‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 41 sur 59 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

Mfnden , Kunertdorf , ifwen»

L'année suivante devait être pour le roi, qui déjà n'avait échappé qu'avec peine ayx plus grands dangers, la plus dure de toute la guerre. L'espérance de l'accabler enfin porta ses ennemis aux plus grands efforts. L'armée autrichienne était restaurée au grand complet et chaque année de la guerre reparaissait toujours plus belle ; parce que les recrues se prenaient dans les pays hériditaires, sur une jeunesse vigoureuse, bien exercée, qui se formait promptementà la dureté^ de la vie des camps, se trouvant, enrôlée parmi de nombreux bataillons de vieilles troupes de soldats accomplis; car malgré ses sanglanr tes batailles, l'armée autrichienne conservait un noyau de troupes d'élite qui avaient survécu à tonles

5fS septième époque. 1648~»1838.

les anciennes guerres. Dans la petite armée de Frédéric, au contraire, qui ayait à combattre tantôt les Autrichiens , tantôt les Russes, tantôt les Français, les Suédois ou les troupes dç l'empire, le nombre de ceux qui av aient échappé au fer et à la maladie était très petit; de sorte que ses rangs étaient en grande partie remplis de nouvelles levées. D'ailleurs les jtfones Prusçiens-entraient de si bonne heure au service, que souvent des enfants étaient chargée de soutenir l'esprit et la gloire de l'armée; et même, eussentils voulu perpétuer le mépris qu'avaient leurs pères pour ledanger, ils étaient en trop petit nombre parmi ces levées faites en Saxe , Anhalt , Mecklenbourg, et parmi ces soldats enrôlés dans tous les pays et la plupart transfuges. Ainsi, bien que l'armée fût au grand , complet pour le nombre, elle perdait beaucoup pour l'organisation intérieure et pour la/orcfe. De plus, ses propres états , ainsi que là Saxe et le Mecklenbourg- Sclrwérin, étaient tellement épuisés d'hommes et d'argent par les levées continuelles , qu'ils, semblaient ije devoir jamais se relever. Car le prince de Mecklenbourg avait été assez inconsidéré pour se mettre, dans les diètes, à la tête des princes qui criaient le plus haut contre Frédéric, et qui demandaient le plus instamment qu'il fût mis au ban dç Tempirç; aussi son pays fut-il traité avec une extrême sévérité, comme un pays ennemi. Cependant, on ne tint pas compte des réclamations du duc contre le roi ; car, comme il eut fallu user de la mémo rigueur k l'égard dç l'électeur de Hanovre, les élw*

GOEftftE DE SEFX AMfc 5W

teins é Angéliques refusèrent de condamner deux de leurs membres les plus distingues. De plus, ce i*ot qui anciennement était plus tranchant que le fil d'une épée, était malheureusement depuis longtemps yide de, sens et sans forcç, et n'aurait eu d'autre effet que, de causer un affront à la confédération germanique, désormais impuissante*

Marie-Thérèse» par se8 instances auprès des souverains de France et de Russie, cherchait bien plus réellement à mettre Frédéric au ban de l'empire, que ne Taturait pu faire une déclaration de la diète.. L'impératrice de Russie, pour laver la tache de la bataille de Zerndorf, envoya une nouvelle armée avec un chef brave et habile, le général Soltikow. A Paris, le duc de Choiseul, jusqu'alors ministre de France, à la cour de Vienne, le plus grand fauteur de la guerre contre Frédéric , était devenu mi* nistre et il mit de nouveau les forces de la France en marche pour reconquérir la Westphaliè, le Hanovre et la Hesse. Le sort le plus dur attendait ces malheureux pays, si le projet avait pu s'exécuter; la France voulait se venger dans le Hanovre des perles que l'Angleterre lui avait fait éprouver, sur mer et «sur ses côles. Car les glorieuses victoires dé la marine anglaise avaient extrêmement affaibli la force maritime de k Fiance, et lui avaient enlevé ses vastes possessions dans les Indes orientales et en Amérique, Le prince Ferdinand avec sa petite aimée fut le seul boulevard qu'on put op* poewr h cw cjeswmi* de- vengeance sur l'ÀUowagoa

3£4 septième époque. i84$—4858.

