ANNEE
L'invasion.
Dès le commencement de la nouvelle année, on voit Je glaive de la vengeance nu et prêt à frapper ceux qui jusque là avaient menacé les autres peuples et r^avaierft pas senti depuis long-temps les fureurs fur leurs propres frontières. Si le peuple français n'avait pas été abusé par toute espèce d'artifices, si Napoléon ne l'avait tenu fortement enchaîné, il aurait connu quels dangers étaient accumulés sur lui et il aurait forcé son tyran à la paix pendant qu'il en était encore temps. II ignorait que trois cent mille de ses guerriers avaient été tués ou faits prisonniers dans la campagne précédente , et que dans ce moment l'Europe entière s'avançait contre lui avec un million d'hommes armés. Mais alors encore il se laissa étourdir par son empereur et par sa propre vanité. «L'Europe entière , lui disait-il dans son orgueil , s'avance contre nous ; mais toutes ses force^ue pourront vaincre les miennes et celles du peuple français; et le sort ne me trouvera jamais faible. » Quand quelques hommes de cœur et de sens dans l'assemblée législative, osèrent lui donner des conseils de paix, s'appuyant sur les principes de la modération, il eu fut souverainement molesté , cassa l'assemblée, et du haut de son trône, au premier jour de janvier, f I lui tint im discours darfis lequel on trouve ces mois
CAMtAGlffi DE 18 U. 085
pleins d'amertume : « Je ne Suis à là tÀe de la nation que parce que sa constitution me convient. Si les Français en voulaient une autre qui ne me contint pas,je leur dirais de chercher un autre souverain. Ce trône n'est que du bois recouvert de velours..^ Moi, moi seul , je liens la place du peuple... Sachez que la France a plus besoin de moi que je n'ai besoin de la France. .. Oui , je suis fier, parce que j'ai fait de grandes choses.,. Dans trois mois ou l'ennemi sera chasse du territoire , ou vous aurez la paix, ou je serai mort. • . Au reste , dit-il en finissant , je vous permets de défiler durant moi. *
Ainsi parlait cet homme orgueilleux , qui se croyait au-dessus de tous et -que rien ne pouvait abattre, au 1er janvier 1814. C'était précisément ce même jour que Blucher passa le Rhin avec l'armée du centre ; et le dernier jour des trois mois de délai que Napoléon avait donné, le 31 mars, les alliés entraient dans Paris , et son empire avait passé. Ils lui avaient encore une fois offert la paix; ils voulaient le reconnaître cOmme roi des Français et lui laisser un empire encore plus grand que celui de la France autrefois; mais il ne pouvait oublier les beaux moments où il avait en main le sceptre du inonde et où l'éclat de ses armes brillait dans toutt l'Europe. Et la seule pensée d'être limité, de rester désormais dans la paix, lui était odieuse.
Les souverains de l'Europe et leurs peuples' virent donc bien que l'épée pouvait seule décider entre eux et lui, et ils redoublèrent d'ardeur, pletni
IDfi sEPTifem *joque. 16+8—1858.
dft cppûimoe dan? leuf grand nombre , comme data )li justice de leur cause. Les Russes avaient au moins 4eux cent mille hommes en campagne ; les Prussiens Cffpt soixante mille, et l'Autriche deux cent trente ifljllga t?nt *ur le Rhin qu'en Italie et dans l'intérieur $% {Allemagne. Wellington était déjà sur le territoire français aveq quatre- vingt mille hommes an* gtftiç, espagnols et portugais. Enfin l'empire d'Aile- Jftfgnç mit sur pied peut cinquante à cent soixante jpillç hoipntes , partages en huit divisions.
£içp qug toute cette masse de troupes ne put entrer à Ja fois en fampagne , t bien qu'il y eûfc une grande éleqdue de pays à occuper et plusieurs, places fpftfs & inveçti? , parce qu'on ne voulait pas pétdre fô ffilftps à faire des sièges en règle , il n'en est pas 919)99 çerUJp qu'qn demi-million d'hommes aumoins ^ya^çaiept çn France et resserraient de plus en plus ftlTffiée frfcftÇajs£ ; elle ne comptait pas la moitié aur (fpt qi^p sçs adversaires. En même temps on prépaie ay^c sl$1ç derrière l'armée tout ce q\y peut être g4c?ssai?e à uije expédition fet pour qu'il y eut plus f$'offlf£ et plus d'ensemble dans les opérations, on forrrça un qposeii de guerre qui conduisait tout, dont ]§ pré§idept était un héros que l'Allemagne compte $$$mi sçs libérateurs ^ quoiqu'il n'ait point marché (fyj-fpeftie è la tête des armées, c'était le îpinistre de Stein. Il fut un de ceux qui, tandis que l'AUfep^gqe spupirait sous le joug des français, ne vou- {tyfççt pas courber la tête ; il travailla avec $$le pour jg j£$ti$e fit la liberté et soutint la confiance du*
gyaiid gc*mb}re de ses çpnfc^pjreps pw ($u g&W «ftrr péfiçuy. Quand la guerre Gclatr* en 1813 çaptrç If Russie v il voulut faire uue guerre eurctpéeunç 4? pptte expédition dirigée contre un peuple doflt il ppnnaissait l'énergie , et il passa en Russie à fô (£tp de quelques audacieux quil^eqtraîn^. L'empej-ei^ Alexandre trpuya en lui toute l'audace quj ca^yç? pait à ses projets, et«si nous sommes arrivés fc ^oç délivrance complète t c'est à lui que ppus lç devons.
L'armée des alliés entra en France pleine de résolution et bien pourvue de tout. Schwarzenberg entra par là Suisse et le haut Rhin avec les Autripkjens , les Bavarois r }e$ Wuçtembçrgppis et \e# régimgptq des gardes prussienne? et russes; Qluçhff çntra par la province rhénane ayec les djv^ipnf Yprk et &leist et les Russes ^ conduits par Stos&ept! ï^ogçrpn pt Saint-Pfie^t ; et ces deqx gyan^ Wfr pées deyaiept se réunir eutrq la Seine, lOisç. |'Aube et )a Marnç, pour ep pprtgf çusujtç ayqç tyityçs leurs forces ppntre la capitale.
Pès que je feld-n^aréchal lljuçhpr fut ^ff iy^ £Hf h W* Souche, il fit publier des proq|ami$pp$ | |prç? ioj Ffapçais, p#ur les détache*: dp N^ql&a t fW f|e:ql^ant que 1<# puisswjçfss de ftSnrpp*'!)? «JWFr paient que contre reonpmi 4e la pai* pf pftuç «gf jgpHec spq joug, {Jq gra»^4 PWbfe de gens iflpdérép £taie$; §q effet assez disposés à «çrifiea: uqg ?ainjç ^fîplp ^ la pai* du p^j lwi3 ^ px^e du pei|p^ tenait encore pour son grand conquérant, tai|| gra
609 surifeini **oqot/ 4648-^4858,
son étoile darda quelque* étincelles. D'ailleurs les Français étaient accoutumés à se regarder comme inattaquables derrière le triple rempart de places fortes qu'ils ont à la frontière ( on en compte soixante-treize depuis Dunkerque jusqu'aux Alpes) ; ih étaient loin de penser que l'armée des alliés traverserait si rapidement leurs frontières , .laissant derrière elles toutes les places*fortes, pour marcher droit au cœur de la France
Bataille de Brienne et de la Bothière. Ier février*
Dans les vingt premiers jours de janvier, les alliés avaient traversé la Suisse, la Franche-Comté, l'Alsace, la Lorraine, la Bourgogne, sans trouver d'obstacles; franchi les montagnes du Jura , de* Vosges, du Hùndsruck, la forêt des Àrdennes, passé un grand nombre de fleuves , forcé le triple rempart des places fortes de la frontière , et déjà Tannée de Schwarzenberg et celle de Blucher se trouvaient à peu de distance l'une de l'autre , sur les bords de la Seine et de l'Aube, à vingt-cinq milles de Paris. Alors enfin Napoléon parut sur le champ de bataille à la tête de son armée. Il voulait pénétrer entre ses ennemis, empêcher leur réunion, Jes rejeter l'un après l'autre vers les montagnes qu'ils avaient passées, et où l'hiver et les habitants n'auraient pas manqué de leur faire payer cher le retour.
CÀMPÀGXE DE 1814.
Blucherétaità Brienne, petite ville près de l'Aube, avec un château qui servit pendant quelque temps d'école militaire pour les jeunes Français, et où Napoléon avait appris cette science qui l'a rendu si' célèbre j il y avait même son quarlier-général. Tout-à-coup paraissent les Français, qui attaquent la ville. L'attaque est repoussée ; mais le général Château, qui connaissait parfaitement ce lieu , pénètre avec ses grenadiers, à la brune, sans être aperçu , par les jardins , jusqu'au haut des terrasses. Blucher se trouva en grand danger ; il n'eut que là temps de sauter à cheval avec sa suite et de descendre la colline par des sentiers inconnus. Plusieurs officiers, entre autresje neveu du chancelier-d'état, le prince de Hardenberg , furent faits prisonniers à côté de lui. Le feld-maréchal arriva heureusement au milieu de ses troupes, et les enflamma à une vigoureuse résistance , craignant qu'une retraite précis pitée, à la première rencontre en Frande, ne fût d'un mauvais pronostic et ne nuisît à l'éclat de ses armes. Il prolongea donc la lutte jusqu'au milieu de la nuit) fit même reculer l'aile gauche des Français par une violente charge de cavalerie, et n'abandonna Brienne que quand il fut en feu; afin que, comme il le disait ensuite , Napoléon brûlât son propre berceau* Cependant il n'avait pas réus* dans son projet de le conper d'avec l'armée de Sehwarzenberg.
Napoléon courut lui-même un grand danger dans Oftte quit de désordre. Jl revenait après la bataille sur la grande route de Brienne à Mézières et marchait t. il. 39
64P «EPTitwi iPQQUK*, 1648-^-1858.
quelques pas en avant de sa suite , occupé à causer avec le général Gourgaud ; c'était par une profonde obscurité. Dans ce moment une troupe des Cosaques, qui cherchait à faire du bulin, s'étant glissée sans être aperçue jusqu'à la grande route, attaqua l'escorte qui passait. Le général Dejean se sentant tout d'un coup suivi de prës, se détourne et s'écrie : les Çomque$ ! Aussitôt un d'eux attaque le cavalier qu'il voyait en avant , revêtu d'un habit d'officier supérieur, l'empereur lui-même. Mais Corbineau et Gourgaud se jettent entre , et Gourgaud renverse le Cosaque mort aux pteds de Napoléon. L'escorte accourt £U#itôt, entoure l'empereur et tue quelques Coaaqiies; mais le reste de la troupe m voyant découvert sauta les fossés et disparut. L'empereur arriva à Mézières à dix heures du soir.
Cette bataille de Brienne eut lieu le 29 janvier et, le ier février, l'intrépide Blucher était rangé en ordre de bataille au même endroit. H n'avait pas encore rassemblé toutes ses troupes ; car Langeron était encore à Mayence , et York et Kleist étaient en route ; jnais Schwarzenberg lui avait envoyé I4 plus grande partie de sop armée, 4 es divisions dp Giulay et du prinee de Wurtemberg avec les resserves russes; de sorte /ju'il était assez fort pour iparcher au-devant de Napoléon, Celui-ci avait prif une forte position dans les environs de Brienne ej retranché so» centre à la Rothière, village distant d'une (ieue et demie. L'empereur n avait pas llfitçfition de combattre , puisqu'il avait déjà commandé
ClPfPÀGNE DE 4814. ^ GW
la retraite sur Lesinont; niais le fçkUnflgLrécbal ne Jut en laissa pas le temps. A midi l'attaque était engagée sur tous les points.- C'était une dure journée d'hiver, la neige qui tombait à plein temps couvrait le ciel à ^certains moments d'une telle obscurité, que souvent les combattants furent obligés de cesser le feu pour attendre <jue le voile sp fondît et leur permît de voir leurs adversaires." A droite, le prince de Wurtemberg s'étant frayé im chemin à travers la forêt d'Eclance, à travers des marais et des chemins creux, emporta les villages de Lagibrie et Petit-Mesnil qu'occupaient les lignes françaises; mais il les paya bien cher. A côté de$ Wurtembergeois le général Wrède 9 à la tête des Bavarois et des Autrichiens, se porta aussi en avant, ^ conquit les villages de Morvilliers et de Chauménil, et mit ainsi Taile gauche de Napoléon tout-à-fait à découvert. L'empereur y arriva lui-même avec Partillerie de sa gar4g et fit c^nonner Morvilliers; lçs flammes etr la fumée chassèrent les Bavarois qui n'avaient pu être débusqués par les boulets ni par les baïonnettes. Alors Wrède détacha ses meilleures troupes de cavalerie avec le brave commandant Diez; celui- ci partagea ses troupe^ en petites escouades , qui parcouraient Je champ de bataille, menaçant tantôt d'un côté tantôt d'un autre ; pi^ quand le moment favorable est arrivé; à un signal donné, ils se jçttent tous ensemble sur les ennemis , écrasent l'infanterie qui protégeait l'artillerie, dispersent la cavalerie, massacrent les canonniers
642 septième époque, 4644—4 888.
et s'emparent des pièces. Cet avantage à l'aile gauche eut la plus grande Influence sur toute la bataille et fit honneur au général Wrède.
Cependant on combattait toujours avec fureur dans le village de la Rothièr#, qui était le point principal de la position des Français. Napoléon y commandait en personne et opposait toujours de nouvelles forces aux attaques des Russes. D'un autre côté l'empereur Alexandre et le roi de Prusse encourageaient aussi leurs troupes par leur présence , de sorte qu'on y faisait des prodiges de valeur. Enfin sur le soir le maréchal Bluclier se mit à la tête de ses troupes et se jela dans le village en criant : En avant ! il fut emporté et sa prise fut décisive. En vain -lesennemis cherchèrent-ils à le reconquérir àla faveur de l'obscurité de Ja nuit. Leur aile droite, qui avait défendu le village de Dienville contre Giulay, fut aussi elle-même obligée de se retirer à minuit, et la victoire fut ainsi déclarée sur tctas les points.
Dangers du mois de février.
