PREMIÈRE* LTGUB8 DES PRINCES PROTESTANTS
donnant un nom aux partisans des idées nouvelles. Car la majorité des états, qui était catholique, décréta ce qui suit : qu'il fallait conserveries édits essentiels de la diète de Worms: que la messe devait être conservée ; que ceux chez qui les nouvelles doctrines avaient trouvé aoeèa devaient êe garder d'étendre leurs innovations , et qu'aucun des sujets de l'empire ne devait à cause de sa croyance prendre la défense d'un coreligionnaire contre ses supérieurs. Ces arrêts de la diète furent loin de satisfaire les partisans dje Luther, qui rédigèrent au contraire un acte d'opposition et une protestation de laquelle ils prirent le nom de protestants. C'étaient la plus grande partie des princes que nous avons nommés plus haut, comme ayant pris part à la ligue de Torgau. Mais il y avait de plus George , margrave de Brandebourg, de la maison salique , et les villes de Strasbourg , Nuremberg 9 Ulm , Constance , Reutlingen, Windsheim, Memmingen , Ltndau , Kempten, Heilbronn, \smy , Weisaeftbourg , NonUingen et Saint-
Confessi» d'Àugsbourg. 1530. — L'année suivante se tint doue à Àngsbourg une grande diète à laquelle l'empereur se rendit lui-même d'Italie, ^BWseiU' avait annoncé. Les députés des deux côtés vinrent iu^6¥»at de lui pour tâcher de le gagner à leur parti pendant k route. Hais il sut renfermer ses pensées en lui-même et renvoya tout à fa diète. Le 22 juin au soir, il fit son entrée dans la ville * Ce tt'éftaît plus un jeune prince sans expérience,
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comme quand il vint la première fois en Allemagne, il y avait dix ans ; c'e'tait un empereur au-dessus dé tous les autres par sa puissance. Le monde entier ad* mirait ses belles qualités. Le plus puissant monarque était humilié devant lui , et Rome même n'avait pu résister à une parcelle de sa puissance entraînée dans l'insubordination . Son extérieur avait gagné en prenant plus de dignité et plus d'énergie; il imposaitméme à ses adversaires. Melancbton , qui était venu à Augsbourg avec l'électeur de Saxe, s'exprime ainsi à son sujet dans une lettre de confiance : a Ce qu'il y avait de plus remarquable dans cette assemblée , c'était sans contredit l'empereur lui-même. Son bonheur, qiui ne s'est pas une seule fois démenti, a dû exciter l'admiration aussi dans vos contrées. Mais bien plus digne encore d'admiration est sa grande retenue 7 après de si grands succès, quand tout lui réussit à souhait ; car on ne remarque pas une seule parole et pas même une seule action qui sorte des bornes de la modération. Quel roi, quel empereur poorraistu me nommer dans l'histoire que la bonne fortune n'ait fait changer ? Chez lui , au contraire , elle n'a jamais pu enivrer son âme. Chez lui, pas une seule trace de passion, d'orgueil ou de cruauté ; car pour taire les autres exemples , bien que nos adversaires aient employé jusque là tous les moyens pour l'entraîner contre nous dans les affaires de religion, cependant il a toujours reçu les hommes de notre opinion avec affabilité'. Sa vie domestique est remplie des plus beaux temples de retombe , de mode*
PREMIÈRES LHM)fcS DES PlllfOtS PROTESTANTS. &7
ration et de tempérance. Celte discipline intérieure autrefois si sévère parmi les princes allemands, ne se retrouve plus que dans la maison de l'empereur. Aucun homme vicieux ne peut se glisser auprès de lui ; et pour ami il n'a que les plus grands hommes, qu'il a su distinguer par leurs vertus. Toutes les fois que je le vois , il me semble voir un des héros ou des demi-dieux qui , dans les anciens temps, apparais* saient parmi les hommes. Qui ne se féliciterait pas de voir tant de belles qualités réunies dans un seul homme et surtout dans un si grand prince. »