Batailles deBergen etdeMïnden. ISavrileÉl^dt- — Ferdinand ét|iit*pressé de deux côtes : du eôtédta Main, pat* l'armée du duc de Broglie , dont le quar^ trer-général étai* à Francfort <Ju'il aVak prise par surprise (H -ne serait de rien à cette ville d^&ireune vîMe libre et d'avoir fourm scrupuleusement saqtiote-part de contribution en* hommes st en argent k la Confédération pour la guerre contre Frédéric, ett#n?èn fut! pas moins occupée par* force); >fc du cdté du bas Rhin, c'était le maréchal deGontadfe quipénétrait dans le Hanovre aVee le corps d'armée» j*rinoipal. Ferdinand espérant, à limitation 'dirrofl Frédéric, pouvoir par sa célérité s'opposer succès*-' sîVement'aux deux armées, marcha centre le duc de* Broglie, dès le commencement de la* campagne, et lé rencontra, lé 13 avril, auprès du village de Bergen, non loin de Francfort. Il fit aussitôt donner l'attaque par ses braves Hessois ; mais la position des Français étaitirop forte, etleurnombre lèurpermettantde remplacer continuellement par des troupes fraîches celles qui avaient combattu, les Hessois furent repousses dans trois attaques chaleureuses. Alors leur général eut assez de prudence pour ne pas exposer à une bataille trop hasardeuse -,** cette armée avec la*queite il devait ctwivrir une si grande étendue de terrain ; il fit donc cesser Je combat et se retira en bon ordre. Mais il eut besoin de tohs ses talents militaire» pour protéger la basse Saxe co ntrè le maréchal de Contade. Qe général avait passé le Rhin auprès de Dusselcforfet, traversant la forêt de l'ouest, était arrivé k

Giessen,ou il avait rejoint l'armée de Brogliëjil prat*

Gasael, Paderbornr Munster^ etMiqdensùr WWiéaarii

C'était un rapide succès , Ferdinand sevoyaifeaceliié*

du côèe ée Brème 7 ver s FcmbomahOTe daWéjer, et>

c^à le général fhmçaie regardait le Hanovre oemttïe*

une proie qu'il tenait e» ses makis. On fol à ftwsi

très enthousiasmé de ces, glorieux commencement* ;t<

mais le héros allemand change» bientôt la joie et*

tristesse par une complète victoire. Ferdinand'pleïw:»

de confiance dans ses propres ressources partàépow»*

aller à* la rencontre de l'armée fVa»f aise , et-pa«ufc»

. on sa* présence très à p*t>pos1 le 1er aoAt ,■ quand

lé& deux armées réunie^ se trouvaient attpvès de*

Minden, dans une position désavantageuse. Contadfef

fut obligé de combattre ^ patce que tes pwvisié»s b*ï>

étaient coupées, -et d'ailljeuus il comptait sur te sapé*

ribrité du nombre* Il ne fil pas preuve en *;e jo«*

d'une grande expérience* quoiqu'il ne fiât pafcd'-ati^

leurs un mauvais général. H avait"mi& sa cavalerie

au centre, contre tousle^usagçsde la guerre^compian*

sans doute sur un bon emploi; mais Ferdinand pro>t

fita de cette tactique pour le perdre, îrordotuia à

PinÉiaterie anglaise et hanovrienne, dont ji eoix*

naissait la fermeté, de marcher droit sur ses èsca»

drons de cavalerie. C'était une pensée audacieuse ^

sortie du génie -supérieur de Ferdinand, qui? osa

s'écarter de la route suivifc jusqu'alors, et elle fut cou*

ronnée du succès. Cette cavalériequi était Uélite du

Far mec? français y éfeoonée de eetAe hardiesse^ se jeto

§iu' elle avec foreur ^ raai& ells se basa coaU^cej

. sEPTifest êpoçue. 1646— 4858.

