LIV. X, CHAP. XIII
goût de cette époqne. C'était un élève de la savante école dTork, dans Ttle de Brelagne. Il avait été lui-même placé à la tète de celle école y et celle-ci brillait bien au-dessus de tous les autres établissemens d'instruction publique du monde. Le merveilleux génie d'efforls scientifiques et de dévouemens pieux qui depuis quelques générations s'était répandu sur la Bretagne et sur Tlrlande, et de ces pays parmi les peuples du continent , avait établi son siège à York ; là était la source de Térudition , là le foyer de l'enthousiasme religieux qui poussait les hommes à toute espèce de sacrifices et à toute espèce de travaux pour le Seigneur et la vérité. Alcuin avait bu avec une ardeur toute particulière à celle source et s'était avec intelligence chauffé à ces flammes , sans avoir été saisi ou consumé par elles (1); de plus, c'était un homme ou vertet loyal , qui craignait d'autant moins de dire partout la vérité qu'il avait plus d'adresse à l'exprimer, tantôt en plaisantant, lanlèt sérieusement , tantôt d'une manière flatteuse , presque toujours avec convenance et sans blesser aucun sentiment. Onze ans déjà passés , Karl, revenant de Rome, l'ftme remplie de grandes pensées et le cœur de sentilimens profonds , avait appris à connaître par hasard en Italie cet homme distingué , et le génie du roi avait été frappé de la conversation et du caractère du savant. Alors déjà il s^élait donné beaucoup de peine pour retenir à sa cour, près de lui, cet homme érudit et sage , parce que , malgré toute sa grandeur et toute sa fortune , il s'inclinait humblement devant le génie de la science, devant les connaissances et l'instruction , parce qu'il reconnaissait bien que la puissancede ce monde n'acquiert de valeur que par la culture intellectuelle. Alcuin toutefois n'avait pu se résoudre à renoncer à sa patrie et au théâtre de sa belle influence. Mais Karl ne l'avait jamais oublié. La conquête d'un homme plein degénio et riche en connaissances, d'un homme vertueux et moral , lui semblait un avantage plus grand que la conquête d'une province ; il en sentait plus que jamais le prix dans les circonstances présentes ^ il renouvela donc ses prières auprès d' Alcuin, et le zèle de celui-ci pour rÉglise orthodoxe était trop grand pour qu'il pût résister plus longtemps à l'invitalion du grand roi. Il se rendit auprès de Karl sur la fin de l'an 792 et entreprit aussitôt de s'opposer
au danger (2). Il ne réussit pas , il est vrai, à convaincre les hérétiques de Terreur de leurs opinions et à les ramener par celte conviction à l'Église universelle; mais il fut tellement enchanté de la grandeur de Karl, de son désir de s'instruire , de son enthousiasme pour la science, pour tout ce qui est grand et bon, qu'il ne quitta plus l'empire des Franks , mais qu'il y resta Jusqu'à sa mort , en y provoquant, en y répandant, en y soutenant la science et en créant mille fondations diverses ; il donna par là un bel exemple aux siècles suivans. Celte influence, dont il sera question plus tard, fut sans doute plus importante pour le génie et la civilisation que ne l'aurait été une victoire sur la doctrine hérétique des èvêques espagnols.
Mais celle victoire aussi fut remportée. Karl réunit, l'an 794, les évOqucs de son vaste empire, du Teutschland, de la Gaule, de l'Italie et des provinces espagnoles, en un grand synode à Francfort-sur-le-Mein , lieu (3) dont en celle occasion il est question pour la première fois , sans que le palais du roi qui s'y trouvait eût déjà annoncé d'avance la haute importance et l'utile éclat que Francfort devait acquérir dans la suite. Environ trois cents èvêques parurent dans cette réunion devant le roi ; parmi eux il y avait deux légats de l'Église romaine, comme reprèsenlans du pape ; il y avait même parmi eux quelques savans de Bretagne , et Alcuin obtint un siège et une voix comme un èvêque de l'empire, sur les instances du roi, qui voulait le décider de plus en plus à rester dans son empire.