Napoléon était donc déchu de ses grandes espérances. Le premier essai de ses armes sur son propre terrain avait entièremeift échoué et avait même tourné contre lui. Il se rejthra sur Troyes, la plus grande ville <yii fût sur la route des alliés, et il semblait vouloir s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité. Si alors l'armée des alliés eût réuni toutes
ses forces et 1 eût poursuivi , il aurait été contraint délivrer une nouvelle bataille , encore plus importante que la précédente, ou de se retiiwr sur Paris, pour défendre sa couronne sous les murs de sa eapitale; à moins qu'il ne se fut décidé, avant que tout espoir ne fûf*pei du , à accepter c^fte paix que les alliés lui offraient. Un congrès pour la paix s'assembla en effet à Châtillo» dans les premiers jours de février*
Cependant le conseil de guerre des alliés, voyant que Napoléon avait déployé si peu de forces dans la bataille, et supposant qu'il était encore affaibli par elle , pensa que désormais il n'était p&s nécessaire de réunir toutes leurs armées pour lui résister ; d'autant plus que la neige et la pluie avaient tellement gâté 1ms chemins et que les vivres étaient si difficiles à faire venir , qu'il y aurait eu. de très grandes difficultés à surmonter. Il décida donc que les deux armées seraient partagées , et que Blucher irait vwftfe Marne, tandis que Schwarzenberg descendrait la Seine. — C'était tout ce que désirait Napoléon. C% plan lui donnait l'occasion d'exercer ses ancienne? manœuvres de stratégie ; il se tenait entre les deux armées bien à couvert, les surveillait avec soin, et quand l'occasion se prétentait de surprendre une de leurs divisions, alors il se précipitait dessus , comme sur sa proie, et l'écrasait par la supériorité ée ses forces. C'est ainsi qu'il réussit à obtenir do§ succès momentanés sur les alliés et£ arrêter pendant tfuelques mois leur mtfrdie sur Paris,
L'armée de Silësie se mit donc en marche ftUr la Capitale par la Champagne , sans garder d'ordre } Sadten marchait en avant, ensuite York, ehfid Ôlûcher ^ géttéral en chef, avec la division Kleîôtt I/avabt*garde russe n'était déjà plus qu'à quinaq Jieues de P*ris; les choses préèieùses , les objetl d'art , les papiers de l'État furent emballés } graôd Nombre d habitants prehaient la faite, régardaa* le sceptre de Napoléo^.déjà comme brisé. Quand fout- à -coup ëelui-ci, renforcé de vingt mille hommes de Vieilles troupes qu'il avait fait venir d'Espagne en voitures , traversé obliquement leê immenses plaines qui se trouvent «ntre la Seine et k Marne , malgré ses généraux qui trouvaient 1* projet ftnpossible , arrive^ après avoir laissé la pi in grande partie de son artillerie dans la boue , en fâoè de l'ennemi qui se portait en avant à marches forcées * et tomba le iO février, près de Champaubert , sur l'arrière -garde de Sacken , commandée par le général Àtsufiew; elle est aussitôt enveloppée par la cavalerie de la garde , attaquée avec fureur de têti* les eôtés à la fois, et la moitié fut massacrée ott faite prisonnière: c'était une première étincelledel' ancien bonheur deNapçléon, et elle réveilla toute son assurance. Il fit écrire au â«c dç Vïcence, son plénipotentiaire au congrès de Gh&tillon 9 que ses armes avaient eu «n brillant changement , et que la puis-*- •ance française pouvait reprendre son ton de maître Napoléon, sans perdre un moment, courut à de pi» grands succès , et voulut artéanttr tonte la divisie»
CAfePA&HB DB 48*1. 6W
de Satiken qu'il «Hait prendre en dos. Eh ëflfet, il l'atteignit le lendemain 11 à Montmirail, lui fit éprouver une perte considérable* et le rejeta sur là Marne ; heureusement qu'York se hâta d'arriver I son secours ; alors il réussit à passer le fleuve et i détruire le pont.
Cependant le feld-maréchal Blucher, à la nouvelle du danger , s'était mis en toute diligence en route pour Ghampaubert avec la division de Kleist et left Russes du général Kapczewitsch, en tout environ vingt mille hommes. Mais déjà les généraux avec lesquels il voulait se réunir avaient repassé là "Marne , et le 14 il se vit attaqué par les Français ^ avec des forces beaucoup supérieures. Ledangcfr ^tait grand y et Napoléon mit tout en œuvre peu* profiter de la faveur de la fortune. S'il avait pu m* ; velopper ce corps ^ le foire prisonnier avec ses cheft> l'armée de Silésie était anéantie $ telle était l'intèa* lion de Napoléon , car Blucher , Gueisenau , Kleièt» ftethen, Mufflitig, le prince Auguste et bëatië®^ d'autres personnages importai té s'y tmuvaiedtréUttl^ La cavalerie française se jeta aussitôt sur les ailes t tandis que l'infanterie et l'artillerie attaquaient lé centre avec une telle fureur que dès Ist première attaque plusieurs bataillons prussiens furent entièrement détruits (*)» Bientôt même on aperçut ^n dos >
(*) Douze pièces d'arttUerie qui devaient suivre Grouchy lorsqu'il ail* couper le chemin aux ennemis, ne purent arriver à. cause des maurafe ckemins ; ce fut ce qui saura Jès Prussiens; cependant Bs n'éehappeWl qu'an perdent un tien de leur armée. (Lafcaume.> *. t.
$*6 sEPTiÈkfc époque. 4648—1838.
sur la grande route de Chaapaubert à Eloges , 4e nombreux escadrons français qui fermaient le passage. Il ne restait donc plus d'espoir de salut que dans leur valeur et la résolution de a# frayer un passage. Us se formenten bataillons carres très serrés, s'avancent à la baïonnette sur cette cavalerie qui est obligée de s'ouvrir. Cependant ils n'étaient pas encore échappés à tous les dangers ; celte cavalerie se presse sur les flancs , les attaque de tous côté», et ^efforce , par tous les moyens , de jeter du désordre tlpns leurs rangs ; mais autant ils mettaient de fu- ^eur dans l'attaque , autant Gnèisenau mettait d'ordre, fie prudence et d'habileté dans la retraite ; c'est lut qui contribua le plus au salut de l'armée. L'artillerie fut aussi d'un grand secours ; car si , à cause au défaut de cavalerie, on ne put s'en servir pour protéger l'arrière-garde , du moins renfermée dans les bataillons carrés, elle faisait un feu terrible sur l'infanterie toutes les fois qu'elle se présentait en masse pour les attaquer.- Arrivés dans le bois d'Etoges, ils furent tout d'un coup assaillis par des cavaliers qui s'y étaient embusqués : l'escorte même de Blucher fut attaquée» et tous les généraux furent obligés de mettre Tépée à la main pour se défendre.
Par bonheur que la nuit qui venait peu à peu promettait <aux Prussiens le repos après lequel ils soupiraient. Cependant il fallut encore combattre dans Étages avec l'infanterie même des Français, qui était venue par un détour occuper ce village. De toutes ]g$ rues, de toutes les maisons elle faisait un feu terrible }
CAMPAGNE DE 18ll. 4HT
mais Kleist s'ouvrit tyi chemin à là baïonnette et lé 'reste de l'armée le suivit; elle put ensuite gagner heureusement son ancienne position àj^ergères. Çeyendant cette journée du 14 février fut saugfente pour les Prussiens. — Les restes de l'armée de Silène se réunirent derrière la Marne et bientôt marchèrent vers l'Aube , afin de se réunir à la grande armée. Napoléon était ravi de pouvoir encore parler de -victoire dans ses bulletins et ses gazettes, et de pouvoir faire conduire à travers les rues de sa capitale des prisonniers et des canons conques sur l'ennemi. •Cependant les chants de victoire durent bientôt ces* aerj quand on sut que les avant-gardes de Schwar- -senberg n'étaient qu'à dix lieues de la capitale, pendant que l'armée était à combattre sur la Marne. Napotéon cessa aussitôt ses poursuites sur l'armée de $Héste, pour se tourner sur celle-là. Schwarzenberg avait détaché Wrède et Wiltgenstein sur les derrières des Français pour soulager l'armée de Siléme; mais comme tous les événements avaient été d'une "extrême rapidité, ils arrivèrent trop tard, et ils se trouvèrent alors seuls en £»ce de Napoléon avec de§ forces supérieures, qui les força de se replier sttr la Seine, après avoir soutenu un chaleureux combat. Le vaillant prince de \Yurtem'E>erg> q*** conduisait Savant-garde de la grande armée, avait pris position avec ses Wurtembergeoîs et quelques Àutrichiefts dans la ville de Monter eau. Napoléon , après avoir chassé Witt gens tein jusqu'à Nangis, le 17ievrier* tomba , lç 1 8, su r le rtri noe de Wprtefiibergavèfc toute
*■• SBFTffeftE ÉPÔÇU1. <AiB~-48S&
là fiiftbr que lui inspirait la.victoire. Cependant U tint ferme pendant toute la journée , retranché sur 1<£ hauteur^ ni lés boulets, ni les baïonnettes cUfe itneilluntfi ne purent débusquer ces braves Wurtew» ■ bergtirii. Trois fois îb repoussèrent Tassant et clefa»ctirgntleûr position j enfin i, après avoir épuisé toutes leurs munitions, et se voyant pris eh flanc par las Français, ils furent obligés de céder et de passer de l'autre côté du fleuve ; mais comme l'ennemi se pré* ftipita en même temps que les fuyards sur ee pon&j il y eut dans la ville un grand carnage.
Ces dix jours de prospérité rendirent à Napolétyi toutes* présomption ; car dans le même temps lui arrivait aussi de Lyon le message du maréchal Auï- -gereau , qui avait vivement poussé le général antrlr Alitifftjusqu'à Genève , et menaçait la Suisse avec u* puita&nt corps d'armée. Or, cette conquête aurait 4&eppé la retraite à la grande armée dés alliés,1 et Nar poiçoû, déjà Certain du succès, voyait la Suisse consiste, V Alsace et la Lorraine qui se levaient en masse -eonfre les .alliés j et toutes les nombreuses gamisom * *i$ la frontière, réunies *ux gardes nationales, con-*courir avec lui à l'anéantissement de ses ennemis ( aussi , bieft que les conférences de Châtillon continuassent toujours, il ne voulait plus entendre parler 4e paix ; et quand, dans les conditions qu'on lui faisait* on parla de l'abandon de là Hollande et de l'Italie, il s'écria : a A quoi, pensent dbdc les.enne** jpt*? 9e suis maintenant plu* près de Vieme qu'ils ne sont de Paris *.#. . * ' •
ciMPÀ<W£ »i 4814. Mi
Paris en était dans la joie et toute la population partageait les espérance de l'empereur. Cependant H n'était pas difficile à un œil attentif de voir que «< n'était qu'un moment d'illusion ; car si la grande w* ^ mée était en retraite, ce n'était «pas après une &H faite, ni à cause du découragement des soldats, qui demandaient au contraire avec tant de fureur de marcher sur Paris , qu'on fut obligé , dans un ordre du jour, de leur donner les motifs de ce mouvement. Mais ta Suisse était menacée par Augereau, et il fallait renforcer le général Bubna de deux division*, peur reprendre qpsuite l'offensive. D'un autre tâté> le prince de Hesse-Hombourg , avec six divistafll allemandes, et l'armée de Bulow, qui avait laissé le duc de Weîraar devant Anvers, arrivaient du nord) après avoir conquis la Hollande et la Belgique; Winzingerode et Woronzow passaient le Rhin avw les Russes , comme avant-garde de l'armée du roi de Suède, qui, après avoir forcé le Danemark à la paix, était déjà sur la Meuse pour «olrer en FraMQ~ Cependant, au quartier- général, on parlait sériftfaement de la pt»x et de se retirer peu h peu sur le Rhin pour attendre le résultat des conférences tenues à Chatrllon» Mais Bluçber s'opposa à cette opinion de. toutes ses forces , et demandant qu eh lui dmnât'les divisions de Bulow. et de Wimimgerode, il promit de marcher droit jusqu'à Paris. Sa demande fut accordée? et, dans la nuit dnâimi 2& février **il se porta en avant à la tête {le cetot nrille honmes. Ce mouvement r te *plua. tqtikl-
Hft SEPTlÈJIfl ÉFOQ0R. 1648—1838.
rtife de cette guerre , dit un écrivain français , déconcerta, extrêmement Njtpoléon. Il venait de proposer une suspension d'armes, et déjà il se voyait sur les bords du Rhin. Alors il fallut se décider à quitter la grande armée pour se m^lre à la pourtuile de l'insolent adversaire qu'il croyait avoir abattu.
Le mois de mars.
r Le dessein de Napoléon était dVteindre le feld- MMtféchal Blucher avant sa réunion avec l'autre corps d'armée dont il était séparé par l'Aisne. Mais déjà Bulow et Winzingerode aVbient assiégé Soissons, située sur cette rivière, avec un beau pont qui offrait un point très convenable pour la réunion des deux armées. Cette ville, pourvue de murailles et de fossés, étmt défendue par une nombreuse garnison fran- • çaise; mais aussitôt Bulow fit faire les préparatifs pour l'assaut. Déjà les assaillants, au point dn jour, s'avançaient en bon ordre avec le&échellés, quand le commandant de la place, qui ne connaissait pas l'importance du moment, et ne savait pas Napoléon dans le voisinage, livra la ville gt se retira «vec sa garnison. Le feld-maréchal y passa lamvière et s'avança toujours au nord jusqu'à Laon, où il réunit toutes ses forces %t prit Une très forte position. Napoléon , pour en finir avec cet* adversaire , feipôiftsùjnt de l'autre coté de la rivière, bien
r CÀMPÀGNK DE ^844. * fcSf*
qu'ainsi il s'éloignât toujours de la grande armée et de Paris, dont il était distant de trente-trois lieues.
^Bataille de Laon. 0 et 10 mars»
Le 7 mars, il attaqua Winzipgerode, retranché dans de fortes positions à Craone, et ne le força à se replier sur Laon qu'après avoir lui-même éprouvé de grandes pertes. Blucher l'attendait à Laon, ville située sur une montagne inexpugnable, de trois ou quatre mille pieds de haut, qui faisait Je point central de sa position. Cependant les Français, à la pointe du jour, le 9 mars; se précipitèrent sur ïe village de Semilljr, au pied de la montagne, et s'en rendirent maîtres pour quelque temps; mais lès troupes de Bulow les en chassèrent, et Napoléon n'osa plus tenter d'escalader la montagne.
Le comb# continua toute la journée sur les deux ailes, et Napoléon s'efforçait particulièrement de chasser les Prussiens de la grande route de Belgique. A midi, il avait en effet obtenu des avantages, et l'avant-gardeMes Prussiens avait été obligée d'abandonner le village d'Athi&j mais sur le soir, .Kleist m et York résolurent de l'arrêter dans son dessein par un coup de main. JU>rsque l'obscurité couvrait déjà te champ de bataiUe et que l'ennemi, croyant cette journée sanglante à sa fin, avait déjà allume des feux dans son camp, les Prussiens revinrent à l'attaque.
899 SEPTife** époqpk, 4648— 1&».
4-e prince Guillaume s'empara à gauche du viifege d'Athis et d une colline boiseuse que les Français occupaient ; d'autres troupe* pénétrèrent jusque dans le village même, et déjà Ziethen avait enveloppé avec sa cavalerie tout le flanc droit des ennemis , pour tomber sur eux quand l'infanterie les aura forces de se retirer. Ttut réassit, les Prussiens arrivent à la baïonnette, sans tirer un seul coup, jusque mr l'ennemi , et ne font feu que quand Us ta voient couçir aux. armes. Dans quelques instants ils soat , mU en désordre, leur artillerie est prise et la déroute . est complète. I*a cavalerie achève leur défaite et leur çnlève toute l'tfrtillerie , à l'exception de quatre pièces, c'est-à-dire qua^nte-six canons. Ce fut une victoire complète qui n'avait coûté que quelques , paorts; tandis que le corps de Ma r mont, qui avait spuffert cet échec, |rv:ait fait des pertes considérables. Le lendemain, 10 mars, soit pour faciliter la retraite de son aile battue la veille, soit pour chercher
* à obtenir quelques avantages sur le centç e, il fit attacjuer la hauteur de Laon et fut repoussé Comme le jour précédent. Sur le soir, il fit encore une tentative aussi infructueuse sur le village de Semilly, efe voyant alors toute attaque impossible, il opéra sp retraite la nuit suivante j mais il avait fait d'énormes
* perteé.
Ifftpoftfoa oontre f chwanenbgng .
Napoléon était vivement affecté de cet échec enrayé contre l'armée dejSilésie, À quoi avaient servi las poursuites et les fatiguas* de ses guerrière? C$ même adversaire contre lequel il s'était acharné, qu'il se vantait, au commencement de février, d'à* roir anéanti, il le voyait maintenant inattaquable «ir ses derrières, et bientôt s'avancer pour resserrer 4e plus en plus le cercle de ces opérations. Il ne lu> restait donc plus que de se tourner cdhtre Sdhwv* senberg, de tâcher de surprendre la grandie qrmée, pour l'attaquer et la battre en détail.
