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SEPTIÈME Él'OQUE. 1G48 — 1838.
soient alors manifestes et aient cherché à se faire valoir par toutes les suggestions de la passion , cependant il n’y eut pas un point qui pût passer et être fixé par une opération purement gouvernementale; mais au contraire la majorité des députés accepta chaque fois, discuta toutes les significations et exprima avec liberté les convictions qu’elle s’était faites , qu’elles fussent d’accord avec les propositions du gouvernement ou contraires. Telle est la vraie marche de toute assemblée provinciale d’Allemagne qui ne voudra pas accomplir une œuvre de parti en passant les yeux fermés sur tout ce qui n’entre pas dans son système , mais qui voudra fonder quelque chose qui ait des bases de vie. Ainsi tout membre de cette assemblée qui n’aurait pas vu accomplir dans tous ses points le tableau qu’il s’était fait du meilleur gouvernement, pouvait encore avec sûreté de conscience accepter le tout, pensant à ce sage axiome, que le mieux est souvent ennemi du bien; ce qui veut dire que le bien qu’on peut obtenir ne doit pas être sacrifié pour chercher à obtenir un mieux que l’on ne peut pas atteindre.
1. 11 y eut aussi des changements remarquables depuis 1830 dans le duché de Brunswick, tout près du Hanovre. La colère publique qui éclata contre la ruineuse direction que le prince Charles donnait à l’administration du pays eut pour résultat de le faire écarter, et son frère Guillaume fut appelé pour le remplacer. Le roi d’Angleterre, comme chef de la maison des Welfs , approuva le changement, en reconnut la nécessité, et alors il fut également approuvé par la diète d’Allemagne. Le nouveau duc regarda comme son premier et son plus important devoir d’établir, d’accord avec les représentants du pays, une nouvelle constitution qui en effet a été arrêtée depuis peu de temps, après un examen pacifique et approfondi.
Dans l’électorat de liesse , où l’on n’avait pu, malgré plusieurs tentatives, établir la représentation des états provinciaux ; il y eut aussi, en 1830, un grand mouvement pour obtenir des améliorations dans la forme gouver-
(1) Cependant le vieux roi est aujourd’hui en désac-
nementale. Le prince électeur Guillaume, qui avait refusé à son pays de nouveaux principes constitutifs , se vit obligé par la nécessité de l’époque et par plusieurs autres raisons d’abandonner le timon des affaires , en l’année 1831 , et de le remettre entre les mains de son fils, le prince héréditaire, qui régna avec lui.
Un semblable changement avait déjà eu lieu en l’an 1830, dans le royaume de Saxe, où le roi Antoine, successeur du prince Frédéric- Auguste, d’heureuse mémoire, qui était mort en 1827, après cinquante-neuf ans de règne , avait nommé son neveu, le prince héréditaire Frédéric, pour régner avec lui sous le titre de coadjuteur et pour l’aider à résoudre les cas difficiles. De sorte qu’on entreprit alors de jeter les fondements d’unœ nouvelle constitution qui fut heureusement exécutée et mise en vigueur. Quelques autres États d’Allemagne plus petits suivirent cet exemple, et l’on vit s’élever de nouvelles constitutions dans notre patrie; mais ce sera au siècle suivant à décider si cet esprit de créations nouvelles, excité pendant la paix, a réellement travaillé pour le bonheur du pays.
2. L’égalité des croyances chrétiennes sous le rapport civil et politique , qui était proclamée comme principe dans l’acte d’alliance, est aujourd’hui en vigueur dans tous les États de la confédération germanique. Tous les chrétiens ont, outre le libre exercice de leur religion , qui déjà depuis longtemps n’est plus contesté, toute capacité pour tous les droits civils et pour toutes les fonctions de l’État. De plus, les seigneurs catholiques ont établi pour leurs sujets évangélistes des tribunaux ecclésiastiques supérieurs dans des provinces où il n’y en avait jamais eu; et de même les seigneurs protestants ont relevé dans leurs États le misérable état de l’Église catholique , si bouleversé pendant longtemps , rétabli les chaires épiscopales, ou fondé de nouvelles, et les ont pourvues de revenus nécessaires. Pour toutes ces dispositions, il y eut des traités avec le pape; et ce fut encore la Prusse qui eut la gloire et la générosité de donner l’exemple en 4823 (î).
coicl avec la cour de Home , au sujet des archevêques
l’allemagne i>e 1816 a 1838.
