Le corps d'armée principal , en Bohême
CAMFlGNK DB 1843. 5ST
compose en grande partie d'Autrichiens, mais renforcé d'une division prussienne commandée par Kleist, d'une division russe commandée par Witgenstein, et de la garde russe conduite par le grqnd prince Constantin, était sous les ordres du feldmaréchal Autrichien, le prince deSchwartzenberg, qui, a uq grand courage et une grande expérience, ajoutait encore tout le calme, toute la souplesse de caractère nécessaire pour commandera une armée dp différents peuples ; elle était forte de deux cent tt ente mille hommes.
Cette position et le partage des alliés en trois armées , entraient dans un plan de campagne extrêmement habile ; car quelle que fût celle que Napoléon voulût attaquer, il avait toujours les deux feutres sur les flancs. Quand il quitta J)resde et la Lusace avec la plus grande partie de ses troupes pour se porter en Silésie, Blucker se retira, voulant sans doute l'attirer jusqu'à l'Oder; mais pendant ce temps-là, la grande armée des alliés s avança sur ses derrières far le chemin de Dresde; quand il tourna à droite, pour entrer en Bohême , Blucher alors se porta en avant , le poursuivit dans les passages de# montagnes de Bohême , et mit Napoléon entre dmtx feux. En* fin quand il transporta ses forces sur la gauche contre les Suédois , le prince royal ae replia, cemme avait (kit l'armée de Silésie, lui abandonnant à la vérité Berlin pour un moment; mais pendant ce temps-là , la grande armée de Bohême prifr Dresde et Leipeig, et toutes les provisions des Français en Saxe,
sBPTiàMi itfoQ&ft. 4643*— 4838.
AtapoUon noyait pas imagina que les alliés pouri**fpt avoir un plan si beau , et surtout l^xécutttr av#c tant de calme. Il comptait au contraire beaucoup sur les circonstances et surtout sur tes fautes de ses adversaires; et aes généraux partageaient ses idfot» Pleins d'une oonfiance aveugle dans la certitude-et l'activité du coup d'oeil de l'empeieur, ils disaient à chaque instant r s L'ennemi fera «tes fautes, mjm toifaberons sur lui et nous l'écraserons. »
Cependant les plus sages d'entre eux avaient Au» très opinions , et ils conseillèrent avec instance à l'empereur d'abandonner sa position sur l'Elbe, qui était trçp fortement menacée à droite da côté de U Jk&4roe. Le maréchal Oudinot lui écrivait eft» teç auMrtft ffeows : « que s'il retirait toutes scb gprnisons 4fP places fortes pour les réunir à son armée , #41 su repliait ejpndte sur le Rhin et mettant fte troupes le* pli** fatigué^ dww de bons Cantonnements, don* DUnt «p autres 4e» positions conformes à ses plans* afcri U pourrait toujours -dicter des conditions <fo pote ay« alliés. * Mais ui> pareil langage, quoiqtw cglut 4e la raison et 4* la modération , parut ihh folie £t wt homme puissant qui se croyait tant âi>deasus • des autjtgt; et son orgueilleuse opiniâtreté entrait 4af* les plan? 46 lft Providence pour notte détt- YiaBC*, *
Pour pe pas perdre F offensive , il voulut tomber avec toutes ses forces sur l'armée de Silésie et la battre , aiftgi réparée des autres; et afin que Tarpoiée autrichienne ne pût pondant ce temps-là venir de
IfoMmfl î«qi**éter ses 4^rière*> U HV^it plafié W m%r<folml Gouvicro-Sain^Çyr avec quaM&to hm)1§ UOTORies k Gie^hubel, à l'eatréa 4*s passages de* montagne*^ eu n&rae tempa le maréchal QadMMt devait marcW aur Berlin avec quatr^vi^* miOthotsmes. Si son plan avait pu réns$i?» le *mèa tftait infaillible; mai* l'habile et vieu* général qui commandait enSilésie était w aesgardes , çtqu*n4 Us aperçut, après plusieurs eombatedu 18 au 83 août , qu'il avait en tête les priuoipalea force* dea Fraii* faia (cfétait dans les environ* de Lœwmberç, anr leBober),il refusa la bataille, et conformément M plan tracé d'avance, il «retira sur Jauer. Napolén* qui j pendant ce tempe-là, reçut la nouvelle que TwM mée de Schwarzenberg s'avançait sur Dretde f ne pnl lé poursuivre, et il reprit la route de Dresd* à mam ebtq foncées avec la garde et le sixièAe eorpa d'artoéa, kââaoût.
. Le même jcwt le prisée royal de &*4d« «Iteq9*& les Français à Gross-Bœren , et les arrêtait dans leur marche sur Berlin. Déjà ils n'étaient plus qu'à deux 'milles de la ville, déjà Napoléon avait annoncé pu-' bliquemènt qu'Oudinot serait à Berlin le 23 août. Le général Régnier avait reçu Tordre d'Oudinpt,le23, de prendre la route de Gross-Beerenj la route de
BOO] septième époque. 4648— 4838.*
Berlin étaitouverte et il espérait y entrer en triomphe le lendemain matin. Malheureusement, la nuit devait non seulement tromper de si belles espérances ,mais jeter l'armée dans un grand dangbr. TouÇrà-eoup,le sôîr, ayant qu'ils se missent en route , pendant une grosse averse, l'ennemi vint tomber sur eux avec foreur; les Français ne purent résister , ils s'enfuirent en désordre du village et entraînèrent tous les autres dans leur fuite , laissant leurs bagages dans les bois , dans les marais , dans les landes; la nuit les y surprit et les protégea. D'un autre coté, 1 attaque du g&éral Bertrandsur l'extrême aile gauche avait été repoussée. dès le matin; alors le général français qui vit que F»nnemi était trop fort, n'osa s'engager dans une bataille générale et se retira sur l'Elbe en toute bâte. Berlin, qui était dans la plus terrible attente, retentit alors des cris" de joie et des milliers de eitojens sortirent de la ville pour venir au-devant de ses libérateurs et emporter les blessés. Apeu près dans le même temps ; le 27 août, le général français Gérard qui était sorti avec* une partie de la garnison de Magdebourg, reçut aussi lui unécheçprèsdeLubnitz etHagelsberg, et fut obligé de rentrer dans la place après avoir perdu un tiers de ses soldats. . / -
CÀMPÀGHE DE 481?. 864
Bataille de la Katzbach. 26 août.
Napoléon , en partant pour Dresde, avait laisse en Sikésie le maréchal Macdonald pour faire tête aux Prussiens -et aux Russes. Mais, dès que ceux-ci s'aperçurent du départ de l'empereur, ils reprirent courage et attendirent l'ennemi sur les hauteurs de la rive gauche de la Katzbach. L'attaque eut lieu le 26 août , *ers deux heures , entre Brechtelshof et Groitsch. La pluie tombait à plein temps , les chemins étaient défoncés et toutes les rivières et les ruisseaux étaient débordés et changés en torrents qui roulaient avec fracas dans les montagnes^ tout le ciel était dans la plus sombre obscurité. Une partie de l'armée française , qui s'engagea dans les passages^ des montagnes surja rive gauche de la Katzbach, ne pouvant être soutenue , fut forcée de se retirer en désordre ; mais dans leur retraite sur Lœwenberg ayant trouvé la rivière gonflée , le pont emporté, ils furent, atteinte et fort maltraités par la cavalerie. On fit beaucoup de prisonniers j les canons , les bagages qui n'avaient pu être emmenés furent la p*oie du vainqueur. Bien plus, le détachemgnt de Puthod qui avait été envoyé pouf prendre les Russes et les Prussierçs en flanc , n'ayant pu trouver un passage à Lœwenberg f fut tout entier taillé en pièces ou fait prisonnier. Toute cette armée de Macdonald firt alors dispersée et dans le plus grand désof dre , et on la poursuivit sans relâche jusqu'à ce quelle eût évaeue toute la Silésie.
*6* septième îtpoQtE. 1648—4838.
Bataille de Dresde. 26 et 27 août.