Le général Schwarzenberg se trouvait de nouveau «ur l'Aube, où il s'était porté aussitôt après 1$ dé*part de Napoléon contre, l'armée de Silésie. Il avaij; battu, le 2? février, à Bar-sur- Aul>e, le maréchoj Oudinpt, chargé de le contenir; ^vaitrepris Troyet^ et attendait, dans le/plaines situées entre la Seine etfp Marne, ce qui arriverait entre Jilucher et Napoléon Bientôt il le vit lui-même en présence, arrivant dç Laon. Il tomba tout d'un coup, le i3 mars, «m; Reims, où était Saint-Priest à la téta des Ru&çç, s'empara de la* ville, tua le général, et le 20, il était avec toutes ses troupes en face dfe Ja grande armée, occupant Arcis-sur-Aube. Il espérait , par une attaque soudaine , rompra les liens qui unissaient l'armée de Sclwarzenberg, et jeter Je désordre .parmi les différents corps; mais il trouva les ligne?
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bien formées et le bon orére partout, de sorte que son projet fut encore une fois sans succès. L'empereur Alexandre et le roi Frédéric-Guillaume, bien résolus à ne pas différer plus long-temps une bataille décisive, s'étaient hâtés de rejoindre l'armée i marches forcées, éfr il y eut , ce même jour 20 mars, un engagement très sérieux auprès d'Arcis. Les escadrons de la garde furent repoussés avec une telle violence que Napoléon, pour ne pas perdre cç point important, fut obligé de mettre lui-même Fépée à la main, de rassembler ies fuyards, de se illettré aussitôt à leur tête: et de les ramener au combat, il s'e&posa tellement dans cette charge, que pour se défendre contre un Cosaque qui venait sur lui la lance en arrêt;, il fut obligé de faire feu luimérae avec ses pistolets. Un grand nombre des officiers qui raccompagnaient furent tués à ses côtés , et son cheval fut atteint et tué par un boulet. Mais, bien loin de fuir le danger, il ne mit que plus d'audace à le braver. Un obus vint tomber à ses a pieds, il attendit le coup de sang-froid, bientôt il éclata, un épais nuage de fumée l'enveloppa ; 09 le crut perdu. Il se releva, sauta sur un autre cheval et vint se placer de nouveau sous le feu des batteries. Àrcis fut sauvé; mais il fallut les plus grands efforts et l'arrivée de Pinfanterie française.
L'armée des alliés s'était préparée» à une grande action pour lelendeftiain ; Napoléon s'était lui-même * rangé en bataille en avant d'Àrcis , et les deux armées se tinrent en présence, attendant réciproque*
ment l'attaque l'une de l'autre. C'était un moment solennel qui allait décider de la guerre et qui dura plusieurs heures. En effet ces quelques heures furent décisives pour le sort du monde; mais d'une autre façon qû'oii aurait pu le comprendre. Car ce fut pendant cet intervalle de temps que Napoléon mit à terme un projet qttil portait depuis longtemps dans son cœur, sur lequel il mettait toutes ses espérances, et qui pourtant fut cause de sa ruine. Aussitôt il en commença l'etécutibn. Lors don% que les alliés tenaient les yeux fixés sur lui et dans la plus grande attente , ils aperçurent avec le plus grand étonriement les rangs français sç débande^ l'armée passer l'Aube et déjà traversant par-dessus les montagnes de l'autre rive. Il entrait dans ses nouveaux plans de guerre, après avoir assez longtemps cherché une décision dans une bataille rao- • gée,* de changer de tactique, d'aller se jeter sur lés derrières de Schwarzenberg par df s marches forcées ; parce que celui-ci, se disait- il, ne manquerait pas de se replier en, arrière pour s'assurer un chemip , et qu'alors il pourrait le faire tomber dans des embuscades, secondé par les garnisons qui étaient dans les places fortes et par la population. Il avait préparé ses plans depuis long-temps ; ses commandants de place * en avaient été informés par des messagers secrets (des espions qui cachaient leurs nouvelles dans leurs cannes, dans leurs habits , dans ies colliers de leurs chiens.) Ilsent'raient d'ailleurs tout-à-fait dtnsl'esprit des habitants qui déjà étaient presque patfout en
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pleine révolte ; ils se tenaient cachés dans lesbois , daps les chemins creux, attaquaient les détachements, les courriers et empêchaient les communications des allies. Les convois ne pouvaient pas arriver ; déjà la poudre et le plomb commençaient à manquer jet si maintenant des troupes exercées se joignaient aux paysans , une retraite %'aurait pas manqué d'entraîner la ruine de Tannée des alliés.
Napoléon était si convaincu de la bonté de ses ■ plans et tellement aveuglé par son orgueil , qu'au moment même où il arrivait sur le bord du précipice , il croyait ses ennemis perdus et lâchait ces paroles incompréhensibles : « Oh a parlé de paix ; mais je ne négocie point avec des prisonniers. » En même temps, il fit rompre les confidences qjii se tenaient à Chàtiilon , détruisant^insi les dernières espérances d'une paix à l'amiable et tous les motifs qui a vaientf jusqu'alors apporté de la lenteur* dans les opérations de la guerre. Ainsi la décision de son ■ sort marchait à gfands pas.
Marche sur Paris.
L'étonncment était d'autant plus grand dans l'armée des alliés après ce mouvement %subit de Napoléon, que lés Cosaques qu'on avait envoyés à la découverte rapportaient à leur façon : « que Tenue mi M retirait tion sur Paris, mais sur Moscou » Cependant
on reçut promptçment des instructions par Èm lettre de l'empereur même à l'impératrice qui fut prise fart à propos, dans^ laquelle il lui découvrait tout sop plan, tel que nous l'avons donné plus haut. — C'était donc un moment bien important pour l'armée des alliés. Les uns conseillaient d'assurer les derrières et de se rapprocher du Rhin, les autres "au contraire plus confiants disaient qu'il fallait marcher sur Paris qui ne pouvait résister ; et ce dernier avis l'emporta, H fut résolu qu'on laisserait Napoléon çn arrière et qu'on se porterait en avant pour se réunir sur la Marne à l'arnij$e de Blucher.
Le lendemain, 2&mars, on apprit ^ue FarméetleSilësie était déjà dans le voisinage, et le conseil de^uerre ** itôsenablé à Vîtry décida aussitôt que les deux athées réunies marcheraient sur Paris et que le gén<xal Winzingerode marcherait seul contre Napoléon % avec dix uiilltfhommes de cavalerie ^d'artjjleçielég^re,pqur lui faire croire que le gros de 1 armée suivait. de cri, sur Paris! réveilla ^enthousiasme de» soldats 9 ^'autant qu'ils avaient eu beaucoup à souffrir, depuis trois mois qu'ils étaient en France ,1e froid , la neige, la pluie*, la disette de tout;, ruais alors Jout fut oublié. Des nouvelles favorables vinrent d'^ileurs encore confirmer les chefs dans leur résolution . C'étaient des courriers partis de Paris , arrêtés j#r la cavalerie légère , porteurs 4e dédies qui annonçaient que dix mille Anglais étaient débarqués à Livourne en Italie; que Lyon, la deuxième ville du royaume, avait été prise par les Autrichiens^ et
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que l'armée d'Augerea* était dansante mauvaise position ; que Wellington était entré dans Bordeaux et s'avançait dans le cœur de k France ; enfin il y avait un rapport du ministre de la police qui déclarait que les esprits étaient mal disposés dans la capitale et gue la plupart des citoyens étaient extrêmement fatigués de la longueur de la guerre.
Ils marchèrent donc sur Paris en toute h|te. Blucher était sur la rive droite de la Marne , Schwarzenberg sur la rive gauche ; ils voulaient se réunir à moitié route. Ils rencontrèrent, dans les taémcs lieux ou six semaines avant ils avaient été surpris par Napoléon , les maréchaux Mortier et Marmput en route pomr aller rejoindre l'empereur; car il rassemblait toutes ses forces sur les derrières. Quelle fat leur frayeur quand ils se virent coupés de Jui par deux cent mille hommes. Ils voulurent faire quelque résistance fie 25 mars , £ la Fère-Champenoise, dans une forte position ; mais ils furent emportes comme par un torrent et ne durent qu'à la nuit d'échapper à une destruction complète. Cependant le général Pactod , qui se trouvait sur leur route avec six mille hommes et une quantité de bagages et de provisions de toute espèce, fut entouré par la cavalerie des deux armées , et après s'être long-temps défendu ayec le plus grand courage , il fut fait prisonnier avec tous ceux qui survivaient. Ensuite les deux armées firent leur réunion.
Pendant ce temps-là, l'Allemagne était dans la jitts grande inquiétude pour ses guerriers, elle ne
savait rien de Ipurf succès , ni de leur nouvelle décision. Les nouvelles étaient interceptées et les" craintes augmentaient chaque Jour. Mais bientôt arriva la nouvelle favorable et elle n'en causa que plus de joie. '
Capitulation de Paris. 50 et SI mars.
L'armée des alliés fit la plus grande diligence possible et arriva enfin , le 29 mars au soir, devant les portes de cette fière capitale , qui si long-temps avait commandé au monde et était encore chargée de ses dépouilles. Joseph , frère deH apoléon et l'ancien . roi d'Espagne, s'y trouvait avec une foule de partisans , et il maintint le peuple en lui faisant croire que ce n'était qu'un détachement de l'armée qui voulait essayer de jeter l'effroi dans la çajjjale. Les • maréchaux Marmont et Mortier ayant rassemblé tout ce qu'ils avaient de troupes, les avaient postées sur- les hauteurs hors de Paris avec toute leur artil* ' leriej de sorte qu'ils se trouvaient à Montmartre et sur Tes autres collines à l'est de la ville avec vingtcinq mille hommes et cept cinquante canons. Ils cherchèrent à arrêter l'ennemi jpsqu'à ce qu'enfin Napoléon arrivât pour les délivrer.
Napoléon était bien à la vérité en marche pour y venir , mais il était trop éloigné pour arriver à temps. * Il avait été victime de sqn aveuele confiance et avait
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laisse prendre une avance de quatre jours à Varméé qui marchait surParis. Les généraux Winzingerode et Gzernittschef l'avaient complètement trompé en lni.fâisant croire qu'ils étaient l'avant-garde de l'armée , qui s'était mise en hâte à sa poursuite , et déjà même il se félicitait des succès de sa ruse. Cependant ne voyant jamais que de la cavalerie et pas un seul fantassin , il conçut enfin quelque» soupçons; il voulut donc s'en convaincre , et attaqua luimême le général Winzingerode qui fut à la vérité bbîigé de se replier devant lui ; mais il ne put encore rien obtenir de certain jusqu'au 29 mars. AltiH arriva une estafette de Paris , qui le rencontra sW PÀube à Efbulancourt. Napoléon se hâta de de*» cendre dWe petite hauteur sur le fleuve pour ouvrir ees lettres mystérieuses; il fut comme frappé de la foudre , quand il sut que la guerre allait se décider h Paris et qu'il en était à plus de quarante iieties. È abandonna donc aussitôt sod armée, et j>artit avec quelques hommes seulement pour tâcher d'arriver à temps ; mais il pressa" vainement sespostil- Ions, il ne put entendre que de loin le canon" du combat qui se livrait devant Paris , et le 30, à Si* heures du soir , il apprit à Fromenteau 7 encore à cinq Jieues de la vflle , qu'il éfail arrivé quelques heures trop tard; #aris s'était rendu. Napoléon n'était séparé que par la Seine des avant-postes de l'ennemi. Les feux de leurs bivouacs brillaient sur tonte la- rive gatfche-? tandis qu'une profonde obscurité le cachait, ihi , quelque^ serviteurs ef deux yoi*
ClMTÀGWE DE 1814. 63t
tares de poste. Le lendemain à deux heures da matin , quand il sut positivement que la capitulation était signée 7 il revint sur ses pas et se fendit à Fontainebleau. Or voici les événements qui avaient amené la capitulation.
Le 30 mars au matfn , le général B&rclai de Tolly, qui commandait les Russes et les Prussiens sous les ordres du* général en chef Schwarzénberg , attaqua les hauteurs de Belleville , où était le point central du système de défense» La lutte fut opiniâtre et d'abord indécise; parce que Jes jardins -, les vignes et les bosquets qui se trouvaient de tous côtés facilitaient beaucoup la défense; mais surtout, parce qu6 les troupes du prince de Wurtemberg et de Blucher qui devaient aider* à droite et à gauche ne purent arriver à l'attaque avant midi. L'artillerie française, avantageusement postée, écrasait des rangs entiers de nos valeureux. assaillants; à la fin cependant les hauteurs de Bellevilfe furent emportées et l'artillerie fut prise. Alors les Parisiens comprirent bien que c'était fort sérieux pour èmtt et que ce s'était point seulement un détachement. Déjà ses rues , autrefois si brillantes de magnifiques équipages» pétaient alors remplies 'de gens de la campagne qm y cherchaient un asile avec leurs charriâtes, leurs troupeaux et leurs bagages.
À, midi , l'armée de Silésie attaqua les hauteurs - de Montmartre. York, Kleist et Langeron chassèrent (l les Français de tous les villages, et la cavalerie
" ra&he put -prendre part au combat; k village dé la
652 septième époque. 1648—4858.
Yillette fut emporté par elle, et les Français furent repousses jusqu'aux faubourgs. Montmartre fut pris avec Partillerie qui le défendait.
A l'extrême aile gauche, leprincede Wurtemberg avait aussi lui , malgré une vigoureuse défense des approches de Vincennes prolongée jusqu'après midi , forcé ]es ennemis de reculer jusqu'aux portes. Alors les deux maréchaux les principaux de la ville demandèrent à capituler; il fut convenu que la ville serait livrée le lendepiain matin 31 mars, et que les maréchaux Marmont et Mortier se retireraient avec les restes de leurs troupes.
Abdication de Napoléon. —Paix de Paris.
Le 1er avril, l'empereur Alexandre fit publier, tant en son nom qi* en celui des alliés : « qu'il ne voulait, en aucune façon, traiter avec Napoléon 9 ni avec ajicun membre de sa famille ; que du reste il laissait aux Français la liberté de se choisir un autre gouvernement. » Par suite de cette déclaration, le conseil municipal fut le premier à se déclarer dé» lié du serment de fidélité envers Napoléon; il témoigna le désir de revoir l'ancienne maison royale , et le lendemain , 2 avril , le sénat lui-même déclara , au nom de toute la France , la déposition de Napoléon.
. Cet événement fut un coup de foudqS pour Ka-
C1MPAGWE deW14. 633
poléon, lui qui s'était constamment flatté de pouvoir réunir ses forces et tenter encore une fois le sort des armes. Il était toujours à Fontainebleau, à donz* lieues de Paris; la colère et l'abattement bouieveiv saient tour-à-tour son Ame : enfin il se décida à marcher sur Paris, plein de confiance encore dats son armée. Le 5 avril fut fixé, et déjà une foule.de guerriers s'apprêtaient à le suivre) mais, danpce moment, ses maréchaux refusèrent de coopéer avec lui dans une telle entreprise. Ney et Lefèvre le suivirent ' jusque dans sa chambre, lui firent connaître l'acte de sa déchéance, et lui déclarèrent qu'ils ne pou- Taient compter sur l'obéissance de l'armée. Alors, il voulut au mointtentetde conserver la couronne de France à son fils, qu'il avait fait appeler roi de Rome. Il offrit donc' son abdication à cette condition; mais ni ïçs alliés, ni le gouvernement provisoire, qui siégeait dans Paris ,. ne voulurent y accéder. Le 6 avril, le sénat rappela l'ancienne famille qt recounut Louis XVIII comme roi de France ; et Ton offrit à Napoléon une retraite libre dans l'île d'Elbe, sur les côtes d'tyriie.<Conlre toute attente, il signa f?ec calme cette abdication qu'on lui imposait, le 11 avril. Sans doute qu'il avait déjà au fond dç son âme le projet de profile» d'un moment favorable , quand l'EuH)j*e aurait déposé les armes, pour reconquérir son empire. Il gartU pour l'île d'Elbe, le 20* avril, et il y fixa sa demeure. Louis XVI II fît son eptrée à Paris le 3 mai, et monta sur le trône de son frère vingl-et-uaans aprç&son exécution.