Les affaires intérieures de l’Église réformée ne furent pas non plus négligées. Car d’après l’exemple du roi de Prusse, qui, trois cents ans après la réforme, en 1817, fit un appel aux deux confessions évangéliques pour ne plus former qu’une seule Église, la même chose eut lieu aussi dans les autres États allemands, et dans beaucoup d’endroits sa réunion fut accomplie, avec l’approbation des ecclésiastiques et des simples fidèles ; et l’esprit de désordre qui trop longtemps avait divisé l’Église évangélique fut enfin expulsé, et peu à peu l’unité fraternelle s’affermit dans cette Église.
3. Les lois générales et uniformes sur la liberté de la presse que promettait l’acte d’alliance n’ont pu jusqu’à aujourd’hui être accordées , tant à cause des violentes agitations de l’esprit de parti qui , quand la guerre n’exerça plus ses fureurs sur les champs de bataille vint se fixer dans le domaine des opinions , qu’à cause de plusieurs autres circonstances malheureuses et de dangereux errements. Bien plus, un arrêt de la diète, du 20 septembre 1819, soumit toutes les gazettes d’au-dessous de vingt feuilles à la censure, et plaça aussi les ouvrages de longue haleine , dans presque tous les États , sous la surveillance du gouvernement. Cependant celui qui considère la marche delà littérature allemande en général dans les vingt dernières années, doit remarquer qu’il y règne une liberté et une diversité d’opinions aussi grande que des esprits raisonnables peuvent la désirer pour le libre développement de l’intelligence; et je ne doute pas qu’une paix solide et durable ne donne sous ce rapport un peu d’extension à notre liberté.
Si maintenant nous portons nos regards des champs agités de la politique sur le terrain pacifique et indépendant de la croyance, des arts et de la science, qui peut douter que, dans les vingt-deux années de paix dont vient de jouir l’Allemagne, elle n’ait acquis beaucoup de gloire et ne s’en ménage encore une bien plus grande pour l’avenir? Qui ne reconnaît
de Cologne et de Posen , qu’il a arrachés à leurs fonctions. L’opinion publique lui reproche des idées fort exclusives en matière de religion , et une conduite
pas l’impulsion de l’esprit vers toute idée d’ordre? Certainement le temps des luttes et des oppressions n’est pas encore tout entier passé, la discorde n’a pas encore abandonné le champ des croyances religieuses; elle s’est même montrée de temps en temps pleine d’une nouvelle vigueur. Mais qui ne préférerait encore ces contestations à une mortelle indifférence? Et qui ne reconnaîtrait, malgré les divisions qui paraissent devenir plus grandes , un retour dans les partis vers des idées de réunion , de respect pour ce qui est sacré, et même de considération pour un adversaire de bonne foi? Cette reconnaissance de ce qui est humain , quelque part qu’elle se montre, et cette liberté d’esprit qui fait excuser dans les autres tout ce qui tient à l’humanité et n’est souillé d’aucune tache impure, cette tolérance, dis-je, découle d’une légitime civilisation ; et elle grandira et s’affermira parmi nous tant que les gouvernements reconnaîtront pour leur plus belle tâche de favoriser les progrès dans tous les genres, depuis les dernières écoles du peuple jusqu’aux plus beaux règlements académiques. C’est cet esprit qui s’est montré constamment actif dans notre patrie; c’est lui qui, en Prusse , a amené la fondation de l’université du Rhin, le 18 octobre 1818, le goût des arts dans la capitale, l’établissement et l’amélioration de tant d’institutions par tout l’empire, et enfin les lois d’organisation pour l’éducation dans toutes ses parties; c’est lui qui a amené en Bavière l’institution de l’université et les belles assemblées d’artistes dans Munich , aussi bien que les dispositione prises pour la haute instruction. Il a aussi manifesté ses effets dans les autres États de la confédération , grands et petits , plus ou moins visiblement et partout sous d’heureux rapports; et cent villes, des bourgs et des villages se sont laissé entraîner par son impulsion, ont mis tout leur zèle et ont fait de grands sacrifices, pour parvenir à former heureusement la génération qui suit.
