GUERRES DB LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
sang, crainte , obéissance, passion du pillage et l'ambition , tous lés ressorts de l'âme agissaient à la fois sur un même point pour arriver au même but : « le salut de la liberté contre les ennemis du dehors et de Pintérieur. » Et, bien que cette liberté ne se présentât pour la plus grande partie du peuple que sous une image défigurée, souvent même sous des traits marqués avec du sang et du feu , du moins produisit-elle l'effet qu'on en demandait. Toute la France prit l'aspect d'un vaste arsenal ; et rien que dans Paris plusdecent mille hommes étaient occupés nuit et jour à confectionner des piques, des fusils, des sabres, des canons, des mortiers. Des milliers de soldats vinrent en même temps remplir les camps ou se formèrent derrière eux, comme troupes de réserve. Dans le camp tout homme qui se faisait distinguer par la force de son génie, voyait s'ouvrir devant lui une carrière brillante qui lui permettait de jouer un rôle. La naissance n'apportait aucun privilège, la capacité seule était prisée} la supériorité du nombre fut donc bientôt du côté de la France, et cette supériorité unie avec l'audace suppléa au défaut d'habitude des armes. Depuis ce temps les faveurs de la fortune furent pour les républicains ; car on ne comptait plus le nombre des morts, et toujours.de nouveaux etplusaudacicx bataillons marchaient en avant, passaient sur les cadavres de leurs concitoyens, en chantant avec enthousiame l'hymne de guerre, jusqu'à ce qu'il aient accablé, foulé au pied leurs adversaires.
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L'armée des mécontents au nord de la France , sous les ordres de Félix Wimpfen, fut battue, et le général lui-même obligé de se sauver en Angleterre j puis Marseille fut soumise , ensuite Lyon après une vigoureuse résistance, et Toulon, dont l'assaut dura quatre jours et quatre nuits sans interruption et fit couler un fleuve de sang , la ville n'était plu* qu'un monceau de ruines; enfin les Vendéens eux-mêmes essuyèrent plusieurs défaites. Tous ces succès arrivèrent dans Tannée 4793, et les plus effroyables cruautés suivirent la victoire des républicains. À Toulon, Lyon, Marseille et d'autres viilçs on jugeait sans entendre , la guillotine parut enfin être un moyen trop lent; les malheureuses victimes furent traînées par centaines devant la bouche des canons et mitraillées : on les jetait par troupe dans le fleuve. Il fut décrété par la convention que Lyon et Toulon seraient rasées , que leur nom serait extirpé de la mémoire des hommes, et que la Vendée serait changée en un monceau de cadavres, de ruines et de cendres pouf servir de monument de la vengeance nationale. Tel était le langage de ces hommes de la liberté.
Sur la frontière, contre les ennemis du dehors , les chances de la guerre furent d'abord variées; mais à la fin de Tannée elles se prononcèrent tout-à-fait en leur faveur. Dans le Haut-Rhin, à force de combats sanglants et perpétuels , Landau et L'Alsace furent délivrées et le drapeau républicain fut planté sur les rives du Rhin ; dans les Pays-Bas , Dunker-
GUEURES DE LA RÉPWtLlQtJB FRANÇAISE. 465
que fut sauvée et plusieurs combats trèschauds furent gagnes; Houchard et Jourdan y commandaient, tandis que Pichegru et Hoche étaient dans le Haut- Rhin, tous noms que le torrent de la révolution avait tirés de l'obscurité. — Le 30 septembre, on célébra dans Paris une grande fête de la victoire dans laquelle quatorze différentes armées furent représentées dans un cortège de triomphe , en l'honneur des victoires qu'elles avaient remportées.
1794. Succès des armées françaises. — Au commencement de Tannée, les alliés avaient réuni toutes leurs forces dans les Pays-Bas , sous les otdres du duc de Cobourg, et l'empereur d'Allemagne était luimême venu dans le camp pour encourager ses troupes j le 7 avril, elles remportèrent sous ses yeux une victoire auprès de Cateau-Cambresis, et le 30 elles s'emparèrent de la ville de Landrecies. Mais alors la fortune changea : Carnot, qui comprenait très bien dans quel genre de guerre un peuple en armes doit trouver la victoire, donna Tordre aux deux grandes armées, commandées par Pichegru et Jourdan, d'attaquer les lignes des alliés avec vigueur et sans cesser; de manière qu'il ne se passapas de jour sans un sanglant combat. On ne comptait point le nombre de ceux qui tombaient; des troupes fraîches remplaçaient celles qui n'étaient plus ; et les généraux ennemis ainsi pressés ne savaient pas où porter le point principal de la défense. La tactique ordinaire de la guerre leur était devenue tout- à -fait inutile; car, quand les corps d'armée repoussés, acculés les uns t. h. 30
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gur les autres , loin de fuir , se rassemblent de nouveau et ^reviennent à l'attaque sans se lasser, tant qu'il resté encore des hommes vivants j quand ni la craint^ de la mort, ni rien ne peut les chasser <W champ de bataille; alors nécessairement à la fin la victoire doit rester au plus nombreux. Ainsi les Autrichiens et leurs alliés, Anglais , Hollandais et Jlanovriens, accables de fatigues, furent enfin battus, le 22 mai, près de Tournay par Pichegru, et le $6 juin à Fleurus par Jourdan, dans deux sanglantes batailles. A Fleurus, le général français rappela à lui la victoire, qu'il avait déjà presque perdue, par un expédient tout nouveau ; il fit monter un de ses aide*de-camp dans un ballon (*) pour reconnaître exactement les positions de l'ennemi , et ensuite il renouvela le cpmbat sur le rapport qui lui en fut fait.
Depuis cette bataille le bonheur des armes françaises fut constant; rien ne put leur faire obstacle en Hollande et sur le Rhin. Les places conquises en France, La*dreciea, le Quesnoy, Valenciennes et Gopde\ furent reprises l'une après l'autre; en outre, les Français s'emparèrent de Bruxelles, le 9 juin, et enautoppuneils étaient sur les rives de la Meuse et du Vahal. Ces succès semblaient devoir être enfin le terqjç où ils pouvaient aller, d'autant plus qu'on avait levé les écluses des chaussées pour sauver la {lollande par une inondation générale.
(*) Le célèbre tfonge dirigeait celte expédition aérienne. N. T.
GUE**** D& IX RÉHIJUJOP» MMfèlSE. Mf
Mais la nature même vint au «epofm de ce peun pie favori de la victoire et lui fraya un chamo.au* lps fleuves t sur la mer et les marais. I/bèver de 94 à 9$ fut extrêmement dur; et, dès le mois de déeemr frre % toute l'eau était couverte d'une épaisse glas» gpi permit à l'armée française de pé&étrer eu Hoir lande. Elle s'engagea donc sur ces vastes et solides ponteyetdès le commencement de ranuéesuivante; le ^7 janvier , elle parut devant Utrecht, etr le 19, devant Amsterdam. Le statkoude? n'eut rien de n*iei*x à faire que de se sauver avec sa famille en Angleterre, pt k Hollande fut changée en une république ber *»ve (*)>
De son côté aussi Jourda», <J$a& l'automne de 1794, Avait repoussé les Autrichiens duBtabant sur k bas Rhia, et les avait battue darç plusieurs combata; enc ftu, le 5 octobre, il les força de repasser le Rhin à Cologne. Liège % Aix, Juliers , Cologne, Boni**, Ce>bientz tombèrent fcntre les mains de» Français* il n'y eut que Luxem)>ouFg qui, par sa ^igoureu» défense % se soutint jusqu'au mois de juin 179&.
Sur le hput Rhin, la campagne de 1794 prit à pep près la même tournure que daps le nord. Au commencement , le 22 mai, grande victoire des Prussiens et des Autrichiens près de Kaiserskutern *puis renforts pour les années républicaines, 1$ peuple se devait en masse r attaques furieuses et continuelles
(*) C'est dans cstte fameuse campagne que la flotte hollandaise, retenue dans le Texel par les glaces, Cut prise avec de la cavalerie* M» T,
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des alliés; enfin , le 15 juin, deuxième bataille à Kaiserslautern, dans laquelle huit fois les Français sont repoussés avec grande perte et osent une neuvième attaque où ils ont la victoire; et point de repos jusqu'à ce que les alliés, ayant la fin de Tannée/ aient repassé sur la riye droite du fleuve.
Paix de Bâle. 1795. — Le bonheur des armes françaises était si grand et si impétueux que, pour quiconque aurait alors considéré la position de l'Europe et surtout celle de l'Allemagne , il eût été facile de reconnaître qu'elle n'avait plus désormais qu'à réunir toutes ses forces pour sa propre sûreté. Les Français déjà ne faisaient point un mystère de leurs projets d'occuper toute la partie de l'Allemagne située sur la rive gauche du Rhin jusqu'au fleuve. — Il nous fallait donc, après une mauvaise campagne, abandonner à ce dangereux voisin ce pourquoi il avait en vain combattu pendant tant dessiècles? L'Allemagne n'aurait jamais dû souffrir un pareil affro oit; mais dans ce temps où pouvait-on trouver les grands et généreux sentiments pour l'honneur de la patrie ? Déjà la jalousie et la rivalité des généraux et des premiers serviteurs avaient affaibli les forces de l'armée et empêché ses plus belles opérations j mais alors la confédération se laissa diviser par son adroit ennemi. Le 5 avril, la Prusse signa à Bâle une paix avec la république française; et le Hanovre avec la Hesse-Cassel y furent compris. On y traça une ligne de démarcation pour le nord de l'Allemagne, qui séparait la France
"GUÉlltlS DB U RÉÏTTiLlQUE FRlWÇilSB. 469
des états prussfens enWestphalie, de laHesseetde la basse Saxe.
Bientôt aussi l'Espagne, qui manquait d'argent, dont les armées étaient dans le désordre, et qui surtout n'avait point une volonté ferme et arrêtée, se sépara de la coalition contre la France ; l'Autriche et l'Angleterre furent les seules grandes puissances qui restèrent sur le champ de bataille; tel fut d'ailleurs le résultat réservé à l'Autriche depuis Maximilien Fr,.toutesles fois qu'elle entra dans une alliance pour faire la guerre d'accord avec plusieurs autres puissances.
Suite de la guerre Jusqu'à la paix de Campo-Formio. 1795—1799.
Pendant les conférences de paix avec la Prusse et même après la paix, pendant Tété de 1795, comme l'Autriche et l'empire germanique se montraient assez disposés à la paix, les deux partis déposèrent les armes ; les deux armées se trouvaient sur les deux bords du Rhin en face l'une de l'autre, séparées par lefleuve. Cette trêve était avantageuse pour la France; parce que, dans cette année, une disette générale qu'on pourrait même appeler une famine ne permettait plus des effortssi extraordinaires. Mais dès que la moisson fut terminée et ramassée, Jourdan, dans la nuit du 6 au 7 septembre , passa le Rhin entre Duisbourg et Dusseldorf , s'empara en même temps de cette dernière ville , et dans sa marche victorieuse
Digffiedby GoOgk
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chassa les Autrichiens Yépée dans le#rei»s des bore» de la Wupper (c'était à cette rivière que commençait la ligne de démarcation des Prussiens), de la Siegf de la Lahn jusqu'au Main. Le feld-raaréohàl Clairfait avait rassemblé ses troupes de l'autre m\é 4e cette rivière; il attaqua alors les Français pris de Hœchst, les battit et les força de repasser ie Rhin avec autant de jfromptïtude qu'ils eu avaient mis euvnnémes dans la poursuite, May enoe fat dé- Jivre'e dusiége^ etManheîf» reprise. Le repos de l'été avait affaibli les forces et l'impétuosité des armées républicaines, le zèle s'était attiédi ; une guerre de Pautre côté du Rhin n'était plus une guerre pour la liberté de la patrie, et quantité de volontaires, ceux qui appartenaient aux meilleures familles r étaient rentrés dans leurs foyers. Pendant ce temps-là, en France, une faction plus modérée était parvenue à h tête du gouvernement, Déjà, l'été précédent , te convention mourante, toujours plus soupçonneuse et plus cruelle , avait renversé Robespierre avec se? hommes de terreur et l'avait même fait monter sur cet écbafaud sanglant sur lequel il avait fait cJonidr tant de sang innocent. Plus tard, après avoir réuspi avec les plus grands efforts à enchaîner, pour ainsi dire, toute la faction des Jacobins, on avait établi un nouveau gouvernement* Le pouvoir exécutif fut confié h cinq directeurs , et le pouvoir légi&latif à deux conseils, celui des cinq cents et celui des anciens. Déjà lp France penchait vers la domination d'un petit nombre ou même d'un seul ; tant elle sentait
tîen qu'un Etat aussi grand ne pouvait qu'aller à sa mine ayec un pouvoir démocratique.