rangs solidement hérisses de fer toutes les fois qu'elle revint à k charge, et enfin le. feu de l'artillerie et de la mousqucteric la mit en fuite dans le plus grand désordre. Il se trou va ainsi un grand vide au milieu de 1 armée française. Alors lé duc Ferdinand donna Tordre au général anglais Sackvillè, de poursuivre avec sa cavalerie anglaise, cette cavalerie en désordre ; et s'il l'eût fait, s'il eût séparé Vannée fran* çafee en deux, elle était détruite. Mais soit jalouse, •oit timidité , le général anglais, trahit, n'obéit pas, et laissa aux Français le temps de séraésembler et de faire leur retraite en bon ordre. Ils avaient perdu huit mille hommes et trente pièces deeanon. Cependant les suites de la bataille ftirent encore plus importantes. Contacte* toujours poursuivi, se retira vers Cassel, sur le Wéser, et de là encore plus au sud vers Giessén ; tandis que Farinée de Ferdinand prenait successivement, Marbourg, Fulda et Munster, en Westphalie ; de sorte qu'à la fin de l'année, nôtre célèbre général se trouvait encore en possession des mêmes pays qu'il occupait au commencement.

Batailles de Kay et de Kunersdorf. 23 juillet et 1% août* — Le roi Frédéric ne se pressa pas cette année comme à l'ordinaire d'ouvrir la campagne ; parce qu'il n'avait plus comme nu commencement intérêt à uue prompte décision et que ses plans tendaient bien plutôt à empêcher la réunion des Russes et des Autrichiens, s'il était possible. 11 se campa<bns un lieu fortifié près de Landshutf de là, par de rapides expéditions taiitôtcontre le* Russes en Pologne ,

GUWtnE M SEPT À9^ SOT

tantôt contre les Autrichiens en Bohême, il pillait les plus beaux magasins et ainsi retardait de plus grandes entreprises de la part des deux armées ; car, d'après les règles de tactique de ce temps, quand les armées voulaient long-temps rester dan» un pays et ne pas dépouiller ses habitants de tout leur avoir , il leur fallait de grandes provisions.

A la fin cependant les Russes passèrent l'Oder .avec 60,000 hommes et Laudon était prêt de leur donner la main avec 20,000 Autrichiens. Frédéric crut dans un. pareil danger qu'il devait, pour sortir de sa mauvaise position , avoir recours à des mesures extraordinaires. Il avait parmi ses. généraux un jeune homme qui s'était distiqgjié" par sa témérité daûs maintes circonstances, le général Wédel; il le regardait cfomme le plus capable d'arrêter les Busses, seulement il était à craindre que les vieux généraux ne lui obéissent pas volontiers. Alors le roi résolut, comme faisaient les .Romains dans un danger pressant (ils remettaient toute l'autorité entre les mains

• d'un seul homme qu'ils appelaient dictateur), d'envoyer le général Wédel comme dictateur à l'armée qui devait s'opposer aux Russes. Il devait attaquer, d'après l'ordre du roi, partout où il les trouverait. Le dictateur l'exécuta à la lettre, mais sans réfléchir

, à ce que présupposait un pareil ordre. H attaqua lés Russes, le 23 juin, près du village de Kay , non loin de Zullichau; mais dans une telle disposition de terrain. que, pour arriver àr l'attaque, son armée était obligée de passer sgr un pont et par tin chemin

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étroit qui formait une longue file ; de serte que ses bataillon» arrivaient les uns après les autres sur le

r ihamp debataUle, oùiljs étaient reçunpar un feu meurtrier et étaient ainsi battus en détail par Fermeon.

,Les Prussiens perdirent 5,000 hommes^ et le&Russes

ne trouvèrent plui d'obstacle pourseréunû à tAudon.

