‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 13 sur 59 · AFFAIRES DE RELIGION EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

AFFAIRES DE RELIGION EN ALLEMAGNE

Non seulement ces deux princes étaient en contradiction par caractère , mais de plus grandes raisons encore de division étaient survenues parmi les protestants. Dès la dixième année de la réforme il s'était élevé entre eux une dissension au sujet du dogme de la communion ; Luther entra dans la lice contre Karlstadt d'abord , pu is contre le réformateur des Suisses , UlricZwingle , avec lequel il eut, en 1529, à Marsbourg, une conférence religieuse qui n'amena aucun résultat. Les deux partis s'accusèrent réciproquement d'être dans Terreur. La lutte fut acharnée parce que la passion y prit part; la différence d'opinions fut même un obstacle à l'unité et elle aurait pu facilement entraîner la perte complète de la nouvelle église, si les catholiques avaient su profiter de celte division.

Mais la dissension était aussi grande parmi eux , puisque, comme nous venons de le voir, les ducs de Bavière s'étaient mis dans la ligue de Schmalkalde ; et plus tard , quand il s'en séparèrent , lorsque le danger semblait plus grand pour la nouvelle église, lès sévères partisans de Luther , sur le conseil de leur chef même, se réconcilièrent pour quelque temps avec les Suisses y par une espèce de concordat, à Wittenberg ; alors les Suisses et plusieurs autres villes de la haute Allemagne entrèrent dans la ligue.

La propagation de la nouvelle doctrine était de jour en jour plus rapide. Des évéques mêmes > ceux de Lubeck , Gamin et Schwérin , entrèrent dans k

iffi .. pfiïm t*°m- ikn— J&I& .

„fvwvp\U é$w, et k? vieil j%ctenr & Çplpfjne,

JJçrnifinn, fur leqpei npus donnerons plus bas dçs jfyéfoils, prenait sériensçjxient se? dispositions pour ïÇ^iiyye le#r p^eniple,

, Pgpc^pt qe teipps-là? un des plus importante changements f'el^it fait dans les pays savons La moitié de ces prpvincçs, ^veq les vjllqp de Dresde et de Leipzjg9 appartenait au duc Çepi^e, un des plus jjélés défenseurs de rppcienne ^gljse^ qui employait tpute $a puissance à empêcher rintrp.ductiqn de la .nouvelle dpctriue dans ses états, $tyis ses deux enfants moururent avant h|i} pt sor frère Henri de -Alle.nbourg, pçpe du duc Mayrjçç » qui devint plijs jtard électeur, qui se trPUYaiJs désormais son héritier, .$ait an contraire attache' de tonte ^opâme aux doctrines de Luther. Quand donc le duc George mourat j ^U nxois d'aypl 1*$9? le premier acte du gour yerneipent de Heari fnt d'introduire la réforme dans •tQUfl sçp états. Le plus grand nombre de ses sujets c'y soumit de ton cqenr ; l'université même de Leipjsjg fnt tpnte changée % sans une trop grande résis- .^flfjcç^ }#$ pjns zé|p§ tl^eolpgiepp furent chassés du pp3y$, p^ :priv^.dç Jfirçrs fpnptians, et leurs plages j&fgfty.Açnqéçs à 4es parons de la nouvelle doc-

; Un penjblaWe changement eut lieu dans le Brandebourg, presque dans le même temps. Le prince ,Jp3chim p% zélé catholique, eut pour successeur, en 153i, $pn fils Jpachim JI, qui avait été élevé par sa iftère , princpase du Danemarck , dans les prin-

dpes hîthp'riens, Cp prince, Tm;i i£3Qi jçppour-age' p^r l'expinple de Vpvéque de Brandebourg, Akjthiqs Jagpw, se soumit à 1$ coufe^ion 4'AHg$bpurg Çt introduisît 4a#s rçea ét^s imp in$titutip£ pcpl&iastique qui se rpppo^ait epcore beaucoup £ Vhrcienne djspipliçe, mai* dont lias points £apjta,wx étaient cependapt tput-à-faitçpnfQrm^aijx prirçpipfs dp la réformp*

La supériorité qu'avait acquise la nouvelle doctrine dans le nord de l'Allemagne décida lç yieu£ cardinal Albert, archevêque de Afayence et prippe de la maison de Brandebourg , à cesser toute résistance pour Jes évités d« Magdebqurg et4q9ftlh£*ftadtet à pç ^étirer £ Mayence, laissant Ips. profast§nts {établir 4p$ églises conwrçe ils rentendpientdanstoutps les can?p*}gnes et les villes dp ce pays, wçyewq&nt 4e grosses spmmes d'argot qu'on lui fit toiipbgr»

PIms l^s affaire étaient ?0 mauyajs itat f plys l'empereur pt spfl frpre Ferdinand prepaiwt à cœ^r . la réurçiqn ^ partip, et ii^proyoqflajpijt dp terpfs à autrp 4e ftOHvellep (conférences religipnsç* ^ h $?guenap, pu XfikQ, p*u apj^àWprpi^, gp 1541 j.QÙ Melapphtoq pt JjSçk $p trouvent en pr^pjpcp^ et- |a çaêmp apnép qnppffi à RatfshpTOeà l^q^pUe jTejppç- .reqr J^i-^me siss»^ s* prit JWrt ?ypp bça^çpnjip 4e