Le jour même de la bataille de la K.atzbaeh et le jdtrr suivant, les deux armées principales combattirent aussi avec opiniâtreté devant Dresde; mais ce n'était pas encore une affaire décisive. Le prince de £chwartzenberg et les trois souverains alliés , apr&t avoir forcé les montagnes qui séparent la Saxe de lu Bohême avec la grande armée et classe les Français de leur position k Giesshubel, étaiènlarrités devant Dresde le 25 août. La ville avait été Tortillée et pourvue d'une bonne garnison pendant l'arntistice ; cependant elle eût peut-être été emportée, si l'attaque avait pu se faîte un jour plus tôt. Les chemins de traverse dans les montagnes étaient si impraticables , qu'il fallait souvent mettre plus de vingt chevaux pour traîner un seul canon et que les gooreis *« pouvaient suivre pour entretenir Cette armée de cent mille hommes, fees troupes eurent donc extrêmement à souffrir de la disette. Oh se put arriver avant le 25 au soir, et le 26 à 0 heures du matin Napoléon entrait dans Dresde) une ptortie de son armée le suivait et passait déjà sur le p»at de l'Elbe. Son apparition était tout-à-fait inattendue v on le croyait encos* au fond de la Silésie. il s'entretint un moment avec le roi de Saxe et régla tout pour la défense. Déjà le grand jardin était occupé par les chasseurs prussiens qui faisaient feu à travers les bois et blessèrent un page auprès de
M. l/attaque principale eut lieu, sui1 lés quatre heure* de raprès-ttndi ; lés alliés èdcupaîént tôtite»ft* hëuteurs de la rive gauche de t'Ëlbe à une Béucf de distancé dé la ville. Sur «h Signal donné par tfôfe* étfïips (Je ôanott , ilâ se paftagèfi&nt en Si * point» d'attaque aveé chactln cinquante éahùna, dë^èfîidK tëtA des hauteurs au pas de chargé et vinrent $e rassembler dans la plaine. Alors commença un fëii terrible cd&iré leS retranchements français , lundis que Tiri^ fttùterie tentait une escalade. Quelques bataillons autrichiens emportèrent un retranchement ^teti hnît èàtïùnà i et pénétrèrent jusqu'aux tflUrS dé la tfflé ? fflftîs ils étaient en trop petit nombre pour garder fcette position > d'autant plus que Napoléon fit fiùfe» Htèî Sortir de ht c&valerié et dé l'infanterie au secours de sa batterie par plusieurs portée à la fois. Des deux côtés on combattit àvéé le pins grand coulage sous les tours de là tille* dé Sorte q«e lé* boulets, les obus, les grenades tombaient tnêthê afôutent dans l'intérieur, et ils y tuèrent plusieurs èitoyeas* Cependant l'armée de$ alliée, tyà avait ft éotebattre de* troupes bien ref ranehéj&s, ne peut §a venir à ses fins , et fut obligée de reprendre se* position» sûr lé» hauteurs ; la nuit mit fin au combat. Toute te trait , Napoléon fit arriver à Dresde de twravelles troupes qui passaient l'Elbe , et le tende* non matin à sept heures elles étaient placées en «Vaât de» retranchements. Il voulait forcer la gfcande armée des alliés à s'éloigner de sa principale gftaeff d'arme» et à repasser les rnooèègn»» de Btf*
564 septième tfOQpé. 4648—1888.'
Wme. L'élite de ses troupes était réunie autour de lui , et même sa garde devait prendre part à Faction , quoique habituellement il ne l'engageât que dans le moment décisif. Son but e*tait d'occuper l'ennemi par un feu bien nourri de sa grosse artillerie en faisant mine de vouloir se porter en avant; tandis que le roi de Naples viendrait tomber sur l'aile gauche des Autrichiens par la route de Freibergavec une nombreuse infanterie et l'élite de la cavalerie. Car comme l'armée française n'était pas serrée de près par l'armée autrichienne et qu'il y avait entre elles la vallée de Plauen, comme d'ailleurs la pluiç tombait par torrent, les Français réussirent en effet à cacher leur dessein et arrivèrent jusque sur l'armée sans être aperçus. Alors la grosse cavalerie , comme un torrent qui emporte tout, se jeta sur les bataillons autrichiens, la plupart de nouvelles recrues et sans expérience , qui ne purent même se servir de leurs armes parce qu'elles étaient tout humides. Ils n'avaient donc plus qu'à. choisir entre la mort et la captivité, et plus de douze mille hommes avec leur général Mezko furent faits prisonniers et amenés à Dresde.
Parmi les nombreuses victimes de cette journée était le général Moreau , qui venait d'arriver d'Amérique , où il avait été exilé par Napoléon , et avait apporté à l'empereur Alexandre toute son expérience dans la guerre pour l'aider à la délivrance de l'Aile* magne et de l'Europe. 11 fut tué le lendemain 4e son arrivée eu quartier-général, à quelques pas de
G^MPÂGNS DE 18ltî. 565
l'empereur, par un boulet de canon qui lui emporta les deux jambes. Il supporta les opérations des chirurgiens qui lui amputèrent les deux jambes avec tout le sang-froid d'un guerrier qui méprise la mort ; il mourut le 2 septembre à Laun en Bohême. C'était un homme juste et sévère, qui aimait la liberté de toute là force de son âme et a^ait mérité de devenir le' libérateur de l'Europe. Mais il semble que la-Providence voulût nous l'enlever dès la première campagne , afin que nous sussions bien que sans les secours de l'art et la sagesse d'un étranger nous pouvions trouver dans l'ardeur et la fermeté de notre confiance en Dieu le courage et les moyens de terminer cette guerre.
La disette où était l'armée faute de convois et Téchec qu'avait essuyé l'aile gauche , décidèrent les alliés k se retirer en Bohême , d'autant plus qu'ayant déjà la grande route de Freiberg coupée par l'armée du roi de Naples, ils apprirent que le général Yandamme arrivait en toute hâte avec une armée d'élite par Pirna pour leur couper aussi la deuxième grande route. Le dessein de Napoléon était d'anéantir cette grande armée des alliés , en la forçant de s'engager dans de mauvais chemins , des montagnes déserts et remplies de fondrières , où elle aurait été réduite à mourir de faim et de misère , ou à se rendre prisonnière; et en effet elle fut en grand danger, mais bientôt ses plans tournèrent à sa perle.
566 «BPTikM ÉP^Qim. 1648— 1£58^
Combat de Culn. 90 et 50 août.
La présomption , l'ambition et surtout l'espérance d'obtenir le bâton de maréchal par un actiop d'éclat poussaient le général Vandamme témérairement eii avant ; il pensa cependant faire éprouver un grantf échec à Tannée, Mais le 29 août, lorsqu'il atteignit la carde russe commandée par le général Qstçrnienu à Ventrée de la vallée de Toeplitz^ il trouva un? résistance insurmontable; On combattît toute la journée , et bien que les Jlusse» fussent inférieurs eu nombre et qu'ils eussent perdu la moitié de leur monde dans l'espace de quelques heures, bien que leur brave commandant eût lui-même le bras emporté par un boulet de canon , ils ne lâchèrent le terrain que pas h pas et sans se débander» Ce fut unp journée glorieusepour la gardç russe. Enfin le régiment de dragons autrichien» de l'archiduç Charles M joignit è eux et après" les derniers efforts ils réussirent à arrêter Vandamme. Cependant il avait toujours une position fort dangereuse pour Vannée des alliés, et il fallait l'en déloger coûte que coûte* Le 30 , il fut donc attaqué de nouveau par les Busses et deux divisions autrichiennes; c'était le premier jour que le soleil paraissait après huit jours d'une pluie continuelle. Vandamme s'était posté lort avantageusement sur les hauteurs de Culm et d'Àrbesau et ne voulait pas abandonner sa position. Il avait son aile droite défendue par une montagne à pic , celle de Geiersberg; et par la route de Nollen-
dorf qui traversait la moqtagne , il attendait le secours de Marmont, Saint- Gyr et Mortier qui étaient aussi à la poursuite des alliés et à la distance de quelques heures seulement. Bientôt les rochers, le* cavçrnes et les précipices retentissent du terrible fracas du combat qui est encore mille fois grossi par les échos. Yandamme fut inébranlable jusqu'à midi , quelques efforts qu'on fît. Mais tout d'un coup il aperçoit derrière lui, dans les hauteurs et les forêts d'où il attendait le secours, les bataillons prussiens conduits par Kleist qui descendent sur lui; ilp étaient parvenus par une marche oblique aussi heureuse que hardie à travers les montagnes jusqu'au village de Nollendorf et se trouvaient en dos de l'ennemi. Leur vue fut comme un coup de foudre pour les Français , il n'y avait plus à songer à la viotoire, mais seulement à leur salut, et aussitôt ils se jettent en désespérés sur les Prussiens avant qu'ils aient eu le temps de se ranger en bataille. C'est ainsi qu'une partie de la cavalerie se fraya un passage et s'échappa. Mais les Prussiens fermèrent leurs rangs et remplirent les vides f d'ailleurs les Autrichiens et les Russes avançaient de leur coté et resserrèrent Yandamme entre trois feux. 11 n'échappa que ceux qui se débandèrent et se sauvèrent à travers les montagnes. Huit à dix mille hommes avec les généraux Yandamme et Haxo furent faits prisonniers r et toutes les munitions, quatre-vingtTun canons, un grand nombre de chariots, des aigles, des drapeaux tombèrent entre lps mains des vainqueurs.
Napoléon fut fort mécontent de cet échec , et tout en louant le courage de son général il blâma sa témérité, en disant à #e sujet: «Quand l'ennemi s'enfuit, il faut lui faire un pont d'or ou lui opposer une barrière de fer; or Vandamme n'était pas assez fort. » *
Pendant que les trois' souverains de - Test de l'Europe assistaient, pour ainsi dire , aux succès de leurs armées, arrivèrent des courriers qui leur annoncèrent les victoires de Gross-Beeren et de la Katzbach ; de même aussi en Espagne le maréchal Wellington avait remporté une grande victoire près de Vittoria et plusieurs autres avantages. Alors ils ordonnèrent une fête solennelle à Tœplitz pour le 3 septembre, afin de remercier Dieu du secours qu'il leur avait prêté.
Bataille de Dennewitz, le 6 septembre.
