‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 7 sur 59 · PREMIÈRES GUERRES DE RELIGION · texte numérisé non relu

PREMIÈRES GUERRES DE RELIGION

sions eurent bientôt renversé une parole sans force, et brisant toutes les barrières, elles ne connurent plus de mesures. Quand le plaignant veut être juge dans sa propre cause, il ne manque jamais d'employer la même injustice dont il a été victime. Les paysans, rassemblés par bandes, commencèrent par piller et brûler les châteaux des nobles et les riches habitations des ecclésiastiques, souvent même ils massacrèrent leurs possesseurs. Bientôt ces bandes devinrent des armées, et la Souabe à elle seule en fournit trois. Luther, à qui ils avaient envoyé les douze articles pour avoir son approbation, avoua que leurs demandes étaient justes ; mais il leur reprocha leur conduite violente, et leur représenta que la liberté chrétienne était la liberté de l'esprit. Et pour écarter la culpabilité de ces désordres de sa doctrine, qui n'en était qu'une occasion fort médiate, il engagea lui-même les princes à tirer Fépée contre les révoltés. Or il en était temps; car déjà les maisons des nobles et des couvents étaient toutes en feu , en Souabe, en Franconie, en Thuringe , sur les bords du Rhin et jusqu'en Lorraine.

La confédération de Souabe qui s'était reconstituée eut bientôt rassemblé une armée, qui, conduite par le capitaine George Truchsess de Waldbourg , dissipa promptement ces troupes de paysans en Souabe et en Franconie. D'autres princes vinrent en aide ; mais les vainqueurs eux mêmes exercèrent aussi de leur côté les plus révoltantes cruautés.

En Thuringe, l'égarement de l'esprit exalté du

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siècle se montra sous une autre forme, quoique semblable au fond ; ils s'appuyèrent sur des visions divines. Un prêtre séculier, Thomas Munzer, qui avait été le premier disciple de Luther , se fit passer pour avoir des visions particulières de Dieu, d'après lesquelles il pouvait faire connaître l'essence de la liberté chrétienne, bien mieux que Luther ne la connaissait et ne l'enseignait « Dieu a créé la terre pour être l'héritage des croyants, disait-il, et tout gouvernement ne doit être conduit que parla Bible et des révélations divines. Il n'est aucunement besoin des princes, des supérieurs, de la noblesse, des prêtres, et toute différence entre riches et pauvres n'est pas chrétienne ; car dans le royaume de Dieu tous les homme? doivent être égaux. » De pareils enseignements firent chasser Munzer de Saxe, et il se retira à Mulhausen en Thuringe, où il engagea le peuple à secouer toute, autorité et à le prendre pour prêtre et pour maître de la ville. Ses principes d'égalité pour tous les hommes et de communauté de biens , qu'il introduisit après avoir chassé les riches de la ville, augmentèrent le nombre de ses partisans et répandirent bientôt son autorité dans les environs. Toute laThuringe, la Hesse et la Basse-Saxe étaient en danger ; car dans ce même temps, la guerre des paysans exerçait toute sa fureur dans le sud de l'Allemagne, et il était à craindre que les fanatiques de tous les pays n'affluassent comme un flot épouvantable. Mais à la persuasion de Luther, l'électeur et le duc George de Saxe, le landgrave de Hesse et

le duc de Brunswick se réunirent contre les révoltés, et surprirent une partie de leur armée auprès de Frankenhausen en Thuringe, le 15 mai 1525.

Les princes , pour ménager tant de malheureux égarés, leur firent promettre le pardon , «'ils vou<laient rentrer dans l'ordre et livrer leur chef. Mais Munzer qui voulait écarter le danger de lui, profita de l'apparition d'un arc-en-ciel pour enthousiasmer de nouveau ses partisans, en le leur donnant comme une marque qu'il était envoyé par le ciel j alors ceuxci dans leur fureur poignardèrent les envoyés de l'électeur, et se préparèrent dans leurs retranchements à la plus vigoureuse défense. Mais bientôt cette fureur aveugle s'évanouit j les troupes d'anges que Munzer avait promises ne parurent pas j il fut lui-même un des premiers à prendre la fuite et la moitié de son armée fut passée au fil de l'épée. Il s'était caché dans un grenier à Frankenhausen } on l'en x'etira pour lui trancher la tête. Il mourut sans courage.

Ainsi furent promptement étouffés ces terribles mouvements qui auraient pu bouleverser toute l'Allemagne, 5Î toutes ces forces mises en jeu avaient été conduites par des hommes capables. Us ont coûté Beaucoup de sang. On a calculé que plus de 100,000 paysans avaient perdu la vie dans ces troubles. Ensuite vint un moment de calme pour la patrie.

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Affaires de Charles-Quint hors l'empire.

