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armées pour le défendre ; et ce zèle était d'autant plus louage que la diète était. encore à délibérer à Ratisbonne , s'il y aurait guerre. Pourtant elle se prononça plus énergiquement qu'auparavant ; elle décida la guerre déclarée pour l'Allemagne; le ban de l'empire fut proclamé , et personne ne pouvait plus rester neutre ; l'empereur ajouta même à la publication « que le royaume de France n'était pas considéré simplement comme l'ennemi de l'empire, mais comme celui de là chrétienté, et était mis sur le même rang que les Turcs. »
La prépondérance de la France et son mépris pour la paix de Nimègue indisposa contre elle le reste de l'Europe ; bientôt l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et plus tard la Savoie, prirent part à la guerre ; et le nouveau roi d'Angleterre, Guillaume III, aussi Stathouder des Pays-Bas , dans sa déclaration de guerre , appelait Louis XIV « le perturbateur de la paix et un ennemi commun pour la chrétienté. » L'Allemagne fut encore alors la triste victime du barbare moyen inventé par Louvois pour conserver à là France l'avantage de la guerre contre tant d'ennemis; les bords fleuris du Rhin furent changés en de vastes déserts, et l'imagination recule devant une pareille dévastation. Dès le mois de janvier 1689, la cavalerie du général Mélac , nommément, parcourut tous les environs de Heidelberg, incendia les villes de Rohrbach, Russlock, Wisloch , Kircheim, Eppenheim, Nekachausen et beaucoup d'autres; en vain les malheureux habitants se jetaient-ils aux
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pieds des vainqueurs en demandant grâce, il» n'en étaient pas moins dépouilles et chassés dans les campagnes couyertes de neige, où un grand nombre mour lurent de froid. On mit le feu aux quatre coins de Beidelberg.
Le même sort attendait Manheim, Offenbourg, Kreuznach, Oppenheim, Bruchsal, Frankenthal, Baden , Rastadt et beaucoup d'autres villes plus petites et villages; et les habitants pillés et maltraités ne pouvaient obtenir là permission de se retirer en Allemagne où ils espéraient trouver quelque proteo tion; mais ils étaient obligés de rentrer sur le territoire français.
Deux villes impériales, Spire et Worras, qui avaient appartenu à l'ancienne Allemagne , furent tourmentées pendant plusieurs mois et de propos délibéré. Après des exactions sans nombre , les citoyens ayant tout souffert r tout sacrifié pendantsept mois , et croyant leurs villes du moins sauvée, reçurent la notification que les intérêts du roi exigeaient que les villes de Worms et de Spire disparussent de la terre; et leurs pauvres habitants , dépouillés de tout , se virent contraints de quitter leurs villes pour aller comme des mendiants demander un asile dans les villes françaises les plus. proches. Worms et Spire furent livrés aux flammes et réduits en un monceau de cendres et de décombres. L'amour de l'argent porta même en cette occasion à violer les tombeaux des anciens empereurs saliens dans la cathédrale de Spire ; on. prit quelques bières en argent qui s'y trou-
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▼aient et l'on dispéisa fur la terr« ces cendres sacrées, Comme on demandait au jeune duc de Gréqut , qui commandait cette, expédition, pourquoi il usait d'une telle rigueur envers Spire, il répondit :* C'est la volonté du roi ; » et il 'montra un plan sur lequel plus de deux cents villes et villages étaient condamnas au feu. Or, de pareille? cruautés Paient exercées par un peuple «Jut te donnaitpour le phis civilise du monde ,' justement à l^pçqùe qu'il appelle son Aged'oryct étaient ordonnées par un roi qui avait fa prétention de prtHéger les arts et les sciences quelque part que ce fût. Car avant de déployer cette avidité de conquêtes, il avait envoyé dm cadeaux à soixante savants étrangers , aècompagné^de cette lettre de son ministre Golbert : « Quoique le roi ne soit pas votre maître , il .veut être votre bienfaiteur et vous envoie cette lettre comme une preuve de son estime. » Quelque efficace qu'eât été cette conduite pour lui foire des partisans parmi les hommes lés plus distingués des autres nations, alors [personne n'osa plus ajouter foi à la droiture de ses ' intentions 5 et les vœux qu'on avait faits au commencemeht pour le succès dé ses armes, se changèrent en malédictions et imprécations contre le peuple et contre le roi. . .