Alors Frédéric dut lui-même accourir au secouns ;

inai§ cptfœrissant tout le danger auquel il allait

.s'esçposer,; il fit venir son frère dans spn camp de

, Schmottseifen, le chargeade surveiller i^rmée, jet de

>j?liis le constitua logent du royaume ^ppiar le £as où il viendrait à être pris ou tué da#&ceUg c&mpp-

. .£ue. Cependant il exigea de Jhji la proiwœssç s&Uanelle de n'entendre à aucune paix h ou te use poUr

,1a jp^ison dp Prusse , si un p^eil majeur devait lui arri^r* Frédériq *avait vme et wouçir en roi ;

„# il aurait vplontiecs sacrifié. sa vie \pour i#ijber Ja ^sjptivité; car il savait trop >jen quels grands sacrifices, $es ennemis auraient exigés paur ^a.UbeKfee.

ï Le '£2 août, il rencontra les Eusses efciesÂufrichiens réunis au .nombre de 60,000 hommes, retranchas

, sur les hauteurs de Kunersdorf ,Tion loin de Francfort-siir-l'Oder. A l'inspection de leur position^ il

' .s'arrêta .& un plan de bataille qui devait non pas ♦seulement lui donner une victoire,- mais lia permettre d'anéantir-l'ennemi. Beaucoup ont blâmé le

; rbid'un dessein sicfuel;niais, auco»traireT un pan?il tplan est un témoignage caractéristique ,dji grand général, qui aune, mieux finir, la guerre d'un: swl

t coup que de la trader en longueur ,par d&& *ow-

bats insignifiants et en somme .plus meurtriers. Comment d'ailleurs faire un ?pareil reproche k Frédéric,, lui qui avait tant d'ennemis à combattre à Ja fois, lui qui avait tant de raisons d'en. finiry s'il était ^possible , avec chacun d'eux en particulier. Le plan de «bataille de Kunersdorf ne fut .pas la cause du «nalheur de la journée $ mais ce fut d abord i'igHPrance, des lieux , car quoique Frédéric eût paris des informations des gens qui connaissaient le . pgjr? , il n'avait pas des notions suffeuuprei&exaptes; ansuite son trop de confiance $ur les forces humaines.

: Il Bravait que son attaque sur l'aile.g^uçhe des Rus-

. ses, qui, à cause de^grands efforts de ses soldats, eut réussi : spixànte-dix oanons avaient Aépris et l'aile eu-

. Jière mise eadéroute ; déjà mâne le roi avait envoyé un epurrier annoncer la victoire à Berlin, Jpe, jour déclinait, sesgénéraux lui çon&eillèreqt de ménager «es troupes épuisées; parce que les Autrichiens gavaient point encore pris part au opnabat et fjije l'aile droite <Jes .Russes et^it restée inébranlable^ et certainement diaaieat-ils, l'ennemi sa retirera de lui-même dans la .nuit» Maisle roi, qui ne pouvait soaftHr une oeuvre à demi faite, ordonna une nouvelle attaque ,, et il fallut qu'après les |>Us grands efforts d^jà faits 9 une armée; apcablée par le .poifls d'une journée très chaude tantât^tMîpre 4c conquérir à 1 escalade dtf§ hauteurs jet une position retranchée 4?o& sortaient des feux meurtriers qui; renversaient

. des xaûgs entiers. Alors le plus:gF4odi&urage devipt inutile devwt la j»¥péri«*ri# t<1u .nombre. Chaque