•M SEpnfeXB hoQv*. 4048—1838.
Le 80 mai fut signée la première paix de Paris, «tftrela France et l'Europe. La France conserva le* 4n4mes limites qu'elle avait eues sous ses rois, et par conséquent l'Alsace et la Lorraine, quî avaient anciennement appartenu à l'Allemagne; elle garda Même de plus une certaine étendue de terrain qui n'avait été conquis que sous la république. Elle n'eut point à.payer les frais de la guerre ; la ville de Paris conserva les chefs-d'œuvre qui ataient été dérobé* de ps toute l'Europe ; et des milliers de Français, retenu* prisonniers en Russie, en Autriche* en Prusse, en Angleterre , furent rendus à (a liberté sans rançon. — On devait donc croire que cette paix allait jrepoeer simdes baaes solides ; miis à peine quelques mois s'étaient éooplés, h peine les peuples av*ietft-& commencé & goûter les bienfaits de la paix, qu'elle Dit de nouveau rompue.
CAMfAGNE DE 1815.
Retour de ffle d'Elbe.
Napoléon entretenait de son .île des émissaires ipecrets dans toute l'Europe, Ayant donc appris -qu'il y avait de la division dans le congrès de Vienne, *|Uf*, d'un autre côté, toute la France était en ferme ntation, excitée d'ailtaurapar ses partisans qai semaient tout espèce d'accusafions parmi Ift peuple, u s*assurà de la sympathie qu'il trouverait ancore p^rmi ses anciennes trotipes; et, le 26 février* u
CAMPÀGHE DB 4815. <W
quitta son fie, à la tête de onze cents soldats de S* vieille garde, et vint prendre terre près de Cannes, an même endroit qu'à son retour d'Egypte. Tous se* * anciens soldats furent aussitôt-enflammés pour lui
du plus grand enthousiasme , tjui fut aussi partagé par une partie de la population. Il avait dit en de* barqiiant : « Bientôt vous allez voir mon aîgfc? prendre son essor sui» tous les clochers de Franoe^ jftsqu'à ce qu'il vienne +e reposer sur les tours éë Notre-Dame. » Et, en effet , les villes et les vilf>f le reçurent partout avec acclamations, Les trovpéal qu'on envoya contre lui, au lieu de se servir de leurs armes , le saluèrent de cris dé joie ; et , après vingt jours de marche, il fit son entrée à Paris , à la tété de toutes les armées de France, le 20 mars, sanrf qu'il lui en ait coûté une seule goutte de sang*
. Louis XVIII fut obligé d'abandonner son royaume* et il se retira sur la frontière.
Alors Napoléon eut Vecours à tous les moyens pour se concilier les esprits ; à ses anciens' soldats . il parlait de leurs anciens lauriers , aux libéraux il promettait la liberté, #ux gens pacifiques il affirmait ses iptentions de paix , disant que ses malheurs gavaient instruit et qu'il ne voulait plus que le bonheur de son peuple; il tenait le même langage au* puissance» étrangères. Mais le congrès de Vienne se déclara fortement* contre lui, et décida que toute l'Europe s'armerait comme contre le perturbateur de la pahçpublique.
Cependant Napoléon voyant que toutes ses pro*
68$, septièmi éwrçui;. 1648—1838:
testations étaient inutiles, se prépara à une lutte
désespérée. Alors, pour.gagner }e peuple Français ,
* comme il avait toujours fait jusqu'à présent, par un nouveau coup de théâtre, il couvoqua à Paris une grande réunion de tous ses adhérents, pour faire décider dans une grande assemblée du champ de mai, suivant les mœurs des anciens Francs, disaitil, 4'il devait réellement se faire de nouveau apper lar empereur des. FrançaisvChacun avait reçu d'avance la réponse qu'il avait à faire, il fut donc proclamé et on lui jura serment de fidélité. *
An bout de quelques mois, il se vi^i la tête d'one belle armée. Tant de milliers de prisonniers rendus à la paix , les restes de la vieille armée et de nouvelles levées furent enrôlés èbus ses drapeaux. JSn outre Jes gardes nationales furent armées , et
* les journaux français parlaient déjà de millions % d'hommes prêts à combattre peur leur empereur.
Murât commence la guerre.
De tous les membres de 3a famille que Napoléon avait placés sur des trônes , il ne restait plus que son beau-frère, le roi de Naples , qui avait sauvé s% couronne, en 1814, en abandonnant Napoléon, tandis qu'il combattait encore coatre les alliés , pour faire une alliance avec* eux. Ce n'avait point é^ par haine pou* l'ambition française, ni par inclination pour
"* CAMPAOKB DB 4845. 657
les principes de l'alliance, mais uniquement pour > ménager ses propres intérêts qu'il avait abandonné Napoléon. Quand donc il vit la fortuné changer de côté , Napoléon remonter sur son trône aux cris des acclamations du peuple et recouvrer son ancienne puissance , alors Murât crut qu'il serait plus avantageux de s'unir avec lui.
D'ailleurs sa préemption fui mettait sous les yeux les plus belles espérances. L'Italie était tout en* tière en fermentation , une foule d'habitants de ce beau pays , toujours morcelé depuis plus de douze cents ans et souvent opprimé jpar les étrangers, sou* pilaient après une-réunion de tmites les provinces de la patrie pour former un empire puissant , indépendant , qui pût occuper une place honorable parmi les autres. ^Joachim Murât voulut donc alors se présenter s eux pour obtenir ce but 5 et en s'avançant dans Je nord de l'Italie , il affecta d'imitefr> le langage et les grands mots de Napoléon; Mais il eut, bientôt à payes la témérité d'avoir visé à un but trop élevé pour lui. Les généraux autrichiens qui furent envoyés contre lui, Ffimont , Bianchi , Niéjkperg et Nugent, le chassèrent devant eux de place • en place, dans tottte la longueur de la presqu'île, jusque dans ses propres étais; le battirent toute* les fois qu'U voulut faire résistance , détruisirent son armée et le forcèrent enfin à quitter lionteusenpentsa capitale et toute 4'ltalie, pour aller chercher un tsile en France, comme fugitif.
638 lEPTifcME époque. 1648—1838. '
Guerre dans les Pays-Bas contre Napoléon.
Celte première guerre d'Italie nVvait duré que le mois de maif. et une plus grande encore devait se terminer dans le courant de juin. SchwarzenJ>erg avec les Autrichiens, les Bavarois, les Wurtem- J>ergepis et les Badois .occupait toute la frontière, depuis la Suisse jusqu a moitié du Rhin ; le feldmaréchal Blucher était avec les Prussiens dans les Pays-Bas sur la Meuse, et tout près de lui lord Wellington couvrait tout le pays jusqu'à la mer du Nord avec les Anglais ^ les Néerlandais, les Hanovriçps et lesBrunswickois. Les Russestlevaient remplir l'intervalle entre Blucher et Scbvrarzenberg ; mais ils n'étaient pas encore arrivés sus le champ de bataille. Alors Napoléon , regardant tout autour de lui , con- ^sidérait sur quel point il porterait lesjpremiers coups du glaive terrible qu'if brandissait dans sa main. Ce fut sur son ennemi le plus près et le pi u£ dangereux, . sur Blucher et Wellington , c(U'iI frappa. S'il avait ' pu réussir à les tailler en pièce, chasser l'un de l'autre côté du Rhin et forcer l'autre de remonter dans ses vaisseaux , alors îl devenait maître de la Belgique, 'de sa capitale, de son argent et de ses homme* ; ensuite f il pouvait avec sa garde courir sur le haut Rhih et battre encore Schwarzenberg avant ^arrivée des Russes. ,
Telles étaient ses espérances quand il partit de Paris, dans la nuit du 11 juin. Toutes ses
' CAMPAGNE PE J615., *€8t#
troupes suaient déjà rassemblées, suivant se$ ordres sur la Sambre et la Meuse ; et le 14 juin au moment de commencer cette sanglante lutte , il paria ^ixui à son armée : « Soldats! c'est aujourd'hui l'aûnir versâire des batailles de Marerigo et de Friedlandj qui deux fois ont décidé du sort dt l'Europe* Alors, comme souvent, -nous fûmes trop généreux, m nous laissâmes sur leurs trônes ces princes qu'aujourd'hui menacent l'indépendance de la France. N'êtes-vous pas et ne sommes-nous pas encore les mêmes? S'ils entrent en France, ils y trouveront leur tombesui. » »
Telle était sa confiance , quand il se vit à kt tête de son armée; c'était en effet une dçft plu& belles que la Fraqpe ait mises sur pied , cent cinquante mille hommes bien équipés avec quatre cents pièces d'artillerie» Mais ce quftendait cette armée plus redoutable ? c'était sa*résoiption de vaincre ou de mourir. La garde, foi te de quarante mille homme*, avait enveloppé ses aigles d'un .flrépe noir, jusqu'à ce qu'une grande victoire permît 4e le* montrer dans tout l^pr éclat. •
+ Napaléon porta sa première attaque sur le point .par lequel les deux armées de Wellington -et de*1 Blucher se touchaient} c'était précisément l'endroit le plus faible des deux aidées, parce que làditcqn des deux généraux cessait son commandement* A gauche, il avait devait lui Wellington avec quatrevingt mile hommes, savoir : trente mille AiigUjs, yingt mille Hanavriens, dix njiMe Brunswickoia ^t
640' septième IfùQVE. 1648—4838.
vingt mille Néerlandais etHessois* Adreite, c'était Blttcher avec quatre corps d'armée qui faisaient plus de cent mille hommes* et étaient commandés |»r quatre généraux : Ziethen , Thielmann , Pirch et Bulow. Mais ces corps d'armée , prussiens et anglais, avaient leurs campements fort éloignés les uns
. des autres, afin d'occuper une plus grande étendae de terrain. Napoléon, le 15 juin, à deux heures du matin, déboucha près de Thuin , à travers leà contrées couvertes de la Sambre, et se jeta avec tant de rapidité sur Charleroi r qu'à peine les postes avancés * de Zietften eurent le temps de faire leur Retraite ; les Cuirassiers français se répandirent avec tant de
. furent sur toutes les routes et dans lus campagnes que les pertes de la journée furent considérables. Cependant Ziethen se maintint en bon ordre près de Fleurus, et donna le temps au feld-marécbal de rassembler en toute hâte les deuxième et troisième corps. ;
Bataille de Lîgny et combat des Quatre-Bras* 16 jgia.
Bliidker résolut de livrer bataille aux cent mille hommes de Napoléon avec sqp trois corps d armé* tjéi faisaient environ qtfltre-yingt mille homme»; parce qu'il comptait que Bulqw arriverait sur lé champ de bataille avant la in de là journée , et que Wellington lui-méiHe enverrait des secours de son côté. L'armée prussienne occupait les hauteurs 4pii
bordaientla rivière de Ligny , avec trois villages clans ses lignes: Saint-Amand où était l'aile droite , Ligny où était le centre de la bataille, et Sombref qui avait l'aile gauche. Pfapoléon avait l'intention de portertoutes ses forces sur l'aile droite , afin de la rompre et de la couper entièrement d'avec les Anglais , et il fit attaquer le village de Saint-Amgpd à trois heures après midi. C'était Ziethen quî s'y trouvait avec ces mêmes troupes qui s'étaient trouvées engagées la veille f cependant elles tinrent ferme contre l'attaque, quelque opiniâtre qu'elle fût, jusqu'à ce que les ennemis ayant trouvé un chemin détourné "h travers une cour arrivèrent de tous côtés dans le village. Alors les combattants qui comptaient parmi eux un grand nombrede nouvelles levées, abandonnèrent cette partie du village appelée grand Saint-Amand et se retirèrent derrière la rivière dé Ligny. L'autre partie, le petit Saint-Amand, fut perdu» à une deuxième attaque des Français.
Aussitôt Napoléon dirigea ses coups sur le centre de bataille et fit attaquer le village de Ligny avec la plus grande opiniâtreté. Ce fut un des combats lef plus acharnés dont parle l'histoire , dit le rapport même du général prussien. Ligny est considérable , bâti en pierres et s'étend tout le long de la rivière. Chaque maison, chaque jardin , chaque rue devint le théâtre d'une lutte acharnée. Cependant le village fut p#is et repris plusieurs fois ; on y combattit cinq heures, tour-à-tour avançant et reculant; et toujours de nouvelles troupes se succédaient des deux côtés T. II. fti
443 SEPTifeu* époque. 1648 — 1838.
sur le ebamp dé bataille. En outre, plus dedfeux cent» bouches d'artillerie écrasaient le village de leur* boulets de dessus les hauteurs; de sorte qu'il fut hieafcôt en feu sur plusieurs points; et tes toits, les salives elles murailles s'affaissaient, s'écroulaient avec im fracas horrible.
Tandisque la bataille sévissaitavec le plus de fureur etquç Napoléon avait^légarai son aile gauche pour attaquer Ligny avec d'autant plus de vigueur, lefeldmaréchal se mit lui-même à la tête de ses troupes et vint conduire l'attaque du village de Saint-Arnaud qtfil avait déjà perdu. Une portion du village fut emportée, et si Wellington ou Bulow avait été en état de l'aider dans ce moment, le feld-marechal frisant une vive attaque sur l'aile gauche des Franpus , aurait pu décider la victoire. Mais la division anglaise qui devait arriver avait été si vigoureusement rqfue par le maréchal Ney aux Quatge-Bras , qu'à peine même put-elle se maintenir en présence/ et Bulow avait été retardé dans sa marche par plu sipurs accidents. De sorte que Blucher n'avait plut ^sojapter que sur son propre courage.
Dé)> le jour tombait, et la bataille durait encore autour de Ligny, toujours aussi sanglante et toujours indécise * Tous* les différents corps d'armée &ai«nt aux prises, ou avaient déjà combattu; il n'y avait plus de réserve.. Tçut-à-coup un grand corps, 4*inf*iiterie, la garde elle-même, qui avait tourne le village à la faveur de l'obscurité , vint tomber sur les Prns&ieusf Uadis-que, d'un autre côté, les cuira*
^jlmbâgîw de 4*15. Vl 645
sicrs et Les grenadiers de la garde attaquaient em même temps sur on autre point. C'était un moment critique. Alors le vieux général , sans songer à sapropre conservation , se mit à la tête des e$cadro£s . qui se trouvaient auprès de lui, et les conduisit luimême à la rencontre desFrançaisjmai^aa cavalerie, t^op faible et trop légère pour percer à travers les escadrons français tout bardés de fer,.fut culbutée, et- : le feld-maréchallui-meme eut son cheval percé d'une halle; le coup, loin d'arrêter sa course, le jeta date des mouvements convulsifsret l'emporta avec d'aifrtant plus de fureur, jusqu'à ce qu'il tomba tQUt d'un coup i aide mort Blucher se trouva lui-même étourdi . par sa chuta» et engagé sous son chevftLLea cuirasçiftra „ français étaieflt acharnés à la poursuite , et déjà les ' derniers cavaliers prussiens étaient loin derrière le feld-maréchfd ; il n'avait auprès de lui que son fidèle aide-de-camp* le comt£ Nostitzqdt, fidAe aux principes des anciens Germains, ne voulait pas survivre à s?» gérerai. Il mit pied à terre, et chassa bien loi» son cheval d'un grand cmp, de crainte qu'il ne les fît découvrir. En effet, les ennemis^ animés par la fareart passèrent au galop etnele&aperçurent pas ; et quand, après cette charge, ils revinrent chassés à leur tour par les Prussiens, leurs escadrons vinrent encore carat* celer autour d'eux; mais, alors- enfi» on retira à grqtad'peine kfelcWuarëchal de dawuBson cfîe^l.
