GUBRRB8 DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
fort , sa voisine, se garantit contre l'influence du voisinage; et quand la nouvelle liberté française lui fut proposée, elle répondit que ses citoyens étaient contents avec la liberté dont ils avaient joui jusqu'alors.
1793. Au commencement de cette année eut lieu L'exécution de Louis XVI (21 janvier). La sanguinaire faction des jacobins avait remporté la victoire, et croyait ne pouvoir mettre assez de désordre et de confusion tant que le roi vivrait. Us l'avaient déjà détrôné ; mais pour braver mieux toutes les lois divines et humaines, ils voulurent envoyer leur innocent \ leur pieux roi à TéchafaucL La punition suivit de près : il s'éleva aussitôt dans la Vendée, entre la Loire et la Charente, une révolte qui coûta beaucoup de sang et dura plusieurs années ; tandis que , d'un autre côté , les autres peuples perdaient tout leur zèle , et ne pouvaient plus soutenir la liberté française qui s'était souillée du sang innocent. La nouvelle république dégénéra de plus en plus dans ses discours et dans sa conduite; la licence et l'effronterie prirent le nom de liberté; les citoyens les plus modérés furent appelés des peureux, et la populace le peuple. La révolte fut préchée chez les autres peuples, et on leur promit du secours s'ils voulaient chasser leurs rois et leurs princes. On disait tout haut qu'il fallait renverser tous les trônes. Les envoyés français furent donc chassés d^Angleterre et d'Espagne, et par représailles la république leur déclara la guerre ainsi qu'au stathouder des
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des Pays-Bas, qui était intimement uni avec 1* Angleterre; et enfin alors, l'empire allemand, après une longue délibération, se déclara aussi lui-même. Ainsi la moitié de l'Europe prit les armes contre la France; car Naples, Je pape, la toscane et le Porgal suivirent le mouvement général*
Les commencements de la campagne de 1793 furent marqués par une suite d'éclatantes victoires des alliés dans les Pays-Bas. Dumoûriez fut battu à Àldenhove, et, le 18 mars, dans une bataille rangée auprès de Nerwinde. Alors le général, pour ne pas tomber entre les mains des jacobins ses ennemis, qui tenaient le pouvoir à Paris et qui d'ailleurs ne pardonnaient rien moins que le malheur,, passa diji côté ded alliés. Ceux-ci se portèrent toujours plus ea avant: c'étaient les Autrichiens, les Prussiens, les À ngïais, lesHanovriens , les Hollandais , commandés par le duc de Cobourg et par le générai anglais duc d'York» Le successeur de Dumoûriez , le général Dampierre, fut encore une fois battu par eux dans les champs de Famars et il y, fut tué lui-même j alofcs les places de Valenciennes et de Condé tombèrent entre les mains des alliés 4 et le chemin leur était ouvert jusqu'à Pari*.
D'un autre côté, les Prussiens et les Autrichien^ s'étaient emparés de Mayence, avaient forcé le$ lignes de Weissenbourg et commençaient le siège de Landau , sous la direction du princeToyal de Prusse,
Une armée espagnole avait aussi passé les Alpes, envahi le sud de la France où elle obtenait de grands
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succès ; des Espagnols et des Anglais occupaient l'important port de Toulon, qui s'était déclaré contre la convention de Paris , et ils le défendaient contre elle.
Plus dangereuses encore pour la France que les attaques du dehors étaient les guerres civiles. Les royalistes vendéens avaient battu toutes les armées républicaines qui avaient osé entrer dans leur pays et avaient répandu bien loin la terteUr de Jeun armes. Du nord de la Bretagne, un corps de royalistes sous la conduite du général Wimpfen (*) pénétra jusqu'à vingt lieues de Paris. Dans le sud, les villes, les plus riches et les plus importantes se déclarèrent aussi contre la convention ; outre Toulon, Marseille et Bordeaux, il y eut encore Lyon au milieu de là France , et leur alliance avait de grandes ramifications par tout le midi. Ainsi la république , dans le mois d'août de cette année , pressée de toutes parts, était sur le bord du précipice; sa chute semblait inévitable, Cependant, elle fut sauvée d^unê manière encore sans exemple , par un gouvef nement de terreur. Dans cette grande nécessité, les plus hardis et les plus téméraires de Ceufc qui avaient le pouvoir à Paris , auxquels tout moyen semblait bon pour atteindre leur but, l'ayant emporté sur les modérés > conçurent le dessein , de
O Wimpfen était un des généraux de la république chargé de surrelîter Jes côte» ; appelé à Paris pour justifier sa conduite , il répondit que s'il y tenait ce serait à la t<He<le soixante mille hommes. ' N. T.
même que Rome dans les cas difficiles avait mis tout le pouvoir en une seule main, de -le confier alors à deux comités : au comité de salut public et à celui de sûreté générale. Ils devaient s'occuper uniquement, l'un de l'intérieur , l'autre des affaires d'extérieurs et particulièrement de la guerre* C'était une puissance souveraine que reçurent ces quelques hommes; ils n'avaient d'autre loi que leur volonté, et d'autre juge que leur conscience. La vie , la liberté» les biens des citoyens étaient entre leurs mains ; ils pouvaient condamner s'ils voulaient, ou absoudre. A la tête de ces hommes revêtus de la puissance., était Robespierre, homme effroyable, froidement avide. de sang, l'idole de la populace; parce que, comme elle, il poursuivait avec envie et haine tout homme qui voulait s'élever au-dessus de la foule.
Son plan était d'anéantir par la terreur les ennemis de la république et ce beau plan réussit. La capitale , comme toute la France , furent inondées de sang. Tout citoyen qui se faisait remarquer par ses richesses , sa science , ses qualités , sa bonne réputation pu par des principes de bienveillance et de modération, était un objet de haine à cette bande terrible ; et aussitôt un prétexte était trouvé pour le faire disparaîtrer Ils regardaient les gens de lettres comme aussi dangereux pour la liberté, que la noblesse et le clergé. Pour avoir une liberté stable, disaient-ils , il faut voir régner la simplicité de Sparte et des premiers temps de Rome. Un d'eux alla jus-