LIV. VF, CHAP. IV
mandations et ses prétentions. Pourlant celte œuvre fut accomplie ; mais on peut croire que ce ne fut que peu à peu. L'histoire «e lait eiH core ICI. Une institution de la plus grande importanco pour tous les temps postérieure n'a pas excité l'attention, ou bien l'on a pas juiré é propos de parler de son origine et de sa natare.
été considérée comme une affaire particulière à la maison royale, c'est-à-dire au roi cl à ses
eûtes; I est possible aussi que l'on n'ait pas reconnu l'importance de l'inslilution et que l'on
n en ait pas pressenti les suites ; il est possible enfin que les ecclésiastiques , qui no négligèrent pas leurs intérêts dans celle occurrence, aient jugé utile de laisser dans l'obscurité
'origine et le développement de toutes ces relations, et par conséquent leur caractèrepropre pour assurer et étendre d'autant plus les imi munîtes des biens de l'Église , selon les circonstances et les occasions. Il est certain que plus lard l'institution parait dans toute sa force dans la vie ; elle se montre sous un aspect tel que sa formation semble en rèalilé avoir nécessairement eu lieu de la manière que nous avons indiquée. Sans doute une divergence d'opinions peut exister sur l'origine; mais il est difficile qu'elle porte sur les principes d'oà l'on partit ou auxquels on arriva. El le siècle suivant, où le complément de toutes ces relations eut heu, puisqu'elles paraissent désormais compiétés dans l'histoire, ne présente rien qui ait été plus propre à faire nattre une telle idée et à en favoriser l'exécution que les circonstances que nous avons exposées. El dés que les monumens écrits parlent de oet établissement leurs termes sont tels qu'il est impossible de le supposer nouveau. De plus, la loi salique contient , relativement aux aliénations du flsc , des indications qui autorisent A rapporter à ce temps l'origine de l'institution ; Grégoire de Tours lui-même donne des faits qui supposent l'existence de ces institutions; et d'après les vies des sainU qui appartiennent & ce lerops ou n'en sont pas éloignés, il est hors de doule que l'origine de ces aliénations de propriétés foncières dépendantes du fisc doit être rapportée à la première moitié du sixième siècle (7). Enfin on ne peut nier que le langage des écrivains, à partir du temps de Chlolar, devient différent du langage des écrivains antérieur»
f»l, chacun arriva îtr»n«nrf«.T * «•ucreiii au langage des écrivains antérieur
. «aeuD ornva ,1 cependpl avec m recon,.».. sujet dej relaliona du roi avec ses leules.
HISTOIRE DU PEtPLE ALLEMAND^
Chlodwig communique à ses leutes ses entreprises ^ Chlotar est forcé par ses leutes à la guerre contre les Saxons (8). Il est djt à plusieurs reprises des fils et des petits-fils do Ghiodwig qu'ils reçurent Tempire ; il est dit de môme à plusieurs reprises des rois suivans qu'ils furent établis rois, qu'ils furent élus rois (9). Il a dû par conséquent s'introduire un changement dans la position des leutes à l'égard du roi, et on ne trouve rien qui ait pu opérer ce changement, si ce n'est le dédommagement donné aux leutes, tel que nous l'ayons exposé^ en possessions territoriales dépendantes du fisc.
Dans les premiers temps, lei biens qui furent distribués aux leutes conservèrent le nom de fisc, parce qu'ils étaient des parties du fisc et parce qu'ils devaient continuer à être considérés comme tels. Bientôt toutefois la dénomination de biens fiscalins a pu s'introduire à côlé de la première : elle semble se rapporter déjà ù une corrélation moins étroite^ aussi les rois, qui devaient vouloir l'unité du fisc, maintinrent encore la dénomination de fisc lorsque déjà elle avait vraisemblablement disparu de la vie. Alors môme l'appellation de fisc royal était encore assez naturelle , en partie parce que le fisc était administré au nom du roi, en partie parce qu'on voulait rappeler aux possesseurs le lien qui les unissait au roi et par conséquent leurs obligations envers lui. Plus tard le nom de prix de services , de bénéfice {beneficium)y peut avoir été employé pour désigner des biens de cette nature. Les leutes , en possession de ces biens, préférèrent ce nom parce qu'il semblait indiquer qu'ils avaient déjà rendu les services nécessaires pour les mériter et qu'ils n'avalent obtenu ces biens que comme une juste récompense^ les rois au contraire, qui ne purent éviter ce nom, cherchèrent à l'employer dans un sens tel que les leutes semblassent ne devoir ces biens qu'à leur bienveillance (10). Les leutes purent aimer mieux entendre appeler leurs biens honneur ou faveur, ci ils ne manquèrent sans doute pas de le désigner par ce nom ; les rois toutefois purent a'avoir employé celui-ci que lorsque le possesseur leur avait en effet rendu de grands services ou lorsqu'ils voulaient le gagner ou Texcitcr à leur donner de grandes preuves de dévouement (11).
Mais avec lu distribution des bénéfices, les
leutes reçurent aussi un autre nom-, ils furcnl appelés vassL Le sens de ce mot , bien qu'il soit incertain et qu'on l'explique de différeDles manières , se rapporte sans aucun doute aux nouvelles relations dans lesquelles les leulei furent placés dès qu'ils eurent des possessions territoriales à l'égard du roi et de la généralilé des conquérans ^ par de telles possessions ils furent maintenus également dans TaisociatioD. Ce qui est en conséquence le plus vraisemblable, c'est que le mot vassus ne signifle pas autre chose que veste , feste , homme maintenu solidement dans sa position. Le mot tudesque vest ou /esl se prononce encore aujourd'hui va>ss dans le Teutschiand septentrional j cl lorsque plus lard les rois parlèrent à leurs leules, ils les appelèrent /errwcs e/ chers fidèles [ve^it und liebe getreue). Ce mot est donc resté dans la vie et a suivi les transformations de la langue vulgaire. Le mot vassalli (vassaux), qui se forma peu à peu du mot primitif t^as^î, n'est pascontraire non plus à cette explication , car ce mot vassalli n'est qu'un diminutif du mot vassi, imaginépourdistinguer le grand possesseurdcbicns
fiscalins du petit possesseur ; ou bien encore l'expression sèche de vassi déplut aux moines de cette époque, et ils cherchèrent dans leur prétendue élégance de langage à lui donner une tournure plus latine (12). Mais comme le nom de vassi ou vassalli fut dé plus en plus usité , l'usage du nom de lentes devint de plus en plus rare (13). Les leutes mêmes qui n'avaient pas encore obtenu de possessions dépendantes des biens fiscalins furent appelés vassalli; peut-être dans leprincipenedonna-l-on ce nom qu'aux leutes dont on reconnaissait les droits à un bien de cette nature, mais qui, parce que le sort avait prononcé, ne devaient que plus tard entrer en possession (14); pculêtre le donna-l-on aussi plus tard ce nom à ceux qui ne voulaient acquérir leurs droits que par leurs services et par leurs exploits (15)- Le nom de fidèles au contraire resta aussi aux vassalli y et les rois l'employèrent volontiers, tantôt parce qu'il renfermait un témoignage de reconnaissance, tantôt parce qu'il rappelait des sermons et des devoirs.
Mais dùsquelcsrassaWt prenaient possession d'un bien fiscalin, les Romains qui pouvaient demeurer sur ces terres, soit comme anciens propriétaires, soit comme colons, devaient Cire licj) avertis de la position où ils tombaient.