U monta aussitôt sur un cheval de: dragon r et revint en toute hâte avec les siens; L'infanterie prus* sferafie fliguala se» courage : quoique entourés de ,
kl.
Digitiz,edby LjOOQI
644 s^ti^us époque. 1648—4838.
tous côtés, malgré l'obscurité qui toujours grossit le danger aux yeux des hommes, elle repoussa avec sang-froid toutes les attaques de la cavalerie toutes les fois qu'elle vint se jeter sur ses carres, se retira lentement et les rangs serrés sur Tilly. L'armée s'arrêta à une demi-Keue du champ de bataille , et ne perdit que quinze pièces ^artillerie engagées dans les mauvais pas à cause de l'obscurité^*
La bataille était perdue , mais elle n'était pas moins honorable; car ce n'était pas l'armée entière qui avait combattu contre Napoléon , et la victoire fut si vivement disputée que le vainqueur se crut oty'gé de rappeler dix miHeJiommes de reserve qu'il avait d'abord voulu opposer à Wellington.
fr C(ftibat des QttKtreJru.
Napoléon avait envoyé le maréchal Ney etioo frère Jérôme vers Quatre-Bras, pour chasser l'ennemi de ce côté et couper tout-à-fait les deux orqaées Tune de l'autre. Wellington, dont toutes les troupes étaient dispersées, ne pouvait faire arriver ses bataillons que les uns après les autres sur les points me» nacés; mais elles n'en combattaient pas moins avec courage : c'était le -prince d'Orang* «vec ses Néerlandais, 1» prince Bernard de Weimar avec les Nassois , le généraUPicton avec les Anglais „ et le gêné, rai Allen avec les Hanovriensu Ils retardaient , à la
CÀMPÀGHE DE 1815. 646
vérité, la fuigur des Français qui sg précipitant comme un torrent;' mais ils ne pouvaient cependant les comprimer entièrement. Enfin arriva aussi le vaillant duc de Brunswick en présence de cet ennemi, qui déjà une fois lui avait ravi son héritage et comptait. peut-être l'en dépouiller encore dans cette compagne. Le duc , à la tête de ses hussards noirs , se précipita sur les assaillants pour arrêter leurs progrès; et comme il ne voulait pas céder, il fit aussi avancer son infanterie contre eux. Mais c'est alors qu'il reçut une balle qui lui traversa la poitrine et le renversa de dessus son cheval. C'était un prince animé du plus pur amour de la patrie , qui ne tira jamais Tépée pour la France. L'honneur est attaché à son nom.
Le combat continuait toujours avec la même fureur ; lés Brunswickois cherchaient à venger le sang de leur duc dans celui des Français. Le prince d'Orange, qui se jeta témérairement à la tête d'un escaàx&n néerlandais au milieu des rangs ennemis , fut emporté trop loin et entouré ; mais le septième bataillon marcha vers lui et l'arracha du milieu des ennemis. Le prince, enthousiasmé, arracha la croix qu'il portait sur sa poitrine, et la jetant au milieu de ses fidèles guerriers : « Enfants , cria-t-il , vous l'avez tous méritée ! » Ils ramassèrent cette croix et rattachèrent à leur drapeau.*
Tant de courage et un si grand mépris pour la mort ne devaient pas rester sans fruit : les Français se trouverait eux-mêmes pressés à leur tour, et alors
646 SEFrifcxB époque. 4648~-1858.
Sfajr voulut ff ire avancer sa résen* de dix mille hommes. Mats ils n'étaient plus à sa disposition : Na~ - poïéea les avait fait venir sur Ligny , et le maréchal « vit force d'abandonner ses avantages et de se replier «r Frasne. Trois ou quatre mille hommes à peu près avaient été tués de chaque côté ; et du côte x>h combattit Napoléon , il y en avait bien* douée à quinze mille. Et cependant tant de sang n'avait «ore rien décidé !
Batailb de Wattrloo ou de Urtt-Aliience. jtt juin.
Wellington et Biucher firent replier leurs deux: «usées quelques pas en 'arrière, le 17 juin, afin d'être plus rapprochés l'un de l' autre. Mais Napoléon croyait les Prussiens tellement affaiblis et rf- &ayés, qu'ils ne pourraient pas manquer de *e retirer yars Maastricht, sur l'autre rive du Rhin ; par qpb- «séqttaot , il «rvojra le maréchal {ïrouchy avec ma &rt détachement centre eux, avec ordre de les châtier w l'autre rive. Par rapport aux Anglais, son «unique crainte était qu'ils ne se retirassent et qu il am pût en venir à une bataille rangée tivee eux. C'est pourquoi il dépêcha Yandamme qui devait * quelque temps faire ron te avec Grouchy pour venir tomber anr leurs derrières de l'autre côte de Wavre ^t4eiîruxelles. Mais leiles n'étaient point les inteo+ tikins de #e* deux adweref ires. Wellington s'ëtaàt
e*wicuni ta 4«1S. 947
choisi une position avantageuse h quatre lieues sud de Bruxelles, sur la petite h anteur du mont Saint- Jean; il avait en dos la grande forêt de Soignies et en avant des fermes très favorables pour la défense. « Si mon compagno^d'armes peut m'envoyer deu* divisions pour me soutenir, fit-il dire à Blucher, j'attendrai Napoléon dans la position que j'ai avec quatre-vingt mille hommes. » Celui-ci répondit qu'il y viendrait non pas seulement avec deux divisions , mais avec toute son armée , pour attaquer les Français s'ils n'attaquaient pas eux-mêmes. Avant que le jour ne commençât à poindre il était en route avec son armée, afin d'arriver par des chemins de traverse et tomber sur les Français au moment où ils seraient le plus virement engagés avec Wellingt^m.
Quand Napoléon aperçut les Anglais, le 48 juin , qui l'attendaient sur la hauteur de Soignies, il en fut ravi de joie et Récria : « Ah ! enfin je les tiens^ès Anglais! b Et dès que la pluie eut cessé, il fit «3s préparatifs pour la bataille. Wellington avait on avant de son centre de bataille deux postes avancés à droite et à gauche, Hougeumont et la Haye-Sainte; «'étaient deux espèces de forts qu'il fallait que Nape*léen prit avant d'attaquer tés lignes anglaises. Napoléon fit d'abord attaquer le fort Hovgoumont , sur le midi.
Son frère Jérôme , qui auparavant n'était pien moins qu'un héros, conduisit lui-même l'attaque et combattit avec fureur pour; son royaume perdiu Q se mît à U tête du deuxième corps d'armée française; ,
648 sEPTifcM* évoqv£. 1648—1858.
mais il éprouv? «ne si vigoureuse résistance -qu'il ne put obtenir aucun avantage, même après que la ferme fût tout eu feu. Elle resta toute la journée au pouvoir des Anglais. La Haye-Sainte était occupe par un bataillon d'Anglo-Allgmands qui plus tard reçut encore quelques compagnies de secours. Trois fois ils repoussèrent l'attaque avec le courage leplns inébranlable, jusqu'à ce qu'ils eussent épuisé leurs cartouches; alors ils furent obligés de se faire un chemin pour aller rejoindre leur armée. Aussi le soir, des quatre cents hommes de ce bataillon il ne restait que quarante-deux hommes.
Cependant Napoléon avait préparé une nouvelle attaque contre les hauteurs du mont Saint-Jean. Quatre-vingts canons furent dirigés contre elles; la cavalerie et l'infanterie s avancèrent aussi en même temps» à côté et derrière, droit sur les Anglais et les Allemands. La . cavalerie française espérait emporter l'artillerie par une charge subite; mais avant qu'elle fût arrivée assez près, il lui fallut* essujer un feu. meurtrier de l'artillerie et de l'infanterie; et la cavalerie anglaise qui était cachée dans des vallées , arriva tout d un coup sur eux à travers les intervalles de leurs bataillons carrés. Alors il y eut entre ces deux peuples qui se haïssaient depuis long-temps, une lutte d'une animosité sans exemple. Sur la route deGenappe à Bruxelles, au point central que Napoléon voulait absolument forcer, était le général hanovrien Alten avec ses légions alleman* (les et hanovrtennes , qui soutint glorieusement la
CAMPiGKE #£ 4816. *•©
réputation des àrtnag allemandes et surtout du Hanovre. Ses huit mille hommes se vantaient d'avoir toujours combattu contre les Français, depuis douze ans que ceux-ci avaient occupe le Hanovre, partout Ou ils avaient trouvé un champ de bataille, en Portugal, en Espagne , en Sicile, dans le sud de la France; et partout ils s'étaient couverts de gloire. Ils & trouvaient donc encore à cette dernière bataille qui fut décisive et ne contribuèrent pa» peu à son heureux résultat.
Cependant Napoléon sur sa colline près de Belle- Alliance , d'où il considérait tout le champ de bataille dans la plus grande inquiétude, quoique aucun geste extérieur ne trahît sa pensée , brûlait de colère de trouver une si grande résistance sur laquelle il n'avait- pas compté. Quand on Tenait lui parler des difficultés qu'on trouvait sur tel et tel point, il ne répondait que par ces mots : « En avant! en avant! + Il comptait accabler le§ Anglais t. et à trois heures il fît partir .un courrier annoncer la victoire à Paris. En effet ,';'si le secours ne fût pas arrivé, le génie du mal était encore une fois cou* roittié par le succès. Déjà Wellington avait appelé toute sa réserve, et avait été obligé de laisser son aile gauche presqu'à jm pour soutenir le eentre. Plus de dix mille hommes de son côté avaient perdu la vie et ceux qui survivaient étaient épuisés par huit heures d'une luCte continuelle. A cinq heures 'du soir, les Français avaient conquis' une potion avantageuse sur les hauteurs et occupaient
«fO «ratait iFovy» 46*»— 4888.
k forêt im Heugomnatt et le iaft la Haye-Sainte. Déjà le général anglais disait arec crainte ; je voudrait bien qu'il fût nuit ou que les Prussiens arrivassent. Mais bientôt aprèsretentit sur les derrières de l'ennemi le bruit de l'artillerie) il comprit aussitôt que c'&ait le momeat qui allait décider du sort de l'Europe ; il en fut ému jusqu'aux larmes et il s'4reria avec enthousiasme : « Cest le vieux Blucher. » L'armée jlrussienne avait été retardée par les dii£~ cultes des chemi ns que les pluies a vaientdéfone& ,sti#~ •tcrat dans les chemins creux de Saint-Lambert} et à -oinq heures du soir, il n'y avait encore que deux bri-r gadesde Bulbw arrivées dans, le boisde Frischmont^ nù elles devaient se cacher et attendre les autres pour tomber ensuite tout d'un coup sur les derrières de l'tmemi* Mai* le moment décisif ftaifc arrivd, l'ar*paée anglaise était réduite k l'extrémité et pouvait à peine soutenir la lutte. Les Prussiens furent donc obligés de commencer fattaque avec ce qu'ils avaient dçr troupes ; Bulpw aussitôt sortit de la forêt et vint m jeter sur les derrière^ de l'aile droite de Napo^- Jaonj et sans cesse de nouvelles troupes arri-*yaient renfprcer celles qui combattaient. Cepen*dant l'ennemi ne se déconcerta pas; il fit aussi-r \pt volte-face et commença, sous les ordres duge«ttéral Mouton , un combat sanglant et' long- temps indécis , • tandis que la lutte. se prolongeait toujours avec les Anglais. Dans cette position, à 7 heures du soir, Napoléon voulut, par une attaque victorieuse, déloger les ennemis de toutes les collines et les jeter
' CAftfPMtfE Dl 18». *M
dan» lu Ibrét deSoignies, pour tourner ensuite tentas ses forces contre les Prussiens. Il disposa donc une attaqpe plus terrible que toutes les autres avec lfc plus grande partie de ses gardes, et les conduisît lui-m&ne contre le centre anglais , contrelles coUlines.ies plus importantes qu'il occupait déjà en partie depuis cinq iieuces. Le maréchal Ney mat^ chait en avant, à pied, à la tête de quatre bataillons * d^s gardes. Ces bataillons s'avançaient serres et en silence ; et comme on voit de loin s'approcher une noire tempête, ainsi ces vieux guerriers à qui aucun danger n'était nouveau ni trop grand, gravissaient la colline. Wellington les vit arriver et reconnut qute Vêtait le dernier assaut de l'ennemi, leur coup de désespoir et par conséquent le plus dangereux. II fft placer son» artillerie sur le flanc droit , y fît venir en outre huit mille hommes d'élite de l'aile gauche qui désormais se trouvait assez forte par Parrivée de ïaethen, et laissa prendre un moment de reposa ceux qui avaient eu à soutenir les fatigues de toute la journée , attendit que les Français fussent bien à portée pour faire tirer à mitraille sur leurs masses épaisses qui furent horriblement moissonnées. Mafe ils ne cédèrent pas pour cela , ils reformèrent lcure rangs et s'avanpèreut toujours plus près ; jusqu'à ee «pie après avdfr encore essuyé le feu de l'infanterie ih -arrivassent à la baïonnette. En même temps la cavalerie anglaise tombait sur leurs flancs. Cependant Napoléon eût obtenu son but , si le principal coup qu'il avait prépaie avec huit bataillons ^fe
4*a sej»tiè*b époque. 4648-^1838.
troupes fraîches, de ha garde avait pu ébte frappé. Biais cette troupe d'élite, en arrivant au point qu'on lui avait assigne fut tout d'un coup obligéeide se tourner contre Blucher, qui réuni; à Ziethen se portait en ayant avec toute l'aile gauche de Wellington. L'aile droite de Napoléon se vit donc assaillie <ie trois côtés à la fois et fut obligée^de plier.
L&S tambours battaient la charge, et Ton avançait toujours sur lui. De son côté, Wellington se portait aussi en avant avec tflut son corps de bataille, des flots de sang coûtaient. Alors fut tué Friant, un des principaux commandants de la garde ; de tous côtés la cavalerie anglaise lçur criait de se rendre : a La garde meurt et ne se rend pas,» cria Cambronne qui tomba au même moment, grièvement blessé. Il avait été le compagnon de Napoléon dans File d'Elbe. Du côte des alliés , un grand nombre «d* braves guerriers avaient aussi eux versé leur sang ; mais sur ce point la victoire était décidée. Ce qui restait de la garde et les autres troupes se précipitèrent pour descendre des collines, et rien ne put les arrêter.
