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(*) ttt 4uatoe*viiigt-qi»tiKp propositions de gainer eoptre les indulgences f ment, répandues p*r toute L'AU*m9gneepqi»Jn^j*«r»;dana lestât* de< quatre à six semaines elles furent connues par tente l'Europe, et l'on, comprend facilement quel mouvement elles causèrent partout. En 1520, les écrits de Luther étaient traduits en espagnol dan* les Pays-Bas, et en 1531 un voyageur les acteU à Jérusalem. Quand le sieur de MUtiU, gentilhomme saxon, passa en 1519 d'Italie en Allemagne, chargé par le pape de chercher à engager Luther à faire des concessions et à promettre de garder le silence, il avoua que pendant son voyage , à travers l'Allemagne, il avait toujours trouvé au mo'ns trois personnes favorables à Luther contre une qui se portail pour le pape : et il y avait à peine deux ans que Luther paraissait sur la scène.
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siècle est mûr pour (Je grands, changements, il ne faut qu'un signal et tou{ le monde se lèvecommepar enchantement; alqrs celui qui proclame tout haut ce besoin, passe pour un grand inventeur, quoiqu'il ne soit que la vpix qui exprime ce qui existe déjà dans le sein de la socie'té et dans l'âme même de son admirateur. PVUeqrs les chapitres précédents nous ont fjait vpir comment la science qui alors s'agrandissait consi4erablemrent ; comment les grandes inventions du siècle précédent et surtout l'art de l'imprimerie qui a rendu pçssible de communiquer à des milliers d'hompies à la fois ce qui auparavant n'aurait
Jyu être conny que cle quelques savants , après de ongues années, çt serait peut-être resté enfermé dans lff murs d'un couvent; comment, dis-je, tout avait préparé Je mQrçde à de grande mouvements. D'un autre pôle, la rapidité delà propagation des nouvelles doctrines est une prepve irréfragable de la grande décadence de l'esprit religieux et moral de cette époque. Car l'homme est attaché aux mœurs de ses pères par de profondes ej, fprles racines j mais il tient plus fortement encore à leur croyance. Si donc il la dépose^ cettq croyance, c'est que le sentiment qui devait être en lui le plus vivace et le plus intime a péri et qu'il n'y a plus qu'un peu d'extérieur; puisque s'il vivait eacore , il ne pounaUVen défaire sans aller contre les lois de la nature.
Outre lç$ raisons doqÇ nous venons de parler, quantité d*autr«0 circonstances contribuaient à cet essor rapide parmi le peuple et les bourgeois d' Aile-
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magne. Signalons d'abord la plus grande. Jusqu'à ce moment, le peuple, la foule des gens simples et libres, avait été négligé et méprisé; on n'avait rien fait pour son développement et ainsi toute son énergie sommeillait engourdie. Luther se présenta comme devant instruire le peuple ; il se tourna vers lui, lui promit de l'instruction et même il le fit juge de ses querelles. Et il le fit avec une parole si énergique, si pressante, que jamais rien de semblable n'avait encore retenti à ses oreilles.
La condition du peuple demandait même cette tentative de Luther (*). Le paysan, à la vérité, avait peu à peu obtenu plus de liberté que dans les temps antérieurs ; cependant , les servitudes auxquelles il était condamné étaient toujours très oppressives. Il était soumis à toutes les autres conditions de la nation 3 non seulement à son seigneur, mais au chevalier, au comte , au prince; même ses droits en qua,lité d'homme n'étaient pas encore généralement reconnus, et souvent les maîtres accablaient leurs sujets des plus criantes injustices. C'est alors que retentit le mot de liberté chrétienne , qui résonna jusque sous le chaume des paysans. Ce motenchan-
(*) tl faut convenir alors que les protestants ont été bien durement trompés; * car on ne voit pas que les pays qui ont admis la réforme aient obtenu de plus grandes libertés civiles; il semble au contraire que c'est chez eux que le peuple est le plus humilié. H suffit, pour s'en convaincre, de jeter un regard sur les états protestants et en général les états scnismatiques d'Europe; c'est même une conséquence naturelle de toute institution où les deux puissances temporelle et ecclésiastique se trouvent réunies sous le même sceptre. N, T.
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teur qu'ils n'interprétèrent pas dans un sens moral, mais dans le sens le plus extérieur, fit naître en eux de nouvelles et grandes espérances et produisit, nous le verrons bientôt, les plus déplorables désordres au commencement. Car, dans un mouvement si général de toute une génération , il est difficile, comme le démontre l'histoire de tous les peuples, que les justes bornes de la modération soient bien conservées.
De même que le peuple, la noblesse d'Allemagne fut elle-même promptement entraînée dans ce nouveau mouvement. Elle était encore tout animée d'enthousiasme pour la liberté et l'honneur de la patrie ; et comme l'Allemagne était publiquement méprisée dans Rome , c'était pour elle une raison suffisante de se porter du côté de celui qui attaquait la puissance de la chaire romaine. D'un autre côté l'amour de la science qui revivait en Europe , avait aussi gagné la plus grande partie de la noblesse ; et depuis que l'invention de la poudre à canon avait frappé la chevalerie d'une blessure mortelle, les armes n'avaient plus été l'unique occupation du jeune gentilhomme. Son esprit déjà plus développé était donc plus susceptible de recevoir des pensées neuves et hardies. Et enfin Luther, dans un écrit fort remarquable dont le titre était , A la noblesse cF Allemagne, s'était particulièrement adressé à elle et l'avait appelée au secours pour son entreprise.
Parmi ses plus zélés prosélytes était Ulric de Hutten. C'était un chef de parti tel qu'en produisent
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toujours les temps de révolution, hardi et plein de pénétration pour manier la plume aussi bien que l'épée ; à la fois guerrier et savant, avec une éloquence mordante et déchirante et toujours prêt aux entreprises les plus hasardeuses. Un jour que quatre Français avaient tenu des propos peu honorables pour l'empereur, il les provoqua en duel pour soutenir l'honneur des chevaliers allemands et les vainquit tous quatre ; 3a plume était aussi tranchante que son épée, quand il remployait contre les moines, contre les abus de (a religion , ûoptre les adversaires des langues anciennes et delà civilisation, au même Contre les Turcs et les Français. Hutten fit une satire en latin qui fut bientôt répandue par toutes les villes de l'Europe.
Cette âme de feu entra aussitôt du côté de Luther, moins peut-être par zèle de religion que parce que son entreprise était téméraire et dangereuse ; il écrivait et parlait pour lui et aurait volontiers tiré Tépée pour lui.
Un homme encore plus important parmi la noblesse et aussi ami de Luther, était François de Sickingen, vaillantet noblechèvalier franconien, doué de si grandes qualités que quelques princes le trouvèrent autrefois digne de la couronné impériale. Il offrit à Luther un asile dans son château et toute la protection de ses armes et de celles de ses amis , s'il était poursuivi. Luther remercia; et quand Sickingen, qui ne pouvait rester tranquille cl peut-être nourrissait dans son esprit de grands projets d'am-