Malgré toute cette vénération attachée à la personne de l'empereur, malgré la supériorité de sa puissance etcelledes princes catholiques, tes princes protestants qui étaient tous présents, présentèrent une résistance si ferme» que même pour des pratiques purement extérieures ils arrêtèrent l'empereur par leurs oppositions ; et le forcèrent souvent de révoquer des or dres qu'il avait donnés. Ainsi , quand il ordonna que tous les princes prendraient part à la cérémonie de la Fête-Dieu, quiavait lieu le lendemain mémede son arrivée , tous les princes protestants montèrent à cheval dès le matin du jour, vinrent le trouver en grande solennité, lui déclarèrent leur refus avec fermeté, et il fut obligé de céder. Ils protestèrent encore avec la même fermeté contre l'ordonnance qui défendait à leurs prédicateurs de parler dans Augsbourg; et ils le forcèrent daccorder que des deux partis il n'y aurait point de sermons, etqu'onsecontenterait & lire l'évangile et Yépîtve du dimnachç*
W «mains i**Q*E. 4690—4644.
Ce fut surtout l'électeur Jean de Saxe qui donna l'exemple de cette opiniâtreté qui lui valut le surnom que la postérité lui donna. La menace même 4e l'empereur de lui refuser l'investiture du duché de Saxe , ne put faire changer sa façon d'agir. Quand donc il fut question dans les séances des affaires dç religion , les princes protestants exposèrent à la diète réunie leur profession de foi, et renfermèrent dans quelques propositions courtes et claires tous legs points ditns lesquels la nouvelle église différait de l'ancienne, Melanchtonen était l'auteur; 11 en avait compose un seul tout dans le plus bel ordre, comme tous f$$ ouvrpges, et les avait extraites des dix-sept article* de Ï4*ther et de plusieurs autres écrits que les princes protestants avaient apporté* avec eux ; telle ftit laqonfession d'Augsbourg, qui encore aujourd'hui g$t la base de l'église protestante. Le chancelier de $a*e, Bayer» en fit la lecture publique le 25 juin, et gjie dura plusieurs heures. L'empereur leur fit répondre pqr Frédéric , comte palatin : « qu'il prendrait m eansidéfation cet important et remarquable fécrit, et qu'il leur ferait enauttq connaître sa détermination. »
Dans le conseil de Charles aussi bien que dans «elui des princes catholiques, les avis étaient fort partagés. Le légat du pape avee George àvc de Saxe , Guillaume duo de Bavière et la plus grande partie des évéques, demandaient que Charles exigeât des protestants l'abjuration complète de leur doctrine V d Wresr et parmi çux le cardinal ççchevê-
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que de Mayence, étaient plus modérés. Ils firent re? marquer qu'un tel projet ne pourrait s'accomplir sans beaucoup de sang répandu et des guerres intest tines; ils rappelèrent les dangers de la part des Turcs, qui récemment encore , en 1529, avaient osé pén nétrer jusqu'à Vienne et attaquer la ville , heureur sèment s$ns succès ; pt Us conseillèrent de réunir lea protestants au sein de l' église , soit par 1m conviction, soit par d'autres ipoyen? àfi flQuceur , ou du moins défaire en sorte que la ra& intérieure de l'empire ne fût pas troublée. ;