Cependant Ja retraite de l'ennemi s'exécuta en bon ordre tant que 1? village de Planchepoit fut défendu. C'étaient quelques bataillons dé la jeune garde qui y combattaient; mais ils se virent obligésde l'abandonner dès le même soir. Àlors>la retraite devint une véritable féroute, et de tous côtés retenti fc4e cri de sauye gui peut ! on n'écouta plus aucun ordre , chacun chercha son salut, et les généraux eux-mêmes lurent obligés de suivre le torrent. *:
Gneisenau qui avait couru tant He dangers dans cette bataille ou il perdit deux chevaux Uiës sous lui et la garde de sou épée qtfi fut emportée par une balle, se mit encore à la poursuite des ennemis tout fatigné qu'il était, à la tête de tout ce qu'il trouva de cavalerie sous sa main «t de quelques pièces d'ar-*' tiiierie légère. Il les harcela partout , ne le laissa reposer nulle part; et la route était couverte de toute ■ espèce de débris, d'artilletie, décaissons, de chariots et d'armes. *
* Enfin les Prussiens arrivèrent devant la petite1 ville de Genappe. Les Français avaient barricadé les * rues avec des chariots, des caissons, jetés les uns sur les autres, et semblaient vouloir y faire résistance. '■ L'empereur s'y trouvait. Mais comme ils cédèrent à là première attaque et se sauvèrent en désordre, Napo- ' léon fut si pressé de slenfuir qu'il laissa son épée et perdit son chapeau en sautant fle sa voiture; lui qui/ quelques heures auparavant, n'avait qu'une crainte, c'était que l'en^ipi pût lui échapper. C'était une victoire comme on en voit peu dans l'histoire. II n'échappa que des débris de Tariftée française. Trois cents pièces d'artillerie et cinq cents caissons tombèrent entre les* mains des alliés, et le chemin de la France leur était ouvert sans aucun autre obstacle.
41* SEPTIÈME É*OQUE. 1648—1838.
Jfopriéon prftonnier et emrdyé a Safoto-Hélèiw.
La marche des deux années sûr Paris ne fut désormais qu'une course victorieuse; à droite l'armée anglaise, à gauche Fardée prussienne. A la vérité, Us reçurent bientôt des envoyas pour les en». gqger à s'arrêter, où même à retourner, sons prétexte que tous les motifs de guerre avaient disparu; Napoléon avait déposé sa couenne quatre jow après la bataille. Mais les allies ne se laissèrent pas prepdre à ces artifices, ils n'en marchèrent que plus vite sur la capitale, et onze jours après ils étaient devant ses portes. Cependant Davoust, Grouchy, Vandanune et d'autres généraux avaient rassemblé environ soixante mille hommes et se tenaient avantageusement postés à Montmartre. Une grande agitation régnait dansla»ville ; les uns voulaient se rendre, lesaùtres se défendre juscfti'à la mort; les uns voulaient rappeler Louis X VIII , les autres demandaient lf fils de Napoléon qui était à Vienne.— Pendant ce temps là les deux gégéraux prenaient toutes leurs dispositions pour attaquer la ville. Les Anglais se présentent en face des buttes de Montmartre , qf les Prussiens ajant réussi, par un ]$ng d&our, à passer la Seîne, arrivèrent teut d'un coup du côté du eouchant qui n'était point défendu , battirent Vandamme qui voulut marcher contre eux, à Issy, le 2 juin, le forcerez de se retirer avec grande perte, et se préparèrent à livrer l'assaut. Mais, le 7 juiQMa ville se rendit,
LA GQItr&tftâXIOlf G*KHk%lQVE. 81*
après que Davoust se fût retiré su* la Loire beee le reste de l'année.
La capitale cette fois fut traitée avec plds de se- Vérité que la première; il lui fallut restituer tooàsetf chefs-d'œuvre de l'art dont on lui avait fait U** fois le cadeau. D'ailleurs les armées autrichiennes, allemandes et rospes, étaient aussi arrivées du s^d et de Test; de sorte que toute la France se trouvait oouyerte d'étrangers , qui long-temps l'accablèrent*.
Napoléon, l'auteur de tous ses maux, voyant aW coup manqué, chercha £ mettre sa vie en sûreté* Mais n'ayant pu réussir à se sauver en Amérique ,%« . cherchant à, prendre l'incognito sur un vaisseau. Use rendit, le 10 juillet, aux Anglais qui gardaient le port de Rochefort. Alose , pour l'empêcher d* trpubler désormais l'Europe, ils le transportèrent a« milieu de l'Océan à plus de huit oents milles de distance, dans Une île isolée et inhabitée, à Sainte* Hélène, où il fut soigneusement gardé. '
Napoléon vécut encore six ans, dans l'île de Saint;* . Hélènç, et il y mourut le 5 mai 1821. •
La confédération germanique. ^
Conformément aux conclusions du premier traité de paix fait à Paris , le 20 mai 1814 , et du deuxième ^ ïfe 20 novembre 1815 , on rendit à l'Allemagne toutes les provinces <jui lui jvaient appartenu avant la révolution ? et qui en avaient été séparées par les guerres qui la suivirent. Alors elles fuegnt partagées entre les
OM SBPTtkm évoqux. 4648—4858.
membres de la nouvelle confédération germanique, dans un grand congrès de toutes les puissances eu-» ropéennes, ouvert à Vienne le f* novembre 4844; de façon que généralement chacun reprit ce qu'il avait eu dès l'origine , ou ce que la paix de Lunéville ou la confédération du Rhin lui avait accordé.
•Les états de la confédération étaient , au commencement , au nombre de trente-Huit, L'Autriche, la Prusse, la Bavière, la Saxe, le Hanovre, le Wurtemberg , Bade , la Hesse électorale , le grand duché de Hesse , le Holstain qui appartient au roi de Danemarck , le duché de Luxembourg qui appartient au roi de Hollande comme duc «le Luxembourg, le Brunswick / Mecklenbourg-Schwérin , Nassau, Saxe-Weimar, Saxe-Gotha, Saxe-Cobourg /Saxe- Meinningen , Saxe-Hildbourghapsen , Mecklenbourg - Strélhz , Oldenbourg , Ànhalt - Dessau , Ànhalt-Dernbourg, Ànhalt-Gœthen, Schwarzbourg- Sondershausen , Schwarzbourg-Rudolstadt, H oh enzollern-Héchingen , Liechtenstein , Hohenzoliern- Sigmfiringen , Waldeck , Réuss (branche aînée), Reuss (branche cadette), Sctiauenbourg-Lippe ; les vtfles libres de Lubeck, Brème, Hambourg ; plus tard", il y eftt encore la Hesse-Hombourg.
La maison d'Autriche a repris le fidèle Ty roi , Salzbourg , et le quart de PInn ; celle de bavière règne sur tout son cercle de Bavière et en Franconie , elle a aussi reçu des indemnités dans le Palatinat du Rhiu et compte plus de trois millions de sujets ; la maison de Wurtemberg règne en Souabe,
LA ÇOUfÉOÉKÀTIOW GÊRMiMIQVE. 0fi?
sur environ un million et demi de sujets, et ^t séparée par la Forét-ftoire du duché de Bade qui s'étend tout le long du Rhin , depuis Bàle jusqu'au* delà de Manheim , dans un pays très fertile et magnifique. La principauté de Hesse-Darmstadt a beaucoup agrandi ses anciennes limites pendant ces temps de confusion, et compte parmi ses villes la plus forte de la confédération , Mayébce ; qui fut si sauvent prise et reprise. Le roi de Prusse est <?eiui qui éompte parmi ses sujets le plus d'Allemands , environ onze millions, plus qu'on en vit jamais réunis sous un même sceptre. Ils lui ont été reconnus par les rois du grand congrèd européen ? parce qu'il abandonnait à la Russie la plus grande partie de ses provinces polonaises ; de sorte que la Prusse est aujourd'hui propreœont un état allemand , presque, sans mélange. Ses provinces s'étendent des frontières de Fest jusqu'à celles de l'ouest ; et dans ce développement, elle est comme en sentinelle et toujours prête pour défendre la patrie commune et son honneur.
Quant au gouvernement de l'Allemagne il devint une confédération d'états libres et indépendants , dont voici les articles principaux ; « Le but de l'al- * liance est le maintien de la * sûreté extérieure et « intérieure de l'Allemagne ' avec l'indépendance a et l'inviolabilité des états confédérés.
« Tous les membres de l'empire ont des droits à égaux et semblables.
« Les intérêts généraux sont traités dand uue t. h. h% *
OM stmfciu i**w. 4648—4858.
* dtye qui siège i Francfort- sUr-le Main, et dans « laquelle l'Autriche a k présîétencej cette diète est « petpétuelle et ne peut s'ajourner que pour quatre « mois mi plus, si les affaires le permettent.
€ Elle doit s'occuper principalement de la oompo - « akten d*ê lois fondamentales de la confédération ,
* *t de sas dispositions organiques par rapport à ses «, relations intérieures , extérieures et militaires.
« Tous les membres de la confédération promet* « lent dé s'unir ensemble contre toute attaque , et m s'il y a une guerre de n'entendre à aucun pour- « jparler avec l'ennemi, de ne conclure aucune trêve , m aucune paix en particulier; ils se réservent cepenm dànt le droit des alliances de toute espèce ; maie « c'est un devoir pour eux de n'en conclure aucune m * contraire à la sûreté de la patrie et aux intérêt! « d'un seul des membres. Daunéme 1 ses membres ne « peuvent se faire 1a guerre ,.sous aucun prétexte ; « mais ib doivent porter leurs différends k k diète ~ € celle-ci alors s'occupe de la contestation , Var~ « range , et les parties doivent obéir à sa sentence*
€ Dans tous les états de la confédération ce sera
* une administration par le pays.
• Les différences de sectes chrétiennes n'en ap— « porteront aucunes dans la jouissance des droits ci- « vils et politiques dans tous les pays de la confédé- « ration ; mais comme il y a besoin d'une améliora- « tion dans l'état civil de ceux qui professent le « judaïsme , la diète de la confédération devra en 4 délibérer.
L'uLLUHkaxi de .4846 a 4858. 699
«* Les sujets îles princes Allemands ont le droit de « passer d'un pays dans un autre, et d'y prendre un « état civil, ou un service militaire, sî aucun en- « gageaient militaire ne les attache à lear patrie.
« Ifi diète s'occupera de la confection de loi** « pour la liberté de la presse «t sur la contrefaçon , « aussi bien que pour le commerce et le négoce des « états de la confédération.
L'Al'emag* de 1816 à 1S58.
La diète de la confédération germanique, dont les séances commencèrent le 5 novembre 1816 à Francfort, a dès le principe rendu à la patrie la considération qu'elle méritait , en déclarant que la «Nin fédération formait une puissance européenne , indé-* pendante, avec le droit de faire la guerre , la paix et des alliance , et surtout §p rachetant notre langUô maternelle de cette tache honteuse qu'elle portait depuis un siècle ; elle décréta que la langue allemande serait seule employée dans ses traités, soit par écrit), soit de vive voix. Suivent les dispositions relèves à la défense générale.
On a régie' à quel nombre sera portée l'armée de fa confédération en paix et en guerre , en quoi elle, consiste, le contingent de chacun des membres, à qui et comment est donné le commandement; cpmbien de places -fortes, elle doit avoir. L'armée de la confédération ' est composée de -trois cent mille hommes , l'Autriche en fournit quatre-yingt-
660 septième époque. 1048—4838.
quatorze mille , Ja Prusse soixante-dix-neuf mille, la Bavière trente-cinq mille , le Wurtemberg treize mille six cents , le Hanovre treize mille , le royaume de Saxe douze mille, Bade dix mille, le grand duché 4e Hesse six mille, la Hesse électorale cinq mille quatre cents et les autres proportionnellement. Elle est commandée par un général en chef choisi par la diète. Il a des obligations envers elle et lu^ prête serment; il reçoit d'elle son autorité et les ordres, et lui fait des rapports, et pour le représenter ou le remplacer dans le commandement en chef, la diète nomme en même temps un lieutenant-général. L'armée est partagée en dix corps dont les généraux nexeçoivent d'ordres quedugéaéral en chef. De ces dix corps, l'Autriche en représente trois, la Prusse trois, la Bavière un , et les trois autres sotit formés eh commun sur les aiftres contingents fournis. Les places fortes de la confédération sont ' Majence , Luxembourg et Landau.
Si ces règlements étaientjiécessaires pour laguerre, ceux relatifs à l'administration générale de la diète en temps de paix n'en étaient pas moins de la plus grande importance. Il fallait solidement établir comment les délibérations de l'alliance seraient sanctionnées ; comment, dans les contestations des membres entre eux, tout acte de violence serait écarté , la justice serait rendue , et ses arrêts exécutés. Le moyen d'administrer la justice fut bientôt trouvé. Arf lieu d'un tribunal commun , spécial et qui aurait remplacé la chambre impériale et le coa-
l'ajllemàgne de 1816 a 1838. .r661
seil aulique, comme quelques voix le désiraient ', la diète fut elle-même chargée de vider les contesta* tions; et s'il fallait en venir à des voies sévères de justice, alors la.décision serait renvoyée devant des haute cours de justice, prononçant comme juges souverains pour les états particuliers.
Bf ais comment celui qui mettrait de la résistance, qui ne voudrait pas se soumettre à l'arrêt de luimême, pourrait-il y être contraint par la force? Ce point resta long-temps une question indécise, jusqu'à ce qu'enfin les besoins pressants de l'époque aient porté la diète à donner un arrêt provisoire pour régler l'exécution des jugements, le 29 septembre #i810, La diète doit, pour l'exécution de ses arrêts, avoir à sa disposition la force armée de la confédération; elle doit fixer aussi bien le nombre des troupes à placer comme garnisaires , que le lfea où elles doivent être placées , et le retour de ces troupes ne se fait <fu*après l'exécution parfaite et dans les formes de l'arrêté de la diète. Quant à ce qui a rapport aux autres articles principaux de l'acte de la confédération , le développement successif des événements a donne cours, à la vérité , dans certains états, à des institutions telles qu'on avait droit de les attendre de ladiète, dès le principe. Mais aussi, malheureusement beaucoup d'autres, quoique très importantes, ont été éludées , soit à cause du désordre des temps qui ont suivi , soit à cause d'abus ou par défiance /soit par tropHë lenteur d'un côté et trop d'impatience d'un autre, soit par une mortelle influence de
663 wnfcxB «toque. 164$— 48S8.
l'exempleétrauger ou même d'une actiqn étrangère! ^oit enfin , je le dirai avec une profonde tristesse» par une dégénération criminelle du caractère allemand. Mais tirons ici le voile sur certains faits dont }es détails ne procureraient aucun avantage et ne serraient d'aucune instruction à la jeunesse.^ Puisse* t-elle ne jamais apprendre combien loinpeutconduire la haine de parti ! et surtout puisse l'histoire l'on** Hier, puisque alors» ces malheurs auraient passé sape laisasr de traces! flïous Wallons donc noua Occuper que de ce qui est vérifeddeeptent un pro* grçs et porte avec so\ des conditions de durée» LVtiçIe 13| qui portait que. dans tous les éW* de la confédération il devait y avoir nne constitution des états provinciaux, causa de grands mouvements dans tous les esprits, Beaucoup de citoyen» attendaient^ là un tout autre et nouvel ordre de choses , qui tout d'un epup ferait disparaître tous le* besoirçs 4» peijplc, toutes les fautésr des gouvernants; sans penser qu'il faut, avant que le peuple prenne part aux affaires publique , qu'il se formel par des expériences, qu'il soit mis dans la bonne voie par l'usage avant de produire de véritables fruits} sans considérer quelle différence il y a entre da grands et riches états , comme la Fraqce et l'Angleterre t dont les chefs-dieux pourraient prearçue fyffîier u« empire, e$ ces petits ét&te allemands compost;» 4'wç owpk àe millions au plus , pu seulemeut de quelques milliers dq citQyçns, Cependant t presque tous les divers gouvernements do l'AUe-
l'ALiaicÀonB de 4846 k 18S& W*
magne, les uns plus tôt les autres plus tard, étaient parvenus à remplir cette clause delà confédéral tion; et déjà les provinces commençaient à recueilli* les fruits delà paix, quand cette nouvelle temp&e, qui en 1880 éclata en France, se répandit pair toute l'Europe et menaça de jeter le trouble dans notrepatrie* Le roi de Prusse , en mai 1815 , le premier 4*9 princes allemands, avant même que l'acte de 1» oonfâdéaratton l'eut exigé , donna à son peuple la promesse d'unecoastitutionprovinciale* Cependant» comme il s'agissait d'un état composé de tant de parties différentes et hétérogènes» l'exécution e* devint trèi difficile , et les travaux préparatoire eç prolongèrent jusqu'à Tannée 1823. Le roi avait &U, travailler cette constitution provinciale par WW commission particulière, aous la présidence d*J prince royal, d'apràs les conseil* d'hcMMï»* habiles, pboisis dana toutes les provinces du royaume, et lq 5 juin 1833 il lui donna force de loi. M?je le ro\ remit à plus tard pour décider, quand une diètft générale du royaume aérait convoquée et comment *Ue aérait composée des é*at$ provinciaux. Ces étals provinciaux sont en activité aujourd'hui sur tou$ fea pointe de la monarchie, Ge sont eux qui dpnnpnt k^r conseil pour toutes les affaires importantes d$ la province; ils présentent au roi leurs idées t leur* 4é$ir*> «t les. soumettent à son examen et à sa déci* qio#, £ cette constitution provinciale se raltycfaf celle des subdivision* de cliaque province f <J« cercles , des viUeq, des communes.
