‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 43 sur 59 · SIÈCLE DU GEÀAD FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

SIÈCLE DU GEÀAD FRÉDÉRIC

à ce sujet au directeur des contributions indirectes, M. de Launay. a Louis XV et moi , disait-il, nous sommes nés plus pauvres que le plus pauvre de nos sujets ycar il en est très peu d'entre eux qui n'aient un petit héritage ou qui ne puisse en acquérir par son travail; tandis que lui et moi nous ne pouvons rien posséder, rien acquérir qui n'appartienne à l'état; nous n'avons rien que l'administration dubien commun; çt si , comme administrateurs, nous dépensons pour notre compte plus qu'il n'est raisonnablement nécessaire, alors c'est un excès et même un vol, une infidélité continuelle commise sur le bien public. »

Les soins si particuliers du roi pour l'agriculture la relevèrent bien promptement. De grandes étendues de terrains furent défrichées , on fit venir de nouveaux laboureurs des autres pays, et ce qui était auparavant des marécages et des marais fut bientôt couvert de semences productives. La vue de si grands progrès causait au roi le plus grand plaisir dans les voyages qu'il faisait tous les ans pour visiter se$ états. Et telle était son activité qu'il s'occupait des plus petits détails j si bien que très peu de princes connurent leurs domaines comme Frédéric connaissait les siens. On peut voir d ailleurs, d'après le calcul qui a été fait dps maisons brûlées pendant la guerre dans ses états, . combien était nécessaire une pareille activité du monarque, s'il voulait tout restaurer. Le nombre de ces maisons mon tait à quatorze mille cinq cents, et la plupart, d'après le témoiguagne du roi, avaient été incendiées par les Russes. — Il bâtit dans la haute

*Û6 strpt&ME ^d^rà. ï64fc-^&38.

4763 î 177$. Le Vôî tefoaît ^snficàfiè^ëtherit à ëe pays, (fui avait tarit sdnûSffiràt^ aussi quand ft tè Vft Ife "relever; ^tùmd, dans l'atonëé 4777, ïl^trbuvâ -'à/A Sin VecéUSëifiéflt ge'nëM cent ^quatrè-Vhïgt itfffle ttomitaes 3è {fiùs ÇùHl *rity eh Waitè'n Ï7S6, tfvàût fe guerre'; quand ïl vît lés pertes £ê ïa guette ïùi*pïeniefit TëpkréëS , ët^tfetltàgrîônlttrt'e , le cdrtrhiwdè, & 'strftdiit celui ^ês ïaïnës , Ifri&ifiè'rit, % l&fJrfrtài clàbs une fëftre Vsdn ami ÎFord&h toute là skHfî^Fk^ôoti dèls6hf&hie & toute ta ]ôië qu'A f éssélifôft flftri/âr relevé ftè si bas ûrrë Jîrôvince £ ¥puïé#è.

t'atiùiftté est surtout de 'ptémièfe Irécessïtê pour

"ttnfe miiàh qui lie peut ëonqti#rfr èjàe par elle uïfe

'existence honorable; mrfs cetavârftagfc n'e&'pasle

'sèiil , ton beaucoup *plàs grand *&éèt la ïorcc vïtaflé ,

*fci Vigueur de jeunesse qu'elle donne au peuple. îié

^oi ^ëdëric êtmt ptair ses sujets tfn mtodéle^adft-

r^tè'+ï 11 ^taft ettcdre fort jeurfè lorsque écrivît

à sbn àtift ÎTordan : « Tu ks Maison de èroire que je

IravsSflfe ïteaubdup , je le fàtfs potir Vivre ; car tfài

1i\ |fttis <fe Yessemtilance wec !lâ ndôrt que î\>îSi-

Vëté.i) Et plus tard, dans Sa grstode viéîîlèssk , cetîte

icfée paraît comme fe prtncipal mdtenr'dte tbtltè'ia

vfe. «T& ëncdre ccmttrie axftrefdisfettfatftfe'dfe^e jiàs

te'eptfrgnér , disait-îl dans une autre lettre; moto êtte

demande dû travail et de l'activité, mon esprit et

Trion corps se courbent sous leur devoir. Il n'est pas

tiëcessafre que je Vive , mais il est nécessaire que je

ifrarVaflîe. »

