‹ Histoire d'Allemagne, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'année 1838;Chapitre 28 sur 116 · Enfin , pour la recherche des relations intérieures · texte numérisé non relu

Enfin , pour la recherche des relations intérieures

des mœurs, des lisages el des institutions, on peut tirer un grand parti des lois des peuples germains. Elles sont pour tous les peuples de l’empire des Francs Salicns , Ripuaires , Allemands, Bourguignons, Thuringiens et Bavarois. Ce n’est pas cependant qu’elles ne laissent encore beaucoup d’obscurité; parce que ce n’est qu’un code pénal, et qu’on ne peut y trouver les détails que l’on recherche sur la constitution du royaume ; parce qu’elles ne sont point disposées d’après des principes communs à tous; parce (pie, si elles contiennent quelque chose de la constitution , ce n’est que quand il est question de l’administration de la justice, de sorte que le fil est souvent pour nous difficile à suivre.

Clovis, roi des Francs. 482-511.

Pendant ces grands mouvements de peuples que nous venons de raconter, les Francs n’avaient point quitté leurs demeures pour aller s’établir ailleurs, comme firent les Gotlis, les Bourguignons et les autres peuples ; mais ils se contentèrent d’étendre leurs conquêtes dans celte partie de la Gaule située au nord de la forêt des Ardennes; c’est même cette forêt qui les empêcha d’être entraînés dans le torrent des peuples émigrants. D’ailleurs, divisés en différentes branches, gouvernées chacune par un prince, ils ne pouvaient songera faire de grandes entreprises.

Cependant, leur tour arriva l’an 482 , quand parut Clovis, ou plus exactement Ludwig (Louis), prince des Francs-Saliens et fils deGilderic. Bientôt il se prépara à exécuter les grands et audacieux projets qu’il avait conçus; car la nature lui avaitdonné un esprit passionné pour la guerre elles conquêtes. Clovis doit être rangé parmi les rois de l’histoire à qui tous les moyens sont bons, pourvu qu’ils les conduisent à la domination ; il ternit l’éclat de ses armes par scs perfidies àl’égard de ses parents et de ses alliés. Il commença par faire alliance avec les autres princes Francs qui lui étaient déjà pour la plu-

(1) Alamanns , dont on a fait Allemands. Ce peuple, voisin des Francs, a été pris sans doute par eux pour toute la nation que les Latins appelaient les Germains ; car ils ont donné ce nom à tous les peuples qui habitent

part unis par le sang, fit avec eux la guerre aux autres peuples; el quand il les eut soumis, quand il fut devenu puissant , il se débarrassa successivement de ses alliés par le poison , par le poignard el par des trahisons. C’est ainsi qu’il devint enfin roi de tous les Francs.

Le premier ennemi contre lequel il alla porter ses armes , à peine âgé de 20 ans, fut Syagrius , général romain dont nous avons déjà dit un mot. Il le baltilcomplétementà«%(/(/M?iîtm(Soissons), et s’empara de tout le paysjusqu’à la Loire. Syagrius, obligé de chercher un asile chez les Visigolhs, fut bientôt après livré à Clovis qui le réclamait, el mis à mort. Tel fut le commencement des conquêtes de Clovis, l’an 485, dix ans après la déposition de l’empereur Romulus Augustule.

Des bords de la Loire il conduisit son armée contre les Alamanns (î), qui pendant ce tempslà avaient envahi lepaysdesFrancs-Ripuaires; car ces deux peuples, ennemis depuis longtemps, n’étaient séparés l’un de l’autre quepar la Lahn. La bataille se livra à Tolbiac , près de Zulpic , dans le duché de Juliers, l’an 496 ; elle fut trèsacharnée , et la victoire pencha longtemps du côté des Alamanns. Alors Clovis , dans le moment décisif, se jetant à genoux au plus fort de la mêlée, promit de se faire chrétien ; et comme la victoire se prononça en sa faveur, il se fit baptiser avec 3,000 de ses Francs, à Reims, le jour de Pâques. Dès lors , la foi chrétienne se répandit parmi les Francs, et Clovis fut appelé le fils aîné de l’Église ou le roi très-chrétien. Depuis longtemps, Clotilde, sa femme, princesse de Bourgogne, s’efforçait en vain de l’amener àune meilleure croyance par ses paroles et ses vertus; il fallut, pour l’emporter sur son cœur, toute la puissance du danger. Aussi put-on encore longtemps s’apercevoir à sa conduite, comme à celle de ses Francs, que cette conversion n’était qu’une œuvre de la nécessité; car on le vit encore après son baptême, comme auparavant, faire mourir ses parents et conquérir les États des princes chrétiens les uns après les

entre la mer Baltique et le Danube, du Rhin à la Vislule. Il eût été plus juste de les appeler Teulchcs ou même Teutons. N. T.

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