4. Les droits des écrivains, des éditeurs, aussi bien que la sûreté de la librairie, en exé-
pleine de partialité en Westphalie et dans ses provinces rhénanes, N. T.
culiori de l’article 18 de l’acte d’alliance sont ainsi réglés par un arrêté de la diète, du 6 septembre 183:2 : » Les libraires, éditeurs et écrivains de tous les États de la confédération, jouiront, dans chaque endroit de la confédération, de la protection accordée contre la réimpression. » Ainsi désormais l’injuste gain de la réimpression est arrêté et ne pourra plus arracher la récompense due à l’actif travail du savant , ou à l’inspiration du poète , ni au libraire sa légitime propriété.
3. Puisse aussi la liberté du commerce et du trafic trouver un jour favorable pour s’établir dans ce mouvement général de l’Allemagne ! 11 est vrai que d’un côté, il y a déjà un grand pas de fait, par la réunion consentie ou qui sera consentie par la plus grande partie des Étals de l’Allemagne au nouveau système prussien pour les douanes et le commerce. Cependant il manque encore l’Autriche et les Etats du Nord , qui possèdent les côtes de la mer du Nord et une partie de celles de la mer Baltique ; ils voudraient voir une œuvre de réunion parfaite, qui ne vint pas seulement d’une convention entre divers États particuliers, mais d’une convention entre tous, dans une diète, comme article de la confédération. Puisse seulement celte voie, qui certainement sera prise, nous conduire bientôt au but; c’est-à-dire que nous qui, par notre origine, notre langage, notre alliance, ne faisons qu’un seul peuple, nous puissions exister et nous mouvoir comme un seul peuple par la liberté du commerce intérieur et par l’égalité de poids, de mesures et de monnaies; et que jamais dans l’intérieur des frontières d’Allemagne une funeste guerre d’intérêt et de supercherie ne vienne contre la loi , saper la moralité du peuple !
11 devenait vraiment nécessaire que l’industrie du peuple allemand, qui avant se trouvait arriérée dans plusieurs branches par rapport à celle des autres peuples, fût excitée, non pas seulement dans quelques États, mais par toute l’Allemagne. Dans certaines localités, elle a fait certainement de visibles progrès, et même les découvertes dans les sciences naturelles , qui sont travaillées avec prédilection , lui ont donné encore plus de vie et de succès. Du «este, si l’Allemagne n’est pas une des contrées
favorisées de la nature, si elle ne peut se procurer les biens de la vie que par une constante activité de ses habitants, et ne les conserver qu’à force de modération et d’économie, elle a aussi l’avantage de tenir toujours ses forces en bon état par un constant exercice. L’artisan d’Allemagne se contente d’un prix modéré; et de celte façon nos fabriques peuvent soutenir la rivalité de celles des autres pays , pourvu qu’on leur donne à l’intérieur un débit libre. Mais comme les pays étrangers , pour l’avantage de leurs habitants , imposent de gros droits d’introduction sur les produits de notre travail, alors il devient nécessaire d’adopter de semblables mesures de notre côté pour protéger notre industrie contre l’étranger; et l’Allemagne considérée comme un seul tout aurait assez de force pour cela.
6. Outre ces objets de sollicitude, l’agriculture et la condition des paysans, qui font la principale force de notre pays, méritent aussi d’arrêter notre attention. Ici encore, dans ces derniers temps , sont survenus des changements; déjà une division modérée des propriétés foncières, la délivrance de corvées nuisibles, le défrichement de pays incultes, sont des commencements d’amélioration dont certainement les heureux résultats ne tarderont pas à se montrer. Cependant jusqu’ici la condition du paysan n’est pas encore celle que peut désirer un véritable ami de la patrie. Ce n’est pas qu’il manque d’activité et de persévérance, mais c’est du débit pour ses produits; les prix sont devenus si étonnamment vils, que le travail du paysan , du fileur et du tisserand n’est pour ainsi dire pas payé. Avec cela , la population dans les villes et les villages s’augmente d’une manière vraiment inquiétante , tous les bras ne peuvent pas trouver partout du travail. Déjà la nécessité a entraîné des milliers d’hommes des provinces les plus peuplées de l’Allemagne à abandonner leur patrie, pour aller en chercher une nouvelle dans une autre partie du monde. Beaucoup d’entre eux sont morts de misère avant d’avoir pu atteindre le port de leur embarcation , d’autres ont succombé pendant la durée de la traversée; enfin ceux qui ont pu arriver dans le nouveau monde, privés de toutes ressources cl exposés