Les Foses, sur la Fuse, dans le Rrunsvvick aujourd’hui
12. Les Angrivariens, sur les deux côtés du Wéser, au-dessous de Minden, voisins et fidèles alliés des Cauques avec lesquels ils entrèrent plus tard dans l’alliance saxonne, sous le nom d’Engerns. Une portion du pays saxon situé sur le Wéser, s’appela Angaria.
13. Les Cauques. Ils habitaient sur la côte de la mer du Nord , depuis l’embouchure de l’Ems jusqu’à l’Elbe, et sur les bords du Wéser, qui les séparait en grands et petits Cauques. Pline, qui était venu lui-même dans leur pays, fait des habitants de cette côte une triste peinture. « Là, dit-il, l’océan deux foisle jour inonde une grande étendue de terrain et livre ainsi un éternel combat à la nature; de sorte qu’on ne sait Irop s’il faut appeler ce pays terre ou mer. Ces malheureux peuples habitent sur les collines de la côte, ou sur des buttes de terre qu’ils élèvent eux-mêmes à la hauteur nécessaire pour les garantir des eaux. A la marée montante, leurs habitations paraissent flottantes sur la mer et situées au milieu de marais. Quand la marée est basse , ils
INTRODUCTION
prennent les poissons apportés par la mer avec des filets de joncs ou d’herbes marines. Ils n’ont point de bétail et ne se nourrissent point de lait comme leurs voisins; ils ne peuvent exercer la chasse en aucune façon, puisqu’il n’y a pas un seul arbuste dans le pays. Ils sèchent, plutôt à l’air qu’au soleil, la tourbe qu’ils ont ramassée, afin de cuire leur nourriture et réchauffer leurs corps engourdis par le vent du nord. Ils n’ont d’autre boisson que l’eau de pluie qu’ils recueillent dans des fosses. Et cependant, si ces peuples étaient vaincus par les Romains, ils diraient encore qu’ils sont devenus esclaves! # Tacite, au contraire, qui voit les Cauques bien plus dans l’intérieur du pays, les vante comme le peuple le plus remarquable de la Germanie, comme un peuple pacifique et cependant guerrier et plein de courage. Ils furent longtemps les fidèles alliés des Romains, qui plusieurs fois traversèrent leur pays pour aller combattre les peuples du Wéser, probablement leurs ennemis les Chérusques. Meme, sous le règne de Néron, ils repoussèrent ces peuplades alliées des Chérusques qui leur étaient opposées, les Ansibariens, et s’étendirent fort loin vers le sud; de sorte que Tacite les trouve auprès des Catles. Dans le troisième siècle , sous l’empereur Didius Julianus, ils désolèrentla Gauleet enfin perdirent leur nom, confondus dans l’alliance saxonne.
Ptolomée nomme quelques lieux chez les Cauques : Tuderium , vraisemblablement Meppen; Thulipliurdum, Verden ; Phabiranum, Rrème ou Brèmsfurd; Leuphana , Lunebourg, etc.
14. Les Frisons, qui étaient sur les bords de la mer du Nord, depuis l’embouchure moyenne du Rhin jusqu’à l’Ems, furent alliés des Romains dans toutes les guerres de Germanie. Dans le deuxième et le troisième siècle , ils reparaissent dans l’alliance des Saxons, et passèrent avec eux en Bretagne (i). Les Romains ont nommé sur leurs côtes : les îles Borckum, Burchana; Austeravia, Ameland, et le Fleum ou Flevum, sur le Dollart.
15. Les Saxons, qui devinrent plus tard si importants, sont nommés la première fois par
Ptolomée , au milieu du deuxième siècle , comme habitants du Holslcin d’aujourd’hui. Ils étaient très-habiles matelots, et dans le quatrième et cinquième siècle, ils se firent redouter par leur piraterie. Tacite et Pline ne les nomment pas; vraisemblablement parce qu’ils les croyaient compris sous le nom de Cimbres. Nous parlerons plus tard de la ligue qu’ils formèrent et qui porta leur nom. Il est tiré, suivant quelques-uns, de leur courte épée ou coutelas appelé sax (2). Suivant d’autres, de seax, qui dans la langue anglo-saxonne veut dire la terre, ou de seat, siège.
