec lui la gloire de ses grandes actions en Égypte et en Syrie , apprit le danger de la France, les défaites qu’elle avait essuyées, la perte de l’Italie; il partit d’Égypte sans avoir été rappelé, avec quelques amis seulement, passa miraculeusement au milieu de la flotte anglaise, aborda le 9 octobre à Fréjus, et parut tout à coup dans Paris. Grand nombre de citoyens qui connaissaient son ambition en furent effrayés; les autres qui l’avaient vu donner déjà une fois la paix par ses victoires, espéraient qu’il apporterait quelque changement dans les affaires ; beaucoup désiraient un gouvernement moins compliqué et plus vigoureux que les précédents; d’autres espéraient de lui leur propre avantage. Aussi réussit-il à changer le gouvernement de la France qui lui mit en main une grande puissance. Déjà, antérieurement , on avait passé du gouvernement de la populace à celui des comités, de celui-ci à un directoire de cinq hommes, et alors le nombre fut réduit à trois; mais pour leur donner un nouveau nom , tiré de l’histoire ancienne, ils furent appelés les trois consuls. Le premier d’entre eux, cependant, devait avoir en main presque toute la force administrative pour lui seul, et Bonaparte se le fit nommer.

Son premier mot fut la paix ; il la désirait dans ce moment pour affermir sa nouvelle puissance; mais les autres nations n’avaient pas confiance en ses offres. « Alors, dit-il, nous

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