1796. Bonaparte. — Quand le nouvel ordre de choses fut consolidé, le directoire résolut de forcer l'Autriche et l'empire à la paix, par une invasion générale. Dès le printemps, ses armées devaient passer le Rhin et les Alpes, et pénétrer dans le cœur même de l'Allemagne par tous les cotés ; Moreau par la Souabe, Jourdan par la Franconie, et une troisième armée par l'Italie. En Italie, c'était le vieux général Beàulieu qui commahdait l'armée autrichienne; près du Haut -Rhin, Wurmser, etsurle Bas-Rhin, l'archiduc Charles.Les troupes de l'empire faisaient partie des corps d'armée de ces deux derniers généraux.Gefat en Italie que commença la guerre. Mais là, le Vieux général, quoique très expérimenté, eut en tête un jeune et audacieux guerrier rempli de projets gigantesques, qui développa dans cette circonstance, pour k première fois, ses terribles moyens aux yeux de l'Europe étonnée. Bonaparte , né à Ajaccio en Corse (son père était avocat, et devint ensuite procureur français en Corse), élevé en France dans les écoles militaires f et accoutumé aux entreprises les plus extraordinaires par tous les actes révolutionnaires dont il avait été le témoin et auxquels il avait pris part, n'était encore que dans sa vingt-sixième année quand il reçut le commandement de l'armée d'Italie. Un des cinq directeurs , Barras , l'avait pris particulièrement dans ses bonnes grâces, lui avait fait épouser la princesse Joséphine de Deauhamais , devenue veuve , et l'éleva
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alors jusqu'à la place de général en chef en Italie.Cétait uneplacedangereuse;l'annéed'Italieétaitdansuntrès grand désordre , sans provisions et sans habits, même sans artillerie ; seulement dans la main d'un général audacieux, un tel état pouvait servir peut-être à une victoire d'autant plus glorieuse; parce que les guerriers n'avaient devant eux que le choix de la victoire ou de la mort. Bonaparte sut bientôt gagner un empire extraordinaire sur l'esprit de ses troupes et leur communiquer son audace. C'était là Pâme de sa tactique militaire, et le .moyen qui le mit bientôt en état de concevoir la pensée de conquérir le monde. Il savait par des proclamations brèves et fortes, à la manière des anciens Romains, qu'il adaptait parfaitement au genre des Français , par des distributions d'insignes d'honneur, de drapeaux, d'aigles, faites à ceux qu'il voulait au moment même placer dans le poste le plus dangereux ; et par d'autres semblables moyens piquer l'honneur de ses soldats , et dans le moment décisif exciter au plus haut degré l'enthousiasme. Il avait l'audace d'annoncer à l'avance l'issue des batailles, et sa fortune vérifiait ses paroles ; bientôt on crut à ce qu'il avait prédit , et cette croyance même devenait la cause de l'événement. Il déconcertait particulièrement ses ennemis en ne faisant jamais ce qu'on aurait pu prévoir ou calculer} mais toujours ce à quoi on s'attendait le moins, et ce qu'il y avait de plus téméraire. Par conséquent, l'expérience et l'art de la guerre étaient inutiles contre lui; une guerre défensive ne pouvait
GUSBB2S PB Là HÉtUBtlÇUl pUSÇàlSS. 4Ï S
avoir, de succès, parce que toujours le coup était frappé avant qu'on eût pu seulement le craindre; et il ne laissait jamais son ennemi prendre l'offensive , parce que personne n'était aussi prompt que lui pour prendre un parti.
Le commencement de sa campagne eut un éclatant succès ; par la promptitude de ses manœuvres et de ses attaques , il sépara l'armée de Sardaigne de celle des Autrichiens et força son roi à faire une paix particulière; ensuite il revint sur les Autrichiens, au nord du Pô. De sorte que tout le milieu de l'Italie lui était ouvert , et que ses princes tremblaient devant sa vengeance. Ils demandèrent la paix les uns après les autres et l'obtinrent pour des millions en argent, pour des tableaux, pour d'autres trésors des arts et pour de précieux manuscrits. C'était avec tout ce butin qu'il voulait décorer Paris, pour en faire plus tard la capitale du monde* Le duc de Parme fut le premier qui s'engagea , par un traité du 9 mai, à payer un nombre de tableaux les plus rares pour prix de la paix; depuis ce jour, l'exemple de l'ancienne Rome danslaGrècefutsuivipartoutoù parurent les armées françaises. La vanité et le désir de ce que le monde tient pour le plus précieux firent dépouiller les autres paysde tous les monuments desarts, . pour les rassembler tous dans Paris, pour rendre ainsi cette ville le centre commun des nations et la faire ressembler à l'ancienne Rome. Ainsi restèrent-ils long- temps entassés dans des lieux qui ne leur étaient pas consacrés ; et les arts, qui aiment le si-
4T4 **mfcks ittoçtîÉ* 4648— 1W8,
lence et la vie intérieure ne purent même en tiret profit. Le pape acheta la neutralité pour vingt-efr-un millions de livres, cent tableaux et deux cents fafc-> nuscrks rares. Naples obtint la paix sans sacrifice; parce qu'elle était trop loin et que son temps né parut pas au général français être encore arrivé. -Cependant , de grands événements avaient eu lieu en Allemagne pendant ce temps-là. Les armées allemandes avaient à peine commencé leurs mouvez Jiients, quand déjà le principal était décidé en Italie, et que le vaillant Wurmser était appelé d'Aile^ magne avec trente mille hommes pour délivrer Maàtoue. Alors les armées françaises, conformément au plan de guerre du directoire , purent entrer sans obstacle dans le cœur de l'empire d'Allemagne. Au milieu du mois d'août, Jourdan n'était plus qu'à quelques .jours de marche de Ratisbonne, et Moreau auprès de Munich avec les armées du Rhin et de la Moselle. Il disait tout haut qu'il voulait donner la main droite à l'armée d'Italie sous les ordres de Bonaparte et la main gauche à celle de Jourdan. La réunion de si effrayantes armées allait se faire, et ce moment était un des plus périlleux pour l'empire d'Autriche. Cependant ce danger lut encore une fois écarté par le jeune héros de la maison impériale. Plus la guerre approchait des frontières autrichiennes, plus le danger de la patrie enflammait les troupes impériales ; leur nombre même augmenta beaucoup par les renforts qui leur vinrent de l'intérieur du pays. Alors l'archiduc Charles se
GUtfRfctS Df Lk RJÔPWttQU* r*à*CàlSE. 4W
releva tout d'un coup , battit Jottrdan à Neuifcark, le 22 août, et le 24 à Àmberg , si complètement, que tonte l'armée de Sambre-et -Meuse s'enfuit e» désordre et ne s'arrêta que dans le bas Rhin. Jourcfani la rassembla près de Mulkeim sur le Rhin , la ttH*duisit de là à Juuaseldorf et se démit du oomma» dûment bientôt après. Moreau , après xe désastre de l'autre armée, se vit forcé lui-même à faire retitafce sur le haut Rhin ; il exécuta cette retraite par ucée marche périlleuse de cent lieues de pays, à fravèas la Sonabe, les passages de la Foret-Noire, sans cetae entouré et poursuivi par les ennemis, harcelé même par les troupes des habitants des montagnes cftti étaient enflammés dé colère et à qui la baîreccratfee le^ étrangers avaient mis les armes à là main , avec tant d'habileté , qu'il arriva sur le Rhin avec un 'grand butin et quantité de prisonniers. Cette retraite fonda sa réputation militaire* Ensuite les généraux convinrent de part et d'autre d'une trêve ettr le Rliin, pendant l'hiver. ♦'
L'archiduc Charles , sur qui alors tous lea ye»x se portaient avec admiration , fut appelé en toute bâte en Italie pour relever Tannée autrichienne qui y était en désarroi. Wurmser, après quelques manœuvres qui lui avaient réussi , n'avait pu parvenir qu'à se jeter avec dix mille hommes de renfort dans Mantoue; mais Bonaparte était venu de nouveau les y assiéger et la famine le força de se rendre, le 6 février 1797.
1797. Paix deCampo-Formio.l7octobre.-—L'ar-
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chiduc ne put avec une armée battue et découragée, arrêter les succès de Bonaparte. Ce général, après la prise de Mantoue , se porta aussitôt en ayant vers le nord 9 passa les Alpes qui séparent l'Italie de la Carinthie, pénétra en Styrie , s'empara de Clagenfurth et vint jusqu'à Judenbourg sur la Mur, d'où il menaçait Vienne. Mais sa marché avait été trop rapide, et la position où il s'était placé était dangereuse. Devant lui, il avait l'armée impériale, qui devenait plus forte à chaque pas qu'elle faisait en arrière , parce que Vienne était armée etque la Hongrie se levait en masse ; à gauche, le général impérial Laudon s'avançait du Tyrol contre lui ; derrière lui,àTrieste, était une autre armée ennemie et tout le pays vénitien qui s'était révolté; pour retourner jusqu'à la première place occupée par les Français jusqu'à Mantoue, il y ayait une étendue de quarante milles par des montagnes escarpées; de plus son armée n'avait plus de vivres que pour dix jours. Il semble que si l'Autriche avait voulu risquer un grand coup, elle aurait pu anéantir tout d'un coup son plus dangereux ennemi , et changer complètement les dispositions des dix années précédentes. Mais elle accepta la paix que l'adroit général lui offrait comme un vainqueur, et conclut, le 18 avril, à Leoben, les principales conditions ; et la paix définitive àCampo- Formio, maison royale des environs d'Udine, le 17 octobre 1797. Ainsi Bonaparte en deux campagnes avait conquis l'Italie , gagné quatorze batailles , arraché les aimes des mains à tous lés états qui s'y
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trouvaient et enfin amené l'Autriche à la paix. Par cette paix, l'empereur abandonnait les Pays- Bas autrichiens à la France et renonçait à ses états d'Italie, dont Milan était la capitale, qui devaient désormais former , avec plusieurs autres provinces italiennes, une république cisalpine sous la protection de la France. De son côté, l'Autriche conservait Venise et les îles adriatiques qui avaient appartenu aux Vénitiens, l'Istrie et la Dalmatie, s'engageait à livrer le Brisgau au duc de Modène et à convoquer aussitôt un congrès à Rastadt , pour y traiter de la paix entre la république et tout l'empire d'Allemagne* Mais ee congrès de Rastadt ne pouvait manquer de donner une paix de concessions et de faiblesses. L'empire était abandonné de l'empereur, comme il l'avait été déjà antérieurement par la Prusse. L'Autriche, par un article secret, avait même consenti à avoir le Rhin pour limite de l'Allemagne ; et qui aurait pu sauver l'empire , quand ses plus puissants protecteurs se séparaient de lui? Cependant aucun membre en particulier n'avait droit de se plaindre, . parce que tous avaient des reproches à se faire. La plupart s'étaient séparés du corps à mesure que lé danger s'approchait d'eux, et par conséquent on ne pouvait exiger de l'Autriche qu'elle se sacrifiât seule. L/œil ne s'arrête qu'avec peiqe sur cette fin du dixhuitième siècle et sur le commencement dii dixneuvième ; car la patrie était dans le plus profond abaissement. Cependant il est bon de ne pas taire ces événements, afin que les esprits puis-
3t»t voir avee eiroi jusqu'à quel excès de malbcmi la désunion f la division , l'égoïsme des particuliers •tTahaenee des sentiments patriotiques ont pu cm* 4mtç le peuple allemand.
instants» Nowràte gnenre jusqu'à la paix et Luoéfilk. 1139—130*.
Le congrès de Rastadt se tint en effet , et 8m? parte y parut comme négociateur. Mai» quel la&r gtge insultant ou tint à l'empire allemand dans cm négociations ! avec quelle, arrogance les envoyas français, qui parlaient en maître», Lraitaie*rt41s 1& jy ioççs allemands ! et cependant il leur fallut soufr JjHr MWft; U fallut consentir à la désunie» de hm ijôrps > à l'abandon de la rive gauche du Khi* , à 1* l^çidarLaaU^a sur la rive droite , afin d'i^demmaer fpW ce qpi avait été perdu sur Vautre , et promettre de raser la citadelle d'Ehrenbreitstem et bie* d'atir Jtnps conditions! Ces négociations avaient duré juaffih la fin de Tannée 1798 , avant qun les coacliir sious fussent en état j mais alors l'Europe avait toufeà-fait changé de fape.
Les membres du directoire, dans leur insolence, avaient entrepris de bouleverser les autres paja^ çt leurs manœuvres laissaient voir à un œil clairvoyant que la république française était plus dangereuse eu temps de paix iju'en temps de guerre* A*
commencement de 1798, pour braver JnsolerDmfiPt le pape, ils firent une république romains des Etat$ de l'Église; et bientôt après, une république heivé* tique de la Suisse , qui avait fait quelques mouvcr jnents; et sous prétexte d'assurer ce& nouvelles créations, ils laissèrent leurs armées dans ces contrées qu'il* ruinaient par des exactions inouïes. L'Autriche qui, se croyait toujours chargée de veiller à la cureté de l'Europe, ne put souffrir uns pareille conduite; elte trouva d'ailleurs des sympathies dans l'empereur Paul I , qui depuis 1796 avait succédé à sa mère Catherine. C'était un ennemi des principes professés en France; déjà sa mère avait fait des menace? k ses régicides, à ses athées. Paul était encore partici^r lièrement excité contre la France parce qu'il avait été choisi pour grand- maître de l'ordre de Sainjfcr Jean et que les Français s'étaient emparé de l'île dp Malte. Cet aiguillon était très propre à piquer son amour-propre. Il se forma donc contre la Frapce ux)e coalition de puissances qui ne s'étaient encore jamais trouvées réunies : c'étaient la Russie, l'Angleterre, ? Au triche et même la Turquie, qui jusque Là avait toujours eu une inimitié mortelle contre deux de ces puissances; mais la France elle-même avait forcé la Turquie, son ancienne alliée, à la guerre, par sop étonnante expédition en Egypte , en mai 4798.
Jamais la République française n'avait encore conçu un plan aussi grand et aussi surprenant. Au moment où les négociations avec l'empire germanique ne faisaient que de commencer, lprsque par
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conséquent la paix européenne n'était pas encore assurée, lorsque l'Angleterre tenait de remporter une grande victoire sur mer, tout -à-coup l'élite de Tannée française avec son meilleur et son plus heureux général fit voile vers un autre continent, d'où le retour devait lui être fermé bientôt après , « pour délivrer l'Egypte de la tyrannie des Mameloucks, » disent les proclamations françaises , « et venger la Porte d'un vassal insolent. • On ne pouvait rien imaginer de plus bizarre; mais derrière ces mots qui ne donnaient rien moins que la vérité à comprendre aux esprits ordinaires , se cachait un plus grand dessein. L'Egypte est un des pays de la terre les plus fertiles, et si on avait pu en tirer parti, elle aurait grandement réparé la perte que les Français avaient faite dans les Indes occidentales; car l'Egypte peut donner tous les produits des pays les plus chauds. Par l'Egypte aussi est un chemin de commerce avec les Indes , plus court et plus prompt que de doubler le cap de Bonne-Espérance. La domination anglaise dans ce pays se trouvait donc menacée de ce côté et en danger; il est même vraisemblable que le génie aventureux et inquiet de Napoléon s'était représenté la possibilité d'une expédition dans les Indes. Alexandre-le-Grand avait bien déjà une fois, avec #0,000 vieux soldats macédoniens, parcouru l'Asie et visité les bords du Gange! Des relations avaient été établies avec les Indes dans ce but. Au commencement de l'année 1799, Tippo-Saheb entreprit cette guerre acharnée qu'il fît aux Anglais,
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entraîna certainement, comme on le crut alors , par les Français dont il attendait des secours, et d'accord fcvec eux. Cependant il perdit la vie et son empire, et la domination anglaise s'étendit encore beaucoup plus loin qu'auparavant.