Ainsi , cppformémëRt à cette dernière opinion , la çonfre-p&rtip de Ip ppnfèsgipq d'^ugabourg &* *&* digée par plusieurs théologiens catholiques. Eoktra* vailla avec eux, Bile ftit l))e pux protestants avec demande d'y acquiescer ; et cqmme ils affirmèrent qu'ils ne le pouvaient pas , pn essaya plusieurs autres moyens de réconciliation et d'accommodement ; car les plus pacifiques et les plus ipodérés defr deux côtés croyaient que ce n'était pas impossible. Met lanchton écrivit même au légat du pape j < Il n'y a plus qu'une petite différence dans les usages de l'Eglise qui semble maintenant faire obstacle à 1a réur flion , et les canons ecclésiastiques disent que l\i-i nité de FEglise n'est pas rompue par une diversité dans les usages, $ ftl^is lps zélés des deux côtés vin-* rent mettre des obstacles ; et ce que Ton céda de part et d'autre ne touchait pas aux points principaux. En outre , plusieurs princes protestants et des yiljes libres sç JgiçsèrçnJ i^fl^ençer p?F des considé*
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rations toutes humaines, quand ils virent qu'il était question de rétablir la puissance épiscopale dans leurs pays ; et du côté des catholiques , on tint précisément alors avec opiniâtreté à des articles sur lesquels on avait déjà uséd'indulgence, par exemple, pourl'Eglise grecque et les hussites ; c'est-à-dire qu'on refusa formellement alors le mariage des prêtres et la communion sous les deux espèces aux laïques. Ainsi furent renversées les tentatives de réunion , et les deux partis , au lieu de s'approcher, ne firent que se séparer de plus en pluà. Enfin , l'empereur fit signifier aux protestants cette déclaration : « Qu'ils eussent à réfléchir jusqu'au 15 avril prochain pour savoir s'ils voulaient ou non se réunir pour les articles en discussion avec l'Église chrétienne , avec le pape, l'empereur et les autres princes, jusqu'à plus ample explication dans un concile qui serait tenu prochainement; que pendant ce temps de paix, ils ne devaient rien faire imprimer de nouveau dans leur pays et n'attirer dans leur secte ni leurs sujets, ni des étrangers; que *# d'ailleurs, comme il s'était introduit dans la^htnétienté des abus et des désordres de toute espèce , l'empereur ferait tous ses efforts auprès du pape et des autres princes de l'Europe pour faire convoquer un concile général dans Pintervalle de six mois , ou au plus tard dans un an.
Les protestants repondirent alors comme toujours, que leurs dogmes n'avaient point encore été réfutés parrïtoûtwre, et <jue leur conscience Wç leur per«
MAIHTIKH DE LA PAIX M HÏLIOIOH. 64
mettait pas de consentir cette conclusion de la diète^ qui leur défendait la propagation de leur croyance; et aussitôt ceux qui étaient encore à Augsbourg se hâtèrent de partir. C'était une rupture formelle entreles deux partis. Dans les conclusions de là diète qui furent ensuite rendues publiques , la doctrine de Luther fut traitée d'hérétique avec de très dures expressions; la restitution de tous les couvents et établissements religieux confisqués fut sévèrement exigée ; une censure pour tout imprimé en matière religieuse fut établie, et Ton menaça les récalcitrants de l'empereur et de l'empire.
Ligue deSmaikade. 1530. — Les princes protestants se rassemblèrent encore à la fin de cette année à Smalkade et rendirent leur alliance plus solide et plus intime. Quelques-uns d'entre enx auraient volontiers dès lors éclaté et décidé de suite la querelle par les armes; mais , parmi le plus grand nombre, il y avait encore cette ancienne et religieuse hol'reur pour une guerre entre frères et cette vénération pour la personne sacrée de l'empereur, ce sont leurs expressions; de sorte que ce fut ce sentiment vraiment , allemand qui sauva leur ligue du reproche de â'étre marquée d'une tache de sang en soulevant sans nécessité une guerre de religion,
Ferdinand, roi de Rome. 1951. — Maintien de la paix de religion.
L'empereur, en partant d'Àugsbourg, s'était mis en route pour Cologne , où il avait dopoe rendez-.
