‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 153 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DERNIÈRES ANNÉES DE PIPPIN. — SOU- MISSION ET DÉFECTION DE TASSILO, DUC DES BAVAROIS. — FIN DE WAIFAR, DUC DES AQUITAINS.

De l'aD 7M i Tan 768.

Pippin , roi des Franks , avait à peine parcouru la moitié de sa vie publique \ mais les actes les plus importans, les plus riches en résullalsqui furent accomplis sous lui ou par lui étaient déjà consommés. Ce que présente la seconde moitié de cette vie est, en partie par la nature des faits, en partie par le manque de documens, d'un caractère plus vulgaire. Ces faits manquent, plus que les autres, de couleur et de forme, par là môme d'intérêt; de plus, beaucoup sont étrangers au développement du peuple teulsch, bien qu'ils concernent plus d'un peuple de race teutonique. Pippin ne pouvait aspirer qu'à asseoir plus solidement sa maison , à augmenter sa puissance , à étendre son empire. Il alla loin dans ce but , et la fortune ne le quitta Jamais *, mais il en fut surtout redevable au génie qui lui était naturel et à l'énergique volonté avec laquelle il continua son œuvre sans s'inquiéter des moyens. Du reste il aurait aussi, pour les derniers temps de sa vie, mérité, sinon la réputation d'un homme

bienveillant , du moins la gloire d*un grand prince, si son histoire avait été mieux écrite cl si réclat dont son Gis Karl se présente environné aux yeux de la postérité n^avait projeté sur lui une certaine obscurité.

La paix, avec les Langobards ne Fut pas interrompue. Haislulf , une année environ après sa honte , fut délivré par une mort malheareuse (1) de la douleur qui rongeait son ftinc; et à sa place Désidérius obtint la couronne. Comme Pippin et le pape lui-même avaient contribué à son élévation, les relations entre le siège apostolique et les Langobards furent pour un moment rétablies sur le pied de Famitié-, mais cette amitié ne pouvait être durable, parce que les germes d'inimitié ne se trouvaient pas dans les tendances de quelques hommes, mais dans les circonstances et dans la position des peuples. L'Église romaine avait trop gagné pour que ses évêques pussent résister à l'ambition de gagner plus encore, et leur confiance dans le puissant défenseur de l'Église établi en décades Alpes était trop bien fondée pour qu'ils n'eussent pas volontiers entretenu cette ambition. Déjà le pape Zacharie chercha à étendre le cercle de sa puissance : il se fit promettre par Désidérius, pour prix de sa coopération à l'élévation de ce prince, une nouvelle série de villes et de territoires importans, et il nourrit l'espoir que par reconnaissance ou par crainte le nouveau roi des Langobards remplirait ses promesses \ mais lo pape mourut avant qu'elles pussent être accomplies. 11 fut remplacé sur le siège papal par son frère, le diacre Paul , et Désidérius refusa d'exécuter les promesses faites au pape précédent. Les anciennes querelles recommencèrent ; le pape excita contre le roi les ducs de Spoléte et de Bénévent. Ferme dans ses refus, Désidérius, méfiant, provoqué et désirant effrayer le pape par les armes , entra dans l'ancien exarchat que Pippin avait donné au siégo apostolique. Aussitôt le pape écrivit avec l'expression de la plus profonde reconnaissance pour ce que Pippin avait déjà fait et avec cdlc delà plus ferme confiance à son fils chéri, à son compère spirituel : « Qu'il eût à délivrer la sainte Église et à contraindre énergiquemcnt lo roi Désidérius à tout restituer, à tout remplacer, à tenir toutes ses promesses ; qu'ensuite lui, I<^ roi Pippin , brillerait comme un soleil rayonnant au milieu de ^>us les rois çt de tous Ie«

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