Bonaparte fit une heureuse traversée; et, dans^a rQute, conduit par son étoile de bonheur, il s'empara de l'importante île de Malte , vint prendre terre, le 2 juin 1798, dans la baie d'Aboukir, prit Alexandrie, d'assaut et le 21 il était déjà devant le Caire, là capitale du pays. Là, au pied des pyra* mides , il trouva vingt-trois beys rangés en bataille. «Pensez, dit-il à ses guerriers, que du haut de ces monuments quarante siècles vous contemplent.» Après cette courte harangue, ils culbultent l'armée ennemie , pénétrent dans la capitale, et déjà ils pouvaient regardgp l'Egypte comme un pays conquis. Là France avait supposé que les Turcs , qui étaient en Egypte maîtres plutôt de nom que d'effet , verraient avec indifférence cette conquête ; mais ils prirent la chose au sérieux , Renoncèrent à leur amitié de trois siècles avec la France et s'unirent avec ses ennemis. L'Angleterre, qui sentait toute l'importance de cette entreprise , fit tout son possible pour la faire échouer. Nelson, le premier homme de guerre de son temps, chercha vainement d'abord la flotte française , et la trouva enfin, le 1er août, dans la baie d'Aboukir. Déjà le soleil baissait ; il n'en donna pas moins l'attaque avec toute son impétuosité, et il mit toute la flotte ennemie or confusion. L'bbscu-
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tiltf delà nmtne pot arrêter ce oombat «mgkftt. Ar dût heures, le vaisseau amiral français sauta en l'air avec 4,000 hommes qui le montaient ; alors un atf— * freux sticn&? régna trois minutes ; puis le combat recommença jusqu'au matin. Par cette victoire, Bo* naparte se trouvait sépare de l'Europe et tous le» Recours lui étaient coupes } tandis qu'une guerre t rèê difficile se préparait pour la France.
Campagne de 1799.— L'alliance des grandes puissances contre la France était résolue; l'empereur d'Allemagne rappela «on envoyé du cojigrès de Raetadt , an commencement de 1799, et l'assemblée fut çompue. Dès te 6 mars, là république française, d'après sa coutume de prévenir son ennemi , déclara de nouveau la guerre à l'empereur pour avoir laissé Vannée russe entrer dans ses états.
En Italie, la guerre avait recommencé quelques mois plus tôt; car la reine de Naplea, violente ennemie des Français % ne put attendre le moment de Vattaque générale et fit avancer les troupe* rapolir taines jusque dans les Etats romains > en novembre * 1798 \ mais cet empressement eut un manvaia sér •sultat. Le* Français se tournèrent de ce côté avec leur c^éiité habituelle ; chassèrent en Sicile le roi de Naples avec toute sa. famille, et s'emparèrent de la basse Italie, jusqu'à la pointe de la Calabre* Le royaume de Naples dçviut la république partbénçpéenne ; et pour faire de tonte l'Italie une répur I4iqu&* lya éU4* de G&M?s et de Toscane furent dt* clare* états Kbresu
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Cette fois cependant -ces nouvelles création* ne devaient avoir qu*une courte'existence ; défit de tons cfttés les armées des alliés se mettaient en campagne sons la conduite ePhabiles généraux. Le directoire nfavait plus une apparence bien solide, même en France ; la Vendée avait repris les armes; les armées françaises étaient en partie mal conduites»; et dans le (gouvernement de l'état domme dans l'administration militaire régnait Pengourdissement^et le désordre. De plus , l'archiduc Charles battit à Stoékach, ainsi que dans plusieurs autres rencontres, et chassa d'Allemagne le général Jourdan qu'os l«i avait opposé et que déjà une fois* an mois de mars, il avait mis en Fuite et poursuivi jusqu'en Souobe, flrraeha au général Masséna l'ouest de la Suisse jusqu'au-delà de Zurich, et considérait alors desbordi dn Rhin la tournure de la gaerre en Italie. k Le général Scbérer, homme perdu de mœurs et adonné à la boisson , y commandait d'abord IWmée française. Battu par le général autrichien Kray k Vérone et à Magnano, quand il abandonnai oommand* ment, il ne livra plus à Moretffci, son successeur, qu une armée en désordre et dans la plus grande confnstot*. Dans ce moment arriva chez les Autrichiens le maréchal Soirwaçow avecsesRusses , qui renouvela en Italie son héroïque campagne contre W Turcs. C'était un vieux guerrier f mais plein d'u>ne jeune aucUce, prompt , et que rien ne pouvait effrayer. Moreau fqalgré sa bravoure ue pouvait pas faire résistance à un pareil adversaire avec des soldats découpage*.
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Souwarowles battit, le 27 avril, auprès deGassano, et rentra le jour Suivant dans Milan en Vainqueur. Par cette victoire la Lombardie fut conquise, la république cisalpine dissoute et le nord dfe l'Italie rendu à la maison d'Autriche. De là le général russe marcha contre MacdonaId(*) qui reyenait de Naplesayop l'armée française et le battit au milieu de juin dans plusieurs sanglants combats sur les bords de la 3Çrébia, presque dans le même lieu où Ànpibal vainquit les Romains. Toute l'Italie jusqu'aux états de Géneé fut enlevée aux Français , les places fortes furent assiégées et prises, les républiques disparurent les unes après les autres et les anciens duchés furent reconstitués. Cependant le général Jôubert avait ras* semblé une nouvelle armée ; mais il eut le même sort que les autres généraux, il fut battu à Novi après une lutte de. vingt heures qui coûta beaucoup de sang et dans laquelle Joubert lui-même fut tué. Gênes iétait la seule ville qui restait aux Français. Le général russe, abandonnant alors le siège de la ville aux Autrichiens, tourna du côté des Alpes afin de pénétrer en Suisse et de conquérir cette forteresse, ce boulevard de la France. Quand il arriva au pied
(*) Cette armée était de dix-huit mille hammes , fatigués d'une grande conquête et d'une longue route. Us venaient du fond de l'Italie, oAila avaient reçu rendez-vous k la Trébia. flfacdonald arriva au Jour marqué, en passant sur le ventre aux Autrichiens qui voulurent l'arrêter, il y rencontra Sou warow avec trois fois plus de forces qu'il n'en avait ; mais il n'en garda pas moins ses positions pendant trois jours. Il ne se retira que quand il vit que personne ne venait , et fit à Souwarow plus de mal qu'il n'ai avait reçu. H. T. *
GUEUftES DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. 486
clés monts géants qui cachent leur sommet dans les .toues , ses guerriers hésitèrent un moment de gravir par-dessus ces rochers escarpés , étonnés de cette effroyable grandeur de la nature, jdont ils n'avaient pas vu d'exemple dans leurs immenses contrées dé Russie. Alors leur vieux général , qui avait l'estime de tous les soldats, se jeta par terre en criant : « Il vous faut ensevelir le vieux Souwarow sous ces montagnes/ afin que tout le monde sache à quel endroit vous avez abandonné votre général. Ses soldats confus et excités par ces paroles escaladent avec un nouveau zèle les rochers duSaint-Gothard, et disputent les armes à la main tous les passages, arrivent au Pont-du-Diable et au lac de Lucerne ou des Quatre Gantons ; et là , dans des sentiers où le voyageur même ne peut se tenir , et où son œil est étourdi à la vue de l'abîme ouvert sous ses pieds, il y eut un sanglant combat , et les plus vaillants guerriers furent précipités dans les gouffres du fleuve écumant qui sortait de la montagne avec fracas.
Pendant ce temps-là Masséna ayant surpris, par une habile manœuvre , le général russe Korsakow, lui fit éprouver un échec complet, et le général Soult battit les Autrichiens au-dessous de Hotze, dans les environs de Zurich. Souwarow voulait se réunir avec eux ; mais après leur défaite il devenait 'impossible de sauver la Suisse, et l'o* ne pouvait prolonger la guerre dans un pays pauvre où Ton ne trouvait rien pour l'entretien des troupes. 'Alors Souwarow se retira sur Feldkirch en Souabe , en
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passant par Graubuodeta», à travers des sentiers ofr il ne pouvait passer qu'un homme à la fois; ce mou* veinent fut opéré anec tant : d'habileté qu'il ne fit aucune perte. Biçntôt après il fut rappelé avec sou année. Les Russes n'avaient fait qu'une campagne réunie aux Autrichiens; mais ce fut une campagne comme on n'en trouve pas de semblable dansl'hi*- . faire, tant à cause des fcits qu'à cause du gain qu'elle procura* Outre les grandes victoires , il y eut Jwtt places ibrtes et 800 pièces d'artillerie qui ijpefti prises.
Ijicaract^inquietetfâuKderempera^PauJ^qui prétendait 4tre négligé et même oflfeusé par mésalliés» Alt l'occasion de cette rupture si prompte de l'aihance. On. avait tente, dans le même été, un débarquement en Hollande d'Anglais et de Russes; mais des fautes commises dans l'exécution empêchèrent le au6oès9 et ce fut le plus grand motif du mécontentement de l'empereur. Ainsi la France, pat ce succès en Hollande et la reprise dé la Suisse, fut sauvée d'un danger plus grand et plus prochain. Cependant U n'était pas encore complètement^évitéj car les arr mées victorieuses autrichiennes, après s'être emparées de l'intérieur de l'Italie, se tenaient sur les bords du fihin et se préparaient à le passer avec les troupes de l'empire | qui enfin venait de se prononcer pour la guerre ( de plus , le gouvernement de Frarjoe était en désaccord , et la confiance publique avait disparu. Bonaparte tira la nation de cette position dif- ♦ficile-
0DB9MH m ta aàwrauQW wiâmçUbe. *#T Bonaparte, 1er consul, 9 novembre 1799.--Quaii4 œ général, qui avait emporté intacte avec lui la gloire de ses grandes, actions en Egypte et en Syrie> apprit le danger de la France» les défaites qu'elle avait essuyées, la perte de l'Italie ; il partit d'Egyptf sans avoir été rappelé, avec quelques amis seulement, passa miraculeusement au milieu de la flotte anglaise, aborda le 9 octobre à Fréjus, et parut tout d'un coup dans Paris. Grand nombre de citoyens ^ui connaissaient son ambition en furent effrayés; les autres qui l'afaient vu donner déjà une fois la paix par ses victoires, espéraient qu'il apporterait quelque changement dans les afiaires ; beaucoup désiraient un gouvernement moins compliqué et plus vigoureux que les précédents ; d'autres espéraient de loi leur propre avantage. Aussi réussit-il à changer le gouvernement de la France qui lui mit en main une grande puissance. Déjà, antérieurement, on avait passé du gouvernement de la populace à celui des comités, de celui-ci à un directoire de cinq hommes, et alors le nombre fut réduit à trois ; mais pgur leur donner un nouveau nom, tiré de l'histoire ancienne, Us furent appelés les .trois consuls. Le premier d'entre eux, cependant, devait avoir en main presque toute la force administrative pour lui seul9 e$ Bonaparte s y fit nommer.
Son premier mot fut la paix ; il la désirait dans ce moment pour affermir sa nouvelle puissance ; mais les autres nations n'avaient pas confiance en ses offres. « Alors, dit-il, nous conquerrons la paix* *
48è septième époque. 16+8—1858.
Et ce mot , parce qu'il était frappant , retentit par toute la France, et valut, en peu de temps, au général sur qui tous les regards étaient tournés une nouvelle et belle armée, qui se réunit à Dijon au printemps (1800).
Bataille de Marengo. 14 juin 1800. — L'armée autrichienne avait enfermé Gènes de tous côtés ; la Ville était vigoureusement pressa et déjà courait le |)ltos grand danger ; car quelque courage que déployât le général Massénapour sa défense , cependant la famine, la contagion, la misère sous toutes les formes , étaient devenues si effroyables dans cette cité populeuse qu'une foule d'hommes en avaient été victimes. Que de la France il pût partir une expédition qui passât les Alpes et arrivât au secours , le conseil de guerre de la cour de Vienne était si loin d'y songer, que le général Mêlas se préparait déjà à passer la Nizza et à faire une invasion en France. Mais tout-à-coup le premier consul part de Dijon avec l'armée de réserve, fait gravir à son artillerie et à sa cavalerie , avec des efforts et des obstacles incroyables, le grand et le petit Saint-Bernard, le Simplon et le Saint-Gothard, et paraît dans les plaines de la Lombardie avant même que Mêlas fut averti de son expédition; autrement, en effet, il lui eût été très facile d'anéantir les différents corps de troupes à mesure qu'ils descendaient des montagnes. Le 2 juin , Bonaparte enti*a dans le Milanais. Le même jour Masséna offrit aux impériaux la reddition de Gênes, parce que la famine menaçait de détruire à
GUBfc&ES *E U fiétUBLlQU* FRkMçklSE. 469
Ja fois la garnison et les citoyens. Les impériaux lui accordèrent une libre retraite gvèc les trompes ^pû étaient en état, très contents de pouvoir ainsi réunir l'armée de siège à celle qui marchait livrer bataille $i Bonaparte j car Mêlas avait appris qu'une nouvelle armée, peut-être même plus forte encore». devait venir rejoindre son adversaire. Cette bataille eut lieu le 14 juin» auprès du village de Marengo, dans les vastes plaines entre Alexandrie et Tortone; bataille plus sanglante que toutes les autres de la guerre de la révolution, dans laquelle toutes les forces de destruction qui sont en la puissance humaine furent déchaînées pendant trente heures. Les deux armées faisaient les plus grands effbity, et déjà la victoire inclinait pour les valeureux bataillops autrichiens : quatre fois les Français avaient été refoulés et la quatrième retraite était devenue générale, quand arriva Desaixj un des meilleurs généraux français, et, jramme citoyen, le plus estimable de tous ; il amenait la réserve sur le champ de bataille. On recommença aussitôt l'attaque, et l'armée, se ralliant à lui, le suivit. Bientôt il tomba lui-même frappé à mort par un boulet ; mais ses guerriers, d'autant plus enflammés , arrachèrent la victoire, qui , après une si grande lutte, était devenue décisive.