03 stxifem éroQtm. 1520^- 1$M,
vous au* ^rincés électeurs. Là , il leur fit la proposition de choisir pour roi des Romains son frère Ferdinand, à qui il avait déjà cédé ses pays héréditaires d'Aulridhe, et qui , depuis l'extinction de la maison rojate de Bohême et de Hongrie dans la personne de Louis U) mort dans la bataille de Mohacz, 1526, contre le sultan Soliman II y avait obtenu les cou* ronnes de Bohême et de Hongrie par de» droits fond^ssor unancien traité d'héritage , afin qu'il pûtmaintenir l'empire dans le bon ordre pendantses fréquentes absents. Les électeurs y consentirent/ et Ferdinand fut couronné à Aix j il n'y eut d'opposition que de la part de l'électeur de Saxe qui fit présenter fine protestation à la diète par son fils et des etocà de Bavière j de-» puis loûg-temps jaloux de là puissance de la maison d'Autriche, qui firent même à oette ek)cdsion alliance avec leurs ennemis eri nta&ière dé religion f les princes de Talliaoee de Smalkadei
Lie niveau roi des Romains tenait beaucoup à la conservation de 1* paix en Allemagne j parce que squ nouveau royaume de Hongrie était vivement pressé p*y les Turc» et qu'il comptait particulièreméat sur les secours de» princes allemands. Mais les princes proteata/its refusèrent leur coopération jusqu'à ce qu'on eût établi la paix Aura l'empire et promis de la maintenir. Alors l'empereur concerta une nouvelle tentative de réunion, et elle amena enfin , conformément aux pressantes exhortations de Luther, la paix provisoire de Nuremberg, en 1582. L'empereur deekra qu'en yerta de sa toute puissance impé-<
MAMTIftH M là PAU fift IOM010K. 6t
riale, « il voulait établir une paix générale, d'après laquelle personne ne pourrait être incriminé et condamné pour sa croyance ou toute antre matière religieuse, jusqu'à la tenue prochaine du concile ou de* étals de l'empire. »
Alors les secours contre les Turcs arrivèrent prompt tement et il eut bientôt rassemblé une armée telle qu'on n'en avait pas vu depuis long-temps. Le danger semblait pressant *, car le sultan S»lint*a était parti avec trois cent mille hommes pour attaquer letf pays autrichiens sur deux point* à k ibfej tt l'em** pereur n'avait que soixante-seize mille hommes à lui opposer. Mais dès les premières tentatives f les Turc» purent voir à quels hommes ils avaient afbhfe» Ibra-* him-Bassa , qui conduisait l'a vaut-garde y crut que ta petite ville de Gunz , en Hongrie t qui \m aratt fermé ses portes , lui avait fait affront y quelle allait foté emportée du premier assaut et qu'elle avait mérité pour cela une sévère punition ) mai» son vaillant commandant Jurischtisch vepoilssa avec avantage toutes ses attaques pendant quinze fo&rs cynll resta devant ses murs. Alors Soliman réfiéthit à ce q*é pourrait donc lui coûter Vienne* lorsque surtout l'empereur était en marche pontf veair fcsôBaecoutôf, et voyant que les primje^d'Alle«BagnetqtclI avait erto en dissension, étaient toue réunis* il fil «ttaifldt tfte* traite j ainsi tout le monde fut dans l'étonnetaefcf êe voir le grand Soliman rctoonder ai prdaapiement à une expédition qui lui avah oo4té trois ans de j*épdTatifs.
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L'empereur Charles put alors s'occuper d'autres affaires, et avant tout il se rendit en Italie pour se concerter avec le pape au sujet de la convocation d'un concile œcuménique.
Mais le pape Cle'ment VII ne s'en occupait pas sérieusement et 4a cour de Rome ne le désirait pas ; de sorte que Charles repassa en Espagne sans avoir rien fait.