Cette mauvaise disposition des esprits et les talents remarquables du vieux due de Lorraine, rendirent les comnfiencements^de cette guerre assez heureux aux armes allemandes; et plusieurs villeé fortes sur le Khjn furent reprises aux Français. Mais- après la
mort, du duc, quand le ssele du premier momtnt $e fut refroidi) les avantages revinrent à cet ennemi toujours actif ; depuis surtout que le grand général français, le maréchal de Luxembourg^ eut remporté sur l'année allemande une victoire complète à Flou» rus, 1690. Cependant, en 169â, un nouveau gdwfci rai allemand, formé à l'école du duc de Lortaine, le prince Louis de Bâde , sembla ramier efa <g«al» que sprte l'équilibre par sa sage défense des ri ves du Néker ;, il prit à Heiîbronnt aveg sa petite armée, une position si avantageuse que lenneuiin'oeaitpluf rentrer en Souabç.
Paix de Hiswick. 1697- — Toutes les nattons bel-, ligérantes, enfin fatiguées, se rassemblèrent en cou* grès à JtiswicV, petit village avec un ch&tj&aa, près deLaQaye, en Hollande, pour y traiter de la paix. Cette fois Louis XI V désirait visiblement la paix pour se préparer à une nouvelle guerre qu'il voyak très.prochaine. On s'attendait à la riiort de Charles II, roi d'Espagne; et comme il n'avait pas d'epfanto Louis voulait obtenir cette cou ronne pour son propre fils. Il fit beaucoup d'offres de cessions et entre autres celle de l'importante citadelle de Strasbourg. Mais à peine les conférences furent-elles entamées1, qu'avec son. ancienne adresse il sut séparer les nations unies en concédant de grands avantages à r An*- .gleterre , à la Hollande r^ TJEspagne , qui firent bientôt la paix pour elles-mêmes et laissèrent l'empereur et l'empire seuls. Alors ses envoyés reprirent leur tan de maître.
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Quand il fut question des compensations ponr les épouvantables malheurs de la guerre dont les Français avaient été cause , et quand on demanda pour les pertes faites à Wonns et Spire neuf millions de florins; pour le duché de Bade, huit millions; et, ponr le Wurtemberg, dix millions, ils répondirent d'un ton railleur : que la guerre entraîne nécessairement des pertes avec elle; que si Ton voulait absolument une indemnité , il fallait conduire une armée en France pour piller* et faire du butin. Du reste, ils promirent de rendre les places conquises : Fribourg, Drissac et Phiiisbourg, et toutes les réunions faites par les quatre chambres , excepté celles qui sont en Alsace*
Quand, on croyafy tout arrangé , la veille de la signature de la paix , les envoyés français apportèrent une condition dont ils exigeaient l'acceptation , savoir : que, dans les lieux avant réunis à la France et que Ton venait de rendre, la religion catholique restât sur le pied où elle se trouvait; c'est-à-dîre qu'il fallait conserver le culte catholique dans 4922 villes ou villages allemands qui étaient protestants avant Inoccupation et dans lesquels le culte catholique avait été introduit par la violence. Les envoyés protestants de l'Allemagne s'opposèrent de toules leurs forces à cette clause, mais leurs représentations ne furent point écoutées et la paix fut signée. Le pire de tout cela, et c'était le principal but de Louis, c'est que les protestants crurent Pemperenr le promoteur secret de cette clause de Riswick, cl de là prirent un
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nouveau sujet de mécontentement contre l'empire. Et dans le fait les envoyés impériaux n'avaient pas fait ce qu'il était possible de faire contradictoirement au projet de la France.
Formation des niaisoas royales en Allemagne.
Une autre cause de division en Allemagne dans ce temps, fut l'érection d'une nouvelle dignité éleor tonde pour la maison de Hanovre ou 4e Brunswick- Luoebourg. Cette maison avait rendu d'importants services à 1 empereur dans ses guerres contre los Turcs et contre la France ; Léôpold voulant donc l'en récompenser, n'était pas éloigné de lui donner la dignité électorale, et la plupart des autres électeurs même catholiques, quoiqu'il dut ejUrer par là unt voix protestante de plus dans le collège électoral, se rapprochèrent peu à. peu de cet avis , qui parai*» sait d'ailleurs d'autant plus juste que par le chan* gement de religion survenu dans la maison palatine les protestants y avaient perdu une voix. Mais les princes,, surtout celui de Brunswick- Worfenbuttel s'opposèrent avec vigueur à l'élévation d'un de leurs membres, parce qu'elle leur enlevait une voix importante; aussi lorsque l'empereur voulut donner l'investiture au nouveau prince électeur, Ernest* Auguste de Hanovre, il y eut une telle oppositioa dans le conseil des princes qu il parut prudent de ne
lamer prendre pour le moment bu Hanovre aucune pièce du» le conseil Rectoral. Le nouvel <éleetorat itatt assez considérable , cor George-Guillaume de Lûnebburg avait cédé à son frère cadet , Eriteî*- Auguste, son duché, si bien qu'alors Luoebôurgr HalenbergetGrubenhagen, avec les comtés deHoya et de Diepholz, lui faisaient un ensemble qui composait une des plus grandes seigneuries d'Allemagne. Le nouvel électeur fut aussi nommé grand- gonfahmàe* à* l'empire ; mais il fut oblige de promettre m voix dans toutes les élections à la maison d*A«trkfae* «t de plu la liberté du culte Catholique dams mm <ét»t*. Qaawà il mowrut, en 1698, <5euX des éieétmn qui n avaient pas encore donné lein-tsobsetotèà aon Section Raccordèrent à son fils Georgei) mii» le collège dts princes protesta de non*- ^ 4* t» ne fi* <p& phistarrd, en 1705, que l'on fn| ofctenir aa reconnaissance.