Tout fut imitée : lg nouvelle 4PÇ.tH»Çf #afà trqp

profondément séparée 4e rançienneetw même temps

trop d'intérêts s'y rattachaient ; de tous cot^s, partipij-

. Hq'ementducpté d$s princes , une foule de consîdo-

80 smisMfi ÉpoQtJÉ. 4520—4648.

rations mondaines venaient à la traverse; et au milieu des mœurs barbares de cette époque , il était impossible d'obtenir un examen calme, sans passion et approfondi des questions. Comme donc ces tentatives de réunion n'apportaient aucun résultat , ou de très minimes, l'empereur eut recours à son moyen habituel de remettre la décision à un concile général et de confirmer pendant ce temps-là, pour les protestants, la paix de Nuremberg. Ainsi en agit-il à la diète de Ratisbonne, 1541, avant de partir pour Alger ; à Spire, en 1542, par l'entremise de Ferdinand et du prince Joachim de Brandebourg, quand il voulut réunir toutes les forces de l'empire contre les Turcs; et en 1544, dans la même ville et dans une deuxième diète très brillante à laquelle assistèrent les sept princes électeurs en personne , présidée par lWpereurCharles,lorsqu'ilpréparaitcontrelaFrance sa dernière expédition que nous avons déjà racontée. Et cependant déjà les protestants avaient cherché l'appui des armes. Le duc Henri de Brunswick, prince aussi zélé catholique qu'inquiet et passionné , était en inimitié avec l'électeur de Saxe et le landgrave de Hesse, particulièrement à cause de la religion; des deux côtés on publiait les pamphlets les plus acerbes ; car dans ce temps on combattait son ennemi avec toutes les armes que peut fournir la passion. De plus les villes de Brunswick et de Goslar qui faisaient partie de la ligue de Schmalkalde, avaient demandé protection aux princes protestants contre leur duc qui les opprimait et les pressurait de toute façon ; Pcm-

A FF A-IRES Dfi RELIGION EN ALLEMAGNE. 81

perêur même et le roi Ferdinand lui avaient déjà reproche sa violence contre elles, mais toujours en vain. A la fin la ligue de Sclimalkalde leva en toute hâte une armée, en 1542, tomba sur son duché, en chassa le duc et retint le pays dans sa possession. Le duc Henri courut demander du secours à l'empereur; mais celui-ci renvoya l'affaire à une diète.

Il fut arrête' à la diète de Worms , 1545, que l'empereur gouvernerait en attendant les états de Brunswick jusqu'à la décision de l'affaire par la voie de la justice. Ce moyen parut trop lent à ce duc exalté, qui volontiers se serait mis à la tête du parti catholique. Il avait coutume de dire : « Menacer au nom de l'empereur, c'est chasser avec un faucon mort. » Son ardeur lui fit commettre une déloyauté à l'égard du roi de France, François lel. Ce prince ;luLavait donné de l'argent pour enrôler ep Allemagne destroupes à son service , et sitôt qu'elles furent rassem*. blées, le duc entra à leur tête dans son duché, en l'automne 1545 , pour l'arracher à ses. ennemis; mais le landgrave de Hesse fut bientôt sur pied avec son armée, et l'électeur de Saxe et le duc Maurice se mettant en même, temps en campagne, ils resserrèrent si étroitement le duc dans son camp de Galéfdd, près de Nordheim , qu'il fut contraint de se rendre prisonnier avec son fils. Alors le margrave le conduisit dans sa forteresse de Zigenhain,etrempereUrsecontenla de l'avertir de traiter son prisonnier avec bienveillance et avec les égards dus à un prince. Cependant la diète de Worms, quoiqu'elle eût il. 6

8* *nrèME ÉPeçtj», 1630—16+8.

aja<â servi à conserver h paix de religion, n'en avait pas moins laissé voir que la scission allait toujours croissante; les plaintes des deux partis devenaient de plus en plus fortes. Les catholiques ne manquaient pas de mettre en avant dans leurs wfettîinitiations la confiscation des biens ecclésiastiques dans les pays protestants ; et les protestants, de leur côté, refusaient de reconnaître les arrêts de la chambre impériale en pareilles matières et même en d'autres, parce que les catholiques n'y voulaient souffrir que des juges de l'ancienne croyance. La défiance était déjà montée à un si haut degré , qu'il n'y eut qu'un très petit nombre de princes protestants qui parurent à la diète. Le grand moyen , pour arriver à une réconciliation , sur lequel Charles avait auparavant beaucoup compté, c'est-à-dire un concile général, fut même inutilement employé alors; parce qu'on y eut recours trop tard et qu'il ne fut pas tenu dans des formes équitables. La cour de Rome avait enfin donné sou consentement; elle cenvoqùa te concile pour le 15 mars 1545, à Trente, en Tyrol , et il fol solennellement ouvert le là décembre de cette même aimée. Mais les protestants refusèrent de hii reconnaître l'autorité pour décider sur leurs affaires; leurs raisons étaient : que le concile était convoqué sur les frontières de Fftalie , dans un pays tout-à-feit étranger aux moeurs àe& Allemands, ce qui, par conséquent , ne pouvait manqtier d'avoir une funeste influence. Ensuite, que Je pape, qui les avait déjà condamnés comme héré-

Page 1