‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 184 sur 298 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

SYNODE DE FRANCFORT. — RENOUVELLE- MENT DE LA GUERRE CONTRE LES SAXONS.

De l'an 794 à l'an 799.

Pendant que les généraux de Karl et son propre fils achevaient des actions si grandes et si glorieuses, ce puissant roi lui-même ne se reposait pas. Dans ce même temps où la guerre avait recommencé contrôles Avares, Tan 794, il prit des mesures contre les Saxons pour étouffer rapidement et châtier cette fois encore leur soulèvement pour la liberté et pour la religion de leurs pères. Mais avant d'entreprendre celte lutte nouvelle, il Jugea nécessaire ou utile de rétablir la paix dans TÉglise, afin que Ton ne perdit point, par les dissensions intérieures des Franks , ce qu'on avait pu gagner contre les ennemis de Tempire ; afin que TÉglise ne fût pas ruinée, tandis que la puissance augmentait.

Dés Tan 792, Karl avait assigné & Bati»bonnc Tévêque Félix d'Urgel, pour y rendre compte de son hérésie. Dans une assemblée de plusieurs évêques, Félix avait été contraint de reconnaître ses erreurs et de les rétracter; puis le roi Pavait envoyé à Rome, afin qu'il fît aussi sa renonciation devant le chef apostolique de rÉglise et qu'il se réconciliât avec la doctrine générale en obtenant du pape l'absolution de ses péchés. Félix satisfit aux exigences du Saiol- Père, reçut avec humilité la bénédiction apostolique et retourna dans son évêché. Mais sa renonciation à riiérésie fut considérée par les sectaires comme une trahison envers la vérité; et ce qui, à Ratisbonne et à Rome, avait été représenté à l'évêquc comme un devoir sacré, lui fut reproché en Espagne comme une faiblesse et une lâcheté. L'archevêque Élipand , en particulier, ne tenant pas compte de la dilTércnce qui existait entre sa position sous les Masulmans, et celle de l'évêque d'Urgel, s'opposa au rappel de cet homme, et mit par là le malheureuxFélix dans un tel embarras que, moios peut-être par zèle pour ses opinions que par colère et par honte, il retomba dans sesaociens péchés et défendit l'hérésie avec la plus grande opiniâtreté. A partir de ce temps, celle cause fit de grands progrès ; le monde chrêtient d'Occident commença à se diviser; la doctrine hérétique gagna un parti importantel menaçant, et la marche des choses ne put être prévue par personne.

Quelque désagréables que fussent ces choses pour Karl , soit sous le rapport de sa croyance, soit sous le rapport de sa politique, elles eurent des suites favorables pour la civilisation desoQ empire. Karl en effet déploya un grand xèic et de grands efforts pour faire rentrer dansledroit chemin des prêtres égarés -, mais il trouva bientôt que ses propres exhortations ne seraient pas suffisantes pour ramener ces hommes irooipés à confesser la doctrine générale et qu'il n'i avait pas dans son empire d'hommes capables de réfuter les défenseurs de l'hérésie parte puissance de leur génie et par leur instruclioa; il avait besoin d'auxiliaires étrangers, élit n'eut pas de repos qu'il n'eût décidé Alcuinà venir auprès de lui et â se fixer pour toujours dans Tempire des Franks.

Cet Alcuin était sinon l'homme le plus instruit, du moins probablement Thomme deli pl9s grande caHitre «cîeotiâqaoet dumeiU^t^

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