Napoléon voulant compenser les pertes qu'il avait souffertes par de plus grands avantages sur un autre point, avait appelé son plus brave général, le maréchal Nej, qu'il avait fait prince de laMoskwa, pour lui donner le commandement de l'armée qui devait conquérir Berlin , à la place d'Oudinot. Le prince royal de Suède sut adroitement l'attirer dans le piège ; il fit semblant de vouloir détacher le général Wallmoden avec vingt-cinq mille hommes pour
OâMPÀGite ue 4813. •* 569
marcher contre Davoust7 et fit, pour cela des préparatifs extrêmement secrets en apparence, sachant bien qu&les espions ne manqueraient pas d'en avertir Napoléon. En effet Ney reçut aussitôt Tordre de quitter l'Elbe avec ses quatre-vingt mille hommes et d'attaquer partout où il rencontrerait Pennemi; parce qu'on croyait déjà les vingt-cinq mille hommes en marche sur le Mecklenbourg. Lemaréchal réussit cependant à tromper le prince royal sur ses véritables intentions par des marches obliques; et le 6 septembre , il tomba tout à coup avec toutes ses forces sur les Prussiens , commandés par Bulow et Tauenzien â à Dennewitzprès Juterbogk. Ce^fut une journée terrible pour les Prussiens, qui n'avaient que quarante mille hommes et eurept à soutenir les plus vigoureuses attaques des ennemis pendant toute la journée , jusqu'à ce que les Russes et les Suédois arrivassent. Les généraux français firent les plus grands efforts pour décider la victoire en leur faveur; le maréchal Ney s'exposa tellement au feu que la moitié de sa suite fut tuée à ses côtés; Oudinot luimême attaqua le corps de Tauenzien à la tête de ses troupes, et Régnier resta long-temps à combattre au milieu même des bataillons ennemis, comme s'il eût cherché la mort. Mais le courage des Prussiens fut inébranlable , bien qu'ils eussent perdu le tiers de leurs combattants ; et le soir, quand les cinquante bataillons suédois et russes avec six mille hoairofeg de cavalerie et cent vingt pièces d'artillerie se montrèrent^ dès les premières charges de cavalerie et lès
670 MPTifctfi tvotys* i648— 1858.
premières salves de l'artillerie légère, les Français prirent aussitôt la fuite ; mais la cavalerie/ qui se mit à leur poursuite , ne leur laissa point dç relâche. Us perdirent un grand nombre de soldats, quatrevingts estions et toute espèce de trophées, depuis le jour de k bataille jusqu'à leur arrivée sur l'Elbe.
Après des revers si multipliés dans ses généraux, Napoléon n'avait plus de plans d'attaque à faire, et s'il ayait pu entendre la voix de la raison, et de la modération, il aurait aussitôt compris qu'il ne pouvait défendre plus long-temps la Saxe. Mais la présomption , la colère , le désir de la vengeance qui remplissaient son coeur, obscurcissaient son esprit; et semblable à un joueur, qui dans son désespoir met toute sa fortune sur un coup de dé, Napoléon voulut tout perdre pu tout gagner et ne pa^ quitter la place.
Tout le mois de septembre fut donc passé en allées et venues de Dresde en Lusace , ou vers les montagnes de Bohême, soit pour frapper un grand coup *ur l'armée de Silésie, soit pour contenir la grande armée derrière les montagnes. Mais parlout les alliés se gardaient bien de combattre dans un lieu désavantageux , et ils s'arrêtaient toujours en telles positions que Napoléon n'osait les forcer j cependant toutes ces évolutions fatiguaient? aigrissaient, accablaient ses troupes.
Ainsi, quand le û septembre il se mit en marche sur Bautzen contre Blucher, celui-ci se hâta de repasser la Neiss, et Napoléon fut obligé de revenir
OMnawB pê M15« Vf t
sur Dr e*d<^ parce que déj à Wittgenstein s'était avaiw^ jusqu'à Pirna. A l'arrivée de Napoléon, les troupes sorties de la Bohême si retirent lentement Ver» les montagnes, et quand il les atteignit le 12 cent cinquante mille hommes l'attendaient dans une forte position à Culm. Alors il revint, et le 13 il était à Dresde. Ensuite on crut qu'il allait marcher encore unefojs contre Blueher qui menaçait l'Elbe de plus en plus* . Mais le 15 il repartit pour la Bohême, et dans sa mauvaise humeur, voulant se faire un passage pour aller* Tœplitz, il attaqua les alliés dans une étroite vallée, près de Nollendojtf. Ainsi ces montagnes retentirent encore une fois des fracas de l'artillerie; mais Napoléon ne put forcer le passage, et le général autrichien Kolloredo lui prit même quelques canons et quelques prisonniers. — • De. là il se porta sur Blucher qui prit une forte position sur la Sprée, et le 23 Napoléon rentrait à Dresde.
C'était un jeu ?ans résultat qu'il faisait et fort dé- . ^avantageux popr lui ; de plus, la disette se faisait sentir tous les jours plus vivement. Il était presque enfermé de tous côtés; il ne lui restait plus qu'une Qfcroite lisière pour ses communications par Leipzig avec la France. Encore était-elle souvent inquiétée par des chefs de partisans : c'était le général autrichien Mensdorf, qui plus d'une fois tint aux portes de Leipzig ; le général Thfelman qui avait quitté le service de Saxe et avait consacré son brasvà la cause des Allemands; c'était Czérniohèff, avec ses Cosaques, qui pénétra jusqu'à Gassel , chassa la reiee
572 septième époque. 4648—1838.
de Westphalie de sa capitale et revint chargé de butin.
. Ainsi la route n'était pas s&re et Napoléon ne pouvait envoyer de courriers ni en recevoir. Voulant cependant assurer ses communications, il donna Tordre au gênerai Lcfebvre-Desnouettes d'àileravec huit mille hommes d'infanterie et la cavalerie de la garde chasser toutes ces bandes insolentes. Mais il fat battu à Zeitz, le 28 septembre, par les généraux Hettman, Platow et Thielman , et il n'osa plus ensuite se montrer en face avec. eux.
Combat de Wartenbourg, le 5 octobre.
Quelque glorieux que fussent ces événements pour .les armes allemandes , et quelques pertes qu'ils causassent insensiblement à l'armée française, ils n'étaient cependant pas assez décisifs ; «t lamalheureuse Saxe avait horriblement à souffrir de la présence de si gitndes armées.
Blucher, qui portait encore malgré son ^ge toute la fougue de la jeunesse, ne pouvait souffrir une si longue incertitude, et il çésolut d'aller donner la main à l'armée du nord, qui avait déjà jeté un pont à Dessau et fait plusieurs tentatives. Tout d'un coup par une contte-marche rapide aussi téméraire qu'inattendue , il arriva à Jesseti sur l'Elbe pendant çu'on le croyait à Baulzen; et tandis que la musique arou-
* campIgîie de 4813. *ra:
sait l'ennemi dans son camp , il jetait deux poyts sur l'Elbe pendant la nuit, et le lendemain 1 armée de Silésiese trouvait sur la riv^gauche. — L'entreprise «'était pasj^ans danger, d'autant plus que le général Bertrand se trouvait dans le pays avec une armée de vingt mille hommes et dans une forte position, à Wartenbourg. A peine eut-il le temps dé se. ranger en bataille, ne s attendant poiqt àufie atta~. que^ de même que les Prussiens ne croyaient paa rencontrer une armée française si impartante. Cependant York, sans hésiter, attaqua aussitôt les avant-postes qui étaient fortement retranchés der* rière les chaussées de l'Elbe j le combat fut extrême* ment sanglant , parcje que l'intervalle entreries chaus-, sées et l'Elbe n'était qu'un marais fangeux. Cependant les Français furent obligea de céder après avoir , perdu envirdn mitie prisonniers et treize canons; maw les Prussiens avaient aussi extrêmement souffert et surtout les régiments de la landvehrdeSilésie,com«<; mandes par le général de brigade Horn, qui se distinguèrent particulièrement. York reçut plus tard du roi le nom de York de Wartenbourg.
Blucher marcha de là sur Duben et se réunit à l'armée du nord qui était elle-même arrivéeà Dessau sur l'Elbe. — Dans le même morqçnt la grande armée, quittant la Bohême, laissa Napoléon sur sa droite dans Dresde pour traverser les passages du Ertz et arriver dans les grandes plaines de la Saxe; Le 5 octobre, cette armée avait établi son quartier* général à Marienberg, #
KTt siPTiÈMi érûQfc*. 4648—4838.
fréitaiiltires de> batalllç de Leipzig.
Napoléon ne pouvait pas rester plus longtemps dus Dresde ; les grandes aimées dès confédérés me* na^îuut de se donner là main sur ses derrières et de lui couper le chemin delà France. Use mit donc ea marche le *7 octobre et le roi de Saxe Paccom-' pftgna. Il laissa dans t)resde un cot-ps d'armée de vingt-huit mille hommes sous les ordres du marital Qotivioii*9aint*-Cyr, et cette circonstance té- M6igM amez qu'il n'était pai tt&core décidé à qtàt~ ter l'Elbe. Sa confiance en son ancienne fortune était ai §rand« y il avait tm tel taépri* pour ses ennemis , qu'il se félicitait de le* voir se réunir tous cfcn* 1» plaine de I*ipsig$ parce qu'il pensait pouvoir ser promener au milieu d'eux comme ta foudre, les dé* tiettnfr, frapper & droite et à gauche, le* écraser, les anéantir et revenir en triomphe à Dresde;
Le premier coup qtiïl voulut frapper était m» Vàrtaùû de Siléfcie. Si Blticher Se laissait atteindre 4 il voulait l'écraser par Une grande supériorité de fttteee; si ce général , craignant pour lui et pour Berlin qui restait presque sans défense , se retirait sur l'Elbe à 60n approche , alors il se jéterait sur la .grande armée de Bohême. Mais quel fut son éton* ttéuient quand il arriva le 10 octobre à Duben, de ne pas trouver le général, prussien et d'apprendre qn'ad lieu de se retirer sur l'Elbe il s'était mis derrière la Saal, en position de se joindre aussitôt à
l'armée de Bohême quand elle arriverait fon* lu environs de Leipzig! Alors il ne lui restait néri autre chose à faire que de se retirer lui mémtf sur Leipzig et d'y rassembler toutes ses forées* Ma0 avant que toutes ses troupes pussent se réunir il passa quatre jours d'ennui à Duben, petite fille éê Saxe* C'était un vrai supplice pour Napoléon que dé m pouvoir pas oeàduire la guerre et d'être obligé d'attendre le parti que prendraient les alliés. De •erteque pcndanUces quatre jours on le voyait , lui ai actif et si occupé, assis comme un désoeuvré à une grande table f avec ube main de papier blanc m& kqiiéfc il peignait de gros caractères de lettres , totjt abîmé dans tes pensées.