OiM l'a* 1896, une maison priticiére d'AVéntetygfajt «opsi élevée «ur im trône; le prince **eeteer Fi^rk-Aaguste 4e Saxe , après la mort du brave fUbitéd , <yt élu *ot de Pologne et reçut le nom é'Âagtote L Seulement .il lui fallut changer 9à broymmxi et entrer -dans i "Église catholique, *ati* qu'A y eût d'ailleurs aucun changement dans ia 9*xe relativement îrses mstitutkws religieuses.
C'était tu* temps d effervescence parmi tes prin* <te»> et ces «exemples en entraînèrent plusieurs à de ■MVitteu tentatives; un prince d'Orange était deveim m d'Angleterre , IVflectmir deSaxe ,toï detafogne ,
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Félecteur de Brandebourg , qui avait un duché en Prusse, voulut aussi bai preiMlra le titre de roi. Son domaine était petit ; mais Frédéric aimait par-* dttôos tout l'éclat al une grande représentation. Il se fit publiquement proclamer toi k Kœnigsberg , tel? janvier 1701 > prit le jour suivant la oourotmfe en toute liberté 7~la donna à sa femme, et «e fit appeler roi sons le nom de Frédéric Ier- .
Le moment était fevoratye pour une élévation «surpée, cer en tout autre temps de nombreuses oppositions se seraient élevées; mais la guerre de la suoi cession d'Espagne venait de se déclarer y et léa pmV matées engagées s'empressaient de se faire des slHés* L'empereur Léopo^ reconnut le nouveau roi de Prusse et reçut en retour, d'abord de* secours d*as la guerre et de plus la promesse de pèrjtétoer kl dignité impériale dans k maison d'Àutritibè: Bientôt kfoède, l'Angle terre, la HeUaade f la Pologne ^ le Denfimarck et 1a Rassie en firent autant* Mais ld France et l'Eepegae f panée que leurs adreriakee 1 Maicat reeonau pour roi f ainsi ^ué le pape, tardé» rent à donner leur reconnaissance jusqu'à la pat& drifcf***.
304 nrnfaa *poqwi, «48— 1W8.
Gum de te mccmmob »***«*. HOIr-1714. *
. C'est comme une malédiction que dans notre h»toire, depuis la guerre de trente ans, il faille* voir toujours nôtre pays entrer dans toutes W dissensions des autres peuples de l'Europe, y fussions-nous d'ailleurs étrangers, et qu'il ait été le plus souvent le théâtre où les autres peuples vinrent exercer leurs foreurs de guerre. C'est pour cela que les plaines de la Saxe, de la Souabe, de la Bavière f sont marquées d'un si grand nombre de batailles; e'est pour cela que les bords de l'Elbe, de la Saale , de FEkter, comme du Danube , du Lech , de l'Inn et du Nédcer, ont eu tant à souffrir des oppressions et des dévastations de la guerre. '
Il fallut encore que l'ébranlement donné à k moitié sud de l'Europe , au commencement du dixhuitième siècle, se communiquât à notre pays, et que la querelle se vidât dans les champs de l'Allemagne ; ce fut la mort de Charles II qui en donna l'occasion.
Deux maisons royales se partageaient alors la plus grande partie de l'Europe : la maison d'Autriche et celle de Bourbon. La première se subdivisait en deux branches , celle d'Autriche proprement dite et Ja branche d'Espagne, et le moment était venu où les deux branches allaient de nouveau se confondre sur un seul trône. Cependant Louis XIV avait épousé lu fille aînée du défunt roi d'Espagne \ mais la jeune