EUe fit perdre en un seul jour le fruit de toutes les victoires de la campagne «t acqftît aux Français toute l'Italie. Mêlas, qui par cet échec perdait tout moyen d'opération, parce que la retraite en Autriche lui était coupée, abandonna toutes les places
forte* d'Italie , jusqu'à Mantoue et Ferrai*, m stipulant qu'on' le laisserait se retirer en liberté* Victoires de Moreau , d'avril à décembre iê<W.-** Le g^iëral Moreau faisait dans cette même année la guerre en Allemagne avec nne audace et un bonheur inouïs. Le 35 avril, il passait le Rhin , et quinee jears après il tftait déjà sur 1111 , maître du pays situé entre cette rivière , le Rhin , le Danube et le lac de Oonstanœ, et vainqueur en deux grandes bataille», à&ocjfiach et Mosàirch; delà il pénétra plusavrtit «A Bavière et *e rendit maître de tout le paya jusqu'à "Munich. Alors, sur la proposition du général Rrajr <p&i lui était opposé, une atiapenaum d armes fut ré* aolue et des conférences de paix furent cwmagaeécaj raats comme l'Autriche ne voulut pas traiter satrt l'Angleterre et que la France refusait d'admettre tes «envoyés anglais , la guerre recommença le Ier dé* oembre. Lee Autrichiens semblèrent au cotnraen*- ^cernent avoir quelques succès; mais le 3 décembre il» essuyèrent une sanglante défaite à Hobentinden» ^Moreau après cette victoire se bâta de passer l'Jim pour aller à Salsbourg ; de là , traversant la linz , il marcha sur Vienne, «et, quand il s'arrêta , u n'étek qu'à vingt lieues de cette capitale. Là , eu réafrlut une nouvelle suspension d'armes et le* conférences 4e paix furent tout de bon reprises à Lunévilie, Cette paix de Lunéville pourrait être attribuée tout entière aux exploits de la campagne de Moreau ; epreft huit mois , dont plus de quatre avaient été perdus ea trêves» il avait passé le fthin, le Danube,
GUBMM DS U RÉPU1LIQM I?U*ÇAI0B. 4H
te Lech , FIll, l'Içn, la Sabe, FBm, avait été yai** queur dans six grandes batailles et avait enrichi if trésor de la républi<|ue de 40,000,000,
Paix de Lunéville. 9 février 1801.< — Après lai pertes de l'année 1800, l'Angleterre délia l'empereur d'Autriche de l'obligation de ne pas faire de paix particulière ; et alors les conférences entre l'envoya autrichien, le comte de Gobenzl , et Joseph Bo*a* parte , frère aîné du consul , furent pressées aveo4ant d'activité que dès le 9 février 1801 le traite df paix était signé : il confirma le traité de Campo-Formio dans tous ses points, et l'Autriche reconnu* alors les républiques batave, helvétique, ligurieiuif et cisalpine. Une condition Cependant qui n'était point dans celui de Campo-Formîofut ajoutée; c'était l'élévation du duc de Parme, proche parent au roi d'Espagne, au titre dit *fi d'Elrurie, c'était ainsi qu'on nommait la Toscane ; le grand-duc devait recevoir, pour son duché 1 archevêché de Salsbomg comme une principauté temporelle, quelques" autres terrains lin^itroplies et le titre d'électeur* Le doc de Mpdèoe recevait , comme il avait été déjà décidé à Campo-Formio, le margraviat de Brisgau pour indemnité de la perte qu il sojiffyait en Italie.
Outre ces concessions de l'Allemagne aux princes d'Italie qui avaient été refoulés chez nous, il devait y avoir dans l'intérieur même de l'empire de grands changements; car l'Allemagne abandonnait" à ia France la rive gauche du Rhin , c'est-à-dire douze cent milles carrés et quatre millions d'hommes; <et
4M sfirrtlMB époque. 1646—4888.
lés princes qui ataient perdu de ce câté devaient être indemnises sur les biens ecclésiastiques et snr eeu* des villes libres impériales qui se trouvaient sur la rive droite. Une diète. chargée de régler les 'droits de tous les intéressés fut assemblée sous la médiation de la France et de la Russie. Elle ouvrit ses séances lé 24 août 1802 , et les ferma le 10 mai 1603. Bans ces conférences, la France donna la loi aVec encore plus d'autorité et plus d'arbitraire qu^m traité de Wespbalie. Elle promit ou refusa sa faveur suivant son caprice, et mit ainsi notre malheureuse patrie sous sa dépendance ; car dans un temps ou l'on tenait pour le plus grand avantage celui de pouvoir agrandir ses frontières, d'une seule parole eHe pouvait faire le bonheur ou le malheur d'un pays.
La paix de Lunévifte enlevait aux ecclésiastiques tous leurs domaines en Allemagne, jusqu'au «dernier; de quarante-huit villes libres il n'eft restait que six : Lubeck , Hambourg , Brème , Francfort , Àugsbourg et Nuremberg ; les ceintes et chevaliers de l'empire ne dépendaient plus de lui que médiatement, et de tous les princes laïcs, quatre seulement aval eh t reçu le pou voir électoral, pouvoir qui devait perdre quelques années plus tard sa vieille et vénérable signification; car ces nouveaux princes n'eurent pas même le temps d'exercer leur beau droit. Gomme ils n'étaient que la création d'un souffle passager qui sç montrait prodigue de biens dont H ne connaissait pas la valeur , le souffle qui lui
GU1AUS DB L4 HÉP^*.IQ0E FftàJfÇàlSe, 4M
succéda les fit disparaître aussi promptçn&edt que celui-là les avait créés. Cette inconstance était le pronostic d'un bouleversement prochain du tout; car en comparaison de pareilles dispositions, les changements qui eurent lieu, par suite du traité de Westpholie, par rapport aux formes administratives de l'empire, n'étaient rien. Ce que tout le monde craignait et n'osait entreprendre que comme essai, la paix dfliunéville l'accomplit publiquement, sans bonté d'ébranler des fondations de dix siècle» d'exis» tepce.— Une profonde tristesse devait donc remplir tousles cœurs patriotes ; et qui aurait pu eansdéehirement contempler les monceaux de ruines dont a couvert notre patrie Pouragan qui la bonlevevée ? Car bien que les colonnes de ce vieil édifice fussent ruinées dans leurs fondements, aux murailles et aux débris on pouvait encore reconnaître l'image de son ancienne grandeur, et comme le disent quelques historiens, les restes d'une nation puissante et prospère. -
Paix d'Amiens. 27 mars 1802. — Le calme repa* raît donc un moment sur le continent, après de Ion* gués années de guerre ; mais ta guerre se prolongeait encore sur mer; car le grand homme d'état qui gouvernait l'Angleterre et pénétrait jusqu'au fond la pensée et la volonté dn premier consul, savait assefc qu'il ne pouvait y avet* de paix entre lui et l'Angleterre. De tout temps l'on a comparé les relations entre la France et l'Angleterre à celles entre Honie et Carthage v et la comparaison est sensible. H
4M sarnfaitt *ao«*E. 4648 — ism;
y avait sue haine à mort entre ces deux fraisaance*, et c'est pour cela que Pitt, I l'exemple itkwaàbA 9 voulait une guerre à la vie , à la mort. Cependant beaucoup de voix, en Angleterre, demain la paix, parce que le eom&èrcfe en souffrait, que k défense d'exportation en Frabce ayait ries grains une grande augmentation de prix a* Angleterre, et parce qpe la dette nationale sétaît ûmé% jusqu'au chiffre énorme de 55$ teiftîoro dfe kvres. Sterling. En'couséquenee, Pitt remit son portefeuille pomme pas lui faire obstacle; car, dV pris sa conviction i il ne pouvait la signer. Alors annrrt là paix d'Amiens, le 27 mars 1809 ; PÂngletcrfe vendit tout ce qtr*elje avait conquis sur la France, l'Espagne et la Hollande, excepte la Trinid ri rie et une partie de l'île de Gejbn, mémelfaltfe que les Anglais avaient pris par famine, et l'Egypte q»e leur général Albereromby avait enlevée aux Français durent être abandonnées, Tune aux chevaliers de Malte et Poutre aux Turcs. Une paix si peu awnwitagenM , après de si grandes victoires sur mer, devaii paa#tré précipitée et peu durable; et en «Sef, à peine eut-elle un an de durée. L'Angleterre **e#nnut bientôt que Bonaparte n'avait voulu la paix que peu y élever une marine française à légal de §a}fe d'Angleterre, s'il était possible, et spéetale- HMUt pour s'approprier la Méditerranée. Il fil des tUfamirff atee la Porte, avee le bey d'Egypte, avec \f* états pirates. Plus tard, l'introduction de tous les yrgàiitii anglais fat défendue en France et en Hok»
fende* Ainai l'Angleterre n'avai* doue pas mois* k craindre de la paix que de la guerre j cçur certain**meut elle ne voulait pa3 plus souffrir un -rival SUT juer, que laFrance n'eu aurait sôufèrt sur le coulis '■ tient II y eut encore plusieurs autres sujets de mécon» tentement. H e'tai t d'ailleurs évident que Ips nouvelles dispositions de Bonaparte en Europe n'étaient que le commencement d'autres plana bien plus grands. I* république cisalpine dut reconnaître le premier consul de France comme sot président. Là Hollandf restait toujours occupée par les armées françaises et devait en tout suivre la volonté de sa vptsine» Quant à la Suisse, qui ne pouvait trouver d'unité dans son sein pour sa nouvelle constitution» elle fut désar* mée ; on en fit uue république fédérative, et on lui déclara que pour les affaires d'administration intérieure elle était libre, mais que pour lçs affaires extérieures elle dépendait delà France.
L'Angleterre, d'après tout ce qui arrivait, préfet tant une guerre ouverte à une paix peu sûre , prit sa résolution et exigea de Bonaparte l'évacuation de la Hollande et de la Suisse ; et sur son refus elle lui déclara 1* guerre, en mai 1803. Bonaparte n'attendait que cette occasion pour enlever aux Anglais cette langue de terre sur le continent qui dépendait de leur empire. Dés le fhois de juin, les armées françaises entraient dans le Hanovre et occupaient le pays, sans s'inquiéter de ce que le Hanovre faim* partie de l'empire germanique et, comme tel, m pottvaKét«:ecqmpvQm:adaasuw gtf rred'Angtoteyrs.
4M sBVTifcins iroQVE. 4648—4858.
C'était une nouvelle et très favorable occasion de nous pressurer, de surveiller les villes commerçantes et voisines du nord de l'Allemagne, et d'empéeher leur commercMvec l'Angleterre. — Les troupes hano~ ariennes forent désarmées ; mais des milliers de soldats passerait en Angleterre, les uns après les autres, et fermèrent le noyau d'un corps allemand qui combattit l'ennemi commun avec le-plus grand courage et beaucoup de gloire, en Portugal, en Espagne, en * Italie, en Allemagne. L'opiniâtreté avec laquelle ces généreux serviteurs ont poursuivi leur but pendant plus de dix ans, lorsque des guerres toujours plus malheureuses les unes que les autres en Allemagne , auraient dû abattre leur courage et leurs espérances, en faisant disparaître pour eux tout espoir de récompense dans leur propre pays ; cette constance, dis- je , doit singulièrement ajouter à la gloire de ces héros, lin grand nombre d'eux sont tombés dans l'action sut* un champ de bataille, et reposent sur une terre étrangère , loin de leur patrie.
Kapoléon Bonaparte, empereur dés Français. 18 mai 1804.
Les premières années du consulat furent pour la France un temps de repos, partout se répandaient l'ordre, l'activité et le bien-être; les esprits les plus Inquiets respiraient enfin encore une fois en liberté, •t mille bouches£énissaient le nom du premier con-
NAPOLÉON BOKÀPARTI. • . 497
sul. Hors de la France même , beaucoup de monde mettait en lui ses espérances, comme en celui qui pouvait seul, après ce temps de barbarie , rétablir l'ordre sur des bases solides, et faire jouir l'humanité du bien qui était sorti dé ces bouleversements, quelque ensanglanté qu'il fût. Ce n'étaient pas les moyens qui lui manquaient pour cela; car on est étonné de la puissance avec laquelle il prenait toutes les forces à sa disposition j de la sagesse avec laquelle il forçait le volcan révolutionnaire, encore tout brûlant, au repos et à l'obéissance ; de la rapidité de son administration qui, en quelques instants, se répandait dans tout son vaste çmpire comme dans un tissu dont il avait tous les fils dans les doigts; de l'activité, enfin, .avec laquelle il entreprit de recueillir en un seul livre de lois, le sage produit des grandes expériences de la vie publique. — Tout ce que l'antiquité avait dé plus remarquable : reconnaissance des droits de, l'homme dans tout, égalité des citoyens devant la lot, destruction des droits féodaux , liberté de croyance dans le domaine des choses invisibles, un gouvernement qui réunissait la force de l'unité pour l'exécution des volon- , tés de l'Etat à une grande diversité de conseils pour projeter les lois ; toutes ces institutions , et beaucoup d'autres, semblaient alors se développer sur le sol pacifié de la France,^ous la protection de cet homme extraordinaire , comme pour servir de modèle aux autres nations.
Que ne pouvais pas cet homme pour toute l'Eu* t. if. . 32
jvpe? Cpmbien smtte ornait 4té Yhipy&rs 4** P9»de «'il avait rendu réel ce beau tableau cte grw*dw dont son zèle, pur jusque lh pour la vérité et la justice, avait fait une magnifique q||uis$e h tous les y£u£? N'aurait-il pas pu façonner, éclairçr, >ntratn£r tOttt avec lui pour des siècles , et mériter les bénédictkw de l'humanité tout entière ? Cependant il s'est charge de ses malédictions ; parce que; çie si grands talent? n'ont ét^ employés que par l'égoïsme, pour &t*VW une insatiable ambition.
