AFFAIRES DE CHARLES-QUINT HORS LE L'EMPIRE
s'avança de là vers Bologne dans une pompe digne d'un empereur. Là, il avait concerté une entrevue avec le pape, et elle eut lieu avec une grande solennité. L'ancienne inimitié fut tout-à-fait oubliée. Charles, suivant l'usage de ses aïeux , baisa à genoux les pieds, du saint-père, et celui-ci le couronna solennellement et avec un grande pompe comme empereur et roi de Lombardie.
C'était le sacre du plus grand monarque qui ait porté cette couronne après Charlemagne , et ce fut le dernier empereur qui passât en Italie. Charles parut aux Italiens, qui ne l'avaient connu jusqu'alors que comme un prince terrible, un maître doux et généreux, et leurs craintes se changèrent en une vénération enthousiaste. Il ne retint pas même le Milanais pour lui ; mais il le rendit généreusement au duc François Sforce , qui le reçut à titre de fief de l'empire ; ensuite il se hâta de passer en Allemagne et de se rendre à la grande diète qui se tenait à Augsbourg.
Premières ligues des princes protestants.
Cependant en Allemagne grand nombre de princes avaient déjà introduit dans leur pays les nouvelles doctrines. Un des plus zélés était le jeune landgrave de Hesse, Philippe-le-Généreux ; ce fut lui qui insista auprès des autres princes qui partageaient sa croyance et les décida à former une alliance pour une jttUtMeUf défense cfcns le cas qù les a4yersm^
m sixième époque. 1630— 464&
essaieraient d'employer la violence pour l'exécution çle l'édit de Worras. Ses inquiétudes n'étaient pas sans fondement. Déjà plusieurs princes catholique* s'étaient rassemblés à Leipzig , et avaient délibéré ensemble sur la nécessité de défendre en commun leur pays contre l'introduction des idées nouvelles ; ils avaient pour cela demandé l'assistance de l'em-* pereur, et celui-ci leur avait promis dans sa réponse l'extirpation de toutes les erreurs de la secte de Luther. Ainsi donc, en l'année 1526, à Torgau, se forma une ligue entre le prince électeur de Saxe, Jean-1'Opiniâtre ( son frère FrécJéric-le-Sage était mort en i625), Philippe de Hesse, le duc de Brunswick-Lunebourg , le duc Henri de Mecklenbourg , les princes Wolfgang d'Anhalt, les comtes Gebhard et Albert de Mansfeld et la ville libre de Magdebourg. Albert, margrave de Brandebourg, avant grand-maître de l'ordre teutonique et alors duc de Prusse, qui avait aussi introduit les nouvelles doctrines dans ses états, conclut une alliance particulière avec l'électeur de Saxe.
L'empereur, qui était encore alors en Espagne, fort occupé avec son prisonnier, le roi François Ier, et eut à soutenir contre celui ci une nouvelle guerre aussitôt après sa délivrance, fit prendre patience aux princes allemands qui désiraient voir la fin de leurs querelles., en leur faisant espérer une nouvelle diète aussitôt qu'il aurait le loisir de venir chez eux. Il en fit même convoquer une provisoire à Spire, en 1529. Ce fut elle q^i tr^ncjia le pûeux lçs deu* partis, en