Déjà toutes les troupes françaises étaient à Leip^ «ig, et le maréchal Àugereaa arriva le dernier, lus 12 et là octobre f venant de Naumberg aveè qtliftlfe mille homme** de vieilles troupes i particulièrement delà cavalerie qu'il amenait d'Espagne, sur lesquelles jfopolëon comptait beaucoup , et il entra lui-même * Leiptig k 1À octobre, sut le midi, La plus gtiiidfe jtertie dfcson année était campée près de Wacban, à une lieue et demie sud -est de la ville, et attendrit là 1 armée principale «les alliés que conduisait le prince deSchwartzenberg, qui ne sefit pasloûg-tempr f&tendre* Déjà sa cavalerie était en état de faire tête et elle fit sentir le même jour Sa présence au* Français j près de Lkberttfolkwitz. Le rot Murât i'était mis à la tête de six escadrons de vieiïie cavalerie qui venaient d'arriver dY£spagne et voulait
rappeler aux allies le souvenir de la valeur de la cavalerie française ; mais ils eurent affaire à une autre troupe aussi solide. Les escadrons russes , autrichiens, nrussiens, se précipitèrent sur eux avec tant de fureur qu'ils les mirent en désordre ^ et Murât luimême y courut le plus grand danger d'être fait prisonnier. Car un officier qui le poursuivait lui criait déjà : Arrête! arrête! quand cet officier fut tué par un domestique du roi.
D'après une liste qui a été prise j l'armée française comptait encore deux cent huit mille homiftes de trois cent cinquante mille; les autres avaient été moissonnés dans les combats précédents. Et si l'on retranche de ce nombre les vingt-huit mille hommes qui avaient été laissés à Dresde, il reste cent quatrevingt mille hommes qui combattirent à Leipzig. Napoléon rangea cette armée en cercle autour de la ville; car la bataille était inévitable. C'était encore alors une belle et puissante armée; les plus lâches avaient déserté dans les mois précédents ; les plus faibles avaient été emportés par la fatigue des marches, le froid des nuits, par la pluie, le froid, le vent, la faim et par les maladies. Ce qui testait était l'élite , des sol4ats robustes qui ne reculaient - devant aucuns dangers, et qui alors attaqués de toutes parts par des ennemis en fureur, savaient bien qu'il n'y avait de salut pour eux que dans leur valeur. C'étaient d'ailleurs destiommessi pleins de confiance en leur maître, qu'ils se croyaient encore sûrs de la victoire toutes les fois qu'ils se trouvaient réunis
CAMPAGNE DE i%\%. 577
autour de lui. Pour celui en effet qui aurait considère ce terrible mouvement de troupes, ces Tangs agités qui dans ce jour traversaient Leipzig, chargés d'armes brillantes, il y avait bieu plus d'une raison de tretnbler pour la délivrance de l'Allemagne; aussi; malheureusement, ce ne fut. que par beaucoup de sang répandu, après avoir sacrifié là fleur de leur jeunesse, que les vaillantes armées allemandes et russes purent obtenir le grand but qu'elles se pro-. posaient. * '
Napoléon chercha tous les moyens d'enflammer encore davantage ses guerriers. Il nomma des généraux, proposades avancements, distribua des croix, des marques d'honneur et donna dés aigles à plusieurs régiments. C'était une grande fête militaire dans tout le camp français, comme toujours la' veille des grandes occasions. Ces guerriers ensuite s'exposaient aux plus grands dangers pour se rendre dignes des distinctions qu'ils avaient reçues.
De son côté Schwarzenberg, général en chef de l'armée dès alliés, ne négligea pas d'encourager ses troupes en leur montrant que c'était le moment décisif et qu'il s'agissait pour eux de ^liberté et de la délivrance de leur pays. -
Bataille de Leipzig. 16 1 18 et 19 octobre.
L'armée française n'était pas si bien assiégée dans Leipzig qu'elle ne défendît les approches à environ t. ii. 37
«8 sEfTifcjp *poftps. 46*8—1858.
Hue lieue et demie de tous côtés, si ce n'est que ver# l'ouest ? sur le point de Liodenau > paroùNapoléoa ue ^'attendait à aucune attaque sérieuse , le général Bertrand jetait qu'à uue deçai -Lieue de la yjlle avec le quatrième corps d'année.
Le 1 5, dans la nuit, le prince de Schwarzenberg fit partir trois fusées blanches, afin qu'elles rassortissent 4'autaqt mieux dans l'obscurité, pour donner |e sigrçal conyenu à l'armée de Silésie , de l'autre côté de Leipzig; et bientôt après on en vit briller au nçird quatre rouges pour seïyir de réponse , et alors fous les coeurs tressaillirent de joie à cette reconnaissance. - La matinée du 16 était extrêmement désagréable et nébuleuse; mais, sur les neuf heures f après que Jp signal eût été donné par trois coups 4e canon, quand toute l'artillerie fit retenir ses tonnerres et t>rill^r ses éclairs, alors les nuages se dissipèrent ,1e pie! deyint serein , et toute la journée le soleil Jbrilla sur le sanglant chamade bataille t le, feu de l'artillerie jfta jt sj terriblç , que. , à la lettre , Ja %errç çp trewr Hai[ j <?f qHe 4e? plu^ vieux guerriers assuraient jju'ils avaient encpre jamais çnteundu un $i gf- ^-pyable fracas; icar Ujpavait biensix cents bouches^ feu du côté dès Français , et huit cents pu mille ffyi côté des alliés* Dans Leipzig , qui était le point Central deiout ce tumulte , on entendait le bruissement des armées les unes contre les au très, et de ses tours on voyait le feu et la fumée dé tous côtés r cependant, le premier jour, les Ij^es de bataille éujeot
J# baille se liyraif; sur trois points prirçqjj*!!** mais rengagement le plus sérieux était pu sud-esj de la ville, près de Markkleeberg , W^ch^u ç$ J4ateitwolkwilz où combattait la grapde aro^e 4$* allies; ensuite à l'ouest, près deLiadenau, eptre Bertrand et le général autrichien Giujay ; et enfin t au nord, vers Mœckern et Liendepthal , euftp Blpcher et le maréchal Marmont; de ce côt^ cp fut une bataille particulière qu'on appela la bataille 4e AJœckern.
Le prince . de Schwarzenberg avait placé sur l'extrémité de son aile gauche, de l'antre coté de la Pleiss , le général Meprveldt qui devait attaquer en flanc l'aile droite des Français. Là , se trouvait le prince Ponialpwsky avec ses Polonais , qui comme d'habitude combattirent avec le plus grand courage; au centre étaient les Russes et les Prussiens, Comman? dés par Wittgenstein et Glarck ; à l'aile droite les Autrichien commandés par Klenau. Toutes ces prmées s'avancèrent d^s le matin pour l'attaque. . £.e général Kleist se dirigea sur la gauche vacs |(arkilegberg , le prince de Wurtemberg pénétra m$gue au cputpe dans \V3chsp avep les Russes et le? prussiens, £çs Autrichiens sous Kleaau g'efnparèreqt gijr J9,4roife'de Kolpaberg , prèsdelie^ertwolkwite. |ou§ les rçflgsfrapçaM reculèrent donc, et Napoléon getrquva >i F^ d*8 ?w* enuçmisavec sa garde que plusieurs personnes de sa suite furent tuées par de? bpulets j mais Napoléon n'était pas homme à abandonner la f iptoire pour un premier assaut. Au mt-
K80 septième époque. 1648—4858.
lieu de tout le tumulte de la bataille, tout en considérant de tous côtes ce qui se passait autour de lui, il avait préparé deux redoutables colonnes' d'attaque à droite et à gauche de Wachau , avec l'élite de son infanterie , de sa cavalerie et de son artillerie; et quand il jugea le moment favorable, sur le midi il lança ces terribles guerriers. Cette a'ttaque, qu'il avait lui-même préparée, faite sous ses yeux, *fut si impétueuse que les alliés furent obligés d'abandonner les villages qu'ils occupaient et de se retirer dans les lignes d'où ils étaient partis le matin. Les Français s'emparèrent même de plusieurs hauteurs de l'autre coté du village, emportèrent la bergerie d'Auenhain , s'avancèrent jusqu!âu village de Gulden-Gossa et conquirent sur l'extrémité de Faile droite des alliés les hauteurs appelées les Retranchements suédois, qui dominaient au loin tout le pays; La victoire semblait, vouloir se déclarer pour Napoléon , déjà l'aile droite et l'aile gauche étaient presque séparées de leur centre, et à trois "heures Napoléon envoya à Leipzig un courrier annoncer sa victoire au roi de Saxe et faire sphner toutes les cloches. Ce devait être un son bien sinistre pour les coeurs- allemands renfermés dans l'enceinte de la ville ! mais bientôt ils purent reprendre courage ; ca-T la canonnade ne discontinuait pas , le bruit ne s'éloignait pas davantage et semblait même se rapprocher en certains endroits.