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fois que les généraux et le roi hii-métne, après avoir rétabli les rangs, arrivèrent à l'attaque, ils furent repousses ; à la ^n , comme depuis long-tempr les esprits étaient dans l'exaltation , ils tombèrent tout . «Fun coup dans le plus grand abattement , l'effroi et la confusion se mirent dans l'armée et tout s'enfuit en désordre, ta cavalerie autrichienne qui se jeta sur les fuyards fit un épouvantable carnage, et il n'y eut plus à penser, à rétablir l'ordre pour la retraite. Le roi lui-même, au spectacle d'une défaite comme il n'en avait jamais éprouvé , fut saisi d'un si grand désespoir qu'il ne pensait plus à sauver sa vie, indifférent de rester parmi les morts, les blessés ou les fuyards j il eut deux chevaux tues sous lui, et une balle qui pénétra jusqu'à la poche de sa veste ne fut arrêtée que par un étui d'or. Enfin , pendant qu'il était ainsi tout absorbé, lorsque, déjà les escadrons autrichiens menaçaient, 1 es-gens de sa suite saisirent la bridé de soç cheval et le conduisirent moitié par force hors du champ de bataille. Ge fut . le capitaine de cavalerie de Prittwitz, qui avec ses hussards lé mit en sûreté. Aussitôt le roi écrivit au crayon à son ministre Finkenstein ce billet : « Tout est perdu ,■ sauvez la famille royale ; » et quelques heures plus tard : « Les suites de la bataille seront encore plus terribles que la bataille même. Je ne survivrai pas„ à la ruine de la patrie. Adieu pour toujours. » Telles étaient les pensées sombres et désespérées qui roulaient dans l'esprit du roi. Et quand le soir , couché sur un lit de paille, dans le village

GtfKKIE DE SEPT kît*. 401

dQEtscher , sous un toit de chaume à moitié détroit , où il ne pouvait goûter le sommeil j tandis que le peu à9 hommes de sa suite dofma ient profondément autour de lui sur la terre nue; quand tout Péblouissemeot que la grandeur de la terre peut donner eut disparu à ses yeux et qu'il* vit tout sans aucun, voile , alors, il put sentir mieu&que jamais combien l'homme est peu de chose par lui-même et combien ses calculs sont vains; car si une main plus puissante n'était ve&ue h .sauver lui et son peuple , ils étaient perdus. Le chemin de Berlin était ouvert au vainqueur, il pouvait pénétrer dans l'intérieur des états prussiens. Le roi le lendemain matin avait apeine 5,000 hommes de toute sa grande armée ; et ce ne fut que quelques temps après, quand il eut rassemblé tous les fuyards et tout attiré à lui, qu'il put monter jusqu'à 18,000 hommes; puis pour remplacer les 165 canons qu il avait perdus à Kunersdorf, il fit venir à grand peine ♦quelques pièces d'artillerie de Berlin. Cependant la •capitale fut sauvée, le général russe ne poursuivit pas 3a victoire., soit par une considération secrète pour le prince héritier du trône de Prusse, soit par mécontentement de l'inaction des armées autrichiennes. rSoltikow écrivit au feld-maréchalDaun, qui lui demandait d'aller en avant :« J'ai déjà remporté deux victoires , et je n'attends pour me porter en avant (que la nouvelle de deux des vôtres ; car je ne vois {pas avec plaisir que les troupes de mon impératrice fassent tout par elles-mêmes. «Cette jalousie et cette ^mésintelligence entre les deux généraux durèrent tout t.ji. ~ 26

4M SBPTlfcHfe *W>QUfc. 1648-»1838.

le temps de la guerre, et plus d'une fois sauvèrent le roi Frédéric des positions les plus difficiles.

Cependant le général autrichien se vît tenu en échec en Lusace par le prîttceHenri , frère du roi, qui dans cette ooeasion employa toutes lés ruses de l'art militaire > et qui par toutes ses marches et contremarches, «ans livrer une seule bataille, le força de repasser les montagnes de la Bohême. Là sage conduite du prince fut si belle dans cette circonstance, qu'il obtint sans verser de sang ce que l'impétuosité de son frère voulait obtenir par une bataille; et il semblait que le sort les eût rapprochés tous les deux , afin que l'un réparât les fautes de l'autre. Frédéric a lui-même jugé son frère en disant : * il est le seul général qui dans ia guerre n'ait pas fait desiautes. »