16. Les Cimbres, plusieurs siècles après leur grande expédition à laquelle commence notre histoire, étaient encore dans leur pays, la presqu’île cimbrique, aujourd’hui le Julland; et Strabon, particulièrement, dit expressément qu’ils conservaient leurs anciennes demeures.
Entre les peuples saxons et suèves, il y a une population remarquable qui semble n’appartenir ni aux uns ni aux autres, c’est celle des Cattes ou Chattes qui habitaient la Hesse d’aujourd’hui. Ils furent souvent aux prises avec les Romains, dont ils étaient limitrophes, et sont fréquemment nommés par eux. César même les connaissait; car les Suèves, contre lesquels il protégea les Ubiens et qu’il menaça par son expédition d’outre Rhin, doivent avoir été les Cattes, si on en juge d’après le pays qu’ils habitaient; peut-être aussi appartenaient-ils alors à la grande confédération suève. Tacite , au contraire, les sépare positivement des Suèves; et par conséquent, pour plus d’exactitude, nous les considérerons comme un peuple indépendant qui servait comme de séparation entre ces deux grandes races , suèves et sasses. Au temps des grandes guerres d’Auguste, leur pays fut souvent visité par les Romains. Mais du temps de Tacite , après la destruction desChérusques, leur territoire semble avoir pris un très-grand accroissement, car ils s’étendaient, depuis les environs de Hanau et l’endroit où ils joignaient les Romains par les agri decumates, jusqu’à la forêt de Thuringc, de l’autre côté du Spessart et des montagnes du Rhône, au sud-est, jusqu’à la Saale enFranco-
(t) Procop. golh. , iv, 20.
(2) Wiltikind de Corvey , dans ses Annales.
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nie; de là au nord jusque vers le lieu de la bifurcation de la Verra et de la Fulde , et au nord-ouest jusqu’aux montagnes du Westerwald. Tacite vante les Caltes particulièrement pour leur courage et leur habileté dans la guerre. Leur infanterie était la meilleure de toute la Germanie. Plus que tous les autres, ils étaient habitués à la discipline et à l’ordre dans la guerre, et savaient très-bien fortifier leurs camps; de plus ils étaient très-grands, très-vigoureux et inébranlables; leur regard farouche était effrayant. « Tous savent frapper, dit Tacite; mais les Caltes seuls savent faire la guerre, et ce qui est très-rare chez des peuples barbares, ils comptent plus sur leurs généraux que sur l’armée. Ils rangent le bonheur parmi les choses incertaines et disent que le courage dépend de nous. »
Les jeunes gens laissaient pousser leurs cheveux et leur barbe, et portaient au bras un anneau de fer, marque de servitude, jusqu’à ce que la mort d’un ennemi ait prouvé leur virilité. Ils obtenaient la liberté sur son cadavre ou sur les armes qu’ils avaient enlevées; et alors seulement ils croyaient avoir acquitté le prix de la vie qu’ils avaient reçue, et être dignes de la patrie et de leurs parents.
Plus tard les Cattes entrèrent dans l’alliance
des Francs (1). L’ancienne capitale des Cattes était Mallium que beaucoup ont pris pour Marbourg; mais c’est vraisemblablement le village appelé aujourd’hui Maden, auprès de Gudensberg, sur l’Eder.
Les Mattiaques étaient une branche desCattes, qui même ne paraissait que sous ce nom dans les expéditions de Brutus et de Germanicus, mais que Tacite a appelée par son nom propre. Ils habitaient entre la Lahn et le Mein jusqu’au Rhin , par conséquent le duché de Nassau d’aujourd’hui, et un peu plus loin sur la Lahn. Les Romains s’établirent de bonne heure dans leur pays, élevèrent des fortifications sur les montagnes du Taunus et regardèrent les Mattiaques comme un peuple soumis. Cependant, ils prirent part à la révolte de Civilis et assiégèrent Mayence. Plus tard leur nom disparut et les Allemands occupèrent leur pays. Pline connaissait chez eux des sources d’eau chaude qu’il appelait fontes malliaci, sans doute Wisbaden, où l’on a trouvé beaucoup de restes des Romains , des fermes , des bains, etc., et un petit château romain, sur la hauteur auprès de Hombourg, dont les traces existent encore, Arctaunum. Ptolomée nomme aussi Malliacum , vraisemblablement Marbourg aujourd’hui.