II ne changea pas, Métne d*nb la vieillesse, le pfaïi de vie qu'il s'était fait de si bonne heure; et ce îiè jfutquela veille dèsa triortqù*ilcës&a dé s'occuper du ^gouvernement. Chaque heure àvaitsa destination; 'et cegratadprincipe qui estTàme de toute acftivitfé: TSfe remtoyons jamais rien aêi lmd^aM,étsLÎt"pottvéltâ raie loi inviolable, ïotlt ' le teirfps dô'mptfs tlëpuls quatre heures du matin jusqu'à minait) parconS^quemt les cinq sixièmes de la journée, était donâacrê'à quelque tt*avaâlderesprît.C&r, afin qtie le temps mênie flés repasse fut pas perdu , le wi rassemblait àntôiir *de lui/à midi et an soir, un choix d'hommes d'esprït; jet *<Jà conversation ^fait si animée :(fe plus souvent tféteitliftjjm l'excitait), qu'on les comparait tftix iirepës de Socrate. Malhetrrettéemtftit , 'tonformémerlt «ah goût de l'époque , les pointes d'esprit ^t les saffHës : yétaierit fartioBMèremetft en faveur. La vivaicité, ia pénétration, Pà-propos datifs la pensée , T^iripcfrtaient startout j tandis ^fae la pensée profonde ,TOqcftt table et timide défiance à& soi-méïtte -n'ôbténtfieût fi^le»mêiBredégré d'horinétfr . C'ëttflt ttnfccohsêqudnce nécessaire de l'admission de la langue française clans la société de Frédéric. Le ré&te de la Jourfiée ëta&t partagé îentre 4a letfture ^lës correspondances partir *ctflières, les rapports avec les ministres et sés*r8- *ponsc$ d'affaires dortt souvent il -écrivait la tnïnttte d<e ^propre main. Bios tard, lés dispositions de ses "plans *pour les maisons' de plaisance :, puis 1k coiftpô- >skion de ses ouvrages littéraires /dont Frédéric a baissé fltfe riclre collection, et enfin Un -pasSe-teirfps

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avec sa flûte, eurent aussi une part dans la division

de ses heures.

Sa flûte» comme une fidèle amie, adoucissait les plus violents tourments de son âme; pendant une heure il se promenait avec elle dans sa chambre ; et dans cet intervalle de temps il prenait de plus en plus l'empire sur ses pensées, et son esprit devenait alors capable des opérations plus tranquilles , , comme il Ta lui-même avoué. Du reste , il ne voulut jamais qu'une affaire d'état eût à souffrir de ces jouissances qu'il recherchait dans la musique et la poésie. C'est là le point de vue le plus glorieux ppur Frédéric : son devoir et sa charge lui étaient plus sacrés que tout le reste. De là aussi a-t-on dit de lui, avec raison , que le devoir d'un roi dans toute son étendue et tout ce qu'il a de glorieux avait été l'idée dominantedesavie, l'idée qui siégeai tau centre de son âme. Ce roi cependant, quel enthousiasme n'aurait-il pas excité , quel entraînement n'aurait-il pas obtenu et quels obstacles n'aurait-îl pas fait franchir à son siècle, si cette fermeté, cette loyauté naturelle avaient été soignées dans son enfance par l'amour de ses parents et dans l'intimité de la famille ?

Malheureusement la mauvaise éducation de Frédéric fut cause que les plus beaux germes de sa nature n'ont point été développés. Son père Frédéric-Guillaume était un homme dur et sévère, pour qui les muses n'avaient aucun attrait; il n'avait jamais senti un cœur paternel. Son fils, qui de bonne heure avait dirigé ses efforts vers des mœurs plus

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perfectionnées , et qui ne trouvait aucun goût pour les inclinations brutales de son père, était traité durement et même despotiquetnent. Il ne fondait sur lui aucune espérance pour son empire, et il eut même une fois la pensée de lui préférer son deuxième fils, Auguste-Guillaume. C'est ainsi que Frédéric perdait de plus en plus tous les sentiments de l'affection filiale; aussi voulut-il un jour tenter de s'enfuir de la maison paternelle. Mais ayant été découvert il fut en danger d'être envoyé à féchafaud par son père en colère. Sa mère, qui l'aimait avec d autant plus de tendresse , chercha à venir à son secours par des ruses; mais elle ne put pas réveiller en lut cet amour franc, pur et désintéressé, parce qu'ellemême portait dans son cœur plutôt un zèle de parti qu'un amour généreux. Ainsi Frédéric grandit sans la bienfaisante chaleur de l'amour, qui peut seule développer les tendres sentiments dans la jeunesse; et ce manque d'amour s'est malheureusement fait sentir chez lui jusqu'au tombeau. Dans le feu de la jeunesse, il était capable, par admiration, d'une amitié enthousiaste; mais le peu qu'il y avait en lui de sentiments purs et francs disparut bientôt dans le cours de sa vie à cause de l'aigreur de son «ractère qui alla toujours croissant; si bien que sur la fin de ses jours le grand roi restait seul , comme un anachorète, renfermé et concentré dans lui-même.

