‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 102 sur 298 · LIV- IX · texte numérisé non relu

LIV- IX

tùi livrée auprès d'Amblef, sur la rivière du même nom , non loin de Slablo ; les Neustriens réussirent à se faire jour, mais après avoir essuyé une grande perle d'hommes et de bagages. Celle bataille ne les délivra pasde leurs ennemis ^ Karl renforça son armée de toute manière, puis, au printemps de Tan 717, ii pénétra par la forêt Ctiarbonnière en Ncustric, où une partie du clergé favorisait ses întérêls. Les Austrasiens rencontrèrent Tarmée neuslrienne à Vincy, enlre Arras et Cambrai.

De son camp près de Vincy, Karl envoya des dèpulës au roi Chilpérich ; il lui proposa la paix afin que le sang des nobles Franks ne fût pas ^ersc par des Franks ; il demanda la prin-cîpaulé de son père : a II était reconnu , fit-il dire au roi, que son père avait gouverné tous les Franks orientaux avec justice et piété, el il ne demandait rien autre chose que d'être le clief de ceux qui avaient été soumis à Tadm'mislralion de son père. » Chilpérich el Raginfrid rejetèrent celle prétention avec un grand mépris et le menacèrent de lui enlever môme ce qu'il possédait déjà réellement; \\% lui firent dire qu'il n'avait qu'à se préparer au combat pour le jour suivant , afin que la loule-puissance divine décidât h qui désormais devait appartenir l'empire des Franks. Karl communiqua celte arrogante réponse aux ducs cl aux chefs de son armée et excita en eux une colère mêlée de mépris; car leur armée était, il est vrai, de beaucoup inférieure en tiombrc à celle du roi , mais elle n'était composée que d'hommes habiles, belliqueux el exlyérîmentés dans la guerre. L'armée du roi au contraire n'était qu'une multitude mélangée , el dans ses rangs une foule de petits peuples ramassés de toutes parts se trouvait à côté des princes et des seigneurs (ô).

La bataille eut lieu le 21 mars de Tannée in* diquée. Dans cette bataille il s'agissait de vie et de mort ; elle fut donc opiniâtre et cruelle, et Karl remporta une victoire complète. Un grand butin lui échut en partage et le mit en état de rafratchir ou d'affermir rattachement de ses fidèles. Le roi et son maire du palais Raginfrid se sauvèrent en désordre , au milieu des plus grands dangers, et n'échappèrent à la captivité que par un effet du hasard qui les rendit tnaftres d'un cheval de l'abbé Wando de FoniaDelIe (G). Karl poursuivit l'ennemi jusque

CHAP. IV

sous les murs de Paris, el cependant tout resta indécis , parce que Karl, portant ses regards derrière comme devant lui , reconnut sans doute qu^il n'était pas en son pouvoir de rien achever ; il crut peut-être n'avoir gagné que la certitude que le roi el son maire du pa^ lais étaient hors d'état d'entreprendre de nou^ veau une expédition en Âustrasie.

Dans celle pensée, Karl renonça à la guerre en Neustrie , revint en Austrasie et campa devant Cologne. Ceux qui, après la mort de Pippin et celle de son petil-Ûls, étaient restés avec Plectrudc regardèrent probablement comme impossible une lutte contre le prince victorieux; peut-être ne voyaient-ils pas non plus de but à une telle lulle. Les portes de Cologne furent donc ouvertes; Plectrudc livra à son beau-fils les joyaux de l'empire et les trésors de la famille royale qui étaient encore en son pouvoir:^ et Karl, reconnu désormais comme prince de tous les Austrasiens, se plaça , selon l'expression d'un écrivain postérieur, sur le trône de son empire comme un digne héritier.

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