Pendant tout ce temps, l'empereur Charles-Quint n'avait pas été sans occupation au dehors. Après la diète de Worms, il avait passé dans les Pajs-Bas, et de là était repassé en Espagne, où il resta environ huit ans. Son œil devait embrasser toute l'Europe ; mais son attention était particulièrement fixée sur le roi de France, François l#r, rival et voisin dangereux, qui cherchait toutes les occasions de lui faire du tort. Il serait inutile de chercher bien loin les raisons particulières qui ont soufflé cette rivalité entre ces deux monarques ; leur caractère et leurs relations politiques nous l'expliquent assez clairement. François était vaniteux et plein d'orgueil , et Charles n'était guère moins soumis à ces passions humaines; seulement lui, il les avait ennoblies (*). Tous les deux avaient déjà concouru pour la couronne impériale, et François Ier qui avait cru l'emporter sur son adversaire par son âge, sa réputation comme chevalier et par ses qualités personnelles , fut très mortifié de la préférence que celui-ci obtint; d'ailleurs le duché de Milan que François Ier avait conquis , était pour Charles, à qui il appartenait comme fief de l'empire, une occasion inévitable de rompre avec la France

(*) Qui ne sait, au contraire, que si les passions pouvaient être ennoblies , ce serait dans notre roi-chevalier ; tandis que Charles V est le vraj type du machiavélisme. Voyez le portrait qu'en fait l'auteur lui-même plus bas. N. T.

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et devait être soustrait à sa puissance par la force des armes; tandis que, d'un autre côté, la prépondérance de Charles étant devenue menaçante pour l'Europe, tous les autres souverains en étaient inquiets. François I,r, qui possédait le plus puissant royaume après lui, se crut donc appelé plus que tout autre à entrer en licecontrelui. Il avait jeté sesyeux principalement sur l'Italie, où déjà une de ses expéditions avait été couronnée de succès. C'est là qu'il voulait briser la puissance de Charles; et il s'efforça de faire revivre tous les droits qu'il tenait de ses ancêtres sur le royaume deNaples, pour aller y tenter la fortune. Charles de son côté avait encore augmenté ses forces par une alliance avec le roi d'Angleterre , dont la vanité de François avait fait fi; de sorte que cette guerre, commencée dès l'an 1521, fut alors poursuivie par les Anglais et les Flamands sur toute la côte jusqu'en Espagne; mais cependant avec plus d'opiniâtreté et de violence en Italie que nulle part ailleurs. Charles avait le désavantage d une possession très disséminée, qui exigeait aussi la division de ses forces ; tandis que François Ier pouvait du point central où il avait rallié ses troupes, partir tout d'un coup à son gré pour le côté où il voulait diriger son attaque. Mais ce qui caractérisait surtout la grande supériorité de Charles, ce qui faisait réellement sa puissance et jetait en même temps sur lui le lustre le plus brillant; c'est qu'il avait su rassembler autour de lui une troupe de gens les plus distingués , c'est que son œil pénétrant savait aussi bien découvrir le général qu'il

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fallait opposer à on ennemi que l'ambassadeur qui devait débrouiller les noeuds les plus compliqués de la politique, ou que le conseiller qui pourrait donner son avis même sur des spécialités et toujours avec sagesse. C'est par la puissance intellectuelle que le monde doit être gouverné, et Charles possédait l'art de se gagner les hommes de génie.

Un vaillant général français, le duo Charles de Bourbon , ayant été vivement molesté par le roi , passa du coté de Charles. Celui-ci le reçut à buts ouverts, et lui fit partager avec le vioe^roi de Naples, Lannoy, et le marquis de Pescahre (Percer»), le premier guerrier de son tempst le commandement des armées impériales en Italie*

Françoise perdit au contraire, dans Tannée 15QU, son plus valeureux, guerrier, le chevalier Bayard, qui pendant qu'on ramenait les troupes de l'Italie, sauva l'armée au pont de la Sesia par son dévouement héroïque, et fut lui-même frappé mortellement. Les avantages de la guerre parurent tout à l'avantage de l'empereur; Milan fut reconquis et les Français repoussés d'Italie. Mais Charles ayant voulu attaquer la France même et faire passer son armée en Provence pour assiéger Marseille, pensa y perdre sa supériorité* La France est difficile à entamer de ce côté) la ville ne put être forcée et le pays environnant ayant été dévasté par les ennemis eux-mêmes, Pescaire fut obligé de faire retraite. Il fallut toute l'habileté de ce général pour sauver l'armée à travers des chemins si difficiles j cependant, le roi François Ier, qui le

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poursuivait deprès, conquit Milan et attaqua Pavie. Les généraux impériaux se trouvèrent alors dans un grand embarras : devant eux un ennemi beaucoup plus fort qui menaçait la capitale* derrière eux le territoire du pape, qui venait de faire une alliance avec François î9t j enfin une armée qui manquait de tout et était dans le découragement par suite d'une longue retraite. Mais leur courage, leur sagacité, leur bonne fortune, changèrent toutes les chances en leur faveur.