Sur la proposition des tributs, un^n#tu^consultf fut parte r par lequel ]q gpuye? nçmerçt 4e lu FflMW* était confié à Napoléç» Bonaparte 4 empereur, #tk ses héritiers. Plus tard, comme si la couronne in*» périaLe ne Pavait pas encore satisfait, U chaagpa fr république cisalpine en un rpyaume dpjît ij futd£* çlaré rpiT lui et sas descendait} et ppur preuv# de modération , disait-il , ij nomma son bsau-fiJUj Eugène de Beauliarnais } yice-roi dttçlfe- Pww* g PJaisancç et Guastalla furententièrementr&#*i$àlâ France, ainsi que, bientôt après, la républiqt*? ligiK rienne, — Tout cela était contre le Pmté deUm&» viller et l'Autriche epfut triés m&0Pt#ate,ll t»i|f» * d'ailleurs 4e grandes sympathies dan» l'empereur <fe BussieV que la mort 4u 4ûc d'fîpghie^ avait txtrê* ijiement exaspéré $ d'autant plu$ qua $# prino» déjk sentait e$ lui-même une voix qui l'appelait à pro* téger l'ordre de l'Europe. Alors peg deux piiUwpoai offrirent à Pitf , ministre d'Angleterre, rpcoai&ft qu'il souhaitait déjh d'avappe, 4^ WWU V«Jer J^ur
* «a*»*4ne a* t806. 4»9
alliance contre la Frwee. Il y eût db^c une «oaiï- Aion entre- ces tnotè états et la Suède. IVaprès un ttatte pjlan de guerre y ils devaient attaquer (a pfttfe- «fence française par tous les ppînts à la fois , en Italie^ «à Suias?, en Hc^laade, eu France même. Mais jfapelçoudétruisirceplan, cotiune il avait coutume de faire, par sa célérité , en paraissait tout d un ooqp mm un point où oh ne l'attendait pas* Depuii 1 808 il avait tenu toute son armée dans le nord en observation sur les càtes , poqr menacer l'Angleterre «l'une descente ; mais alors il la met aussitôt en meriîhe^ tui fait passer le Rhin en toute hâte, et force ks princes du sud de l'Allemagne à s'unir avec la feance; tandis que l'armée autrichienne , sous le «NfcQraaiidement de Mact, se tenait enooye dans l'inaction auprès d'Ulm.
Mack , habile général , mais manquant de célérité *.et de fegpheur dans ses projets /attendit l'ennemi à l'endroit même par ou il devaifdéfaocher en venant par la Souabe. Sur eon flanc droit, il avaitles pays de Franconie appartenant au roi de Prusse qui ne prenait aucune pprt à la guerre, et il se croyait & oouvert de ce côté; Mais un pareil re&part ^taft bien pies sur en face d'une armée conduite par Napoléon. Bientôt Berjiadotte , Marmont et les Bavarois sWa«eèreqt à travers la Franconie jusqu'au Danube, prirent le général Mack en dos et le coupèrent d avec l'Autriche. Surpris et étourdi, il se jeta dans Ulm après un sanglant combat ; et au lieu de s'ouvrir un passage avec son épéeau milieu des ennemis*, «
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aurait fait un homme de cœur , et comme fit le diic Ferdinand qui se sauva heureusement à travers la Bohême avec quelques escadfons de cavalerie, il se rendit prisonnier ayeq les restes de son armée , le 17 octobre 1805. Napoléon, après cette «première partie de la campagne où il avsrtt presque .anéanti quatre-vingt mille hommes, envoya au sénat, à Paris, (quarante drapeaux qu'il avait pris , leur disitfrt, dans le langage de l'empiré , q*e c'était « un cadeau des enfants à leurs pères, » Et quand il conduisît son armée en avant, il lui dit : qu'il voulait là conduire maintenant contre les Russes pour leur faire subir le même sort ; qu'ils n'avaient point à leur tête, de généraux sur lesquels la victoire* pût lui Faire honneur; aue, par conséquent, il n'aurait d'autre souci que d'acheter la victoire avec le moins de sang possible ; que ses soldats étaient ses enfants.
Bataille d'Austerlitz. 2 décembre 1805..— L'ar-'' mée française marcha sans aucun obstacle sur la capitale de l'Autriche et s'en empara le 11 novembre. Les Russes et les: Autrichiens s'étaient repliés en Moravie ; et, le 2 décembre, les deux armées se trou* vèrent en présence, résolues à une bataille décisive. « Je me tiendrai loin du feu , dit à ses guerriers Napoléon, qui pour la première fois commandait comme empereur dans une grande bataille, si vous renversez les rangs ennemis avec votre courage ha-* bituel; mais si la victoire balance seulement un moment, vous verrez votre empereur s'exposer aux* premiers coups. » La bataille des trois empereurs*,
CAMPAG9B DE 4804. SOI
comme Napoléon la nomma avec complaisance dans ses- bulletins \ commença par un beau jour d'hiver avec im soleil serein. Ce qtffc Napoléon avait dit d'avance arriva, les ennemis fuient mal conduits ,, et leurs mouvements ne se faisaient qtfavec 4ésordre.
On ne connaissait pas assez la forcée* la position de l'armée française ; et bientôt Tordre de batailla dés Russes fut coupé, rompu et enfoncé malgré toute la valeur de leurs soldats. L'aile gauche vonkit se sauver à travers un lac gelé, Napoléon fit priser la glace à coups de canon , et quantité de Russes forent noyés. Il n'y eut pas de victoire plus disputée, et elle n'eût pas été décisive si l'empereur François, dans sa sollicitude pour ses sujets , ne se fâfc hâté de faire la paix et de demander une conférence avec Napoléon dans le moulin de Saroschitz; car le lendemain de la bataille douze mille Russes vinrent renforcer l'armée qui s'était déjà ralliée ; l'atchiduc Ferdinand avait réuni vingt mille hommes en Bohême et chassé les Bavarois avec perte du pays ; % la Hongrie armait ; l'archiduc Charles se hâtait de quitter l'Italie avec son armée victorieuse pour venir au secours de la patrie et il pouvait dans quelques jours délivrer Vienne et inquiéter les derrières des Français; des Russes et des Anglais étaient débarqués h Naples; des Russes , des Suédois et des Anglais s'avançaient par le Hanovre; et ce qui était plus important que tout le reste, l'armée prussienne se fo/maftpoui'Venger la violation du territoire d'Ans-
5M. «ptiem% tpix&E. W48— 1838.
p*eb# — C'est alors que l'empereur Fma^flfo «ign» . une stfspension d'armes et se montra si expresse de faire la paix. Le malheur de son pays l'affligeait tropr et il pensait encore alors qu'une paix achetée par de frauda ^orifices d'un pareil adversaire pourrai^ avoir de la consistance ; comme si un sacrifice pet** vait faire taire son avidité ! L'envoyé prussien f le cptttte de Haugwitz, qui était parti pour prescrire lea condition* de paix ou déclarer la guerre, se vit par la retraite de l'Autriche dans un grand embarras.) et il tif t pour prudent , au lieu de faire les menace* que le foi lui avait raise&à la bouche, de parler d'tne manière plu» retenue et plus pacifique. La réponse des Français fut « qu'on ne pouvait que louer la sagesse du peuple prussien, qui du reste n'avait jar* mais eu d'ami plus loyal et plus désintéressé que la France ; que d'ailleurs le peuple français était indé^ pendent de qui que ce soit et que cent cinquante miUe^bemm«s de plus dans la guerre n'auraient fait que la prolonge* un peu plus long temps. » iW* vpyé prussien aurait dû mieux comprendre un pen reil tangage , et % serstattf la dignité prussienne offeuséft, faire sur le moment même ce que son mandat portait f ce que son roi fut oblige de faire six. n^ois plus tard f pendant que l'Autriche n'avait pas encoresignélapaix* Peut-être que l'Autriche, si elle avait vu la Prusse série&semeut engagée, aurait pré* fé*é une guerre un peu plus longue à- une paix honteuse. Àa lieu de cela , Haugwitz, sans en avoir te?.; pouvoirs , aigna le traité de Tienne j»v lequel la
Frotte abandonnait k province cf Ânspadi à la Bfcviète, Clèves et Wettfchâtef à 1» France et recetafc en échange le Hanovre auquel FAftgleterre n'entetn* Arit ea aucune façon renoncer. Ainsi Napoléon je-' toit ane semence de division entre la Pritssè et i*Att-> gleterre, sachant très tien que cfcs déa* puissance* seraient très redoutables si elles étalent d'accord entre #Hes. •
Cinq jour» après ce traité, ^Autriche signa la pôi* k Presbourg, ta 25 décembre 1805; par cette pai% qui fut plus dure que toutes celles fiâtes jusqu'à tors* ^Autriche perdit mille milles carrés et trois millions! de sujets, et même sur ses plus belles possessions. Le Mêle Ty roi, qui encore dan» cette dernière guerre a*iafl frCKtvêbht mtdsott cPAatrïeïié' lotît sert m\à* dbement, évetf Burgau \ Erchëtadl, tine partie A4 Pass&u, Vorarfberg et d'autrespossessfons dans t'ouesf érï'Afttriclie furent abandonna k la Bavière. Ce q&é l-Attirtehé possédait en Souabé fttt donné ait WmteftAérç et à Fétecteur de Bttde j te états de Ve* nke furent réumsau royânftw d'Italie. L'Autriche , pour eempéh^èrtous ces abandon*, ne reçut que pea àé ehosé, Sakboufg i et le prince^eeteni' de Sate^ l*M#g fot tftaspotfté à Wtffzïtotlrg que la Havièrt* abandonna* Ces pdy s et létar* habitants étaient t#ait& comme une marchandise que Pou fait passer d'une main dans une autre, suivant les chances de la fqjre. Tels étaient d'ailleurs les principes du Cbnunérant : arrachi r l'amour cil 'allaclicjufbut j>uur k& anciennes fiiniilles priucières, refroidir les cœurs jusque la
804 septième É9OQ0E. 1648~-4838.
glace/ étouffer tout ce qui dans le cœur humain peut rendre un état attaché au représentant d'une famille, ne laisser dans le sujet que le sentiment qu'il est né pour obéir et que cette loi de la nature l'enchaîne à un maître quel qu'il soit, né dans la patrie ou étranger, qu'il soit d'hier ou d'aujourd'hui. Pour amener encore plus promptement la ruine de l'empire allemand déjà si bien ébranlé, on donna aux électeurs de Bavière et de Wurtemberg le titre de roi, et de plus , comme à i'électeiu^de Baden , l'indépendance de leur gouyernement , ou pour employer le mot de l'époque à la mode, on leur donna la souveraineté. L'empereur renonça à toute suzeraineté sur leurs états ; et ainsi l'empire allemand se trouva par ce fait tout en dissolution. Le lien de fief et les devoirs dé vassal quelque affaiblis qu'ils aient été, avaient tenu cependant encore jusqu'alors l'empereur et l'empire réunis. On fit taire les gens simples en les assurant que ces maîtres souverain* n'en seraient pas moins «mis à la confédération germanique; mais celui qui avait des oreilles pour en* tendre pouvait bien reconnaître à ces marques" le& lointains roulements du tonnerre qui annoncent la tempête à peu de distance. De plus grands maux étaient donc prêts d'éclater sur l'Allemagne.
Fi» de rempk» d Afeaape. l^Jrtn tt 44 »e* ^06-
Il en fut du nouvel empereur comme il en avait été de la république ; l'abus qu'il fit du temps de paix rendit ce temps aussi dangereux que la guerre. Napoléon, a-t-oii dit avçc justice, avait, pris eu lut la révolution; elle s'était personnifiée en lui, et ses terribles principes continuaient de vivre en lui. Le premier mot qu'il dit, après la paix de Presbourg, ce fut, comme d'habitude, , une sentence de confiscation. Le roi de Nap les avait reçu les troupes anglaises et russes dans son pays; alors il fit partir sçn frère Joseph et M assena avec soixante mille hommçs à travées toute l'Italie, et dans te dépêche qu'il lut expédia de Schœnbrunn, lé 27 décembre, pn lit ; « La famille royale de. Naples cesserade gouverner. » Celte terrible parole dfiràya pn effet la maison de ]\7iiples, la força de quitter lïtalie et de se retirer en Sicile, de l'autre côté du détroit* Elle s'y «aintint avec le secours des Anglais ; mais Joseph Bopaparte fut déclaré roi a Naples, lui et ses descendants* Ce npuveau trône cependant &>ôta beaucoup de sang j les habitants 4c la basse Italie se révoltaient toujours avec un nouveau courage; de sorte que la Calabre çt VAbruzze furent, presque changées en déserts.
Bientôt vint le tour de la Hollande; elle fut également changée fin un royaume gt donnée à un autre fjrère de Napoléon pour sa part, à Louis Bonaparte. Çc ne fut pas du rc^te le plus grand rnalheur qui,
lui arriva; car Louis sentit que c'était un devoir pour lu! êê inté ptotft pmr son petfpi* (Joe pour le bon plaisir de son frère.