Les officiers du prince de Schwarzenberg qui reconnurent 4u clocher de. l'église deGatrtsch, d'où
C1MPÀGNE DE 1813. 581
ils considéraient tout le champ det bataille , le véritable danger de leur armée , le peignirent au général qui sentit que c'était un moment décisif. Il était important de ûe laisser aucun avantage à un ennemi contre qui toute l'Europe s'était déclarée, quand toutes les armées étaient en. présence. Alors , il fit avancer la réserve autrichienne sous les ordres du prince héritier deHesse Hombourg. Les cuirassiers d'Albert et de Lorraine, de François, de Ferdinand et de Sommariva s'avancèrent à travers des chemins difficiles, traversèrent la Pleiss et se jetèrent sur les bataillons français qui s'étaient enfoncés à droite de Wachau et les forcèrent de reculer ; et la communication de l'aile gauche avec le centre fut rétablie. Ainsi le brave Kleist, qui avait si vaillamment défendu Markkleeberg contre tous les efforts des Français , se vit alors déliré par les Autrichiens sur les cinq heures , et il put prendre enfin un moment de repos , après une si sanglante mêlée. De l'autre côté, la colonne de gauche de Napoléon, avec l'impétueux Murât, en tête, était déjà arrivée jusqu'à Gulden-Gossa , et faisait les derniers efforts pour s'emparer de ce village. Si en effet ils avaient pu y réussir, l'armée des alliés était rompue et rejetée dans les marais de la vallée de Gosel. Déjà leur bataillons sont au milieu du village ; d^jà les cuirassiers français , dans une attaque impétueuse , ont emporté une batterie de vingt-six canons etécrasé sa garde ; ils ne son! plus éloignés que de quelques centaines de pas de la colline sur laquelle les monarques de Prusse
&8S sBFTdtits époque. «48—1858.
et de Russie observaient lècombâft^ l'éttâg . <f é Gossa est entre eux ; alors l'empérefir Aieiaitdrë donné l'ordre d'attaquer aux cosaques du Don de ââ gardé , commandes par le comté Olow-Denissoifr ) lié èë jettent Sur les escadrons ennemis la lancé eriairéfc avecdèé erîs dé jbié. Céui-cl hé peuvent soutenir titt wioc si impétueux* ils sont rompus, et presque toute l'artillerie perdue est reprisé. Le général fraS- £ais qtiî Commandait cette cavalerie * le meilleur de lotis les commandants de cavalerie de Napoléon , le 6*âtë Làtotfr-Hàûbôûré ,| eut là • cuisse écrasée^ danà tiifè charge.
Le danger était passé , l'ennemi avait perdu sefe âtàiitàgfes. Cependant il était cibq Heures et le jour fffififesàit; ^uafad ]tf tirât teHta une dernière attaqué cotitrè Uùldtn-Gb^à. Al&fs là terttblë artillerie ènfcorè uriè Mé ëbrâtîla H terré; et leâbabitkrils dèGossà, rëiiffefthës flâné lfeâ fcàves voûtées dti châtfeati, crùfeât, 5 cet fiorHmë Fr$câs; (juè la terré Couvrait sous leurs pà£. Kfâfe Fltitâquë jfut Vâièurfeiiserïiërit fcotiteniiè prir ffe prince de Wiirtëitibérg k là tète des grenadiers rus&s, et jpar les Prussiens conduits par Pirch et Jàgdtv; fefe Fut de ce ëôtë lé dernier effort de bette journée. Léb Autrichiens avaient aussi réussi à reprendre là bergerie à'Âuërfhairi. Alors la miit survint et mit fin au combat.
Ainsi, Sprès dii heures d'une lutte Sanglante; les armées se trouvaient sur ce côté à peu près dans les friéfries positions que lé matin ; £i ce n'eàt que les FftnÇaft cBiiSërvâîérit eh leur jrâïssâHce iëé rètnin- .
CÀitPiaxE Di 1815, B8S
chémenfè suédois) tandis que les Autrichiens et \ei Prussiens, dans un autre point, occupaient la moitié du village de Màrkkleeberg.
Le plan des alliés avait un grand but qu'ils ne purent réaliser, puisqu'au contraire l'avantage de cette sanglante journée resta plutôt à Napoléon : c\fc tait de lui couper la retraite sur là SaàK Une division autrichienne avait été envoyée d'avance à Weissenfels, le général (ïiulày devait s'emparer dé Lindenau, et'le général Meerveldt, avec l'aile gauche, fc avancer sur la Plèiss et marcher contre Leipzig. Si tout avait réussi, et si, en même temps, Blucher se fut porté en avant $ur le nord-buest; l'armée française eût été coupée et perdue; radia Gkday combattit inutilement toute la journée^ devant Lindenau, cotilte té ge'riéral Bertrand. Le retranchement fut k là vérité ùîï moment en son pouvoir, inais bientôt repris paf leà Français ? et les Autrichiens furent obligés de g& retirer. Le général Meerveldt était encore plus rfialheureux ; il fît de nombreux ëtfbrts {tour pénétre* de l'autre fcôté de la Pteisà et déloger les Pdloflate de Doëlitz \ Lœsnig et Conne^vitz ; tirais lés marais et l'opiniâtreté de Pennemi arrêtèrent toutes àeà tentatives, et quand ehfin vers cinq heures du sôîrirpar vint &s*ëiûpdrer de Dœlitz, arriva tout d'uii fcotfp lifaé partie de la garde que Napoléon envoyait atl secours des Polonais. Lès Autrichiens, pressés de tous côtés, Ibrent accablés , et leur valeureux commandant/ut lui-même fait prisonnier , ayant perdu son cheval tué sous lui au moment d'une charge. C'était ttne
584 septième époque. 1648—1858.
bonne fortune pour Napoléon T et il résolut dès le
lendemain dé se servir du général Meerweldt pour
tâcher de séparer l'empereur François des autres
alliés.
Mats Napoléon perdit à Mœckern, contre Blucher, trois fois la valeur des avantages du combat de Lindenau et de la prise du général Meerveldt; car au moment même qu'il faisait annoncer sa victoire à Leipzig, que toutes les cloches retentissaient et donnaient un nouveau courage à ses guerriers par leurs sons trompeurs, Blucher renversait ses espérances trop précipitées : il ne l'attendait pas si promptement sur le champ de bataille,. quelque rapide qu'il connût ce vieux guerrier. Il arriva sur les midi , et fit aussitôt attaquer Mœkern et le maréchal Marmont par toutes les forces M'York , et Gross- Wiederitsch et Klein- Wiederitsch par Langeron; puis comme les deux points étaient trop distants l'un de l'autre, Sacken se plaça au milieu pour seyvir de réserve et porter du jsecours à droite et à gauche.
Un grand souvenir se rattachait à ce champ de bataille, c'était celui où Gustave-Adolphe avait battu Tilly, le destructeur de Magdébourg. *
Les Prussiens eurent à soutenir la plus opiniâtre lutte dans Mœckern et aux environs ; le maréchal y aVait réuni ses meilleures troupes et cinquante pièces d'artillerie, qui faisaient un ravage effrayant dans leurs rangs. Trois fois ils s'étaient emparés du village, et trois fois ils l'avaient perdu. Une foule de braves guerriers, et surfont paroi lep chefs , avaient suc*
CÀMPÀGKE s* 1813. > 685
combe et arrosé le champ de bataille de leur sang. Ce fut le jour le plus meurtrier de la guerre pour Parmée d'York.
Mais elle ne. chancela pas, et toujours de nouveaux bataillons accouraient sur le village qui était tout en feu , sans songer à la mort que lançaient les terribles bouches à feu de l'ennemi , qui déjà avaient couvert le champ de bataille de^ang et l'avaient jonché de cadavres* Cependant tous avaient été écrasés et il ne restait plus que la brigade de réserve du général Horn. C'est alors que Blucher donna l'ordre au général Sacken de marcher au secours sur Mœckern ;mais la distance était trop grande, et York vit bien que avec la. fureur des combattants il lui fallait chercher son salut dans ses propre.s forces et obtenir un succès avant l'arrivée des secours. Alors il dépêcha un aide* de-camp au général Horn qui était dans, la plaine pour Jui représenter le danger' qui le presse. «Eh bien! repond Horn, nous allons faire un hourra . » Alors il fait'avancer son infanterie au pa| de course; en poussa nt.de grands cris, sur l'infanterie ennemie et se jette sur lesbatteries à gauche duvillage; avant qu'elles aient pu faire trois décharges elles étaient emportées et l'ennemi était obligé de plier. Plusieurs caissons de poudre que les Prussiens firent sauter au milieu de- leur rangs achevèrent de mettre le désordre; les nftrins de la garde furent eux-mêmes vivement assaillis, et malgré toute leur opiniâtreté, ils ne purent soutenir cette attaque} (fautant plqsquc les hussards de Me^lenbpurç,qni
*80 swnfcics 4to*0s. 4*48—1858.
se jetArent sur les carrés , les eafoncèrerifret les fcttP bâtèrent : presque tous ces guerriers se firent tuer dans leurs rangs. Rien alors ne pouvait plus les arrêter, et ils poursuivirent les Français; jusque de l'autre côté de la Partba. Langeron de son côte, à M tiéte dés Russes, avait combattu avec non moins de Murage et emporté les villages de Gross- et Klèiti- Wiederitsfeh avec treize carions. Dé sorte que Marmont se trouva lé soir sur là rivé gauche de fâ Partba, non loin de Leipzig (*).