664 septième époque. 1648— 1858#
Le travail était plus facile dans les petits états d'Allemagne et surtout dans ceux homogènes; de sorte qu'ils purent de bonne heure mettre à exécution l'article 18 de l'acte de l'alliance. * Le grand-duc de Saxe-Weimar fut le premier qui,* dès] l'année 1816, donna à son pays les états provinciaux, %et en 1817 ils reçurent approbation de ki confédération.
r Le 27 mai 1828, le jour de sa naissance, le roi Mnximilien-Joseph de Bavière donna à son peuple une charte qui contient les dispositions essentielles ffun gouvernement de notre époque. Les états du royaume se composent de deux chambres, la chambre des conseillers-d'état et la chambre des députés, élus par lé peuple qu'ils représentent et dont le nombre monte à cent huit.
' Depuis 1816, les yeux des amis de la patrie étaient tournés sur le Wurtemberg , qui le premier des pays d'Allemagne avait été constitué avec une heureuse représentation du peuple. Ils espéraient voir fleurir un gouvernement habile au milieu de celte portion privilégiée de la nation allemande, et en effet cette espérance ne fut pas trompeuse ; malgré une lutte acharnée des opinions qui souvent même paraissait insoluble, cette oeuvre reprise avec une zèle toujours nouveau a pu parvenir enfin à une perfection. Après plusieurs entreprises malheureuses sons le roi tVédériô et son successeur Guillaume I, ce dernier prince enfin ; saisissant un moment favorable , en 1819, convoqua ahe nouvelle assemblée des états f
LALLEMàGHB DE 1816 A 1838. 608
qui ne devait s'occuper exclusivement que des titrée de l'ancienne administration , les examiner point par point avec ses plénipotentaires et les lui pré** senter ensuite pour y mettre le dernier sceau. Deux mois après , l'ouvrage fiit présenté achevé au roi. Il signa le titre, le 25 septembre, le renvoya atut plénipotentiaires des états et reçut aussi lui de ta part de l'assemblée des états un second^xempltnnl signé de tous les membres. De cette façon r administration du Wurtemberg devint le résultat d'un traité heureusement conclu entre le roi et le peuple ; ainsi en était-il dans les premiers temps de là nation.
Ee grand-duché de Bade reçut aussi sa constitution provinciale , le 22 août 1818 , et celle de Hesse, le 17 décembre 1820 ; de même qae le grand-duché de Nassau , de Saxé^Gobourg-Hildbourghatisen et Mèiningen, »lës principautés de Sehwarzbourg- Rndolstadt , Lippedetmold et Schaumbourg , Liclv tenstein et Waldeci.
Dans les élats (FAutriche, du royaume de Saxe, dans le Mecklenbourg et quelques autres pays encore pîtrs petits, les états provinciaux furent mis en activité d'après la même foftrïe qu'ils avaient anciennement; rfcais dans le Hanovre *et dans le Brunswici, tï y eut quelques changements. .- *
Les grands ébranlements que l'année 1850 apporta dans lés rapports sociaux, comme dans les plans des Souverains dé l'époque*' n'ont pas été non plus sansf d'importantes influences sur les fôrûïes administra*
tives des états d'Allemagne. Dans plusieurs d'entre eux, elle donna lieu à des changements essentiels dans la représentation des états et même dans les principes constitutif tout nouveaux ; de même qu'elle apport* fine vie nouvelle daps le? négociations de cesdiètftf qui étaient en activité depuis longtemps, Mais aussi* ef c'est le malheur de notre époque , elle souleva presque partout les passions qui jetèrent des entravas da^ns le développement pacifique 4u droit et du \roi.
Le gouvernement et les états du Hanovre mou# Ont donné un exemple h imiter* Ge pays était aussi lui tombé dans une extrême agitation , et si L'on nq voulait pa^vqir les liens de l'ordre lmsà$ et laâfrrce Imposer ses sentences sur lqs queffiouç lç&plus diflfcj cita?» i) fallait qu? le gouvernement, d'accoixl aveu fes représeqtapts du pays » réunis avec sincérité et pleins d'une confiance mutuelle , «entreprît de donner à l'administration une nouvelle forme. JUf noble roi Guillaume IV, fidèle mi caractère dç toute sa v je , tendit la main à toute amélioration qui promettait d'avancer le bien de son peuple ; ses conseillers abondèrent dans son sens et ses états rassemblés pour ces importantes questions, travaillèrent les années 1831, 32, 33, Avec celle ténacité, cet apprtH Ibndissement particulier aux Allemands , jusqu'à ce qu'enfin, après avoir surmonté les plus grandes difficultés , une nouvelle et complète constitution et des projets de lois en grand nombre pour l'organisation intérieure % aient été rédigés et mis en état jTétue
LÀu-EJUaifB dr 1816 * 1858, M9
présentés à l'approbation des deux chambres; ils reçurent en 1833 la sanction royale. Ce qu'il y a de plus glorieux pour ces états , c'est que bien que d» idées et un système complètement opposes se soient alors manifestés et aient cherché à se faire valoir par toutes les suggestions de la passion , cependant il ulj eut pas un point qui put passer et être fixé par \m% opération purement gouvernementale,; maisfcucwrç traire la majorité des députés accepta chaque ftria* discuta toutes les significations et exprima avec lu berté les convictions qu'elle s'était faites , qu'elle^ fussent d'accord ave# les propositions du gouvernement ou contraires. Telle est la vraie marche de toute a^mblée proy ipciale d'Allemagne qui ne voudra pa* accomplir une. œuvre de parti en passant les yens fermés sur tout ce qui n'entre pas dans sonsystène* mais qui voudra fonder quelque chose qui ait dflri ba^es de vie. Ainsi tout membre de cette assembla qui n'aurai^ pas vu accomplir dqps tous ses ppinUl le tableau qu'il s'était fait du meilleur gçuvçrqen ment, pouvait encore avec sûreté de conçejçppft accepter le «tout, pensant à ce sage a^iftane,, ,qHQ: le meilleur est sçuuent ennemi du bien ; cç, qui veut dire que le bien qu'on peut obtenir ne diftt[ pas être sacrifié pour chercher à pbtepir un» roieu& qit^Jon ne peut pas atteindre* " , ,• i
1. 11 y eut aiftsi c|ps changements, rewu-qi**Wteft.. depuis A 830 dans Je duché de Brunswick ,,tout pj?è§î du Hanovre, L'a colère publique qui éclata ççqt?e ]§I ruineuse direction que le prince Charles Soumit § .
l'administration du pa ys eut pour résultat de le faire écarter, et son frère Guillaume fut appelé pour Je remplacer. Le roi d'Angleterre , comme chef de la tnaison des Welfs, approuva le changement, en reconnut la nécessité ,' et alors il fut également approuve par la diète d\Alleinï|gne. Le nouveau cftic regarda donc comme son premier et son plus important devoir d'établir, d'accord avec les représentants dq pays, une nouvelle constitution qui ejn effet a iété arrêtée depuis peu de temps , après un examen pacifique et approfondi.
Dan* Pétecterat de Hesse, oifTon n'avait pu, malgré plusieurs tentatives, établir la représentation dasétatr provinciaux, il y eut aussi, enî8S0, un grand mmiyetneM pour obtenir des améliorations dans la forme gouvernementale. Le prince électeur Guillaume, qui avait refusé à son pays de nouveaux principe* Constitutifs, se vit obligé par la nécessité de Pépoque et par plusieurs autres raisons d'abandonner le timon des affaires , en l'année 1851 , et de le remettre entre les mains de son fils , le prince héritier, qui régna avec lui.
Urt semblable changement avait déjà eu lieu , en Pan 1880, dans le royaume de Saxe , où le roi Antoine, successeur du prince Frédéric-Auguste, d'heureuse mémoire, qurétait mort en 1827, après otnquâfcte-rrieufans de règne, avaifenommé son neveu, le prince héritier Frédéric , pour régner avec lui sous le titre de epadjuteur et pour l'aide A résoudre les cas difficiles. J)e sorte que on entréprit alors de
l/ÀHiEMAâNE DE 1816 K 1&38.
jeter les fondements d'une nouvelle constitution qui fiit heureusement exécutée et mise en vigtietuv Quelques autres états d'Allemagne plus petits suivi-4 rent cet exemple, et Ion vtt s'élever de nouvelles constitutions dans notre pairie; mais ce sera an siècle suivant à décider si cet esprit de créations nouvelles excité pendant la paix, a réellement travaillé pour le bonheur du pays.
2.L'égalitédescroyanceschrétiennesseuslerappoit civil et politique qui était proclamée comme principe, dans racted'alliance, est aujourd'hui en vigueur dans : tous les états delà confédération germanique. Tous les ' chrétiens ont, outre le libre exercice de leur religion, qui déjà depuis long- temps n'était plus contesté, toute* capacité pour tous les droits civils et pour toutes les; fonctions de l'état. De plus, les seigneurs catholiques ont établi pour leurs sujets évangélistes des tribu V naux ecclésiastiques supérieurs dans des provinces1 oà il n'y en avait jamais eu ; et de même les seigneurs* protestants ont relevé dans leurs états le misérable' état de l'église cathodique si bouleversé pendant long-; temps, rétabli les chaires épiscopaies, ou fondé de nouvelles, et les ont pourvues *de revenus néces-' saires. Pour toutes ces dispositions, ily eut destraités a vecle pape ; e* ce fut encore la Prusse qui eut la gloîf e et la générosité de donner l'exempt* en 1823 (*).
(*) Cependant le vieux roi est aujourd'hui en désaccord a* ec la cour de Rome au sujet des archevêques de Cologne et de Posen , qu'il a arrachés à leur* fonctions* h* opinion publique lui reproche des idées fotteicu$tvef en matière de religion , et une conduite pleine de partialité en ItoripbftUt et dans ses proVtoccs rhénanes.
0TO ■ septièIie époque. I648^4gaa.
Les affaires intérieures de 1 église réformée ne furetit pas non plus négligées. Car d'après l'exemple du roi de Puisse 7 qui trois cents ans après la ré; f^rtne, en 1617, fit un* appel aux deux confessions éyanféliques pour ne plus former qu'une seule église , la même chose eut lieu aussi dans les autres étala allemands, et dans beaucoup d'endroits sa réunion fut accomplie, avec l'approbation des ecclésiastiques et deataimples fidèles ; et l'esprit de désordre qui trop long-temps avait divisé l'église évangélique fut enfin expulsé, et peu à peu l'unité. fraternelle s'affermit dans cette église. *
3. Les lois générales et uniformes sur la liberté de la presse que promettait l'acte d'alliance n'ont pu jusqu'à aujourd'hui être accordées , tant à cause des violentes agitations de l'esprit de parti qui, quand la guerre n'exerça plus ses fureurs sur les okanjps de bataille, vint se fixer dan^ le domaine des opinion*, qu'à cgose de plusieurs autres curconstances malheureuses et de dangereux errements. Biw plus, un arrêt de la diète, du JO septembre 1819, soumit toutes les gazettes d'au-dessous de vingt feuille* à la censure, eUplaça aussi les ouvrages de longue haleine , dans presque tous les états, sous la surveillance du gouvernement. Cependant celui qui considère la maçphe de la littérature allemande en général dans les vingt dernières années, doit remarquer qu'il y règne une liberté et une diversité d'ofûoioûs aussi grande que des esprit» raisonnables fftoteitt la désirer pour le libre développement de
L'iLLttt+tt* de 1816 a 1*118. fltl
l'intelligence ; et je ne doute pas qu'une paix so* lide et durable ne donne sous ce rapport un pco d'extension à notre liberté*
• Si maintenant nous potions nos fegahis der champs agités de la politique sur le terrain pacifique eti n dépendant de la croyance, des arts et de la teknoe, qui peut douter que, dan» les vingt-deux années de; paix dont vient de jouir F Allemagne, elle n'ait ao*; quis beaucoup de gloire et ne s'en ménage encore une bien plus grande pour Fa venir? Qui ne reconnaît pas l'impulsion de l'esprit vers toute idée d?ordreî Certainement le temps des luttes et des oppressions n'est pas encore tout entier passé, \$t discorde n'a pas encore abandonné le champ des croyances religieuses; elle s'est même montrée de temps en temps pleine d'une nouvelle vigueur* Mais qui ne préférerait encore ces contestations à une mortelle indifférence? £rt qui ne reconnaîtrait, malgré les di~ visions qui paraissent devenir plus grandes j u* retour dans les partis vers des idées de réunion r 4e respect pour ce qui est aaferé, et même de eénsidération pour un adversaire de bonae fin ? Cette reconnaissance de oe qui *st humain, quelque: paît qu'elle se montre, et cette liberté d'e£prtfc qui fait excuser dans les autres tout oe qui tient à l'humanité et n'est souillé d'aucune tache impure* cette tolérance* dis-^e , découle d'une légitime civi*' lisation -, et elle grandira et s'affermira parmi nota* tant que les gouvernements reconnaîtront pour kttr* plus ]>eUe tfcehe de favoriser .le» prognte dan* ietft*
67* septième froçra. 1648~-1838.
kt genres , depuis les dernières écoles du peuple jusqu'aux plus beaux règlements académiques* C'est cet espritquis'estmontréconstamment actif dans notre patrie ;c*est lui qui, en Prusse, à amené la fondation de l'université du Rhin, le 18 octobre 1818, le goût des arts dans la capitale, l'établissement et Paméfigration de tant d1institutions par tout l'empire , et enfin les lois d'organisation jpôur l'éducation dans toutes ses parties ; c'est lui qui a amené en Bavière l'institution de l'université et les belles assemblées d'artistes dans Munich, aussi bien que les dispositions prisés pour la haute instruction. Il a aussi manifesté ses effets dans les autres états de la confédération, grands et petits, plus ou moins visiblement et partout sous d'heureux rapports ; et cent villes , des • bourgs et des ^villages se sont kissé entraîner par son impulsion , ont mis tout leur zèle et ont fait de grands sacrifices, pour parvenir à former heureusement la génération qui suit.
h. Les droits des écrivains , des éditeurs , aussi bien que la sûwté de la librairie, en exécution de Farticle 18 de l'acte d'alliance sont ainsi réglés pjir un arrêté delà diète, du 6 septembre 1832: « Les libraires, éditeurs et écrivains de tous les états de la confédération jouiront, dans chaque endroit de fa confédération, de la protection accorda* contre 1* réimpression. » Ainsi désormais l'injuste gain de la réimpression est arrêté et ne pourra plus a r radier la récompense due à l'aetif travail du savant; ou à
l'Allemagne de Î81G à 1858. 673
l'inspiration du poète , ni au libraire sa légitime propriété.