\}h troisième patetrf dé Feàipereur, son beau-ffére v /oacbinr Vtirât , fut place snr la rrvt droite du Rhitf. Brtçnt 1er duchés deCté ves et de Berg r tes ftussîenr à Tarent cédé le premiet duché, et la Bavière itf deu*Tétu<* pour Anspadk. Enfin ÀletautfreBerthief, qtrf éferit lé premier <feiw le âgmseff dé) Fempei'eurl wçtrt fâr principauté de Wéatpbaiie*
En rti Ane temps qcr^îl s'occupait de ces dtsposftîoritf 5 fàtt Aient, îï laissait voir aussi pîus Carrément & tata 1er jeux le plan de k constftirticrô intérieure dW W grand écffffee. tes journafrx français s1effdrçafent de tt-aîter de Jbîie fe pfeti d'équilibre que ^Europe* évtfft admfe tmanfrnement et qûî, selon eux, n'avaif énfirttfé qtîôr jalouste et guerre; Ils soutenaient qûé le i*epOs ne peut être espéré que lorsqu'un homme à leprémîer rangéibîen marqua , qtre sa parole est pleine «frteflfcf dfcns les ctmtes£atrons détf peuples entre eu*. C^ëtaftpr^isrfmemle langage des Roniauï^au moment tfàils usurpaient la souveraineté du monde. Us s'appelaient aussi eux ïeû arbitres du monde , et leurs envoyé» traçaient des cercles avec leur baguette autour des rois auxquels ils laissaient encore îeuf titre y rtiais ris exigeaFent d'eux suf-fe-dtamp une déclaration1 d'obéissance-. L'Europe lui parût à la téf ilé trop grande Mur ne foire! qa*un seul royaume; cependant ilcVoÉ peuvoir I embrasser tout entière part \tne souveraineté de fnnrftlc , sotrs h nom de*
constitution fédérativéj et les frère* f 1m cousin» *£* les allies du. grand empereur résidait à Pari** 4**; vaient en être les gpuvçràeûrs s0ûa le 0001 de wim et de princes. Les conquêtes d'Alexandre m'avaient: été si tôt dissipées y disait-oa^ que ^parce qu'il n avait* point fondé une domination de famille; l'empâte «kf CharLemagne çt sa famille furent divisés parce tytt*.< Charlcmagne n'avait point établi Ua point contrai pour sa famille , etqoeLouis-le-DéljonnaUe* etefofr* mément è ce plan, avait partagé l'empire entra Mfr enfants. C'est pourquoi Napoléon en .^magiu* qéi nouveau. Tous les membre* de la graad^ fa** mille régnante devaient cite élevé* à Paris dan# le palais impérial , feus les yeux de l'empereur at dVr près ses principes; tel était le cod* de fâ/uille cp'il imposa à tous les membre ^ ils ne pouvaient &■&** rier sans sa permission ," ni -^éloigner àt Pafift d* plus de trente lieues. Il voulait être de toua le père et Je, maître. . Il espérait qu'après avoir ainsi eotk-r duit leur jçune&e tout entière il» leur tramway trait so% esprit ? ses principes, pour des swckfcr De même que dans le saaat romain les ginllda prio^ çipes de poliUque s'étaient conserve» pendant* d# longs siècles d'une génération à l'autre i les prhwe* ainsi élevés à Ppris deyaientrépandre dans letf diflCé^ rents royaumes qu ils gouvernaient les mêmes idées* le même langage el les mêmes lois. Leur règle do> conduite était mat à mot celle-ci : «.'Que le prenuW; de leurs devoirs #était de servir l'empereur,. !# deuxième la France, et alprs enfin % an tr.qi^jèma
ftag 7 le» peuple^ qu'ils gouvernaient. » Si on comprenait bte» tente 1» portée de l'intention de ces iaUfrattow* extraordinaires , alors on ne trouverait plus d'invraisemblance dans, ce mot que l'opinion publique rae^ dans la bouche/de l'empereur Napoléon : « Que certainement dans dix: ans sa dy-
► nantie sera la plus ancienne de l'Europe. » Et si Fhistôîre aprèis des siècles veut cPun mot peindre le terrible ébranlement* de toutes les institutions et le bouleversement de Tordre qui existait depuis dix siècles , il liuV suffira de rappeler ce mot , sorti de la beuchp du fils d'un avocat, né en Corser
Déjà la grande confédération française compre-
. nait l'Italie, Naples, l'Espagne , la Hollande, la Bavière , le Wurtemberg , Bade et Berg , c'est-à-dire une masse de soixante-six millions d'habitants, non compris la France. - . .
Pour donner plna d'éclat et plus de force à sa nouvelle^ couronne 9 il lui /fallait aussi Une noblesse (fui lui dût son élévation et qui dût tomber avec elle. Napoléon la fonda en instituant, d'abord ep Italie, puis dans tous les autres pays où* il porta ses armes, un nombre de grands et petits fiefs , avec certains revenus qu'il distribua à ceux qui s'étaient signalés par leur fidélité ou piar leur zèle à son service. Ils devaient être transmis au premier né, et retournée à la couronne en cas d'éxtînction d'héritiers roàles. De cette façon , tons ceux qui s'étaient distingués par leurs belles actions étaient autant intéressés que l'empereur à la conservation des pays conquis.
l/ EMPIRE FRÀKÇÀU. 506
Çe^at au milieu de cette fumée, si riche en nouveautés, que fut, frappé le dernief coup à la constitution de l'empire d'Allemagne. Sa dissolution, qui existait déjà de fait, fut alors clairement exprimée. I^e i% juillet, on forma à Paris une alliance rhénane, par laquelle les rois de Bavière et de Wurtemberg* Parcbi-chaiicelier, l'électeur de Bade , le landgrave de Hesse-Darmstadt et le duc de Berg, ces quatre derniers comme grands-ducs, puis les princes <de Nassau etdeHohenzoUern, avec quel quesafttrespetksfwittces et comtesse séparèrent de l'allianée ik»pé*iale, et reconnurent l'empereur de France comme le protec^ teur de leur confédération. L'empereur devait avoir le droit dareconnaître le prince primat de l'aiti'ance, c'est-à-dire celui qui avait la présidence dans l'as-* semblée, de décider de la paix ou de la guerre et des contingents de troupes ; de sorte qu'une guerre de la France devenait une guerre de la confédération du Rhin : elle devait aussitôt prendre les armes, fôt-oe contre ses propres frères d'Àlldtaagne, Par de pareils sacrifices les princes, obtinreht une autorité illi-^ mitée, sans dépendance d'aucune juridfetiot} à laquelle les sujets, en cas de nécessité, pussent porter leurs plaintes, et sans aucun adoucissement en faveup des gouvernés. Sur tous ces points l'alliance était claire et précise; tandis que sur tous les autres elle était obscure et équivoque > afin que la volonté du protecteur pût servir éfe loi. Ce n'était point tant une alliance de peuples allemands entre eux, qu'une alliance avec la France, i^ans laquelle, loin de trou
m» • sBmfc» *M*vs. f6t8~-1858.
vm du droits et desdeyoirs mutuels, <m voyait le 4rmi* du coté deS princes et les droits du «Ôté du ppoteeteur**— Cette alliance rompit le* derniers fils qui liaient le paaaé au pissent, en distribuant au* Jil^biwife la confédération du Bhin les villes libres 4e l'empire, les médiatisant, c'est«à-dpreles dépofiblaatde 1 Ara droits de seigneurie , pour les soumettra 4<*ux4?ec Jusque!? elles marchaient de firont aupa- M9**t> àmm la ville libre de Francfort, qui devait ékmàïàrimir h* âégç dm itéuuioas, fut dénuée au fritte* priuaat, et perdit aussi elle soft indépcu
. U wklt potut besoin de porter un jugement sur liett^OBofédératio©, le sert en eut bieutât décidé, et JU poitérité cherchera peat^tre à en «flàeer le sou- «fpiir 4«Mrtre tûttoire,
IAwpgreur d'AUr— ngne, eu déposant cette co»
JWfmdéftMBDl&de l'amen empire, 4006 aas après
§U* ÇhnrUmt&l* levait plaeée sur aa télé, se dé-
* d*ra empereur, k* efc/a postérité, de la monarchie
mtridtamoe, kôaoùt i»06.
NUi qqpll* ppoteetîo* rAlkmagne peanrait-elk ttfcmdr* dff 40n nouveau protecteur, si en le co«* pare à l'ancienne maison d'Autriche ; les Ails encore véceptsaout 14 pour y répondre. Dans le temps même çue l'envoyé français,. Bâcher, déclarait à Bâtis* boitne de pou veau que jamais la France n'étendrait •e* frontières au-delà du Rfcin, la placç de Wései jut arbitrairement occupée et choisie pour cheflieu ^e la vi*gt«çioqirià»e jîlvision militaire.
si*»*»* «« mu* •- ***
U* dispo^au* d« M wafédrfraiio» Al JUa» itsWnt dirigées aum fr^n «Mtr# ift Pf Uê§£ qMMltl* l'Autriche ; car tantes les deux TOJjmfPjr tiait Wtt» idlies jwturçh, taadJ* que *jb§tfteît lç«f>Jf^«b«in- #& ♦» itmetaift psét* à 99 d&Jtfgr «eatrt fiU*» mi j*aj»w &M* «jwlft fm*»* N»^é$m>mik ju* 4jm là reJtena Lç roi Fr^^k^iU^mf^ par Vidé* 4pyfra pcHirrgU *&d>Ûr m tllwm <ki*mi mmw «# prote«lia»t qui &nbr*mmt twt k sord 4« l'Att** M afflue « d'a&rès l& modèle <de la &&&d#£&tklB Ai Jtyûç ; maàs.dfipiii*, celte 4U*wç<! «r#it #4 fqfftfq. If flanovre roit^.WMta à l^Ogl^r^j de j4W| Wut « <jui pouvait mortifier k Prwfe $t lui fw*H
$Rei*n psupje io4épwdart f /ut €WM martre 41e j
Aiera, ^nfia, Je wj9 ^rj-ité# aut {jj*e rfcowœw 4* #>%
f^upte nepquyaît^ou^ir plu* j^^tanf? de* affrète delgpfrtdWiasûleotéira^^ tpptoudirort è lejftr -i9ît U wiget.de Ja Fwwce qu'elle retirât ^trompes de l^Ulewi^JW, g» elte ^«t* «no otatacle à vue 4Jta**iœ du aordçt gi*e W&4 «t fpt pa» occupe p$r les Ff&qçais* Oomm fcwis cm artiete* forwt réfuta* la tVu#*ç déclara la {pierre* C'était k poirttd'bapn^ur qui avait deuiaodé piç <j£. «tôaq à prompte, «et il voyait pi*ayer au uw>«dfc <ju>^uw autre impulsa ae l'avait iioanne; caf, iptilglie U4>a vftut^u^ ûuç sait upç laite * il «* dfi,
612 SEPTifenB époque. 1648—1838. ,
cas où Ton ne peut la refuser sa as ignominie. La Prusse n'avait aucun alité sur le champ de bataille ; mais la Saxe était à moitié décidée , la paix avec l'Angleterre et k Suède n'était pas complètement arrêtée , et Tannée russe, qui pouvait prêter des secours réels, était sur lej frontières.
Napoléon , à cette déclaration de guerre , dit : « que son coeur souffrait de voir le génie du mal continuellement remporter, et être sans cesse occupé à renverser ses projets pour le repos de l'Europe et le bonheur de ses contemporains. » Alors il rassembla ses armées, qui étaient toutes prêtes en France et en Souabe, et se dirigea vers les passages de la forêt de Thuringe. Au nord de cette forêt étai tla grandearmée prussienne soins les ordres du duc de Brunswick, vieillard de soixante-douze ans , qui avait des généraux désunis entre eux. Une très petite portion de Farinée prussienne seulement avait pris part à la guerre de la révolution, et avait appris à connaître la rapidité entraînante des nouvelles guerres des Français ) la plus grapde parti* s'était laissé engourdir par quarante-trois ans de paix , et parce* que l'échafaudage des institutions de Frédéric-le-Grand subsistait encore, ils se tenaient remplis d'une confiance d'autant plus dangereuse. Ce n'est pas que le courage et la capacité manquassent dans beaucoup d'individus; mais il n'y avait point là un génie énergique qui «nît ce grand toift. Aussi arrira-f-îl ce que les plus timides n'auraient jamais pu croire possible, c'est qye, comme dans les guerres de l'ancien monde1, un
seul jour de malheur décida dû sort Hé'tout un empire. : : ~ *• ' —
Le 10 octobre , le prince Lckrfe-Férdinand de Prusse s'engagea , par son trop grand désir d'en ve-
'nir aux mains, d.ifts une affaire fort inégale à Saalfeld ; il resta, du reste, lui-même sur le champ de bataille. Biais ce combat malheureux ouvrit aux Français le
* passage de la Saal ; alors, s'avançant avec une force imposante, ils enveloppèrent l'aile gauche des Prussiens et la coupèrent de la Saxe ; dès le 13 octobre Davoust occupait Naumbourg. Les provisions des Prussiens furent perdues, et la plus grande disette se fit sentir dans leur armée; de là des désordres et des défaites inévitables. Ainsi, ils se virent forcés de combattre, ayant en face d'eux la Saal et l'Elbe, qu'ils devaient avoir endos. Aussi l'armée était vaincue avant la bataille. .
Batailles d'Iéna et d'Auerstaedtv14 octobre 1806. —Une partie de Parméeprussienne étaità Auerstaedt, sous le commandement du duc de Brunswick, et l'autre, sous celui du prince de Hohenlohe, était à Iéna et .Vierzehnheiligen ; mais sans aucun moyen d'union entre elles. Aussi furent-elles attaquées et vaincues le même joug. Le maréchal Davoust combattit à Auerstaedt et Napoléon à Iéna. Dès le commencement de la bataille , le duc de Brunswick fut renversé mort d'un boulet de canon ; sa mort dérangea et mit en confusion le plan de bataille. La valeur de quelques régiments particuliers ne put suppléer à une coopéstton du tout et rendre la confiance à la t. h. 36
W tErnkm *****. 4644— I8S8.
niable cfe lamée; eotaqrée de pliw^if cftfe, ftfte plia et voulut se retirer sur Weimar, afin de treçjçr uo appui dans le corps de Hobeplphe-, nç sachant pas que cette armée éprouvait le pâme ipafcfceur dans le même moment, Mai* hientât ellen'e? fat que trop bien instruite; car le désordre était si grand de tous côtés, que dans la nuit, pendant que l'armée fuyait de Auerstaedt sur Weimar, elle jçrççontrç une partie de l'autre qui voulait se sauver dp \VeuuarsutAuersfcedt.