Alors tout le vacarme de la bataille était tôffcbë j et les épouvantables bouches à feu Se reposaient: h leut place, dans mille endroits à .une grande distance autour de Leipzig, on voyait de gr%hds intendies et de petits feux élever leurs flammes à tra^ Vers l'obscurité de la nuit» Huit villages et petites villes étaient en proie à l'incendie: Eutritsch; Lindenau, M arkkteeberg, 4>œlitz > Liéberwolkwitz £ Seiffersham, Rrœbérti et Wachaû; dans Tinterval le brillaient une infinité de feux de camps des grandes armées qui se trouvaient réunies sur uèl espace de quelques lieues. Des tûilliers dé guerrier* gisaient sansr vie sur le4 champ' de bataille; des milliers combattaient encore avec les angoisses de là
(*) Le maréchal Hey avait mis une partie de son corps d'armée à la disposition de l'empereur contre Schwarzenberg, et n'avait que 55,000 nomme* à opposer à Blucher qui en avait 60,000.. D'ailleurs Marmont fut blessé et cet accident contribua encore au désordre. (Labaume, Hitt. de la ChuH
mort, qu'ils appelaient pour finir leurs souffrances: Citait l'œuvre d'un seul homme, de cette âme de fer, insensible aux douleurs de l'humanité, qui alors encore préparait de nouvelles victimes ! ■-
17 octobre,
t>e jour suivant Napoléon eut recours à tous lfe s moyens de l'art pour diviser les alliés et ûbtenit une suspension (Pannes , pendant laquelle il jpëuf* rait sortir d^sa mauvaise position. Mais les propositions qu'il fit faire à l'empereur François} Jtà? l'entremise du comte Meerfeldt > ne forent j>oltti écoutées ; parce que l'on connaissait ï'upihiâtretë de èàn caractère, qui né cherchait alors qu'à gagner du temps* S'il n'avait eu, comme il Iè déclarait; que l'ihtêritiori d'épargner le Sang humain, il devait partir le il pour faire cette même retrait^ qu'il ftit obligé de faire deux jours plus tard,. affres. avbiir perdu cinquante mille hommes; dé plus. Il durait êà d'ailleurs s'apercevoir dans les combats du 16 qn'H île pourrait jamaià battre les vaillantes armées dés alliés 11 n'avait plus de renforts à attendre, tout cfe qu'il avait était réuni autour dé lui; les alliés ad contraire avaient de très fortes réservés. Le princfe royal de Suède arriva pendant la nuit; chassant devant lui le général Régnier, dont le corps d'armée était composé pour la majeure partie de Saxons,
qui trahirent leurs alliés. fienningsen arriva le matin avec, une nouvelle armée russe., etKolloredo à midi avec une division autrichienne. Cependant Napoléon ne pouvait se décider à quitter le champ de bataille tant qu'il y aurait une lueur d'espérance; et s'il eût donc encore montré alors cette -ancienne activité qui lui avait si souvent donné la victoire ! Car, puisqu'il avait toutes ses forces réunies , il devait aussitôt attaquer les. alliés qui allaient recevoir des renforts le lendemain à différentes heures. Au lieu décela, il perdit tout le jour en de vaines négociations, croyant encore à la puissance de sa parole. Mais l'Europe avait changé ; ses souverains étaient animés d'une noble et grande confiance et les peuples étaient tous également enthousiasmés pour l'honneur et la liberté.
Le 17, il n'y eut que du côté de Blucher qu'eut lieu un court engagements . Pour resserrer encore davantage les Français dans Leipzig, il fit attaquer la cavalerie du duc de Padoue, beau-frère de Napoléon , qui était campée à peu de dîstatace de Leipzig, du coté de la porte de Halle, par deux régiments russes, les hussards et lès Cosaques. Cette cavalerie voyant la lutte inutile , se retira aussitôt vers la ville derrière l'infanterie; mais les Russes la poursuivirent jusqu'aux portes, lui tuèrent du monde et prirent cinq canons. L'infanterie française étonnée se retourna et fit feu sur eux ; alors ils §e retirèrent tranquillement emmenant leurs canons et leurs prisonniers el reatrèrent fans leurs positions»
i^octobre. • * "
BenningsenetKolloredo étaientarrivésà lagrandé armée le 17 au soir, et le prince royal de Suède entrait au même moment à. Breitenfeld , une lièue et demie de Leipzig. Le grand réseau qui enveloppait Leipzig devenait, donc "de plus en plus rempli au nord, à l'est et au sud; il n'y avait d'issue pour les Français que du coté de l'ouest par Lin*denàu, pour gagner la Saal,. et de là les bords du Rhin.
Enfin se leva légrahdjour danslequel la couronne du grand conquérant devait être brisée. L'Europe entière se tenait en armes pour combattre une partie contre l'autre. Depuis ses extrémités Içs plus reculées, par où elle touche l'Asie, jusqu'au -mers, de l'Atlantique, de la Méditerranée et de la mer Glaciale, de touscôtés elle avait envoyé des guerriers à, Leipzig.
L'arc de cercle que Napoléon avait tracé autour de teipzig devait donc être attaqué de trois côtés : au nord par lé prince royal de Suède et Parmée de Silésie; à -l'est par Benniugsen qui avait sous son commandement, avec les Rùsses> lés Autrichiens dé Klenau et une division prussienne conduite par Ziethen; au sud, du devait être l'attaque principale 1 paveeque c'était là aussi le point le plus fort de Napoléon. Le général en chef divisa son armée en deux giands corps, dont le premier composé des
g$ •ipnfcifE teoQu*. 1648—1838.
Russes et des Prussiens , conduits par WUtgensteîn et Kleiaty devait, attaquer le. point central des Français, et le deuxième composé de l'élite de l'armée autrichienne, pous la conduite du prince royaj. de Jlesse-Hombourg, devait déloger le prince Poniapçmskj de la Pleiss où il s'était maintenu avec tant d'opimâtreté, et le forcer de se replier sur.Lpipzjg,
Napoléon de son côte' avait rétréci son cercle, afin devoir plus de solidité. Il avait abandonné les villages de Wachau et LiebçrwolkwiU , autour desquels {an t dp sang avait coulé le 16^ et pris Probsthejd^ pour point central; il se tenait lui-même avec sa garde entre ce village et l'aile droite sur Ja jBleiss. Jl ayait pris pour sa position une petite élévation fui* laquelle était un moulin percé de tous cotés ^ Jjipoifié en ruines. (Test là qu'il <:oirçmença la journée # jlj était encore quand elle finit.
^ fruit heures sonnant , le combat s'engagea; Jç j^nce héritier de Hesse:Hombourg s'avança sur 1§ Pleiss, vis-à-vis Dœlitz, et attaqua ce village. |ue$ Eo? Jgg$4§ et les Français, sous le prince Poniatowstj, te (Refendirent comme des gens, réduits au désespoir, j$ la lutte fut opiniâtre et sanglante. Plusieurs fois Jjgs Autrichiens furent repoussés ^ leur vaillant comg^ndaqt fqt lui-même atteint de dèu$ blessures rtf ftçllorç^opriUe commandement en chef à sa plac^ Eflûu,^eçondé par Bianti, il réussit à s'emparer de Bfcjplitz , deDoesen et deshauteurs de la rive droite $ à s'y maintenir tout le". jour* malgré Oudinot et J» garde qui arrivèrent au secours des Polonais,
CiMPAGNl DE 48i3. £04
A leur droite, les Russe? ej^es Prussiens avaient aussi obtenu des succès et poussa les français toujours combattant jusqu'auprès de Probstheyda , où ils se trouvaient à midi , en face de Napoléon. Là eut lieu la lutte la plus acharnée , parce qu'à sa conservation #fyi\ attaché }e salut de l'armée. Napoléon y %vait ^uni de nombreux bataillons de toutes armes , y avait élevé de nombreux retranchements, et luijftéifte §e tenait là avec sa garde pour porter du sejppurt au premier moment. Presque tous les jardin* du village étaieut entourés de murs en terre grasse, ♦ Jes Français s'en servaient comme de rempart, et ^r^uifeut deà: meurtrières, ils se portaient derrière; rde sorte que chaque maison était presque devenue 4ine citadelle. Cependant les divisions prussiennes gpns le. prince Auguste etPirch, pénétrèrent un moment dans le yillage/apr è^ une attaque héroïque j mais. «Ile? ne purent s'y. maintenir. Ayant nue deuxième 4pw refçrm£ leurç? rangs devant le village pour feire nue nouvelle atteque, ils n'eurent pas. plus de succès. De nouveaux bataillons russes essayèrent encore de recommencer cette sanglante entreprise, et ne guxent jamais s'emparer du village. Le carnage avait Ai gi çffroyabie, que lpjs morts obstruaient le pasjpgç> Çojçhien de jeunes gens y onM^rifitf à notre iiber^lespi^uiiers moments de leur vie-, et combien ^égnitable tf heHe la pensée de ceu* qui, en m#r jftpire de cette grande lutteront élevé une croj*d#us <$$ çn4r<çU £ Prpbstheyda! Les trew fl»n^rqnep
502 septième époqui. 4648—1838.
témoin» des efforts surhumains de leurs troupes. A cinq heures, ils donnèrent l'ordre dé céder et d'épargner leurs guerriers ; car déjà la victoire s'était assez, prononcée sur d'autres points /et à dix heures du matin Napoléon avait déjà donné l'ordre au général Bertrand de se retirer sur la Saal avec ses troupes ; c'était une preuve certaine qu'il voulait opérer sa retraite. . .
