CHAPITRE X
(i) Baronius {Annal, ecclesieut,, t. IX, p. 140, ad an. 730) : Domino excellentissimo fllio Carolosubre* gulo Gregorius papa.
(2) Conjuro te per Deum vivum etper ipsas saera" tissimas claves confessionis B. Pétri, quas vobis ad REGMUM DIREX1MU9, rcl. Lc vral sens de ces mots ad rs- GMDM est très-incertain , s'ils ne signifient pas simplement : « que nous vous avons envoyées dans le royaume (dans le royaume des Franks ou dans votre royaume). »
(3) C'est là l'essentiel , et c'est précisément ce qai présente une grande difficulté. En elTet, voici comment Bouquet donne le texte du Continuât. Frebegarii : Eo pactopatrato, ut a partibus imperatobis rbcbdsrit, et romanum eonsulatum prœfato principi Càrolo sanciret. Cela veut dire assurément que lui , le pape, quitterait le parti de l'empereur. Mais d'après l'état des choses, tel que nous l'avons exposé, c'est ce que le pape ne pouvait vouloir, ni proposer, ni consentir, et Ton ne voit pas trop pourquoi Karl l'aurait désiré ou voulu. Bouquet toutefois fait celte remarque : Edifi omnes, or ad partes imperatobis rbceokbbt ; et il ne passe pas sous silence Vintricata Aimoni leetio i Ec clesiam a Langobardorum leetione liberaret ,... bt a partibus Langobardorum rbgbdbrbt , ac rohan um cor-
SULATUH PR^PATUS CAROLUS SAlfCIRBT. DC lÀ CSt VCnUO
une grande différence de sentiment parmi les savans. Scion les uns , parmi lesquels on compte Bouqukt, le pape s'engageait à se détacher de l'empereur et A donner au prince Karl le consulat ou le patriciat de Rome. A l'appui de leur opinion , lis donnent l'expression de la seconde lettre de Grégoire, que nous avons citée dans la note précédente : cul regnum; Pagi croit même que Karl reçut réellement le patriciat du pape. D'autres, et parmi eux Le Cointe, ont au contraire cru avec raison que le pape ne voulait pas se détacher de l'ent-*
NOTÉS DU LIVRE IX
pereor; quMI ne t'en fléMcha paf,iiitis qw, se basant fur les lémoignagesbifloriquesi il s'efforçait de conserver les provinces italiennes à Teoipire romain i que bien plus il ne s'agissait pour lui que de faire renon* cer le prince i l'alliance des Langobards et de l'attirer dans le parti de Tempereiir. C'est pour cela que Lb GoiNTB, à l'aide de Vintricaia ^imoini l$cUo, a disposé de la manière suivante le passage du continuateur de Frédégaire : Eopacio patrato , ut ad PAaTKS
IM PBKATOllS ACCEDBRKT, ET ROMANUM CONSULATUM PR£-
rATUs Carolus sancibbt. Dans le fait, si cetle correction n'était pas un peu forte, elle donnerait un sens : JfMtX devait prendre le parti de l'empereur et reconnaître le consulat romain , c'estri-dire l'organisation que Ton avait établie k Rome depuis les discussions avec l'empereur. Mais ce changement ne paraît pas admissible, et l'expression ut CaroluM samcubt ne semble pas convenable. Et si enfin Lb Goihtb , par romanum consulatum, veut entendre l'autorité Impériale ellemême, l'obscurité redouble. Je croirais donc volontiers que l'ancienne leçon : ui cul partes imperatoris rece^ derst, et ramanum eoMulatum prœfato Carolo «anciretj est la vraie. Dans le premier membre de celte pbrase, c'est Karl qui est le sujet; dans le second, c'est le pape, puisqu'un pactum devait être conclu, qui devait établir quelque cbose pour les deux partis. Voici quel semble être le sens : Karl devait, comme les anciens princes des Franks, rentrer dans l'alliance de l'empereur, et le pape devait lui assurer en retour le consulat ou le patriciat romain , ou promettre de le lui faire conférer; le patriciat, dpnt le grand Chlodwig avait également été revêtu. En tous cas, la langue est altérée comme toute autre chose était altérée ; peut-être ne se coroprenalt-on pas soi-même. Du reste l'indication des Annale* Metlenses (Prrtz, p. 326) repose sans doute aussi sur un mal entendu : EpUtolam guoque dbcrbto romamorum principum , sibi (Karolo) prœdietus prœsul Gregorius miserat, quod sese popului romanue, rblicta imperatoris dominatioiib , ad euam defensUmetn et invictam elementiafn convertere voluUset,