•Cependant le prince Henri , ne put empêcher que le roi n'eut à souffrir 1 la fin de cette campagnedeux grandes perles. Dresde , la plus importante place des Prussiens datis la guerre fut évacuée et livrée aux Autrichiens. Le rot avait envoyé l'ordre au comte 4he jfohmettaa, alors gouverneur de cette plqce, «près la bataille de Kunersdorff, de sauver avant tout tel «sasette pleine de sept millions d'écus, s'ilétait vivëmewt attaqué. Trop exact à suivre cet ordre, le général Sohnwttau rendit la ville à l'armée impériale Je jour arème (û septembre ) que le général Wmwcb, envoyé trop tard par le roi po*r délivrer la ville t arrivait dans le voisinage. La cassette était sauvée, mais toutes les provisions et la place même

furent perdues; et cette perte permit au général Daun de prendre pour la pnwmèrefois ses quartiers d'hiver en Saxe. Le roi tenta tout pour le chasser de celte pD&itW, il fanm l'arma m g£jw*\ ¥w<& .d'aller ?vec 15,000 horonœp* preodrç Vaçpaép^irt^if diicrunepar^dqjvière, du coté ds MaJ^av^^qf^U était sur le dauger tle V entreprise p*r le $é&ç <& noir exécuter une idée qui lui appartenait, Lç jj/wé? oral» qui le reconnut et qui^mttlg^é^sçfp^^s^^ti^ft^ fut forcé de poursuivre FopéraJtioj*, peidifcili|ftnd,i| & vit attaqua h cofï&mw çn &$f forces # p§r £pnré« cjueitf ^n.s^g.fcQid, et il se.readifc aprq» un (Wfthtf «uglartf. ayeç #b£q mille hommes qui jfcui reçtatfftt, JU tféteit jaow* rieu arrivé de pareil daja* . Jfamte jXvmeQne, & pétait çgpiw la co^e~pfrç*i$ &!# sottHM^g^ çks 14,000 SaxQus faits pmoiMMfiC* *¥ mvfm^w&m^t de la guerr? , d#us upq ëçjftbjabte position. Dauu outra comme en triompha d«P Pra^te, #t d&lora w ne put ls d#ow»er 4» p*ffjlt & p*#er Tiûv?r en Sa»S- £e *o\t qfiï m pO»Wttt 4jft«app9ftfr Fid^f voulut lie fougue- $ap «* téwsfltf, «ItreAU» ewpre six sèitiaiosa <ta ten^ camps prêtée WiJsdruf eu pleine çeœpagne, n^4gr§ te fcwd fe plu» igftto^ vouk*t obliger D^ft à* m faif$afil3ftt 4p*rluUfc à *te*ffrw COmaiç lui, Bnftn la ripawde Inerte Jcwrça d'wK&rder du re^&^deafcaftiéift, au moi* de jtuivier 1760, GepeiHl^t U te* W «•oint pte ab*njntentae* k partis de la Sais $*»* lui ètetaft r «» ii éUbli* son quart itT-g^u^i* Fribewg)

404 septième époque. 4648—1858.

ANNÉE im LiegniU et Torgau.

Au commencement de la nouvelle année la position du roi Frédéric était très difficile. L'enceinte qui lui appartenait et dans laquelle il pouvait se mouvoir en liberté n'était à la vérité guère diminuée ; mais les sources où il puisait la vie et la force tarissaient de plus en plus. Son armée était moins nombreuse et moins bien composée; tandis que l'ennemi semblait croître en nombre, après chaque perte. Son esprit , toujours plus audacieux , pour qui il semblait essentiel d'attaquer, était enfin forcé de se réduire à une guerre défensive; encore n'eut-elle que des fruits amers pour lui au commencement. Il devait, dans cette campagne f défendre la Saxe ; son frère Henri la Marche , contre les Russes ; et le général Fouquet la Silésie, contre lés Autrichiens commandés par La u don. Mais ce général , qui était le meilleur qu'eussent les Autrichiens , avait une armée trois fois plus forte que celle des Prussiens qu'il pouvait laisser reposer à son gré, tandis qu'un détachement était occupé au siège de Glaz. C'est pourquoi Fouquet abandonna les montagnes de la Silésie , où il se tenait pour être à portée de courir plus promptement partout où il y aurait besoin de secours. Mais alors les villes et villages des montagnes, garnis d'une population active et industrieuse, furent fort maltraités par les détachements autrichiens, et leurs instants pressantes