Tels étaient les événements au sud de l'ordre de bataille ; à Test le général Benningsen attaqua tè maréchal Macdonald chargé de défendre les lignes françaises .sur ce point. Le maréchal se cle fendit avec le* plus grand courage , particulièrement dans HoTzhausen qui fut plusieurs fois, pris et repris. Cependant, sur les deux heures de l'après-midi les Autrichiens secondés par les Russes, réussirent à s'emparer de ce village, et les Prussiens de celui de Zuçkelhausen; alors Macdonald se retira sur Stœtteritz, à, peu de distance de Probstheyda ; de sorte que toutes les troupes qui formaient le centre se trouvaient concentrées sur ces deux villages, et elles #y maintinrent jusqu'à la nuit.
Mais à l'aile gauche le maréchal Ney essuya un échec complet j il était chargé de défendre toute la ligne, depuis le corps de Macdonald jusqu'à la Partha, il ne put faire face aux deux armées qui l'a-' taquaient , l'armée du nord et celle de Silésie, et il fut forcé de se replier jusque sous les murs de Leipfeig. Lesdetftfarmées passèrent la Partie en deux endroitsj Blach«r près de Môckau avec les Russes, quoiqu'il
CVMPÀGWE DE 4813. 593
eût de l'eau jusqu'à la ceinture; parce qu'il trouvait trop long d'aller passer près de Taucha. Du reste les Français n'opposèrent aucune résistance, et Marmont se retira sur Schœnfeld en toute hâte. Les régiments de cavalerie hussards et hulans et quelques bataillons saxons et wurtembergeois qui se trouvaient de ce côté tendirent les bras aux assaillants et passèreot de leur côté.
Sur le midi , l'armée du Nord qui avait passé à Taucha 1 vint remplir l'intervalle laissé entre Blucher à droite et Benningsen à gauche; de sorte que de ce côté la ligne fut toute remplie, et elle s'efforçait de resserrer de plus en plus les Français. Langeron à la tête dés Russes s'empara de Schœnfeld , sur la Partha , qui fut défendu par M armont avec la plus grande opiniâtreté. Le combat dura quatre heures, et toujours de nouvelles troupes de part et d'autre se succédaient sur le champ de bataille ; enfin entre cinq et six heures du soir, lorsque le village ^t Péglise étaient déjà tout en feu , les Français l'abandonnèrent et se retirèrent sur Reudnitz et Volkmansdorf, aux portes de Leipsig. Ney et Régnier qui devaient défendre le terrain au-delà de Paunsdorf , attaqués dans l'après-midi car l'armée du Nord et par les Prussiens conduits par Bulow, furent chassés de Paunsdorf ; et comme ils voulaient se défendre dans la plaine , la cavalerie russe et prussienne qui n'avait encore eu rien à faire , parce que tout s'était passé dans les villages , se jeta sur eux et fut secondée par les fusées à la Congrève qui furent laneées au mi- T?ft. 38
694 septième époqve. 1648— 1838.
lipu des bataillons cartes , où elles venaient éclater avec fracas , lançaient le feu et la mort de tous cqteç et effrayaient les homqaes et les chevaux. Alors il n'j eut plus de résistance , les rangs se débandèrent, les villages voisins furent emportés, et on ne s'arrêta que dans Volkmansdorf.
*|Çe fut alors que les Saxons, qui n'avaient combattu qu'à contre-cœur pour Napoléon, accoururepf; 4e notre pôté . avec leurs drapeaux , leurs çappiis , arrnes et bagages ( * ) .
Napoléon % déconcerté à cette nouvelle, se bâta d'çnyqyei* la cavalerie de la garde commandée par Nansputy afin de remplir le vide. Celiji-ci a^iva erç tqutq hâte avec une bonne artillerie; ^ et voulut se Jeter sur le flaac dé Bulow j mais les Autrichiens commandés par Çudnaf qui se trouvaient tout proches, vinrent eux-mêmes à sa rencontre,, et UUtèreqf avec audace contre lui; dun autre çqté le§ S^'dpis diri^renf contre lès rangp des Français J'artiller^ saxpnue que leur fit demander le prince ro^al cj{| Sijpdç. Alors cette viei|le garde fut obligée de pjiçjf et fl'abgndonncyp encore le terrain aux allié?.
EnÇp cette journée de spng était à sa fin ; déjà }fâ ^errçjerç racorni du sgjeil ne brillaient plji§ que §pr
; (*) Çgif ç tycta ^fcçLjqn , confire k toutes les lois <fe l'bppwjr milita**, ej qui sera pour les Saxons une tache ineffaçable , fut cause 4e tqui les <ty- «avantages éprouvés de ce côté et par suite de la perte de la journée ; car Jusque U les FrançaiiVétaiflr^ maintenus sur tous les autres point* et
Hlfc&vç f^^PWP* ftW ¥9 • #9 ***** *wPk *m leurs. (4#tim^
■ - cAMt»iaNE n? 1813. M 59$
tes hauteurs tout autour dans 14 plaine. Napplmm attendait avec impatience la nuit qui devait arracher à la fureur de ses ennemis les reste? de ses troupes» Il avait perdu beaucoup de terrain et réduit Quasi* durablement son gra*d arc de cercle en un triau-t gle dont la pointe se trouvait alqp* à i robstheyda, dV)ù la ligne qui joignait Connewit&sur la Pleiss en frisait un des côtés, celle qui joignait Stœtteritz et Yolkmansdorf formait l'autre. Si cette armée n'avait pas combattu avec le plus grand courage et n avait opéré sa retraite dans le plus bel ordre malgré tous les dangers d'une lutte inégale , il en faut convenir à là gloire de nos adversaires , un des cotés de ce triangle eût été infailliblement enfonce qvant le soir, Leipsig enlevé et toute l'armée perdue. Déjà Napot léon ne combattait plus que pour ^retraite ;ear de* puis dix heures du matin une immegse quantité de trains , de bagages, de voitures , de chevaux étaient *ur la route > protégés par 1«& troupes du gépérçl Bertrand. Qui pourrait comprendre tout ce qui avait passe^ie France en Allemagne depuis le mois d'à wïj! Hommes , femmes , pnfans , provisions de houche, munitions de guerre , bagages , artillerie, tout àraifc été accumulé dans Leipzig. Enfin allait donc fiojf |euf terrible domination de sept ans; ew il jr aréaff sept ans jour pour jour que Davoust était eotrf dans Leipzig.
La nuit couvrait déjà tout le champ de bataille, et Napoléon se trouvait encore sur la petite colline auprès du moulin à vent où il avait fait allumer un
696 jftPTifeMB £poqto< 4648 — 1*58,
feu. 11 avait chargé du soin de la retraite son premier maréchal, Bertbier, qui en dictait la marche à ses aides-de- camp, près d'un autre feu à côté; tout autour régnait un profond silence. Napoléon épuisé par les incroyables efforts dm jours précédents et par les agitations (Je son esprit , assis alors sur un escabeau de bois, s'assoupit. L'espérance et la crainte, la joie de la victoire , la colère et la contrariété avaient tour-à-tour accabléson âme,ety avaient laissé des impressions d'autant plus profondes qu'il avait été obligé de dissimuler ses sentiments. Il était , dit un témoin oculaire , endormi , la tête appuyé dans ses mains et assis sur son escabeau au milieu de ce vaste champ couvert de morts , en plein air et au milieu des incendies semés de tous côtés qui avec les feux de nuit jetaient leurs lumière au milieu des ténèbres. Ses généraux se tenaient autour des feux, mornes et taciturnes, et le silence»n'était interrompu que par le bruit des treupes qui ose retiraient au pied de la montagne et au loin dans la plaine. Au bout d'un quart d'heure Napoléon se réveilla etjeta«utour de lui avec inquiétude un regard d'etonnement. Peut-être avait-il pris un moment la. réalité de sa position comme un rêve survenu dans l'éclat de sa grandeur.— Alors il se leva , et rentra dans Leipzig à 9 heures.
C1K*AGW£ DE 1815. 697
19 octobre.
La retraite de toute l'armée à travers Leipzig commença dès que parurent les . premiers rayons d© la lune; mais comme les bataillons arrivaient de tous les points du champ de bataille, et qu'il n'y* avait pour tous qu'un seul chemin qui conduisît à Lindenau, la chaussée étroite de Ranstaedter, il y avait à chaque instant des retards et des encombrements; les chariots, les canons, allaient ensemble, et les gens de pied ne pouvaient trouver place. L'arrière-garde devait défendre Leipzig aussi longtemps que possible. Ce n'était pas une place forte ; mais on en avait barricadé les portes, on y avait élevé des retranchements, et tpusles fossés et les murs des jardins avaient été consacrés à la défense.
Cependant l'armée des allies n'était rien moins que décidée à laisser les Français se retirer tranquillement, emmenant aVec eux tout le butin qu'ils avaient fait en Allemagne et toutes leurs provisions de guerre. A huit heures du matin ils se précipitèrent à l'attaque et enfoncèrent les portes; Cette attaque augmenta encore le désordre et le tumulte qui se trouvait à la sortie de la ville ; de sorte que Napoléon lui-même fut obligé pour y arriver de prendre un chemin détourné en sortant de Leipzig. Là se pressaient, l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie^ les caissous, les blessés, les mourants, les chariots, les femmes, les enfants» les marchands , des trou-
K9è sEFTikitt Étante. 1648—4858.
peaux entiers, tous péle-méle et dans le plus grand
désordre.