Tandis que. l'empereur était absent et que le roi Ferdinand employait tous ses moyens pour établir sa domination en Hongrie, la doctrine des protestants se.répandait de plus eh plus en Allemagne, et la division des esprits s'envenimait tous les jours. Les protestants allèrent même, l'an 1534, jusqu'à déclarer à la chambreimpériale qu'ils ne lui obéiraient" plus; parce que, contrairement au traité de paix de Nuremberg, elle avait écouté des plaintes et prononcé une sentence contre eux lorsqu'il s'agissait d'une restitution de biens confisqués à l'Église. Ainsi était foulée aux pieds la paix du pays de l'empereur Maximilien. -•— -Un autre sujet de querelle vint encore s'y joindre, c'était pour le Wurtemberg. Nous avons déjà eu occasion de remarquer antérieurement que le duc Ulric de Wurtemberg, vers le temps de ' h mort de Maximilien et avant l'élection de Charles, ' ava|t été chassé de son pays par la ligue de Souabé, à cause d'une querdie qui lui était survenue avec la villç de Heutlingtn. La ligue fit cession du pays, d'ailleurs grevé de lourdes charges, à l'empereur Charles, et celui-ci le donna , en 1530, à son frère
MÀïSflEN t>E U *Àïfc t)È RELIGION. 65
Ferdinand avec les étals autrichiens, fl semblait alors devoir appartenir pour toujours à la maison d'Autriche j mais le duc dépossédé qui parcourait tout l'empire comme un fugitif et cherchait à gagner des amis , trouva protection près de son parent le duc Philippe de Hesse; Ulric avait déjà reçu la doctrine de Luther, et Philippe conçut dès lors la pensée de le rétablir dans ses états , même par la force des armes. Il leva donc une armée de vingt mille hommes , se jeta à Timproviste dans le Wurtemberg , battit le gouverneur autrichien , près de Lauffen,1534> et rendit aussitôt le duchéà Ulric. On crut que cette invasion allait être le commencement d'une guerre sanglante ; mais encore pour cette fois l'orage passa sans éclater. Charles et Ferdinand étaient trop occupés, et sans doute aussi qu'ils sentirent qu'il ne serait pas généreux d'augmenter leur puissance, déjà si grande avec le bien d'autrui, quoiqu'ils eussent l'apparence du droit. D'un autre côté, les fédérés de la ligue de Schmalkalde, qui n'avaient pas pris part à la première expédition du landgrave, mettaient beaucoup d'empressement à terminer cette affaire par un accommodement.
De là la paix de Cadan en Bohême , par laquelle ' le duc Ulric recouvra ses états à titre de vavasseur d'Autriche ; la paix de religion de Nuremberg fut confirmée, et l'électeur de Saxe, avec toute sa famille, reconnut formellement Ferdinand pour rot des Romains; et, afin de sauver au moins la dignité de la suzeraineté impériale , il fut décidé que lé landgrave t. u. 5
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et lç duc Ulric feraient à genoux amende honorable
pour avoir rompu la pat* du pays, à l'empereur par
eux-mêmes eu personne, et au roi Ferdinand par un
délégué,
U^e autre circonstance se présente, qui semblait çytrêuiementgr^ve et cependant ne put rompre définitivement la paix; c'était la guerre des anabaptistes dans Munster, de 1533 à 1535. tes principes deThpmas Munzer, sur la liberté et l'égalité chrétienne et sur la communauté des biens , aussi bien que sur la révélation immédiate à chaque individu, n'avaient pas encore disparu et s'étaient conservés surtout en Hollande dans la secte des anabaptistes. Ils commandaient à leurs sectateurs de faire pénitence et de se faire baptiser de n ou veau , afin que la colère de Dieil n'éclatât pas sur eux. Deux de leurs orateurs enthousiastes, Matthiessen, boulanger de Harlem, et le tailleur Jean Bockhold ou Bockelsohn de Leyde, vinrenten 1533 à Munster -9 précisément