La malheureuse coutume du temps voulait que des précepteurs français et des livres français déter-

cessent 1/ç. cercle çl^es, ujees dp 1'ep/ant $. du. jgtm} feonune. De bonne heure; , rhomjçna, qui a, e^Ectf sud. qon siècle une influence {àcheuse , infinie da,n& &$, suites,, dont i'e§prit aigu et salfciqufcn/a rien QOJhm* d^,$awe\ Yoltaiçe, fut le modèle de. Fçeçléric* D&k son. enjàn«ç, dans le, temps que son âjn^ëtaiA tevplM& impressionnable., tes. W»*s 4ff ce* b#njme. ocgur pjftenl, Mffwttepffipt l«f jeune, prii*?e. S^n eipjit <&afe t^Ieu^ntcfoou>4 que, <toj»sQn.adirôWoA,ilréle.v^tcet eqriyaijj an>-dessus de tous, lej iflortejs et Wr. pjyçait à «on amitié comme au, tx&pç le pjus. pr«fcieMX,j ïf« vain et.ég$s1« é,ti^nger sut exploite,* fc*t%vaft-/ tagçusenœnii QeJjts opinion du, B*W3e q»'^ vnifc connue paj; ses lettres. , . .

$ rçudjt h spn ton* ses fi&terie* k 9PH ro#aJ «Hïfcii <& 4* Wfliw r^jroqpe de régoïsnifc le jeugftpi&e^ (f^ a.YQif jel,é le fon/|emen* <fe. la pkp hflKftHSA $$&&. ^ate 99W& l^mitténe, PW* «*isterq»&pM> 4 F^iM» «tëW* &WF lw*s ••«* teCiU^ant. àt Wk e» %pS l'H"? # l'^lne #rig<y# ejp, vérité lenre eiwrtft SïM^W&W^'HW» <fec§s.4§u*Ivi>»«e*, ^d^e^ujdesbjse^sinaplMte?,, nepitt,djiMjfipa9,s«Br, tpgjçdôs f'preujçes apoçofondies.. P^us MA, quand ik v.écjiren^ ensembU? , quand,. Xojtaàre. fuft apppfef k \&$Qut d# ro.i ,. en, 175jp , b frojdeiu; , la jaloux ejt U bassesse % f0», â*AÇ> se firenj rem&rquejç de plflfc en plus. Le. premier bandeau ^xmba de devant lg% yeux du roi , les sentiments d'affection «!att,iédà,-n rent peu à peu de part ejt d|a#tcp e$ finirent, pars se changer en une violente aigreur. Voltaire $. tfiù

«#$tB W GRAND TJléDtZlÇ. ^ ^

P$St f^chkeuses expériences fermèrent d$ nh# en ]^u§ le çœui: dp Frédéric , et V4 inspi^çreçt yn dégoût pouf les homipes. quiji n'ay^it pa$ aumrav^nt^ ^t wi > <juand il domine l'âme, doit nécessairement, assombrir la vie.

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De pareilles vues et de pareils principes étaient tout-à-fait inconnus dans cette époque , qui s'éloignait de la marche simple de la nature et élevait audessus de tout la subtilité de l'esprit. Alors on cherchait la stabilité de l'état dans les formes extérieures , tandis qu'elle ne repose que dans une coopération de cœur de tous les citoyens et dans l'exclusion de tout individualisme. Ces généreuses idées gouvernementales auraient sans doute trouvé place dans l'âme éclairée et forte de Frédéric, si elles eussent paru de son temps; mais il ne les trouva pas de lui* même, d'autant plus qu'il sentait en lui-même la force de régner seul,etla ferme volonté de rendre seul son peuple grand et heureux. De là aussi lui semblat-il que la fores d'un état résidait dans les moyens qui sont dans les mains d'un seul , les plus prompts et les plus efficaces # et il la plaça dans une armée et un trésor à sa disposition. Il s'efforça donc principalement d'obtenir que ces deux étais de son gouvernement se trouvassent dans le meilleur état possible; de là aussi le vit-on souvent choisir les moyens les plus propres d'arriver à son but sans trop réfléchir à leur influence sur l'avenir et la moralité du peuple. Un fermier-général français , Helvétius, fut appelé à Berlin, en 1764, pour donner conseil sur le moyen d'augmenter les revenus de l'état; on eut donc recours à de nouvelles dispositions qui soulevèrent beaucoup de haines, et nombre de gens cherchèrent à tromper l'administration au lieu de coopérer d'eux-mêmes à ses charges. Du reste, par ces

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