Il se fit sans doute dans cette assemblée des
actes relatifs aux affaires générales de l'Eglise et destinés à augmenter la sécurité des ecclésiastiques et à améliorer l'ordre. On prit aussi sur des choses temporelles des résolutions qui vraisemblablement furent soumises à l'acceptation des vassaux laTques et des seigneurs de l'empire (4). Puis les erreurs de l'évêque Félix d'Urgel furent examinées , et les pères assemblés rejelèrent unaniment cette hérésie. « Le fils de Dieu , déclarèrent-ils , est devenu le fils de l'homme; il est, selon la vérité de la nature, né de Dieu, fils de Dieu , et selon la vérité de la nature, né de l'homme , fils de l'homme ; il est vraiment Dieu et vraiment homme , fils unique selon les deux natures. » Les respectables pères ne manquèrent pas d'ordonner aux prêtres hérétiques d'Espagne d'admettre cette
HISTOIRE DU PEUPLE ALLEî\UND.
doctrine , formulée de diverses manières, elle roi lui-même eul soin de les exhorter à la reconnaître. Mais commcul aurail-il élé possible de convaincre des hommes de Tunilé de deux choses qu'ils avaient déjà si fortement distinguées ? Ils étaient sortis de la foi en ce grand mystère , et ils ne trouvaient plus de chemin pour y revenir. Bien plus , ils restèrent dans le cercle de Tintelligence et cherchèrent, sous Tempire de la nécessité, à franchir par l'intelligence rabtme qui se trouvait toujours enire leur raison et leur foi*, et Karl se tranquillisa vraisemblablement sans peine sur les idées de quelques ecclésiastiques , après avoir acquis la conviction qu'il n'en résulterait aucun ébranlement pour l'unité de l'Église et aucune suite désavantageuse pour son trône et son empire. Mais il fut plus difficile de décider un autre point qui fut mis en délibération et qu'on chercha à expliquer dans cette assemblée : nous voulons parler du culte des saintes images, que le synode de Nicée avait approuvé et sanctifié. Ce n'était pas seulement la chose elle-même qui inquiétait et aigrissait le roi et le clergé de Tempire des Franks ; ce qui les exaspérait surtout , c'est que le synode de Nicée s'était posé comme concile général , bien que de tout l'Occident personne n'y eût assisté, si ce n'e^ t les légats du pape. Le roi dut considérer cette dénomination comme une grande usurpation de la cour impériale de Constantinople qu'il ne pouvait supporter, dans sa préférence pour Rome et pour l'empire romain ^ et, bien que les ecclésiastiques honorassent volontiers Tévêque de Rome comme le chef de l'Église , parce que les églises ne se formaient et ne pouvaient se former que par lui , ils ne pouvaient pourtant concéder que le pape discutât et résolût , par lui seul et sans les consulter, avec les évêques d'Orient les questions relatives à l'Église et à la foi , pour ne leur transmettre ensuite les résolutions prises que comme un ordre à suivre. En même temps, le roi devait voir quelque chose d'équivoque, de douteux et de dangereux en ce que le pape de Rome ne prenait place parmi les évêques de l'empire romain d'Orient que comme un égal parmi des égaux , tandis qu'il pouvait exercer, en sa qualité de chef suprême de l'Église , une influence incalculable sur l'empire des Franks. Il est possible et vraisemblable que Karl tint plus de compte de la confusion politique dans
cette position que des intérêts de la foi, et qu'il n'embrassa énergiquement ceux-ci que parce qu'ainsi il s'assurait mieux du clergé de son empire. Quoi qu'il en soit, une violeole agitation tourmentait les esprits. On availécrit un libelle énergique contre le culte des images, et ce livre , soit que Karl l'eût approuvé, »oit qu'il en eût provoqué la rédaction, peut-être même parce qu'il y participa effectivement, a été décoré du nom de ce prince. Dans cet écrit, qui prouve en tout cas des connaissances Tariées, les principes du synode de Nicée forent discutés dans un langage hardi et vigoureux; ils y furent réfutés par ioules les ressources de la dialectique. Il peut être vrai que l'asseoh blée de Francfort ,qui se trompa mCmean sujet du nom de la ville où le synode d'Orient avait été tenu, se soit trompée aussi sur le véritable sens des résolutions de ce synode. II peut être vrai que les pères assemblés, quioe savaient pas le grec et ignoraient les mœurs et les usages de l'Orient , aient donné aux pardei de ce synode un sens qu'elles ne devaient pas avoir. Il peut être vrai, en particulier, qa'ils aient confondu le culte des saintes images avec l'adoration qui n'est due qu'à Dieu. Mais il n'est pas moins vrai que le roi et les évêques assemblés rejetèrent à runanimité les résolulions du synode de Nicée, qu'ils prononcèrent l'excommunication contre tous ceux qui défeodraient ou reconnaîtraient ses doctrines , et en même temps ils repoussèrent les prétentioni en vertu desquelles ce concile avait été appei<^ universel par rimpératrico Irène et par son fil^ Constantin.