dans le même moment qu'un prédicateur, nommé Rothmapn, y introduisait la doctrine de Luther ; ils le gagnèrent aussi Jlpi au nombre des anabaptistes, chassèrent de Jta ville If s citoyens riches, avec l'aide de la populace et d'autres anabaptistes qui virent des pays VQ&ns, établirent de nouveaux magistral et pairepj jtpus Jterç biens ,pn commun. Chacun devait venir déposer dans un tréspr , public tout ce qu'il possédait en pr, en argent au en objets de prix; en même temps les églises furent dépouillées de toutes leurs richesses, les tableaux brisés et tous les livres, excepté la Bible, furent brûlés
M^ifiY fES .m tk ni* »E JU5MGIOH. 67
en public, kçe verlige? comme presque toujours chez des gens grossiers, se joignit une licence effre'née dans les mœnrs et toutes les passions. Il fut reconnu que la liberté chrétienne autorisait chaque homme à prendre pjusieure femmes, et Jean de Leyde en donna l'exemple en en prenant trois h la fois. Enfin, un de ses partisans, qui se vantait d'avoir eu une communication divine toute particulière, Jean Dussentschur de Warendorf , le salua comme le roi de toute la terre, qui devait restaurer le trône de David, et vingt-huit apôtres furent envoyés prêcher cette doctrine partout le monde pour le soumettre au nouveau roi j piais partout où ils vinrent, ils furent ar*rêtés comme séditieux et presque tous exécutés.
L'évéque de Munster et Philippe, landgrave de Hçsse, marchèrent contre la ville et l'assiégèrent. La Risette qui s'y fit sentir de jour çn jour plus forte , refroidiç bientôt le zèle du peuple^ Le nouveau roi YOulut s'affermir par la terreuv et décapita même de sa propre main une de ses femmes sur la place du rçiajrçb^; parce qu'elle avait dit qu'elle ne pouvait croire que Dieu eût condamné une si grande fou^e $e Peuple à inourir de faim, tandis que le roi était dan3 l'abondance;, Mais à la fin, quand déjà en effejt UUgraivJ nombre des habitants étaient morts de faim? «feu? bourgeois introduisirent dç nuit l'armée de l'archevêque dans la ville, le 25 juin 1535. Après un çQjnkat sauglant, Jean de Leyde, avec Knipperdolling, son exécuteur, et son chancelier Krechting, furent, faits prisonniers et conduits en spectacle dans
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plusieurs villes d'Allemagne ; ensuite on les déchira avec des tenailles rouges, et on les tua en les perçant au cœur avec un poignard ardent. Leurs corps furent mis dans une cage de fer et suspendus au haut de la tour de l'église de Saint-Lambert, sur la place; le culte catholique fut ensuite rétabli dans la ville.
Guerres contre les corsaires d'Afrique. — Charles et François Ie'.
L'empereur avait entrepris sur ces entrefaites une guerre qui lui fit le plus grand honneur. Un corsaire, Haradin Barberousse, un des hommes les plus audacieux et les plus extraordinaires de son temps, né de parents obscurs dans l'île de Lesbos , s'était solidement établi sur la côtenord d'Afrique. Iiavait attiré à lui une foule de Maures chassés d'Espagne par le roi Ferdinand-le-Gatholique, qui brûlaient du désir de la vengeance, et troublait avec eux toutes les mers de l'Europe. Sa cruauté et son audace en firent l'effroi de tous les habitants des côtes j Alger et Tunis étaient en sa puissance, et même le sultan turc Soliman, avait confié à cet entreprenant matelot toute sa puissance maritime , pour qu'il s'en servît contre les Chrétiens. Des milliers de prisonniers languissaient déjà dans l'esclavage à Alger et à Tunis. L'empereur Charles crut qu'en sa qualité de protecteur de toute la chrétienté, il ne pouvait pas souffrir de pareilles cruautés ; d'autant plus que l'ancien roi de Tunis, Hascen, chassé de ses états, était venu de-