décidèrent le roi à donner Tordre à son général de reprendre sa position dans les montagnes , auprès de Landshut. Fouqoet, qui était un homme sévère et à cause de cela peu aimé en Silésie , mais un guerrier brave et résolu, vit le danger qu*il allait courir; et comme ses représentations furent inutiles, il résolut du moins de subir son sort en se défendant, et non: pas comme Fink , à Maxen , en rendant les armes; aussi quand il fut attaqué, le 33 juin, par trente mille Autrichiens qui l'enveloppaient , il se défendit pendant huit heures avec ses Prussiens , malgré l'inégalité dii combat. Pourmieuxsoutenir les attaques de la cavalerie ennemie, il form? ses braves guerriers en bataillons carrés et défendit avec eux son terrain pouce à pouce , tant qu'ils eurent la force de porter leurs armes. Enfin Foùquet fut lui-même renversé de cheval , et il allait être tué par les cavaliers autrichiens, si son palefrenier ne se fut jeté lui-même surson maître et n'eût paré les coups avec son propre corps. Un officier le reconnut et le sauva tout cou veit de blessures. La cavalerie prussienne s'était ouvert un passage; mais l'infanterie fut massacrée, excepté quatre mille hommes qui furent faits prisonniers.

Ce fut un combat dont la perte fut très sensible à Frédéric. Fouquet était son ami, et la Silésie se trouvait ainsi ouverte à l'ennemi. Mais il voulut aroir sa revanche afin d'effacer promptemeat, par une action hardie, l'impression de malheur attachée à ses armes; il trompa le feld-maréchal Daun par des marches habiles , gagna sur lui des avances coq-

466 sEPTik*B **oçub. 1646—1858.

atdlraMe* et parut tout d'un coup devant Diteèd** dont U forma le siège. C'aurait été pour ki HQigiwd avantage ,*>ti eût pu forcer cette villa à se reûcfae^ «ail «»«omuiwMkiit , legénénal Matfquire, était ua |xa*e militaire qui^ iiien que, Ifcs trois tfuarte db «U* bdle villa et beaucoup de mnçpiêqw* îédtficBS Ikartwt Téâafcts en ctodre par le fini desPnttsietoj tti f*aiat (pat da tant a se rendre > pwoe *m'il a* ^t?^nela fraude aratée iratrichka» œivait len» 4*e p*èfc «t qu'elle le d#ivrerak. £b effet, Dan* fart* wàïit que k ville dst été forcée de se rendre $ <ma« **ii sût fait «in peut film de diligence, il ka wuoft pwbaideaiQnt épargné tout œ qu'elle eut à *ou8tii\ Le ittri ieVa le sîëge et courut «b Sitésiçg «ir il y irfUk *rm vë un nouveau «a&tt&itr. Le gené- «1 Latdon atafe ietaiporté en un jottr, par la trahisop 4ftfe perfidie du connnandûat Oo-, Italien *de aai*i, i* *tUede>Giaz<, la plus importante des étais aptto AUgdebourg^ citait la;cle do la Sttfete. Héttwu&eméfct, Laudon trouva darale goai«r- *«»wde^erfatt(fe eapitale)^ datisle général Ifeuefr- %fâta , Un adv«waire résolu. Rien ne put r-efiie^yer, et te fttfoce «Henri ferriva bfentât.paur le .sauver.. <> î B*UttJ*€ dé Litgttit^ iBaoût^-w Le roi j^drtit aussi ttipm&tte four la Sïléiie, suivi 4m plutôt actroiapaïgWf 4es/tei*ttrffes autrichiennes ^ carfd'im ootéiéteti Je ^d*4K**fellpi Doun et de l'auto le général LascL; 40ftffiail smritai jwcpi'à iiàegidtE, toujoura katmilawliat «poMéd'âs la» dteac&rmcoicJief jqpu aie discontinuait pot* M ne podvait pas aller plus km; Omn, «fui

