‹ Histoire d'Allemagne, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'année 1838;Chapitre 4 sur 116 · DES HABITANTS DE LA GERMANIE · texte numérisé non relu

DES HABITANTS DE LA GERMANIE

Les Romains regardaient avec raison le peuple germain comme une race très-ancienne, pure et sans mélange. Car, de même que les plantes d’une même famille qui, sorties d’une semence bien pure, ont poussé en pleine terre et en toute liberté loin des soins énervants de l’art, grandissent et sc propagent bien saines, conservant toujours la même nature ; de même, en Allemagne, parmi les milliers d’individus de la race germaine, on ne reconnaissait qu’un seul type, toujours bien conservé : une poitrine large et forte, des cheveux blonds et d’une blancheur éclatante dans l’enfance, une peau blanche, des yeux bleus, un regard pénétrant et fier, une force, une taille presque gigantesque ; quelques anciens écrivains leur donnent six pieds de haut, taille moyenne.

Dès l’enfance, ils endurcissaient leur corps par toute espèce d’exercices, on les lavait avec de l’eau froide aussitôt après leur naissance, et les bains froids étaient d’un usage universel pour tous les Germains hommes , femmes et enfants. Une blouse attachée par une ceinture, ou une peau de bête sauvage, qui prouvait leur succès à la chasse, était tout leur vêtement. Hommes et femmes avaient une grande partie du corps à découvert, l’hiver comme l’été; les enfants couraient presque nus, de sorte que les autres peuples accoutumés à la mollesse, qui ont tant de peine à élever leurs enfants pendant les premières années, ne pouvaient voir sans étonnement ceux des Germains grandir avec une si belle santé, sans berceau et sans maillot.

Les Romains appelèrent notre peuple germain (i), homme de guerre, à causede son ca-

(1) Mot composé de ger , guerre (le mot français même en dérive), et man , homme. 11 est à remarquer ([lie ce nom de Germain , qui ne semble pas connu des Romains avant César, a été retrouvé sur une table de marbre découverte eu 1547. C’est un événemenl de l’an

raclère belliqueux. G’était un nom qu’avaient pris les Tongres en passant le Rhin , pour aller s’établir les armes à la main parmi les Gaulois; afin de montrer ainsi leur ardeur guerrière et inspirer de la terreur aux ennemis. Ce nom purement honorifique fut volontiers reconnu par la nation, et elle le conserva.

Mais son premier nom est sans contredit celui que nous conservons encore aujourd’hui (Teutsch ou Teuton). D’après une tradition religieuse, le père de notre nation était le Dieu Tout , fils de la Terre, ou Tuisko , dans le langage des Romains; et comme son fils s’appelait Man, on appela ainsi tous les mâles qui en descendirent.

Ce premier nom de la nation , remplacé chez les Gaulois et les Romains par celui de Germains, n’a reparu que plusieurs siècles après, quand la domination romaine fut tout à fait anéantie; même avant Othon Ier, il ne se trouve que dans quelques choniques , dont la plus reculée est de Tan 813.

Du reste, que ce nom primitif, Teutsch, ait été si longtemps dans l’oubli et même complètement ignoré des Romains , il est facile de le comprendre. Chez un peuple partagé en tant de branches, on ne devait employer que le nom particulier de chaque peuple dans ses différentes relations; et plus tard, quand différentes branches se réunirent en un seul corps, elles prirent encore des noms particuliers; ainsi les Suèves, les Marcomans, les Alamans, les Goths, les Francs, les Saxons.

D’ailleurs, puisque Pythias nomme les Teutons 500 ans avant J.-C., et que ce nom réparait

423 avant J.-C., qui avait été célébré dans les fastes capitolins (/astis capitolinis). Le consul Marcellus avait remporté une victoire sur le général gaulois Viridomar, qui , sur la table de marbre, est appelé général des Gaulois et des Germains.

INTRODUCTION

encore clans la guerre des Cimbres, désignant dans les deux endroits, suivant toute vraisemblance, non un peuple particulier, mais l’en-

semble de tous ces peuples, il est impossible de ne pas reconnaître le mot Teulscli pour le nom primitif de la nation.

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