5. Puisse aussi la liberté du commerce et du trafic trouver un jour favorable pour s'établir dans ce mouvement général de l'Allemagne ! Il est vrai que d'un côté, il y a déjà un grand pas de fait, par la réunion consentie ou qui sera consentie par la plus grande partie des états de l' Allemagne au nouveau sjtème prussien pour les douanes et le commerce. Cependant il manque encore l'Autriche et les états du nord , qui possèdent les côtes de la mer du Nord et une partie de celles de la mer Baltique; ils voudraient voir une œuvre de réunion parfaite, qui ne vînt pas seulement d'une convention entre divers états particuliers, mais d'une convention entre tous , dans une diète, comme article de la confédération. Puisse seulement cette voie, qui certainement sera prise, | nous conduire bientôt au but j c'est-à-dire que nous qui, par notre origine, nqtre langage , notre alliance , ne faisons qu'un seul peuple, nous puissions exister et nous mouvoir comme un seul peuple par la liberté du commerce intérieur et par l'égalité de poids, de mesures et de monnaies ; et que jamais dans l'intérieur des frontières d'Allemagne une funeste guerre d'intérêt et de supercherie ne vienne contre la loi, saper la moralité du peuple !
Il devenait vraiment nécessaire que l'industrie du peuple allemand, qui avaat se trouvait arriérée dans plusieurs branches par rapport à celle des autres peu* T. if. ft3
674 septième époque. 4648—1858.
pies, fût excitée non pas seufement dans quelques états, mais par toute l'Allemagne. Dans certaines localités, elle a fait certainement de visibles progrès, et même les découvertes dans les sciences naturelles, qui sont travaillées avec prédilection , lui ont donné encore plus de vie et dé succès. Du reste si l'Allemagne n'est pas une des contrées favorisées de la pâture, si elle ne peut se procurer les biens de la vie que par une constante activité de ses habitante H les conserver qu'à force de modération et d'économie, die a aussi l'avantage de tenir toujours ses forces en bon état par un constant exercice* L'artisan d'Allemagne se contente d'un prix modéré; et de cette façon nos fabriques peuvent soutenir la rivalité de celles des autres pays , pourvu qu'on leur donne à l'intérieur un débit* libre. Mais comme les pays étrangers, pour l'avantage de leurs habitants, imposent de gros droits d'introduction sur les produit» de notre travail, alors il devient nécessaire d'adopter de semblables mesures de notre coté pojur protéger notre industrie contre l'étranger; etl'AUs* flMgne considérée comme uu seul tput aurait ami de force pour cela,
6. Outra ces ohjetsde sollicitude, l'agriculture et la copdition des paysans , qui font la principale force de notre pays,; méritent aussi d'arrêter notre attention. Ici encore, dans ces derniers temps , sont survenus des changements; déjà une division mo- <J^r4e #es propriétés foxvBjères, la délivrance de coiv^v* nuisibles, le défrichement de pays im^Uai*
l'uleuàghe de 4$i6 a i838. 6TB'
sont'tfes commencements damelioratjeç dont eei* taipeinent les heureux résultats De tardèrent pas à se contrer. Cependant jusqu'ici la condition du p*ysan% n'est pas encore celle que peut désirer fin Vvéritable ami de la patrie. Ce n'est paa qu'il manwjue d'activité et de persévérance, maïs c'est du débit pour ses produite; les prix sont devenus si étor* napunent vife , que le travail du payaan , du fifeur et du tisserand n'est pour ainsi dire pas payé. Avec cela, la population dansles villes et les villages s'aug- : mente d'une manière vraiment inquiétante, tous les bras ne peuvent pas trouver paiéout du travail. Déjà la nécessité a entraîné dm milliers d'hommes des provinces les çlus peuplées de l'Allemagne à# abandonner leur patrie^ pour aller en chercher une nouvelle dans une autre partie du inonde. Beaucoup d'entre eax sont morts de misère avant d'avoir pu ^tteiudrç le port de feur embarcation, d'autres tot succombé pendant la durée de la traversée ; enfin ceux qui pnt pu arriva d*n* h Nouveau-Monde, privés de topj$s yeisowof* et £${&$& h la *iî«*«fee ifqlonté d'bowwes avide* , s$ntçnçç#e jjya vm#to& blés que dans leur propre pays; de sorte qu'ftû ysèç pç*U Pjwnbre *e«lçn«ent ont {H* ffadar pour jeux et leurs enfants un nouveau faire-valoir suffisant pour les entretenir et les occqper. Mais toujours cette œuvre rçstera cens vrais résultats tant qu'elle sera attachée & une entreprise particulière, fiette vQte est, si Ton veut, la plus simple pou» se déb*rr&399r d'une population trop .nombreuse; cependant ce
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ne sera que. quand les gouvernements des *kats européens pourront effectuer dans les autres parties du monde des colonisations complètes sous la protection publique et avec des moyens géniaux, coigme autrefois les états de l'ancien monde , ce ne seta qu'alors dis-je qu'on pourra espérer un véritable avantage pour la mère-patrie et pour la colonie ; et quels moyens extraordinaires , quelle coopération difficile à obtenir ne serait pas nécessaire pour cria!
. Mais détournons notre attention de considérations trop lointaines A pour lesquelles notre volonté est impuissante; et pour encourager nos espérances» jpt#K nos regards sur les événements qui ont suivi la chute de Napoléon. Mais auparavant nous allons récapituler les changements qui sont survenu» dans les principales familles régnantes de l'Allemagne :
Dans le Wurtemberg , le rdfr Guillaume I a succédé au roi Frédéric, 1816.
En Bavière, Louis à Maxiniilien, 1825.
Dans le royaume de Saxe, Antoine succéda à Frédéric-Auguste, en 1827, et à Antoine, le roi Frédéric, 1836.
* Dans la Saxe-Weimar, l'archiduc Charles-Frédéric à Charles- Auguste, 1828.
Dans le Hanovre, le roi Guillaume I V à Georges IV, 1880 /et à Guillaume le roi Ernest- Auguste, 1837.
Dans l'Autriche, Ferdinand I a succédé à François 1,1837. ■*
RÉvoLXJTiojfs MiLiTiims. 1830 et 1821. 67T
Kévololions militaires en Espagne, en Portugal, à Naples et à Turîg, et leurs suites. 18*) et 1821.
Cinq ans de calme s'étaient écoulés pour l'Europe, et c'était la première fois depuis la révolution de France, quand en 1820 le brandon de la discorde se ralluma de nouveau pourprovoquerd.es bouleverse* menls. Ce fut uue partie de Tannée d'Espagne as* semblée à Cadix et prête à faire voile vers l'Ame* rique , qui donna le signal : elle changea toute la forme du gouvernement , le 1er janvieç de cette même année. Son exemple eut bientôt entraîné 1* Portugal; et là encore le premier coup fut frappé par l'armée.
Déjà, avant ces événements de Portugal, l'armée napolitaine avait forcé le roi , le 7 juin , de donner à ses états une constitution libérale. Le fciouvement se communiqua promptement de Naples dans le reste de l'Italie, et par tout on demandait avec toujours plus d'instance la réunion de toute l'Italie et la délivrance de tout domination étrangère. Ces troubles réveillèrent dans l'empereur d'Autriche des craintes pour ses possessions d'Italie, et surtout ils firent craindre aux souverains que le plaisir des révolutions ne se répandît, ne s'einparât de toute l'Europe et ne la bouleversât de fond en comble.
En conséquence , les trois principales puissance^ de la Saint-Alliance se réunirent à TYoppau, en octobre £820, pour prendre en considération la po~
67« MVik» tfoqrn. 4648— i«*e,
sition del!Europe; et comme les événements deNaples leur parurent les plus importants, ib réunirent l««r congrès, au commencement de Tannée suivante, à Leibach, pour être plus près du théâtre de ce qui s'y passait. Le vieux roi de Naples s'y trouva aussi. Mais un accommodement à l'amiable n'était pltt& possible, et au mois de mars une armée autrichienne entra en Italie et marcha sut1 Naples. Tous les regards étaient ûnéê sur l'issue de ces événements, quand une nouvelle révolution militaire, la quattièÉM en moiftê de . deux ans, éclata à Turin , t&é~ iwçant d'être plus dangereuse encore pour l'Autriche que les précédentes. Le repos de l'Europe achète si chèrement) sembla encore une fci& perdu. Cependant l'orage fut bientôt apaisé de ce côté, et l'iiû-s puissance des entreprises révolutionnaires pàtut d'une manière évidente ; car dès que l'armée autrichienne %'approcha , Naples comme le Piémont furent aussitôt rappelés à Tordre de choses qu'ils avaient auparavant.
La nouvelle cénêtitution d'Espagne ne devait non plus avoir que quelques années de durée. La misse du peuple n'était pas mûre pour l'usage d'une constitution libre et modérée; et d'ailleurs ella était basée sur de faux principes : la ''puissance royale y Aait beaucoup trop & l'étroit. Dans Tannée 4823, ifne guerre civile édata dans ce pays déchiré jîfar les partis ; et en octobre de oette même *nuée les monarques d'Autriche, de Prusse tt dftjlusstesô réunirent de nouveau au con-
RÉVOLtJTTOlfS MILITÀ1KÏ5. 1820 «T 1821. dfD
grès de Vérone et consentifent à ce que la France se chargeât seule de rétablir la puissance royale dans ce malheureux pays , par la force des arrnes en cas de besoin. Le 7 mai 1823, les armées françaises pas* sèrent la Bidassoa, et le 23 elles entraient dans Madrid ; de là elles se répandirent avec de rapides succès par toute l'Espagne, poursuivirent le parti constitutionnel qui avait entraîné avec lui Ferdinand à Cadix , la dernière langue de terre de l'Europe, et la ville fut forcée de se rendre à la fin de septembre/ Le roi fut ainsi rendu à la liberté et à la jouissance de la puissance royale illimitée } et il se hâta de déclarer que tous ses décrets, depuis le commencement de l'année 1820, c'est-à-dire pendant le temps de la constitution, devaient être tenus pour nuls et non avenus.
Ge malheureux royaume offrit encore pendant plusieurs années le spectacle des désordres intérieurs et des déchirements de la haine des partis, quoique jusqu'en 1827 une armée française restât dans le pays pour protéger le gouvernement, et occupât, entre autres places fortes , Cadix elle-même. Ferdinand mourut en 1838 , après avoir changé la loi de sux> cession au trône, et laissa le royaume à sa fille Isabelle soucia tutelle de sa mère, Christine; ce Ait l'occasion de nouvelles scènes d'horreur provoquées pur tout ce que les passions humaines ont de plus haineux dans les guerres civiles. Lé frère de Ferdi* Aand, don Carlos, qui prétend avoir des droits légitimes au trône, occupe une partie considérable éê
l'Espagne et il n'a pu ehcore en être chassé, maigre l'intervention indirecte de la France, de l'Angleterre et du Portugal, en faveur de la jeune reine. Pendant tout ce temps-là, ce malheureuxpays est en proie aux désordres et ne connatf plus ni lois civiles, et lois naturelles.
Le pays voisin, le Portugal, n'est malheureusement guère plus favorisé que l'Espagne. Tant que vécut le roi Jean VI, qui en 1822 était retourné au Brésil, le Portugal se trouva dans une position supportable ; parce que ce roi > qui cherchait le bien de son peuple, possédait son amour et tenait la haine des partis en bride. Mais quand il mourut, le 10 mars 1826, son fils, don Pedro, empereur du Brésil, ne pouvant revenir en Europe , donna lé royaume a sa fille encore jeune, dona Maria da Gloria, et la régence à son frère, don Miguel, pendant la minorité. Alors ce prince gagna le clergé et la noblesse déjà indisposés contre son frère par la constitution libérale qu'il avait donnée, et parvint à se faire proclamer roi absolu par les anciennes cortès de Lamego. La Jeune princesse,, qui était déjà arrivée en Europe, n'osa plus aller prendre possession de son héritage , et fut obligée d aller en Angleterre chercher asile et protection.
L'Europe vit avec mécontentement l'usurpateur poursuivre tous les amis de son frère et du gouvernement qu'il avait donné, les jeter en prison et les iàire mourir. Mais comme le peuple portugais avait accepté cette nouvelle monarchie, amçune puissance
RÉVOLUTIONS MILITAIRES. 4$80 BT «821. 6S1
étrangère ne pouvait se mêler des affaires intérieures du pays.
Cependant uqe révolution du Brésil fdfrça l'empereur don Pedro, en 1831, d'abandonner son royaume et de revenir en Europe; l'entrée de son pays lot fut défendue par son propre frère. Alors il employa tous les trésors qu'il avait apportés avec lui, pour équipper une flotte et une petite armée; il aborda en Portugal, s'empara d'Oporto, port de mer important sur l'Atlantique, et enfin, après différâtes chances, de Lisbonne, en 1833,
Ainsi maître de la capitale , il fit reconnaître sa fille Comme reine par l'Angleterre et k France; puis il enleva peu à peu à don Miguel tout le resté du pays et le força enfin, en 1834, de l'abandonner entièrement. Cependant don Pedro mou~> rut bientôt après. La jeune reine épousa le duc de Leuçhtenberg, et après sa mort , qui fut prématurée, en 1836, elle épousa le prince Ferdinand de Smsp- Cobourg. Mais les partis sont encore pleinfcd'énergie, le bien-être du pays est toujours compromis, la dette publique épuise le trésor et dans ce moment on revient encore à la voie des armes.pour décider si ce pays sera régi par la constitution de 1822, ou par la charte de don Pedro ; cependant ni l'un , ni l'autre ne pourra guérir les plaies de la patrie, tant que le gouvernement- et le peuple conserveront * l'esprit qui les conduit.
Eérotte des Grecs. La Turquie.
Las nombreux bouleversements arrivés en Europe •TBieot peu à peu allume 1 amour de la liberté dam et peuple chrétien , si célèbre par sa vieille gloire* relégué à l'extrémité sud-est de l'Europe, qui depak quatre cents ans, était obligé de porter le joug des Turcs* Au mois de mars 1821, le prince Alexandre YpaUanti appela tous les Grecs de la Moldavie et de k Valachie à secouer la domination tutque. Cepea» dan t. sou entreprise, malgré quelques succès du commencement, fut bientôt arrêtée et écrasée par le grand nombre des troupes ottomanes, et il fut loi» mène obligé de s'enfuir en Autriche, où il fut reUt» comme prisûnaiet-, dans la citadelle de flfunkatsoké Maie cette même tentative fut plus heureuse danàk Gfàce proprement dite , particulièrement en Mort* et datas les îles, dont les principales étaient Hydrc* Ipeara et Speiaia. Le vieux patriarche d'Alexandrie, Grégoire, après la célébration de la grand'messe, b pMIT de Pâques 1821, ayant été pendu à la porte de l'église, et trois autres évoques ayant subi le mémo sort, le peuple grec en fut irrité et porté au pi» haut degré de fureur. Alors la guerre des deai peuples, attisée par le fanatisme religieux, fut faittt avec une terrible cruauté ; c'était jusqu'à l'anéantissement de son adversaire. Contre toute attente, les petites troupes de Grecs, combattant par bandes dé* tachées, repoussèrent avec avantage les attaques de