GVBAlt DE «EP7 AVIU 49*1

avait attiré & lui l'armée da Laudou » lui fayawît k passage vers fireslau çt Sohweidaite,0Ù4ij#fit ses m«* gasius, avec desfoncesde beaucoup supérieures I>W *uire côté, le prince Henri était sen?é de prè*parte» Russes sur l'Oder. Le roi n'avait plu* de vivreaiqpw pour quelques jours, et les Autrichiens étaient s\ pçèq 4fl lui, comme à Hochkivch, qu'il lui fallait chaque nuit changer de camp pour n'ét*e pas attaqué, Eufiu^ les Autrichiens crurent avoir (saisi le moment favotrafrle pour une bataille. C'était 1$ i5 août , et dans fe /witp^ckUnteliaudw ét«t parti 4Vv*5W»p«*^« ifeg^rerdesbauJ^^ etpi^&l'aiv

poée prussienne en do* 1$ «w dw^4t«*#*iUi de tjms côtés ; m yonlaU, s'il #?it pwsihte, l'swk«*hr. Injustement, qette m#*ejwiik W yoifi^f^^pil- ; Jffipsa po#tip9 à SW armée daps laplw grafld afte^M» , p^ce que je Jonr précédât \e§ Autrichien* l'aya^tt* &it observer avec un trop#$nd roi» , # il 4tôtiwftu .ççpapiper ^ les hauteur* 4ft Pfuflfcndotf, v$rçj tasquelles Landw se dirigeait (*)• h& foax 4e »w& î>r&- Jaient tyiyaurs Aws lVutfeu <w»p pr>u*$w# eflrt*»- , toau&.par les.pajsfun^ ^t lts p^ro^Ulw de &w§wd$ p^si^ns oriaiep* tpujowrs Igg pris dteigwle 4 olwqtf e qqajrt d'h^nr^; tandis qm^éik Je W #*H ÊWt , ^hli daps son w>uyea« cwp, Les sqld»t# étefëft , couchés ayee Uw* armes, ^t le?oi eoy«4Qppé *4#fs

O Àrchéhholz dit que Frédéric avait été informé des plans de l'ennemi ; et ainsi s'eJ^tiqaft fee changement si seeret , et le sifenee des soSdats dans leur nouveau camp. (A. Guerre de sept ans,), , , . * fui.

408 septième époque. 1648—4838.

Éûn manteau se mit auprès d\m petit feu et s'endormit; sou fidèle Ziethen était auprès de lui, et quelques autres officiers s'y trouvaient aussi. Un silence solennel régnait dans toute l'armée ; le plus petit bruit était défendu, et chaque^ guerrier attendait le jour; les uns dormaient, les autres causaient tout bas. Mais, vers lesdeux heures, le commandant d'une patrouille de hussards vint révriller le foi par cette nouvelle inattendue : L'ennemi est là, y peine éloigné de quatre, cents pas. Celte parole fut comme une Commotion électrique; en un instant les généraux f aont à cheval, les bataillons sontarmés et le bruit de l'artillerie retentit. Laudon étonné reconnut bientôt à la faveur de l'aube du jour qu'il avait devant lui ia plus grande < partie de larmée prussienne; mais loin de se décourager il redoubla d'ardeur dans «on attaque, espérant d'ailleurs que le fel A-maréchal Daun entendrait ses décharges d'artillerie et viendrait à son secours; mais un vent contraire chassa le bruit de côté, et Daun n'entendit rien. Après trois heures de combat , à cinq heures du matin , la Victoire était décidée. Laudon perdit quatre mille hommes, six mille blessés, quatre-vingt-deux canons, J et fut obligé de se replier en toute hâte sur la Katz- 1 bach. Daun , qui voulut de son coté marcher contre l'armée du roi, arriva le même jour sur Paile droite des Prussiens, commandée par le général Ziethen, et fut reçu par un feu d'artillerie des miçux nourris ; . mai^ quand il apprit la défaite de Laudon, il se replia aussi lui-même.

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