Cette déclaration de l'assemblée de Franc-
fort était sans doute de nature à mettre le m et le pape dans une position hostile Tun contre l'autre et à rompre les anciens liens qui semblaient unir la puissance de l'un et la force w l'autre -, mais, précisément pour cette raison, on n'en vint pas aune rupture. VraisembteW^ ment l'approbation du chef suprême del'ËS''^ fut sinon réservée expressément, du moins supposée et attendue par le roi et les pères du concile. La grande considération dont jou'^" sait le pape dans tous les pays de l'empire de< Franks permet à peine de supposer qoc ic* ecclésiastiques se soient permis de décider de* choses ecclésiastiques contre le pontife oj même sans son assentiment -, ils auraient par déclaré l'Église dissoute. La position de Kan
LIT. X, CHAP. Xni.
regard du pape et. les relations do sa famille ne permettent pas de penser que le roi ail pu avoir le projet de décider des affaires ecclésiastiques contrairement à la volonté du pontife. Il aurait détruit lui-même son propre ouvrage et celui de son père et de son aïeul , et sa conduite dans TalTaire des hérétiques espagnols , dont on vient de parler, prouve qu'alors comme auparavant il s'efforçait avant tout d'agir d'accord avec le pape. Enfln la tournure que prit celte affaire semble prouver aussi que Ton ne voulut nullement faire acte d'hostilité contre le saint-siége ou lui refuser une voix décisive, mais qu^on désirait seulement et qu'on s'efforçait de se le concilier et de conserver fidùle- ' ment les idées de TOccidenl. Car le roi Karl envoya les actes de l'assemblée de Francfort au chef suprême et apostolique de l'Église, et bien qu'il cherchât à rendre par des expressions énergiques l'opinion de cette assemblée et ft|décider le pape à l'approuver, il ne poussa pas cette affaire à ses der-niéres limites et ne refusa pas au pontife la considération qui lui était due. Adrien était trop prudent pour prendre la chose dans son sens le plus rigoureux ^ l'amitié de Karl lui était du moins tout aussi nécessaire que son amitié l'était & Karl , et il ne pouvait en aucune façon se passer de tout le clergé de l'empire des Franks; car le majestueux édifice de l'Église avait été commencé dans un grand style, et le travail s'était avancé en peu de temps ; mais il s'en fallait de beaucoup qu'il fût achevé ; tout était nouveau et uni seulement par un lien très-faible^ il ne pouvait encore supporter de violentes tempêtes. Ce qui avait aussi contribué à cette grandeur des papes, c'est qu^ils s'opposèrent rarement aux exigences du temps, mais qu'ils y cédaient et se plaçaient comme au milieu d'elles pour les conduire et les diriger , ou bien qu'ils s'effaçaient et laissaient passer devant eux ce qu'ils ne pouvaient arrêter. Jusqu'à ce qu'ils trouvassent uno occasion favorable pour achever leur œuvre. Adrien ne faisait pas aisément un pas sur lequel il pouvait être forcé de revenir^ tnaiscequil avait saisi, il cherchait à le garder d'une manière ou d'une autre. Il écrivit à Karl avec précaution, avec réflexion, lui déclarant qu'il ne cherchait qu'à gagner du temps ^ attendant avec raison du temps le calme des esprits et la découverte de la voie véritable. Rarl, Wtralné par d'autres intêrêlî», perdit insensi-
blement de vue , à ce quMl semble, ce sujet de discussion qui , au milieu d'événemens nouveaux sur lesquels toutefois cette affaire ne resta pas sans influence , perdit aussi sa gravité. On laissa donc les chrétiens d'Occident sonder eux-mêmes les besoins de leur cœur, et honorer ou non, selon ces besoins, les sainte» imagos.