Dix jours après la hatyiUe d'Iéna, Napoléon «9tç*ft dans Berlin; quarante jours aprè* le coma&enççiitfftf de la guerre , il était sur laYistule, et toute l'étendue d'un royaume peuplé de neuf millions distants et s*mé d* quantité * dç villes fortes avait été te fruit d'upe çeufe bataille, dans laquelle um armée qui passait pour la plus belle de l'Europe $vait ét^é anéantie. G* qui pfou¥e que les prtqripau* étais de J*état avaient yieiUij car la çrqyanjte 4$ \'m #tait déposséder 4^ w^utioi^ac<wttpli^ay^ ^ négliger 1^ surveillance 9 ç| il £*llut un ^pouvaatal^ ipalheur pour détw&fe Qftt* crqyanca* rév^iU** fc* tarrriti et rafraîchir l^ferces*
Çrtte ptwpt* <?<*h|u#* &ft ém» jf^ssif^ 9 Ur ^IWl'çinpçreuf ne * '«tteqdttt pa», avait wrefeé 4e so* esprit tout Wt* 4e modératioa et e«cfté i|çAfa^^ucespow up empire wuâborMep. Il déplaira à perlm qu'ft n>l?an4oi»é*ait pa? U ville ^on pltp qw la Vitale ayaot qu'il eût conquis une pai* gé- «ctalVi «^ p'*# Ws« de Perlin.qp'U ^ lç $u«$K¥
ci***GSB »* 4897* , Mil
4fcfer<ftdii 21 novembre i806, contre te# Anglais; c'est-à-dire son fystèthe continental, pair teqUel il dé* idarait tous les états de la Grande-Bretagne ed état de siège, défendait tout commerce et métfte toute lettre de change, faisait saisir toute» tes possessions des Anglais sut la terre- fermé et tous les Vaisseaux que l .On pourrait arrêter qui auraient seulement une fois touche en Angleterre. Une raeiure si énergique devait ruiner de fond en comble le commercé ari-» fiais ; cependant il en fésultp de grands ratait* pont le continent. L'Angleterre , à qui tout 14 reste du monde se trouvait ainsi ouvert , de fit Un nouveau moyen de commerce et s'empara de toutes les colonies de l'Europe» tes cultiva avec le plus grand sont 4t tira «es bois do construction pour sa marine dfc (Canada et- de l'Irlande, au lieu de les tirer du nord 4e l'Europe. L'Europe au contraire vit ton commerce languir et tomber, et si son industrie put lui fournir certains objets qu'elle aurait sans cela tifës d'Anglet- « ferre , cependant elle ne put y tfOwvef* un Aéditoaoagepaertt pour là perte de tout son commerce far »er (*).
.. Batailles d'Ejdau el de Fiâedknd. 8 février et ,44 î»in 4807. — Les restes de l'armée prussienne,, sotrô les ordffs de Kalkreuth et Lestoçq, éprouvés parles dures expériences du more derme? , délivrés de» lâches et des faibles qui pouvaient se trouver
f) Cependant U a été prouvé et avoué depuis , que si le système eût pu hre prolongé et eiaetement observé , f Angleterre était perdue. If. T.
546 septième époque. 4648—4838.
parmi eux *t réduits à une petite troupe, mais une troupe de héros, se réunirent aux Russes, qui alors paraissaient sur le champ . de bataille. Après plu» sieurs affaires en Pologne peu décisives, quoique sanglantes , la guerre se porta en Prusse et les deuaç armées livrèrent à Eylau, non loin deKœnigsberg, une*des plus sanglantes batailles, le 7 et 8 février, par le froid le plus piquant , au milieu de la neige et de l'hiver. Deux cent mille hommes luttaient avec les plus furieux effortsjes uns contre les autres , tau* dis que la nature rendait encore le désastre plus épouvantable. L'élite de la garde française y fut sacrifiée sans que la victoire fût gagnée. Les Russes combattirent avec une valeur inébranlable , et les Prussiens , sous les ordres de LeStocq , arrivant fort à propos au secours de l'aile droite fortéhient pressée, repoussèrent les dernières attaques des Français avec une valeur héroïque. Les deux armées res^ . tèrent sur le champ de bataille et toutes deux s'attribuèrent la victoire. En réalité , l'avantage était plutôt du côté des alliés , et Ton croyait "généralement qu'une nouvelle attaque, le troisième jour, ne manquerait pas de foirer les Français à faire retraite; mais le commandant russe , lé général Benningsen, crut(Ju'il nek devait pas demander à so# armée déjà si fatiguée *les efforts surhumains, et il se retira sur Kœnigsberg. Les Français de leur côté rentrèrent aussi dans leurs anciennes positions mv la Passargue , et il y eut une espèce de repos d'environ quatre mois, pendant lesquels les deux armées cherchèrent à féu-
iiîr de nouvelles forces. La malheureuse Prusse eut effroyablement à souffrir, accablée par plus de deux cent mille soldats étrangers.
Napoléon, pendant ce temps , poussa avec activité le siège de Dantzig , place forte qu'il avait laissée derrière lui et qui était la clef de la mer Baltique. Le général Kalkreuth y commandait et il se défendit jusque dans le mois de mai ; mais quand il eut perdu toute communication avec la mer et tout esppir d'être secouru, il se rendit sous-des conditions très* honorables, le S&mai. Les Russes et les Prussiens, après avoir négligé le moment décisif, vinrent attaquer les retranchements de l'armée française à la Passargue. Us y combattirent avec une valeur digne d'éloges; mais l'ennemi était renforcé des trente * mille hommes qui assiégeaient Dantzig, et protégé par de forts retranchements , de sorte qu'il put facilement repousser leurs attaques et même bientôt prendre l'offensive. Des combats sangla rit#et continuels furent livrés tous les jours, depuis le 5 juin jusqu'au. 12 , jour de la bataille décisive de Friedland. Ce furieux combat dura depuis le matin jusqu'au milieu de la nuit suivante. Pendant la plus grande partie de la journée, la victoire fut du côté des Russes ; ils s'en félicitaient et négligèrent la vigilance nécessaire même au vainqueur. Mais au milieu du jour arrivèrent sur le champ de bataille le corps d'armée de Ney et de Victor et la gard* de Napoléon; cette sanglante journée fut alors décidée; les Russes furent refoulés de tous ootés sur l'Aile et ils se retirèrent dans leur pays f
8*8 sepohèmi époque. 4646—4858.
vers le Niémen. Le 19 juin Napoléon fifrson entrée dansTilsit, la dernière ville de Prusse; et dftsle M son armeV occupait Kœnigaberg.
FaixdeTilsit , les 7 et 9 juillet 1807- -«Une conférence antre les deux empereurs -celui d'orient et eehd iTbceident amena promptemtnt la paix, décida da tbânembrement de la Prusse et fixa la marche du l'Europe pour quelque* années. Napoléon , Hrçitrç ttyp l'artificieux usage de la parole, sut persuader à l'empereur Alexandre que son unique but était la jiaix du continent et que ses efforts tendaient unit* <piement à mettre les cotes à l'abri de Tinsolenfe anglaise, pour obtenu* enfin la liberté de la mtf* Il feignit dono d'avoir un grand désir de lier une solide amitié avec la Russie ; ai* que oes dçux puife aapèfg étaat d'accord , disait-il, elles puissent donner le bonheur $ l'Europe , puisque aucune guerre m pourrajt s'y élever sans elles ox* contre leur volonté* Ainsi, dans eetto paix, Cattara , Raguse et les sept îles (de la mpr Ionienne) furent abandonnés par la ftnasie à la Frariœ, qui lui donna pour compensa^ tkui quatre eent mille habitants de la Prusse pok* osaise; f% Fredario-Guilkome, que l'an ne pouvait plus guère appeler du mon de roi, fut obligé d'ad4 hérar à ces dures c^ditions. Il perdit la moitié de son empire et cinq millions d'habitants ; entre autres surtout, la ville de Oantzig, qui fut déclarée ville libre, -et là protnace polonaise, qui fut «Mgée ea grandh duché è» Yvmiïi*> èmt te roi dé Saxe fut i*mu*4 grwtkduc Nom *¥«ns déjà vu un* (om h
«ktt DBtitirr. 54#
èe Saxe régnerez Pologne. Ainsi, Prëdëriê-AUgdstë > qui «'était déclaré neutre trois jours après là bataille dléna et s'était empressé de faire ensuite alliance avec la France , était maintenant roi et membre de k confédération rhénane.
Plus tard la Prusse perdit tous lés pays entre l'Elbe et le Rhin. La plus grande partie de cette distractiôh ftit frite pour former lé ntotteautoyaumfedé Westphaliè j qu'il donnait à son pins jeune frère , Jérôme» Il y ajouta encore une partie du Hanovre ^ le duch^ de BfrUnftriicfc, dont le duc avait commandé l'armés prutaieitoe, et la principauté de Hesse. Ainsi le terrible bab fut prononcé contre là maison de Hesse; « elle cessera de régner , disait-il , pour s'être toujours moptrée ennemie de la France, et encote dans dette guerre avec la Prusse , pour avoir pris une position équivoque ; » et cependant la Hesse avait d'elle-même gardé la neutralité. Le pays fut tout d'un coup assailli y Télecteur chassé de 6a capitale et réduit à fuir; et le nouveau roi , un étranger, à la honte de tente l'ÀlUfiiiag&e * y «titra en triomphe et tint régft*fr sur de§ peuple* alttftâtnd£, lés descendante des 8*mnè et des ùMeé.
Le rdîFrttWfic-Gnfllauttïé K'avartcorfservéqu'trh petit nombre de sujets, rrfâiàf (fêtaient des htiintuës idèles et dévouée. Ce ne lût pas non plus sans cuntfolatwn qu'il apprit qtie trois de ses places fortes, Coiberg, Grattdeftst et Pitléu , n avaient voulu con- ' tester il aocan «ecctmmodéfeieiit avec l'ennemi; que quantité d'autres en Silésie ^étaient dé&hdùés cl'tttiè
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maqière tout-à-fait honorable , et que deux d'entre elles Gosel et Glaz n'étaient pas même encore au pouvoir de l'ennemi. Dans Graudenfe commandait le vieux Courbière qui, lorsque les Français le sommèrent de se rendre et lui représentèrent que le roi qvait perdu son royaume et passé de l'autre côté du Niémen, répondit : a Eh bien! alors je veux être roi dans Graudenz. » Le roi avait envoyé le général Gneisenau prendre le commandement dans Colbçrg , sachant bien d'avance qu'il envoyait dans la ville un homme solide qui ne se laisserait jamais ébranler; en outre , parson ordre, le lieutenant Scbill et plusieurs autres chefs levèrent dans le pays des volontaires qui tourmentaient l'ennemi fort loin autour de Golberg.
Soulèvement de l'Eipagne.
Cependant Napoléon à son retour à Paris apporta , comme marque de son triomphe, le char de victoire de Tune des portes de Berlin avec l'épée du grand Frédéric ; et de même qu'il avait fait construire un pont d'Austerlita dans sa capitale, il y eut aussi un pont d'Iéna, Sa domination, par cette nouvelle pair, était élevée à un si haut point de gloire et de solidité qu'elle seniblaifrati* yeux (tes hommes être inébranlable; et celui qui aurait voulu prédire qu'avant* quelques années ces Prussiens foulés aux pieds
SQtfrèvSpSpT DE L ESPAGNE. . 8§l
iraient reprendre à P^ris ce ebar de la. Victoire* les armes à la main, aurait été certainement jegaFdé comme un visionnaire insensé*
Pour qui connaissait l'esprit de Napoléon et sa manière d'agir, il était facile de deviner qu'il ne demeurerait pas oisif et que son esprit , justement à cause de là paix, serait occupé de nouvelles conquêtes ; et que , puisque dans s^rapides campagnes il avait vaincu les puissances de Test et les avaitaffaiblies pour long' temps, il allait désormais se tourner vers l'ouest ; mais personne encore jusque là n'aurait pu le croire $ussi traître et sans pudeur qu'il se montra à l'égard de l'Espagne. La maison royale d'Espagne avait été longtemps fidèle alliée de la France et avait même perdu sa puissance maritime et ses îles dans la guerre contre les Anglais ; or pour récompense d'une telle fidélité il iqi fallut encore perdre le trône. Napoléon sut profiter avec adresse et perfidie des dissensions qui existaient dans la famille royale, entre le père et le fils, et il décida le vieux roi Charles IV , affaibli par l'âge, à déposer la couronne, au commencement de 1808 , et à la transporter sur sa tête ; puis, il attira par ruse son fils Ferdinand de l'autre côté des frontières à Bayonne, et le força aussi lui à renoncer au trône. On ne lui laissait du reste le efeoix qu'entre l'abdication pu la mort, et le jenne prince préféra la vie et la captivité m France. Mais son peuple ne fut pas si patient. Quand Napoléon, dans la joie des succès de sa trame, eut aussitôt nommé mm frère Joseph roi d'Espagne (son royaume
MM fgrtitefl Êxxgj*. MMttwf896.
êë Nipled pesa* au gKtnddticdeBerg, et plus taré ta gttnd-dûehé de Berg au prince héritier de Hollaade)} alors les Espagnols , dans nné juste colère , prirent les mines en ftveur de leur roi opprimé. ' Ce peuple se montra dès le commencement de sort fcittoire passionna pour la liberté , toujours trêsd£ Beat sur le point d^onttêar, enflamme «futt beati fou pou* «ett tel, se pairie et sa religion) et td witçre se montrera de nos jours. Ils n'étaient point > 1» vérité habitué* sm* nouveau genre de guerre et fl* Aimit écmé* de tous cAté» pur les armées ftençftfott dans tes bntaillestangétw j mais quoique vaincus, 91 no forent Jamqis soumis, Pi^fttent des àtantages et leur temîn, qui n'était que montagne* et Hêtt* incultes on villes et murailles, ils Ont couvert leut sol des oorps d'une foule innombrable d'ennèrtfc dans «ombre de rencontres particulière*. La guette d'Espagne a coûté la vie à cent mille Français, et quantité d'Allemands que Napoléon y avait entrai net y trouvèrent aussi leur tombeau; biais il faut avouer qne k* Espagnols refnrent de très importants soceun d'Angleterre, en hotomes et en armes* et de plue grands encore dan* 1* personne au grand gé*ner si Wellington t dont la tactique habile et ssge ai kmg-te*»ps défendu avee les pins faibles moyens la péninsule ibérique, et Ta reconquise pas à pas; jusqu * ce qu« les grands événements de Russie et d'Allemagne raient appelé eo France de l'autre côté de» montagaes.
