CHAPITRE XI
SOUMISSION DES BÉNÉVENTINS. — DISSO- I LUTION DU DUCHÉ DE BAVIÈRE. — FIN [ MALHEUREUSE DE TASSILO ET DES AGI- ^ LOLFINGS.
De Van 786 k Tan 788.
Lorsque les Saxons parurent réduits au repos et que la Thuringe , privée de ses chefs, fut de nouveau intimidée, Karl crut pouvoir en finir avec ses derniers ennemis dans les pays qu'il comptait parmi les provinces de son empire. Ces ennemis étaient Aragis, duc de Bénévent, et Tassilo, duc des Bavarois, tous deux gendres de l'infortuné roi Désidérius. Karl nourrissait contre Tassilo une colère implacable, qui tout récemment avait été excitée encore parce que le duc avait osé défendre par les armes son territoire contre un comte frank de Trente. Pourtant le roi résolut de forcer d'abord le duc Aragis à reconnaître sa suzeraineté, soit parce que Tassilo pouvait d'autant moins lui échapper qu'il était plus sûr de l'Italie, soit parce que Adalgis, fils de Désidérius, fit, vers ce temps, de nouvelles tentatives pour
remonter sur le trône de son et père et qu'il était à craindre qu'Aragis et les Grecs de l'Italie inférieure formassent une alliance en faveur de ce prince; soit enfin parce que l'état général de l'Italie semblait exiger de nouveau la présence du roi. De plus Karl peut avoir été déternûné par le désir de^voir Rome, la ville éternelle et sainte; peut-être aussi n'apprit-il pas avec indifférence que l'impératrice Irène venait de convoquer à Gonstantinople un concile auquel le pape lui-même envoya ses légats; il poufâit craindre que le Saint-Père ne rentrât dans une alliance dangereuse avec la cour impériale.
Mais la campagne d'hiver faite l'année précédente en Saxe exigeait une compensation. Karl ne demanda donc pas, au printemi)s de l'an 786, une expédition de ses vassaux et de ses fidèles, mais il leur accorda le repos auquel ils avaient droit ; car les Bretons récalcilrans, qui se croyaient à l'abri de tout danger dans l'angle qu'ils occupaient et qui osèrent résister dans la Gaule à une oppression à laquelle, dans l'Ile de Bretagne, ils avaient cherché à se soustraire parla fuite, furent ramenés facilement à l'obéissance avec peu de troupes, par Radulf, grand écuyer du roi, sans qu'il fût nécessaire deconvoquer l'héribàn. Mais, sur la fin de Taotomne, le roi partit de Worms et se dirigea vers les Alpes ; car les Franks devaient être facilement convaincus que l'on n'arriverait à aucun résultat dans l'Italie inférieure si l'on remettait l'expédition au printemps et si peutêtre on perdait en marches la meilleure partie de la plus belle saison. Karl célébra la fête de Noël à Florence ; puis il accourut à Rome, décidé à attaquer aussitôt le duc de Bénévenl. Aragis, effrayé, envoya son fils Rumoid, avec de grands présens, à Rome, vers Karl , et pria j« roi de ne pas entrer sur les terres des Bénéventins, lui annonçant qu'ils étaient prêts à obéir à ses ordres. Mais le pape, dont les anciennes inquiétudes n'étaient pas calmées j dissuada le roi d'accepter ces conditions ; les conseillers et les serviteurs de Karl ne voulaient pas non plus qu'on laissât encore une fois ces affaires dans l'incertitude ; il f^^' lait en finir. Le roi s'avança donc avec son armée vers Capoue en Campanie et commença les hostilités contre le duc. Aragis avait entouré la ville de Bénévent de grandes fortifications ^ il l'avait garnie de guerriers et de niunitions. Il parait aussi qu'il risqua une bataille*