‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 39 sur 59 · MARIE-THÉRÈSE ET FRÉDÉRIC II · texte numérisé non relu

MARIE-THÉRÈSE ET FRÉDÉRIC II

grandes , ses veilles , son abstinence des plaisirs , la se\ère division de ses heures de manière qu'il n'y en eût pas une seule perdue dans l'oisiveté y tout en lui était propre à frapper d'étonnement ces hommes de cour qui n 'étaient pas habitués à voir les souverains s'imposer de pareils sacrifices, celui même de la santé, pour le gouvernement de leurs états. L'impression extraordinaire qu'on en éprouvait. est très bien peinte dans un rapport d'un ambassadeur à sa cour. « Pour vous donner une idéeexacte du nouveau gouvernement, y dit-il, il suffit de dire que le roi fait absolument tout et que son premier ministrq n'a rien à faire; si ce n'est de lui expédier directe-^ ment les ordres qui lui arrivent, sans qu'il ait aucun compte à rendre. Malheureusement, il n'y" a personne auprès du roi qui possède toute sa confiance et dont on puisse se servir pour faire avec succès lés intrigues nécessaires; aussi un ambassadeur est-il plus, embarrassé ici qu'à toute autre cour » . En effet , l'art apporté de France en Europe et qui empoisonnait toutes les relations des souverains entre eux, l'art de découvrir, avant qu'ils aient été mûris , tous les projets des cours étrangères par des espionnages et des corruptions, ne pouvait être mis en usage auprès de Frédéric II ; car il pesait tout en silence dans son âme, et le moment de l'exécution était celui de la manifestation de son projet.

C'est ainsi qu'eut lieu son invasion dans une des provinces autrichiennes à la mort de l'empereur Charles I. On remarqua bien des préparatifs; mais il

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h'en avait pas beaucoup à faire, parce que Tordre et Féconomiedu roi Frédéric-Guillaume avaient laissé à Son fils une très belle armée de quatre-vingt mille hommes et plus de huit millions d'écus au trésor ; du reste tout marcha avec si peu de bruit et si secrèteaient que personne ne put pénétrer le vrai dessein dli jeu né roi. Habîtuellement , avant <F entreprendre ûîi'è guerre, on s'occupe de trouver des alliés parmi les autres puissances ; mais ici Frédéric ne parla a rfllcun ambassadeur et ne fit alliance avec aucun.' It dàvaH bien que le secours le plus sûr sur lequel on fuisse compter, c'est soi-même. Aussi comptait-il sur la célérité de son armée comme sur cette activité qui lie l'abandonna pas de, toute sa vie. « Le roi veut-il voyager, raconte Pambassadeur étranger dont nous Svohs parlé, il à coutume de n'en instruire ceux qui doivent l'accompagner que quelques heures avant sdn départ , et il se trouve prêt avant qu'aucune cour, aucun' conrlïsan même puisse le savoir ; les généraux, pririceset aides-de-camp qui l'accompagnent en sont seuls informés. » C'est ainsi que, par sa célérité, i{ multiplier la force de ses états et suppléer au défaut des masses.

Guerre do la succession d'Autriche. 1740—1748.

Première guerre en Silésîe. 1740-1742. — L'empereur Charles Vl était mort le $0 octobre 1740; et lé 13 décembre de la même année Frédéric îl

GUERRE M Lk 6UCCES8Î05 0 AUTRICHE, 3*5

entrait en Silésie. En même tertips qfle son ar m* paraissait dans ce pays, son ambassadeur présentait à la cour deVîennë une demande d'accommodement Frédéric offrait à la reine de Hongrie , si elle voulait faire un abandon à l'amiable des principautés de là Silésie , son assistance pour la soumission des autres provinces et sa voix pour son mari, François-Etienne de Toscane, au collège électoral; maisses propositions fhrent re jetées à Vienne. Le peu de troupes autri^ chiennes qui se trouvaient en Silésie furent bientét chassées; les places fortes seules firent quelque résistance et elles furent assiégées. Le printemps qui approchait devait décider si ee pays, si facilement conquis , serait au&si conserva en présence df ùriè àrtnèe autrichienne. Le fel d- maréchal de Neuperg, général formé à l'école d'Eugène, conduirait l'expédition chargée de reconquérir la Silésie} et kp jeunes soldats prussiens , qui ne connaissaient ^nootffe que. les exercices de la guerre sans avoir épW>ti\né fies rigueurs , fee trouvaient en fafcè des guerriers qtii certainement devaient être rangés parmi les meilleurs dfe l'Europe: Mais les premiers essais des armes prussiennes les couvrirent de gloire* Dans la nuit du $ maris, le prince héritier de Dessau escalada et èih~ porta d'assaut la citadelle de Glogau ; et le 40 avril le roi avefc son principal corps d'armée tomba, prôs deWolwftz, sur les Àutriëhiens qui ne Pattendaiedt pas. Toutefois ils eurent le temps de se ranger. La bataille se donna à deux heures de raprès^midi. Elle fut long-temps indécise , parce que la cavalerie a$-

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frichienne combattit avec la plus grande valeur ; *Ue força l'aile droite des Prussiens à se replier sur le centre, poussa jusqu'aux batteries, dont elle enleva les canonniers de dessus les pièces et les tourna contre les Prussiens eux-mêmes. Le roi , qui alors pour la première fois voyait dans la guerre ce qu'elle a de terrible, perdait déj^ courage ; mais l'habile feidmarécbal Schwérin , qui regardait tout avec sangfroid et comptait toujours sur la variété des chances de la guerre , lui persuada de se retirer sur le corps d'armée que commandait le duc de Holstein Beck ; afin, disait-il, de pouvoir avec lui soutenir la retraite en cas de besoin. Après avoir long-temps hésité le roi se décida enfin quand il vit le jour tomber; il parlit avec toute sa suite et se dirigea vers la petite ville d'Oppeln. Il la croyait occupée par les Prussiens , mais ils avaient été chassés la veille, et quand au gui vive ? ils eurent répondu Prussiens , ils furent salués d'une déchargea travers les barreaux ; alors le roi se hâta de gagner la petite ville de Lœwen : il dut à l'obscurité de n'être pas pris. 11 avait à peine quitté le champ de bataille que déjà la fortune avait changé en faveur des Prussiens. Lefeld-maréchal Schwérin l'avait forcée de se déclarer pour son roi par une attaque habile sur le flanc de l'ennemi , soutenue d'un feu nourri comme les Autrichiens n'étaient pas accoutumés, d'en essuyer. Le roi reçut cette heureuse nouvelle le matin à Lœwen et se bâta d'aller porter ses félicitations à son général et à se$ guerriers.

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