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Ctaerré d'Autriche. 1809,
' De même que la Prusse en 1806 n'avait écouté que la voix de l'honneur, et que dominée entièrement par ee sentiment die 'n'avait trouvé aucun offert trop grand, aucun sacrifice trop pénible, auettflf pa*lheur trop douloureux pdur chercher à venger Je* affronts -de T insolence française) ainsi l'Autriche; entraînée contre la France par une pareille impoli «ton se crut obligée de a'eegager dans une nouv«lk| guerre , en 1809. A la véîté elle n'avait pps eu à n&uflHr par elle-même; mais tout autour dfetté avait souffert opprobre ou ruine. Le vieil u'^plif ?vait disparu , un nouveau trdne avait été <fl**4 pour un étranger au cœur même de V Allemagne j et le reste du pays était de plus eu plut étroitetaett •saervi à son ennemi. Eilfin l'ancienne maisM rojale d'Espagne avait été renversée du trône nom tre toute raison, à moins que désormais il ne doive régner aucune justice parmi les peuples. Que pouvait-il donc maintenant j avoir de certain et cp4 pouvait fonder sa sécurité sur son ancienneté? Dé plus , Napoléon , dans l'été 1808, avant de passe» en Espagne r avait eu une conférence à Effort avee Venapereur Alexandre , et renoué plus fortement en* eore les liena de leur alliance. Il semblait donc que la Russie et la France voulaient s'arroger 1 elle* seule&le droit d'arbitres, de l'Europe; et PÀufriefee* qui pendant des siècles en fut le point eeatrvk;
W* ssPTiÈMB époque. 4448— » 4858.
n'était plus considérée pour rien. Elle ne pouvait le souffrir avec patience, car au-delà de certaines Wrnes la patience devient ignominie; La déclaration éfcgttèrrè de l'Autriche était très honorable et tout èrfoit noble et généreuse; puisqu'elle entrait seule 9$i le champ de bataille, ne' comptant. que sur ses propres forcer.
* Du reste , TAutriclte sentit fort bien, cette fois, qu'elle ne pouvait compter pour son salut s\ir son armée régulière^ elle voulait une guerre dans sa plus grande extension, une guerre de peuple. Elle Convoqua les . gens de bonne volonté , forma des Lindwehr , parla avee enthousiasme au cœur de son -peuple et de tous les Allemands; elle plaça les noblés princes de la maison royale la tête de l'armée $ et mit en mouvement toutes les forces de ses riches ifcbfeUes provinces, comme elle ne l'avait encore jamais <ttfc{ et si le salut et la liberté d'un peuple pouvaient être obtenus par son unité, celui-ci aurait dû les conquérir alors.
Mais, comme en 1806 , l'Europe en 1809 n'était pas encore mûre pour sa délivrance; il fallait que le feu de purification pénétrât partout et mît tout à vif; il fallait que la misère générale grossît indéfiniment pour que tout sentiment d'égoïsme fût dé-» posé, ft que l'histoire du monde pût présenter le grand et rare spectacle d'une guerre sainte dans laquelle tous les peuples de l'est et de l'ouest, du nord et du sud, se lèveraient comme un seul homme, réuni* pour la liberté, l'honnenr et la vertu.
CAMPAGNE ï* 480fc 6^5
Quel cœur allemand, à qui la patrie est plus chère que tout autre bien , pourra jamais oublier de quels sentiments d'espérance et de crainte il était agité pendant cette guerre de 1809? de quelle fureur â Vest senti animé quand l'odieux ennemi s'avança avec son armée , dont l'élite était composée dç& fédérés du Rhin? Qui pourra oublier comment avec le brâà * vaillant de ces Allemands il força à ^retraite, pat de sanglants et continuels combats, Tacmée autrichienne qui avait pénétré jusqu'en Bavière? Alors, dans son orgueil, il déclara qu'avant quelque mois H voulait être dans Vienne. Ce furent des jours bier* déplorables que ceux de Pfaffenhofen , Tânn , Abêti* bërg, Landshut, Eckmuhl et Ratisbonne. On combattit a vee beaucoup de coujage et de gloire , du 19 au $5 avril, niais ave* de grands revers pour PÀutricliei parce que l'armée avait pris beaueoup trop de déyfr loppement et que Napoléon , comme toujours, avait réuni dur un seul point l'effort terrible de son attaque. Alors il avait soin , avécl'éltte deses troupes et surtout * avec sa cavalerie dont la plus aguerrie était autour àè lui, de se jeter tantôt d'un coté, tantôt d'un autre; puis de recommencer tout d'un coup une nouvelle attaque ; de sorte qu'avec lés mêmes troupes îlmeHpit le désordre dans fous les rangs autrichiens. H faut convenir aussi que dans cette occasion brillèrent au plus haut degré ses talents militaires. On lé voyait priver là où le danger était le plus gnmd, fei sa présence décidait k victoire; il ne reposait nt jour ni nuit, et difficilement dans le cours de toui
DU SEPTifcM |ra*ri* 4418^-1838.
Atari* de ta purtd'un seul homme et de tant d'actions* dm* l'espade de quelques jours et quelques riait*, ffentf lâs Soldats dé la landwefar autrichienne* qui 11* oMBaUmtent pas encore la guerre, les régiments À tuirqaBkto étaient les plus terribles adversaires; iMHt Mo ub ouragan qui fait trembler la terre , leurs tflfrojables qscadrens, terrée, entourés dé fer , a Falui des balles et des coup* , ainsi du moins pana* Sâkutl-ili à noi guerriers qui rie lès avaient jamai* tfttf* se jetaient mr eux en niugissànt ; et ctvtt-é Afl vatncuaavant l'attaqua v ëfofarék et frapjpét par h» jrtqx et les oreilles, laissaient enfoncer Imts iW&gi* et dès la première attaqae celte massé pni* •fnto Culbutait laits lignes et le» écrasait par mil- Jiets< Mais bientôt ees boiames énergiques montré- 9ejK qjie m n'était que la noaveauté qui tes a**fe
BatàtUes ife^Gra^Aspern *t d'Essiirig; S* st « jfcah—Ledtte Charles se i-eth* avae *** *<*&, «Mort taujrtrs forte maigre les sanglantes famées fT«*i»l# ter la rive gauche du Danube, vers fa BëfcAftt* •* KspoiëoQ s*âvataçti *o* h rire droite ftrih 9*1 Yieauftv I/«*feidub Maxinrilièn la cMfead* fi|£$ft&jitob; omis une ville si grande et presque mot dtifeftse ne poevart soutenir un siège, et Yentté pii^entm^lrlâmaf; ensile l'année française passa )» DwwVt pqnfr marcher oontie.rarchidaa Charles fft fmw** ltdttmar coup mir les états autrichien* Çefaktefy #t Je 3Û mai dans les it&menscs piata*
ca*pm>« pf 48QQ.
df4^#«q # d'E«|iu$ f non jojji du lie^ mi 44f% W fois Rodolphe de Habsbourg avait vaipou QttycaFi roi d? Bohême, que se livra une sanglante ^t»iUq> Napoléon avait de nouveau compté sur l'effroi fp? nausait«a cavalerie bardée de fer, et flt donner pw f\\ç dans plusieurs endroits les plu# vigoureua** afe< laques , pour renverser l'ordre de bataille *uM$? chien, séparer une aile de Vautre et vaincre iap différents corps ainsi isolés. Mais ce ne fut paa comme à Ratisbonncu et il éprouva qu'i} y avait daq» farinée pins depron^)titudçt plus d' activité ptplw 4'art. L'héroïque Charles, dans le court iut*rv*Hf depuis les malheurs d'avril, s'était partiç*Uèrenw4 appliqué k montrer à ses sqjdats k a* ranger m \v* taillons carrés très serrés, sur lesquels tua afcMpg{9ff ' de la cavalerie devaient venir se briser corçuqç çqntf£ «ne muraille; et il avait obtenu d'autaàt plus de &$» céç que ses troupes étaient remplies 4e brQqnt yg. ïqnte' et de soumission. La cavaferip vint do$c qp jeter sur ces carrés; on les laissa arriver aveg sawLfroid jusque sur les premiers rangs f n ésofdr^ aerréç, et alors on tes reçut avee un si beau feu quf dea rangs entiers furent culbutés y de so^te que eeç& mémeg qui étaient restés intacts forent ren.V£?a& de chenal au milieu de la mél^e j pui$ potre groagf cavalerie, qui vint au secours, secondée par Vin&nr terîe , u*eut pas de peine à forcer ce* ççcadrona ^ prendre la fuite.
Cette fermeté de rinfante,rie autrichienne ci \f VMkur $ connue des escadron^ de Jean de Uçhtçnfr
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tëin, et enfin l'habile conduite du prince Charles, qui courait partout où le danger l'appelait, arrêtèrent toutes les tentatives des Français ; ils furent repousses de toutes parts . Le village d'Àspern , qu'ils avaient pris pourpoint central 3e leur champ de bataille, leur fut enlevé. De plus, l'archiduc profitant habilement de cet avantage pour opposer un nouvel adversaire aux ennemis, dans la violence du courant des eaux gonflées du Danube, fit lancer des vaisseaux et d'autres machines lourdement chargées contre le pont de bateaux de Napoléon. Il réussit; Je pont fut brisé en deux, et Napoléon se trouva sur la rive gauche, coupé de Vienne et du reste de. son armée, et il lui fallut recommencer le combat, le jour suivant 22, dans cette position; tous ses efforts, toute sa tactique furent cette fois inutiles; sa cavalerie, son infanterie, son artillerie ne purent tenir contre la valeur autrichienne et le grand nombre. La bataille fut perdue, et si le maréchal Masséna n'avait pas réussi à s'emparer de la petite ville d'Essling ? dont les murailles lui servirent de rempart pour assu&er et défendre la retraite, toute l'armée française était détruite. Même elle eût été perdue, ont prétendu beaucoup d'écrivains depuis, si le vainqueur aussitôt après l'action, poursuivant sa victoire, eût attaqué l'île Lobau sur laquelle Napoléon s'était sauvé et se trouvait, dans "le plus grand embarras jusqu'à ce que le pont fût rétabli aur l'autre bras du Danube. On laissa le temps de rétablir ce pont, et il revint à Vienne. Mais le champ de bataille était
couvert Ae ses morts , et les Autrichiens y comptèrent trois mille cuirassiers.
Cette bataille fit naître de nouvelles espérances dhns tous les cœurs» Déjà, en différents endroits , la nation avait donné des témoignages sensibles de son exaspération et de sa haine. Dans le nord, l'audacieux Schill se releva, et à la tête de ses hussards et d'une foule de jeunes gens et d'hommes libres que l'impatience de leur ardeur lui amenait, recommença de nouveau la guerre contre les ennemis du nom allemand. Et Dœrnberg, avec beaucoup d'autres Hessois , forma le plan de renverser de son trône le roi usurpateur qui siégeait dans Cassel, et de commencer l'œuvre de la délivrance. De même que-Jéjà , dans la guerre de trente ans, Mansfeld, Christian de Brunswick, Bernard de Weimar et d'autres chefs avaient remis en vigueur la tactique des Germains, en faisantla guerre pour le parti qu'ils avaient embçassé, à la tête d'une troupe qui s'était rassemblée autour d'eux; ainsi y eut-il alors des hommes qui se sentant ^au-de dans d'eux-mêmes une pareille force tentèrent de les imiter , animés du plus beau zèle pour la patrie. De sorte que cette époque fut, comme celle de la guerre de trente ans, une de plus extraordinaires et des plus incroyables pour les faits. Cependant iKy avait une différence essentielle j car la première , encore toute proche du temps de la violence , avait bien plus de chances pour ce genre de guerre que la deuxième qui venait après l'établissement des lois et surtout de la landfriede (paix du pays};; t. ri. SU
Aussi^ l'obéissance à la loi et l'esprit d'orê?6 public empêchèrent parmi le peuple tous les mouvements* et l'entreprise de ces hommes échoua* Schill qui avait perdu son temps à parcourir inutilement te nord de l'Allemagne, finit par se jeter dans Stralsund. Il espérait sans doute de là se sauver en Angle-? terre pour revenir plus tard servir plus utilement l'Allemagne , quand cette carrière malheureuse dans laquelle il' s'était jeté, et dans laquelle il en avait entraîné tant d'autres lui serait devenue plus fayo? rabie. Mais un corps de troupes danoises se. rêvait , aux Français et aux Hollandais pour le poursuivre} Stralsund fut attaqué le SI mai, et le malheureux , Schill suoflpmbasous les coups des cavaliers danois* La révolte de Dœrnsberg n'eut pas plus de succès, et il fut obligé de se sauver avec ses amis de l'autre, côté des mers, sur les côtes d'Angleterre. Quant aux malheureux compagnons de Schill faits prison* niers, ils furent victimes de la fureur et de la ven- . geance des Français. Grand nombre furent exécutés , et les autres traînés aux galères comme des criminels* Depuis lors, la terreur et la crainte delà mort domina tous les Allemands et enchaîna la liberté de toutes leurs actions et même dé leurs paroles. Napoléon) au commencement de la guerre, fit fusiller, un homme innocent, Palm, libraire d'Erlangen ; parce que ayant publié un écrit sui1 l'état humiliant de l'Allemagne , il n'avait pas voulu nommer son auteur. Cette action de tyrannie révolta les esprits en Allemagne plus que toutes les autres, antérieures
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et même postérieures , et le cri du sang innocent répandu n'est pas resté sans vengeance* <— Une révolte plus grave que celle que nous avond vue dans le nord de l'Allemagne* fyt celle des fidèles Tyroliens* % commandeur André Ifofer, Straub et Spèckbacher, Deux fbis déjà leurs bandes avaient chassé lesFran- « ç?is avec grande perte de leur pays» au moyen, de cette tactique de guerre particulière k ces robustes et audacieux montagnards et avec laquelle autrefois les Suisses avaient humilié l'olgveil de cette cavalerie autrichienne , l'élite delà noblesse. Toute l'Allemagne se réjouirait d» Voir que > sur chaque sOranaet de levjrs montagnes » la liberté trouvât une patrie ^ parmi des hommes qui parlaient la lafegue aile-» mande ; et elle espérait que la victoire viendrait enfin couronner une telle constance. D'autres espérances se montraient aussi d'un autre coté f les Anglais avaient débarqué une flotte considérable, sur les côtes des Pays-Bas et pris Pile Walchern. 11 semblait que sur ce point un grltitl coup allait être frappé contre la France. Mais toutes ces espérances n'étaient encdre que des illusions.
Bataille de Wagram, 5 et 6 juin t et paix de Vienne, 14 octobre* — Napoléon, après la bataille d'Aspern, avait fait venir des renforts de Bavièrej de Wurtemberg , de Saxe, d'Italie et d'Illyrie f de sorte qu'il était en mesure de repasser le Danube, et d'attaquer avec avantage l'arcl^duG Charles. Le passage s'opéra pendant Une nuit noire d'orages y pqrmi les éclats du tonnerre j et Napoléon livra , le 5