‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 50 sur 59 · GUERRES DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

GUERRES DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

qu'à dire, qui! fallait encore que deux millions de têtes tombassent sous la guillotine pour que la France fût heureuse. Le petit nombre d'hommes honorables qui se trouvaient parmi eux, sentaient sans doute alors à quels excès l'humanité avait été poussée, pour avoir recherche les lumières dans le sens de l'époque et les raffinements dans les jouissances sous le nom de civilisation perfectionnée; et c'était comme contre-poids qu'ils voulaient pour tout le monde les formes grossières de la brute égalité, sachant bien qu'il est impossible de trouver aucune modération dans une si violente agitation ; tandis que les plus coupables d'entre eux, ceux qui connaissaient le mieux ce qu'ils voulaient , demandaient pour tout le monde égalité dans le crime: ainsi égalité ! était le cri qui remplissait toute la France, et à ce fatal resentissèment les meilleurs citoyens étaient immolés par milliers. Leurs qualités faisaient leurs crimes ; personne ne devait se faire remarquer fût-ce dans le meilleur sens ; leurs juges étaient les plus furieux de la lie du peuple, qui composaient partout le tribunal révolutionnaire et n'étaient retenus par aucune loi, par aucunes formes de procédure; les accusés n'obtenaient même pas toujours un défenseur. Cent de ces malheureux étaient massacrés par jour sur la place même où siégeait le tribunal; la guillotine et l'arbre de la liberté étaient les deux seuls ornements publics de toutes les villes de France. On exécuta dans un même jour, la reine, la sœur du roi, la princesse deLamballe ; et le duc

d'Orléans , l'auteur de tant de malheurs , tomba luiméme comme les autres sous la hache de la guillotine, fcette puissance de la terreur si bien ménagée , si bien exercée, que les parents mêmes des yictimes n'osaient pas laisser apercevoir les larmes de la douleur, obtint son but. Les factions furent étouffées dans le sang , tout obéissait à un gouvernement qui faisait exécuter ses volontés par des moyens si effroyables; lésuns, les plus méprisables, obéissaient, parce que ce régime leur convenait, les autres par peur. Cependant un maître dans Tait de la guerre, Carnot , fut appelé au comité de salut public pour régler en grand tou3 les plans des armées.

Alors, on fît appel à la nation entière contre les ennemis de la république: « toute la France, disait-on, q'est qu'un camp et tout Français est soldat. Aussitôt que le tocsin sonne tout le monde doit courir au£ armes , soit contre les esclaves de la tyrapnie étrangère, soit contre les traîtres à la liberté qui sorçt au milieu de nous. Il faut que les hommes non mariés et les veufs qui n'ont pas d'enfans marchent k la frontière; que les hommes mariés forgeait des armes et conduisent les convois , que les femmes fabriquent les habits et les tentes , que les enfants effilent la charpie et que les yieillards, sur les places publiques , enflamment par leurs discours le courage des guerriers qui partent contre l'ennemi. «Et ea effet la France donna à l'Europe un prodigieux exemple qu'un ennemi même ne peut taire. Enthousiasme, amour de la patrie, fureur, soif de

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