Si ces événemens ont un grand intérêt parce qu'ils font connaître l'esprit de cette époque , une scène d'une autre nature, qui se passa dans rassemblée de Francfort, produit sur l'âme uno vive impression. Tassilo, cet infortuné duc de Bavière, Jadis si puissant, sortit encore une fois de la solitude de son couvent et parut devant rassemblée de Francfort, sans doute devant les seigneurs laïques de l'empire aussi bien que devant les seigneurs ecclésiastiques ; Karl avait ordonné qu'on l'amenât (5j. Tassilo , en effet, avait renoncé six ans auparavant au duché de Bavière, dans la diète d'Ingclheim ; mais il possédait encore en Bavière, ainsi que sa famille , de grandes propriétés auxquelles il n'avait pas renoncé. Karl désirait vraisemblablement obtenir en partie ses biens et en partie les employer à récompenser l'attachement de ses fidèles. Peut-être en avait-il déjà disposé pour de telles récompenses, et peut-être les nouveaux possesseurs regardaient-ils leur acquisition comme incertaine tant que Tassilo n'aurait pas formellement-abandonné ses anciennes propriétés. Ce fut probablement pour cette raison que l'on chercha encore une fois le malheureux prince et qu'on le circonvint jusqu'à ce qu'il eût consenti à ce dernier sacrifice; ou bien était-il déjà entièrement mort au monde, et son cœur avait-il été tellement brisé qu'il no pouvait même fonder sur l'avenir aucune espérance pour ses enfans? Il parut devant l'assemblée comme un homme qui a déjà quitté la vie ; il avoua encore une fois les offenses dont il avait été accusé contre Pippin, père de Karl, et contre l'empire des Franks ; il avoua encore une fois sa perfidie contre Karl lui-même et demanda en conséquence pardon \ il renonça loyalement , dit-on, à toute colère et à tout ressentiment, fit en son propre nom et en celui de ses enfans , de ses fils et de ses filles, l'abandon de toutes ses propriétés légitimes en Bavière, déclara qu'il ne les réclamerait jamais, et laissa le sort de ses enfans à la merci du roi. Alors seulement Karl y pénétré de compassion
ttlStÔÎRE Dû Î*EUPLE allemand.
(tant lelangagedo ce temps est hypocrite), lui donna sa grâce entière et lui promit qu'il serait désormais en sûreté par la miséricorde de Dieu ; il le fit ensuite rcnlrcr dans le silence mortel d*un cloître -, mais il eut soin que la re* nonciation de Tassilo Tût confirmée à tout jamais par trois copies. A partir de ce moment, Tassilo est soustrait pour toujours , sinon h la compassion des hommes de bien, du moins aux yeux du monde, avec sa femme et ses enfans.
Aprèslaclôlurcdes actes de Francforletaprés avoir enseveli à Mayencc sa femme Fastrada , qui était morte durant ce concile, Karl accourut aussitôt en Saxe pour résister au soulèvement de ce peuple, et pour rélouffer. II avait divisé son armée en deux corps : avec Tun il pénétra luî-mCmc au nord dans la Saxe -, l'autre était commandé par son fils Karl ; il passa le Rhin prés de Cologne et se dirigea à l'ouest contre les Saxons. Ceux-ci avaient établi leur camp sur le Senfeld (6), entre lïeerbourg et Padcrborn, et ils paraissaient résolus à risquer une bataille -, mais lorsqu'ils virent les deux armées des Franks s'avancer contre eux ou les entourer, ils perdirent, sinon courage, du moins l'espérance de la victoire ; les faits sont inconnus. Les Saxons, vaincus sans combat, se soumirent tous, dit-on, à la puissance du roi , lui livrèrent des otages, et lui jurèrent de nou- Teau fidélité par un serment solennel; puis, ajoulc-l-on , ils retournèrent dans leurs cabanes, cl Karl repassa le Rhin pour rentrer dans Aix-la-Chapelle.
