‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 34 sur 59 · LES TURCS DEVANT VIEME · texte numérisé non relu

LES TURCS DEVANT VIEME

chameaux, de mulets et de Turcs prisonniers; je suis devenu l'héritier du grand-visir. L'étendard qu'il avait coutume de faire porter devant lui , et la bannière de Mahomet dont le sultan avait honoré cette campagne , les tentes , les chariots , les bagages, dans tout j'ai une part ; on a pris des cuisiniers dont quelques-uns raient à eux seuls des millions d'écus. Quant à ce qui appartient aux divers objets de luxe et d'agrément trouvés dans sa tente, comme sont, entre autres choses extraordinaires : ses bains', ses jardins, ses fontaines d'eau jaillissante, et toute espèce d animaux rares, il serait trop long d'en donner la description. — J'étais ce matin dans la ville et j'ai trouvé qu'elle n'aurait pu tenir cinq jours de plus. — Jamais il n'a été possible à des yeux d'homme de voir un si grand bouleversement fait en si peu de temps , que celui des tas de pierres et dt rochers lancés dans l'air en éclats par la mine.— J'ai eu long-temps à combattre avec le visir jusqu'à ce que Faite gauche vienne à mon secours. .Mais après la bataille je me suis vu entouré de l'électeur de Bavière, du prince de Waldeck et de beaucoup d'autres princes qui m'embrassaient et me baisaient* Les généraux me portaient par les mains et par les pieds, et les colonels à la tété de leurs régiments, à pied comme à cheval , me saluaient en criant : Vive notre brave roi !...

v «Aujourd'hui l'électeur de Saxe, le dup de Lorraine, enfin le commandant de Vienne, comte de Stahrenberg , et quantité de peuple de toute classe

3M sEPTiàKi épo^ur. 4648—1888.

dont venus au-devant de moi; chacun me serrait sur son coeur, me baisait, m'appelait son sauveur, et au milieu de la rue s'est élevé un houra de Vive le roi! Après dîner, lorsque je rentrais à cheval au camp, je fb& aocompsgné jusqu'aux portes par tout le peu* pie qui levait les mains au ciel . Gloire , honneur et reconnaissance éternelle au Très-Haut qui nous a envoyé une si belle victoire ! »

Les Autrichiens avaient tout lieu d'être reconnaissauts; car si oe redoutable ennemi ne violait pas et *e massacrait pas tout, comme dans ses autres guerres, du moins il entraînait tout le monde comme esclave. On a calculé qu'il avait enlevé à l'Autriche quatre-vingt-sept mille personnes, dont cinquante mille enfants et vingt-six mille femmes et filles, et jciarmi cesdernières, seulement deux cent quatre comtesses ou autres femmes nobles.

Toute l'Europe prit grand intérêt àla délivrance de Vienne, excepté Louis XIV qui en fut très consterné, et à qui aucun de ses ministres nrosait annoncer cette nouvelle. Des écrivains très dignes de foi prétendent que l'on trouva dans la tente du grand-visir une lettre du roi où il donnait le plan du siège tout entier.

* La guerre avec les Turcs dura quinze ans, avec quelques interruptions, et finit heureusement pour les armes impériales j ils perdirent depuis lors celte auréole tl'épouvante et Je gloire militaire qui les précédait partout. Dans Tannée 4687, le duc de Lorraine et le prince Eugène de Savoie , plus lard

floirraut cot»re iv*c Là mai

ai fameux , leur firent essuyer une défaite complète à M^hacs.

La victoire eut pour résultat de.raraener la Hon* grie sous la puissance de la' maison impériale $ ellf rendit même oette dignité héréditaire au lieu qu'elfe n'était auparavant qu'élective. Un armistice fin /signé avec le# Turcs pour vingt-cinq ans à Cadowit^ Après la grande victoire du prince Eugène k Kent .tha,i697, ■ v.

Le temps que l'Autriche mettait h repousser ce redoutable adversaire au *ud-est , Louis XIV !'«*- .ployait à rassembler de nouvelles forces pour la guerre j car ses usurpations ne levaient pas encote rassasié. Et quand il en jugea le moment opportun » il eut recours à d'insignifiantes chicanes au sujet •de Wu&itage du prince électeur Charles palatin et de la succession à.l'électorat de Cologne après la mort deMaximilien-Heori, sous prétexte qu'il était -garantie la constitution d'Allemagne, pour atgofe- ■fier à l'empereur une nouvelle déclaration de guerre» .1688. Avant même qu'elle ne fât connue , ses années entrèrent dans lés Pays-Bas et recommencèrent de nouvelles dévastations. Au bruit du danger, tout le ■nord de l'Allemagne, Saxons, Hanovriens, Bessoia, jse hâtèrent d'envoyer sur le Rhin de nombreuses

Page 1