Bataille de Pavie, 1525. — Le commandant qui défendait Pavie, don Antonio de Ley va, ne se laissa pas ébranler et soutint le siège avec opiniâtreté, jusqu'en février 1525. Pendant ce temps-là i Parmée impériale reçut un renfort d'Allemagne de 15,0(30 lansquenets, sous les ordres du vaillant George de Freundsberg ou Frundsberg j et le 28 février ils attaquèrent le roi à Pavie. L'œil expérimenté de Pescaire avait précisément saisi l'endroit par lequel la roi ne s'attendait à aucune hostilité. Il croyait ses derrières à couvert par un parc entouré de toutes parts d'un grand mur j mais Pescaire avait eu le soin d'y faire frayer une route là nuit précédente et vint tomber tout d'un coup sur le dos de l'armée* En même temps Leyva fit une sortie de la citadelle, et Lannoy et Bourbon arrivèrent par un autre côté. Bientôt le désordre se mit dans toute l'armée; les Suisses, contre leur habitude, lâchèrent pied tout de suite et prirent la fuite ; les troupes de Freundsberg combattirent avee le plus grand courage , et c'est

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surtout à elles qu'on fut redevable de la victoire. François Ier eut son cheval tué sous lui, et il se défendit à pied contre une foule d'espagnols qui l'entourèrent sans le connaître. Par bonheur pour lui que survint un gentilhomme français , nommé Pomperant , qui servait sous les ordres du duc de Bourbon ; il reconnut le roi et le somma de se rendre au duc, mais le roi lui ordonna avec aigreur d'appeler Lannoy. Il combattit encore jusqu'à ce qu'il arrivât, et alors le roi lui rendit son épée. Lannoy la reçut à genoux et lui tendit la sienne en même temps: « Il ne convient pas , dit-il , qu'un aussi grand roi soit sans armes devant un sujet de l'empereur. » Quinze jours après cette bataille, il n'y avait plus d'ennemis dans l'Italie.

Charles était presque mécontent de son trop grand bonheur qui ne lui laissait rien à faire. « Puisque tu m'as pris le roi de France, disait-il à Lannoy dans une lettre; je vois bien que je n'aurai plus rien à faire, si je ne vas combattre les infidèles. J'ai eu cette volonté toute ma vie et aujourdhui encore plus* Arrange donc les affaires de manière que je puisse encore, avant de devenir trop vieux, faire des actions pour le service de Dieu , qui ne soient point sans gloire pour moi. »

Le roi François Ier fut conduit à Madrid , et sévèrement gardé. Cependant le conseil de l'empereur était très partagé sur la manière dont il fallait le traiter et les moyens de profiter de ce présent de la fortune. Les uns, Lannoy avec eux, conseillaient

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de traiter le roi généreusement, et d'extirper ainsi, peut-être pour toujours, tout germe d'inimitié entre les deux princes ; les autres, avec le chancelier Mercurinus Galtinara à leur tête , voulaient qu'on tirât de cette occasion tout l'avantage possible. L'empereur prit un milieu entre ces deux opinions , et . perdit tout le fruit de sa bonne fortune. Il goûta fort l'idée du chancelier de recouvrer dans cette occasion le duché de Bourgogne que la France avait injustement enlevé à sa grand'mère , et dont il faisait un très grand cas; il l'exigea donc comme prix de sa rançon. Mais il trouva trop dur et indigne de l'empereur de garder le roi prisonnier jusqu'à la complète exécution de la condition , comme le conseillait le chancelier. Il se confia à la parole du roi; mais oette parole , quelque affectation chevaleresque que celui-ci mît à la donner, n'était rien moins que sincère. Avant de signer le traité, ayant fait venir secrètement quelques hommes de confiance de Madrid, il fit devant eux, en présence du nonce du pape , la déclaration authentique qu'il ne serait pas tenu de remplir ce qu'il promettrait à l'empereur, parce qu'il était prisonnier; et le pape même Pavait délié à l'avance de toute promesse qu'il pourrait faire. Ainsi garanti contre sa conscience , il s'avança vers l'autel , et jura sur les saints Évangiles de remplir les conditions qu'il avait consenties. En même temps il donna sa parole royale de rentrer en prison au bout de six mois , s'il ne pouvait pas tenir ses engagements. Mais tel est le beau fruit de cette science r. n. U

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qu'on appelle la politique ; elle se croit le droit

de blesser les lois éternelles de la vérité et de la

morale.

