‹ Histoire d'Allemagne, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'année 1838;Chapitre 12 sur 116 · Les Marses, voisins des Bructères, prirent · texte numérisé non relu

Les Marses, voisins des Bructères, prirent

(2) Clovis est appelé par S. Remi milis Sicamber. Grégoire de Tours, II, 51.

(3) Grégoire de Tours , II , 9—51.

(4) V. Ledebur , Géographie de la Westphalie.

INTRODUCTION

très-activement part à la guerre contre les Romains, et paraissent clans l’histoire vers la naissance de J.-C. Ils remportèrent, dans la défaite de Varus, une aigle romaine que Germanicus reprit plus tard. Ce fut sur leur territoire que ce général ouvrit sa campagne du mois de juin, l’an 14 après J.-C., dans la basse Allemagne, où il détruisit le temple si fameux de Tanfana, à la tète de toute la garnison de Vetera Castra (près de Santen) , à laquelle il avait fait traverser la foret Cœsienne pour venir surprendre les Marses. Ce qui nous montre que ces peuples devaient se trouver en Westphalie, non loin du Rhin. Cependant on n’est point encore fixé sur leur demeure , et ceux qui se sont occupés de ces recherches sont très-partagés d’opinion. Les uns les placent sur la Lippe, les autres dans le Tecklenbourg et l’Osnabruck , ce qui parait le plus vraisemblable; et ainsi ce serait dans cette contrée qu’il faudrait rechercher le temple de Tanfana, que quelques-uns ont voulu placer à Munster.

5. Les Tubants, reconnus pour voisins des Bructères, furent placés par quelques-uns dans les environs de Paderborn, Hamm, et la forêt d’Arensberg (Sœster-borde) , et par d’autres, avec plus de vraisemblance, sur un point tout opposé, au nord-ouest des Bructères, sur le Rhin et la Vechl, dans la Twente d’aujourd’hui.

6. Au sud du territoire assigné en dernier lieu aux Tubants sur le Rhin , habitaient les Chamaves , qui touchaient aussi au sud les Usipètes auxquels ils avaient enlevé, avant l’arrivée de Drusus, une partie des prairies situées sur le Rhin et l’Yssel. Vers l’an 98 après J.-C., ils enlevèrent aux Bructères une portion de leur pays. Plus tard , ils paraissent encore comme faisant partie de l’alliance des Francs. Le territoire qu’ils occupaient, s’appelait au moyen âge Hamaland. Ptolomée nomme aussi Chamave, un peuple habitant avec les Chérusques, au pied du Harz; mais il doit être tout autre que celui dont nous parlons.

7. Les Ansibariens ou Amsivariens , étaient sur l’Ems , au nord des Bructères. Chassés par les Cauques, l’an 59 après J.-C., ils cherchèrent

longtemps en vain un autre gite chez les peuples voisins, et finirent par se confondre avec les Chérusques; mais une partie dut rester dans la confédération des Francs.

8. Les Casuares et Cattuares étaient, disent quelques savants, deux peuples. Les premiers habitaient sur la Hase au nord des Marses, et les autres à l’embouchure de la Ruhr. Suivant d’autres, ce n’était qu’un seul peuple qui restait au nord des Cattes, sur la Diemel, et peutêtre tirait son nom de sa destination dans l’alliance chérusque, de la défendre contre les Cattes; de même que les Amsivariens étaient pour la défense de l’Ems contre les Cauques (î).

9. Les Dulgibiens étaient vraisemblablement dans les environs du Wéser, peut-être même dans la contrée ou fut détruite l’armée de Varus, près de la Lippe. Ptolomée les place sur la rive droite du Wéser. Il serait possible qu’ils aient occupé les deux rives en même temps. Le même géographe nomme encore , dans les environs de Delmold, Tulisurgium, peut-être par corruption pour Teutiburgium, et place Tropæa Drusi , monument de la victoire de Drusus, sur le Wéser, probablement non loin de Hœxter. Quelques autres lieux que Ptolomée nomme en Westphalie, malheureusement sans désigner les limites, ont été bien diversement rangés.

a) Bogaclium, dont on a fait Munster, Bochold, Bekum, est, suivant Ledebur, Boclium près de la Lippe sur la grande route romaine, entre Vetera et Aliso.

b) Mediolanium , pris aussi pour Munster, mais plus vraisemblablement Mcteln, sur la Vecht.

c) Munitium, qui doit être dans le pays de Munster, soit Osnabrück, soit le château de Ravensberg ou Slromberg.

cl) Stereontiura est, ou Warendorf, ou Stromberg, ou Steinfurt, ou Stevern en Westphalie.

e) Amasia, vraisemblablement le même que le château dont parle Tacite, élevé par Drusus, sur la rive gauche de l’Ems, non loin de son embouchure.