Les allié^auraient peut-être pu augmenter encore té tliihblte dfe la fuite et forcer plbs ptomptehifent fefcbfr qui dépendaient l'entrée de la ville, s'ils avaïérit fait jouer l^ùr artillerie contre ses murs. Mais uû pareil ihbjren, ^tii aurait confondu des milliers d'ifc hocëntè avec lès ennemi* dans une ruine commune; Jfeàit tW^ cruel pbùr eux, ils préférèrent escalàdefr ll!i portés. Le pribëe de Hesse-Hombdtirg attaqua là porte de derrière; Berinirigsen, celle de GrimméJ Ifetifeêrfâj belle dfe Hâllfe. Ott s'efitoçà àu&i d'entré* pSàt les éÔtjfa dans les jardins, mais les Français et leà Pblotaais défendaient chaque pied de terrain ; il ïal* faitt feollqttérir feWque jardin , chaque haie, et souveiifc àféb beaucoup dé &hg*. Cependant la victoire faepôu^ vait pài bslàhcer lbhg-temps, il était ôhzéheuréà et 'dfeiflie quand les premières troupes alliées entrèrent tfcfai là fallè. Àïôtfs lés habitahtà ouvKtent lettré portés, et tandis qû*on èé battait etocbre dfctis îéà rues ils stispëftditant des Itttfûchoii's blaiïcs h leurs feintes éh èigtaé dé jôié.
Ce fût aussi "dabs ce niéifaê frionient que lé porit qui se trouvait de l'aùfre côté de la ville, le serti dont lés français pussentlse servir, celui sîir t'Elstet- Muhlèngraben , sauta en l'air satts qùon puisse détîidër si ce fût pat ordre de rfapoïéon pour sauvsr r&oh. arbiée, bù Seulement par une cfaihte trop pricipitéfe du chelF.cômtois à sa gardé. Àlote tous ceûk qiiî s*eïfotfçafort d'y arriver pcfàssètënt ttn cri de di-
clifeiaift b* 1815. B&9
sespoir. H ri y avait pas d'autre chemin. Un grand nombre se jeta dans TElster pour tâcher de le passer à la nage, mais presque tous furent noyés ou restèrent enfoncés dans la vase; plusieurs généraux -qui se trouvaient encore sur l'autre rive s'y précipitèrent aussi avec leurs chevaux pour échapper à la captivité. Le prince Poniatowsky, que Napoléon avait fait maréchal de France trois jours auparavant, y perdit la vie; Macdonald eut le bonheur d'échapper; Régnier, Bertrand et Lauriston furent faits prisonniers.
Napoléon fît encore plus de pertes ee jour-là que le jour de k bataille. Plus de quinze mille soldats bien armés furent faits prisonniers après que le pont eut sauté, et plus de vingt-cinq mille hommes blessés ou malades Furent abandonnés à la discrétion du vainqueur. Il y avait dans la ville et dans la route une quantité incroyable de canons et de chariots; on prit ce jour-là plus de trois cents canons et mille chariots. C'était un désastre comme l'histoire n'en offre que très peu.
À une heure l'empereur Alexandre et le roi Frédéric-Guillaume entrèrent dans la ville accompagnés de tous leurs généraux, aux cris d'acclamations de leurs vaillants soldats, mêlés des cris de joie des habitants, qui saluaient leurs libérateurs. L'empereur François n'y arriva que quelques heures plus tard.
600 «EPTikMi époqce. 1648—4888.
Retour sur le Rhin. — Fin de l'année 1815.
La Bavière, par le traité de Ried, était déjà entrée dans la grande alliance ayant la bataille de Leipzig; elle envoya son général Wrède sur le Main , avec une forte armée à laquelle se joignirent encore des Autrichiens , des Wurtembergeois , pour essayer de barrer le chemin aux Français qui revenaient sur le- Rhin, afin d'achever leur ruine complète .Wrède se dirigea sur Hanau et Francfort. De son côté, la grande armée des alliés était aussi à la poursuite des fuyards , et YorV leur fit éprouver une perte considérable à Fribourg , sur l'Unstrut (*). En avant d'eux et sur leurs côtés , ils étaient escortés par Czernischeff et d'autres troupes légères qui tombaient sur tous ceux qui s'écartaient du gros de l'armée. C'est ainsi qu'ils parcoururent la route de Leipzig à Erfurt , et de là jusqu'au Rhin , abandonnant à chaque instant sur la route tout ce qui ne pouvait pas suivre , l'artillerie, les bagages et les hommes trop fatigués. Car la marche était si rapide et si continue qu'au bout de onze jours l'armée était déjà arrivée à Francfort ; mais toute la grande route dans la largeur de deux lieues des deux côtés était couverte de Hébris de chariots, de bagages de cadavres, d'hommes mourants ou de bétes de charge.
(*) Mais non sans aroir lui-même beaucoup souffert. Les Français s'en* tarirent des positions don* ils avalent besoin. 19. T.
GAtffMKft w 1845. 9H
Napoléon arriva avec soixante-dix à quatre-vingt mâle hommes devant Hanau, où il rencontra Wrède qui voulut leur fermer le passage quoique inférieur en nombre; et s'il eût pu les retenir Jusqu'à l'arrivée de la grande armée des alliés, c'en était fait de celle des Français. Napoléon le savait et il se servit de sa garde qui était encore en bon état pour se frayer un chemin. Pendant trois jours, les 29, 30 et 31 octobre, on combattit avec le plus, grand acharnement devant Hanau et dans la ville; Wrède fut lui-même blessé au ventre par une balle. Enfin les Français s'ouvrirent un passage qui leur coûta encore beaucoup de sang.
Le 2 novembre Napoléon arriva sur le Rhin, qu'il vit alors pour la dernière ibis. Son armée se hâta de gagner le pont de Majrence; seulement le général Bertrand se retrancha sur les hauteurs de flocheira. Hais on ne pouvait pas laisser aux Français un retranchement sur la rive droite du Rhin. Schwarzenberg qui avait établi son quartier-général à Francfort, les fit attaquer par le généralGiulay , le 9 novembre, et ils furent forcés de se replier sur Mayence. Les trois souverains se trouvèrent encore réunis à Francs fort, où ils délibérèrent ensemble sut la continuation delà guerre.
Les deux derniers mois de c§Jte année furent un temps de repos pour l'armée des alliés ; cependant le canon retentissait encore de plusieurs côtés dans Fiptérieur; les Français occupaient encore douze places fortes garnies! de bonneà garni*** cUns le
en matai &ôq*ë. WW*~1858.
*»i* dé l'Allemagne et de là Pologùé} ta*fs les Allemands les «ssiëgérëbt avec tàfct dé courage et rJB persévérance qu'à la fitt de cette même atinée fk ttitiiti&étaient arrachées aux ennemis. Le 11 novem^ heé lé Maréchal dte Gouvioh Sâint-Cyr, renfehii^ dans Dresde ? mit bas les armes avec frettte-cinq milhé htatomes , y cbtopris les blessés et les malades {*); Le 21 Stettin se retodit avec sept mille hommes; le 26, Dantfcig, avec quinze mille (**); presque dans Ite même temps Modlin fet Zamosk ; et le 26 décembre , Torgau avec dix mille. Il ne restait plus aui BVaii- £àfe, Sur l'Oder, qûfe Ciistrfrï et Glogau , tjikî tté hé rendirent qu'aux mois de mars et d'avril de l^innéë èuiVànte; et sur l'Elbe , Wittenberg , Magdèbottrg et ttambourg ; en Thuringe , là citadelle (FErfiitfe. (3ès ttôis dernières places ne furent rendues t|uà lk jteik de Paris; niais Wittenberg fat prise par Tâùeiirffcn datas la nuit du 12 'au 15 janvier.
Là JVliis gratide perte que souffrirent les Français cfefls cette ârinéë 181â fut celle de la Hollande et
(*) Le maréehal avait stipulé qu'il serait conduit en France avec m troupes, en promettant, de ne pas servir contre les alliés d'ici à un an. Le traité était signé par Klénau, général autrichien, et Tolstoï , général rus&. Cependant Schwarzenberg les fit conduire prisonniers en Autriche. (Labaume- ) N. T.
("*) Le brave général Rapp, qui s'était défendu avec le plus grand courage contre les armées qui l'investissaient , promit de se rendre ïe lw jan«* vtar 1814 s'il n'était «ecouru, avec les méâfti conditions que ffomrioaSifa* Cyr. lUvait perdu vingt mille hommes par les maladies» Les Russes voyant leur petit nombre refusèrent de remplir les conditions et les firent prison*
ciriPiaNE-M 1813.
de la Suisse , les 4^ux boulevards de la France.* Ce fut donc bien habile de la part des alliés d'aller 'aussitôt leur arracher ces vastes pays. Le général Bulow qui passa en toute hâte de Leipzig en Hollande, la trouva presque sans défense; et sans s'amuser à faire des sièges ^ il s'émpâra de plusieurs villes d'asfeîaut d'autant plus facilement que partout où il se présenta les Hollandais, déjà fatigués de la domination fraii1 çaïse j se soulevèrent en sa faveur et faidèrent & chasser les ennemis. Avant la fin de Tannée lia ÏIol* lande était délivrée.
Dans lfe rtiême moment là Suisse, qui était déjà ttfc cufrèe par l'aile gauche de Sçhwarzehberg , frit Ètitë misé jusqu'aux montagnes du Jura, et Genève fut prise. C'était ttn'e conquête fort avantageuse ;cai*dii haut dé ces montagnes <pii s'éîevaieht comme titiè citadelle ihexpugnable entre la France, l'Allemàghè et l'Italie, l'àntiée deà alliés pouvait également torti*ber sur le vlce-roï d'Italie , ou pénétrer àû cœbfr de là Fiance; à gauche elle menaçait la popûîeuàè Vïliê de Lyon , et à droite elle avait Une gràhdé tàixïe toute miverte à travers uii pays fertile , sur J*Âube et la Seine jusqu'à Paris. i
#04 sttriÊjfft ttoqo*. 1648—1838.