François Ier fut mis en liberté eo 4526, après un an de captivité , et il ne tint pas sa parole. Il prétexta que ses états ne voulaient pas consentir à l'abandon de la Bourgogne, et offrit une grosse somme d'argent pour la rançon de se» deux enfants aînés qu'il avait envoyés comme otages en Espagne. Mais Charles lui répondit « qu'il avait manqué à la fidélité et à la bonne foi qu'il avait jurée en public comme en particulier, et qu'il ne se conduisait pas comme devait faire un homme de bonne naissance et un roi ; que s'il voulait le nier, il lui déclarait devoir le soutenir par les armes dans un combat singulier, » François accepta le cartel , mais seule* ment des lèvres (*)j car plus tard il sut décliner le combat sous différents prétextes , et les penples forent obligés de vider avec leur sang ce combat que sa passion et son ambition avaient soulevé. La guerre éclata donc de nouveau entre Charles et François i*r.

Les impériaux à Rx)mel5St7. — Mais^ avant que cette guerre ne commençât, il s'était passé vat feit inouï en Italie. Leduc de Bourbon avait pris le commandement en chef de l'armée impériale qui éUit d*fc&leJHiknaisr

(*) Est-il possible que François 1er ait cherché à évitée nu psfce&comfastt. IlWffit de penser au caractère des deux princes pour savoir quel estcelui qui ap« leaovirfc des prétextes poor r éviter. Voy. Gaillard, flirt . de Franc. Ier, tonu II k pour ks détails <te<e fait» nvr.

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après la mort du vaillant Pescaire. Or, le pays étant dévasté , led généraux sans argent, les troupes murmurèrent et demandèrent leur solde. Tous les moyens employés pour les apaiser furent inutiles, et tout-à-coup l'armée, au mois de janvier 1527, s'avança vers Rome sans aucun ordre de l'empereur ; on ne peut décider non plus si ce fut sur un ordre du due de Bourbon, qui avait peut-être de grands plans d'ambition , ou si ce fut par une décision subite de l'armée, qui espérait trouver dans Rome de quoi fournir en abondance à tous ses besoins et faire un riche butin. Du moins le duc de Bourbon céda et arriva devantla ville, après une marche très difficile. Le 6 mai fut donné l'ordre pour un assaut général à l'ancienne capitale du monde. Bourbon fut un des premiers sur le mur, et son exemple enflamma les assaillants ; mais à peine y fut-il monté qu'il fut tué d'un coup de feu. Cependant ses soldats entrèrert dans la ville 1 et pendant plusieurs jours elle fut livrée à la dévastation et au pillage, comme au temps des Vandales. Le pape Clément VU, qui $'é* tait sauvé avec ses gens dans le château Saint-Àngêf y fut assiégé pendant plusieurs mois; jusqu'à ce que, fproé par la nécessité; il promit une somme de 400,000 ducats , afin que l'armée pût recevoir tout l'arriéré de sa solde.

Cependant l'empereur Gharles envoya à tous les princes de la chrétienté , avec le plus grand empressement, des lettres où il se justifiait de ces événements qui arrivaient sans sa volonté

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et contre sa volonté ; et pendant que ses généraux tenaient le pape assiégé dans le château Saint- Ange, presque prisonnier, il faisait faire dans toute l'Espagne des prières publiques pour sa délivrance. Ou a accusé sa conduite d'hypocrisie ; cependant il est bien vrai que son armée rebelle n'écoutait plus ses ordres , et voulait avant tout toucher l'arriéré de sa solde. Ce ne fut qu'au bout de dix mois qu'elle obéit à son ordre et marcha vers Naples. Mais ses excès dans Rome l'avaient tellement affaiblie que , quand le roi de France fit, cette même année 1527, une nouvelle invasion en Italie , il pénétra sans résistance jusqu'à Naples et en fit le siège. Il fallut la défection du célèbre marin génois, André Doria, qui conduisait le siège de Naples du côté de la mer et passa du côté de l'empereur, et en même temps qu'une maladie contagieuse désolât l'armée française, pour ramener la fortune du côté de Charles et amener les deux partis, également fatigués de la guerre, à la paix de Cambrai, en 1529. François paya 2,000,000 d'écus (kronen) pour la délivrance de ses enfants , et renonça à toutes ses prétentions sur Milan, Gènes, Naples et les autres pays de l'autre côté des Alpes ( il épousa Eléonore, sœur de Charles-Quint); tandis qu'au contraire Charles, sans exgier de suite l'abandon du royaume de Bourgogne, conservait cependant ses anciens droits.

Le temps était arrivé où Charles pouvait se montrer avec dignité dans ses états d'Italie; il n'y était encore jamais entré. Il aborda à Gènes en 1529, et

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