Mais les événomens de Tannée suivante, 797, font croire que Karl ne fil que négocier avec l'armée des Saxons-, que celle-ci obtint pcut- Clrc une libre retraite, et qu'ensuite les Weslfaliens se soumirent comme ils l'avaient fait plus d'une fois, ayant la fidélité dans la bouche cl la haine dans le cœur. En efiet, au printemps de celle année, le roi convoqua la diète ou le champ de mai àCulTeslein. aujourd'hui Kos- Iheim C7),en face de Mayencc, surleMeîn, et de lA il rentra en Saxe avec une armée. Il passa le Wcser, pénôtra dans le Bardengau et établit son camp auprès de Rardowik. Dans le courant de l'hiver, il avait établi des communications avec les peuples slaves de l'autre côté de l'Elbe, lesquels reconnaissaient sa suzeraineté, et le» Obolrites lui avaient promis de se jeter sur la Saxe. Osl à DardoNvik qu'il allendit leur ar-
nouvelle se répandit que les Obotrites avaient, il est vrai, passé l'Elbe, mais qu'ils avaicnlètô battus par les Saxons, et que leur roi , Wilzio, avait été tué dans un endroit appelé Luneo. Cet événement détermina Yraiscmblablenient Karl & la retraite ; car bien qu'on raconte que, dans l'exaspération que lui causa ce désastre, il ravagea au loin le pays des Saxons et en reçut encore une fois des otages , il n*est pprlé d'aucune action. L'on n'a pas de détails plus précis , et Karl repassa le Rhin. L'année suivante il n'alla pas plus loin ; la dispersion de ses forces empêcha sans doute toute action suivie-, il ne put que chercher à calmer jusqu'à un certain point l'esprit remuant des Saxons, afin que ce peuple n'étendît pas ses ravages au delà des frontières. Ces expéditions désastreuses n'eurent pas un but plus élevé, bien qu'il les fil dans toutes les directions et les poussât jusqu'aux extrémités du pays ; aussitôt qu'il était reparti et qu'il avait repris son séjour à Aix-la-Chapelle, où il avait, à cette époque, coutume de passer les mois de l'hiver, les Saxons se soulevaient de nouveau, et le ressentiment n'était pas diminué dans leur âme par la vue des cadavres de leurs parcns, de leurs femmes, de leurs enfans, ni par l'aspect des cendres de leurs cabanes et des plaines désolées de leur patrie.
La grande campagne môme que Karl enlreprit en 797 n'eut pas un plus grand résultat : \^ Saxons, hors d'étal de tenir la campagne, s'é' taient retirés dans leurs marais, dans cesplain(^ grasses, humides et impraticables qui forment l'angle enlrc l'embouchure de l'Elbe et du AVéser dans la mer, et ils avaient fait des abaliset des relranchemens dans celle contrée appciê^î Wihmodengau (8). Comme ce pays était habité et que, par conséquent, il était protégé paf des digues contre les flots de la mer, on pcwl conjecturer qu'alors déjà, comme aujourd'hui, il était entrecoupé de fossés , parce qu'aulrçment Técoulemenl nécessaire des eaux aurai* été impossible. Mais ces fossés, qui ordinairement sont à peine éloignés de cent pieds 1^ ims des autres, rendirent plus faciles la ruplurc et la destruction des roules que du reslc une seule pluie pouvait rendre impraticables. Cependant Karl, grâce sans doule à la sécheresse de l'été, surmonta les difticultés que prèscnlail un tel territoire -, il s'avança dans le Wihmo-
rivécpnais ils ne vinrent pas. D'aulre part, la I dcngau jusqu'au pays de nodeln^dansledcrnici'