(1)V. Ludens deutsclie Gescli., 1,5,4, anm. 10.

INTRODUCTION

/') Asealingium, près Minden , sur le Wéser.

</)Aliso, bâtie par Dru sus 2 ans avanl J.-C., au confluent de l’ Al iso et de la Lippe, d’après Dion Cassius. On es! si peu d’accord sur sa position, que les uns la placent à l’entrée de la foret de Teulobourg, les autres près de Paderborn, à Elsen, au confluent de l’Alme et de la Lippe, et enlin Ledebur, après de nouvelles recherches, semble assez fondé à la placer dans la paroisse de Liesborn, dans l’intervalle du confluent de la Liesc dans la Glennc à celui de la Glennc dans la Lippe, près de l’abbaye de Cappel.

h) Arbalo où Drusus fut étroitement serré par les Germains, sur les frontières des Chérusques, des Sicambres et des Galles, était très- vraisemblablement entre Nululen et Geseck, dans l’endroit où la chaîne des montagnes s’étend dans la plaine de Hellweg, et où se trouvait au moyen âge le gau (district) d’Arpenfeld. La dernière syllabe lo voulait dire forêt; feld , champ, mis à la place, veut donc dire que la forêt est devenue un champ fertile, ainsi arpcn-fcld pour arba-lo.

Sur la rive gauche du Wéser, étaient réunies grand nombre de peuplades appartenant à l’alliance des Chérusques.

10. Les Chérusques, sur la rive droite du Wéser, étaient le peuple le plus célèbre des premiers temps de la Germanie. Ils possédaient, au moment de la naissance de J.-C., et de leur plus grande puissance, un vaste territoire dans l’intérieur du pays, et le Ilarz était le centre de leurs domaines; ils s’étendaient à l’est jusqu’à la Saale et à l’Elbe, au nord jusqu’à l’Aller, à l’ouest jusqu’au Wéser, et au sud jusqu’à la Werra ou la forêt de Thuringe.

Pendant tout l’espace de temps depuis Drusus jusqu’à Varus , pendant vingt ans que les Romains occupèrent toute la basse Allemagne , la regardant déjà comme leur propriété, et parlant d’en faire une province romaine, les Chérusques conservèrent la paix; les fils de leurs princes prenaient du service dans les armées romaines; Auguste avait une garde du corps composée de Germains; tout annonçait que cet étal se prolongerai!. Mais, sous le gouvernement de Varus, les Chérusques se mirent

à la tête d’une ligue de presque tous les peuples situés entre le Rhin et le Wéser, et s’unirent particulièrementavecces nombreuses peuplades de la rive gauche de ce dernier fleuve; si bien que les Romains les appelaient les clients des Chérusques, et souvent même Chérusques; de là s’établit l’erreur que les Chérusques avaient habité sur les deux rives du Wéser. Plus tard, quand Hermann marcha contre Marbod, ils s’unirent avec leurs puissants voisins de l’est, les Longobards et les Semnones. Mais après la mort d’Hermann, la gloire des Chérusques tomba; ils s’engourdirent dansune longue inaction, et se laissèrent tellement affaiblir par les Longobards, lesCauques, les Catles, qu’ils furent réduits à n’ôtre plus que l’ombre de ce qu’ils avaient été.

Leur nom ne parait plus qu’une fois avec quelque importance dansune ligue, c’est dans celle des Francs.

Plolomée nomme sur leur territoire Lupia ou Lupin, aujourd’hui Eimbeck; Calagia, Halle, sur la Saale; Bicurdium, Erfurth. Avec les Chérusques disparurent aussi leurs alliés.

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