‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 187 sur 298 · OCCIDENT · texte numérisé non relu

OCCIDENT

Do ran 709 à Tao 800.

Quatre ans avant cet événement ^ à la fin de Tannée 795, le pape Adrien I" était mort, et Karl , le puissant roi, avait versé d'honorables larmes sur la perte de ce pontife ; car, bien que dans les derniers lempSjUnedifTérenccd'opinion au sujet du culte des images se fût élevée entre les deux princes, leur ancienne amitié n'en avait pas souffert j en effet, bien qu'elle fût née des circonstances , elle était fondée sur une estime réciproque. Karl avait honoré dans Adrien, non-seulement la dignité sacerdotale, Tespril religieux, la douceur , la sensibilité et )a suprématie de chef de TÉglise, mais aussi l'homme de génie, Thomme instruit, civilisé et délicat dans ses goûts. Il a hautement exprimé ce sentiment devant ses contemporains et devant la postérité (1).

Immédiatement après la mort d'Adrien, le môme jour où ce pape quitta la vie, le 26 décembre, un autre pape avait élé choisi avec une précipitation inouïe, et il avait pris le nom de Léon III. Cette grande précipitation dans réicclion, que suivit dès le lendemain, avec une précipitation non moins grande, la con- "sécralioQ du nouveau pontife, semble encore plus singulière sil est vrai , comme on Tassure, qu'elle obtint Tassentiment le plus unanime de tous les ecclésiastiques, de tous les personnages illustres et de tout le peuple romaiu. Sans doute les qualités et les autres vertus dont jusqu'alors Léon avait donné des preuves constantes dans ses fonctions et dans ses dignités ecclésiastiques, son érudition et 8a profonde connaissance des saintes Écritures , sa chasteté , son éloquence , sa fermeté , sa sérénité , sa douceur, sa bienfaisance , sont dignes de la plus haufe estime. Sans doute on croit qu'étant digne de Taffeclion de tous, il fut aimé de tons. Cependant, à cette époque même , on ne put expliquer l'unanimité qui présida h son élection qu'en supposant qu'une inspiration divine gagna soudain Jes cœurs ù un seul et à un tel homme. Il ne paraît pas toutefois que celte supposition ait généralement satisfait les hommes de ce siècle : aujourd'hui encore, une certaine médance nous

conduit à nous demander si tous tes rooTcn qui amenèrent ce fait ont été bons cl légiliines, ou si plutôt on ne mit pas en œuvre mille artifices pour assurer, à tout événement, la dignité pontificale à ce prêtre si vanté, à ceGk d'Azuppius. De mémo dés lors beaucoup d'hommes semblent avoir conçu le soupçon que toutes choses ne se passèrent pas comme elles auraient dû se passer, et ce soupçon, auquel le roi Karl ne pouvait rester étranger, semble avoir donné lieu à des investigalioDS cl à un certain espionnage : puis les bruits qui résultèrent de ces investigations prirent tani de force que le pape Léon fut accusé des crimes les plus affreux. L'histoire de ces relations ne peut assurément être écIaircîe:aucoD écrivain n'a signalé les crimes dont on accih sait le pape. Tous ceux qui tenaient à mainleoir l'unité de l'Eglise, ù assurer son existence el ses progrès , avaient intérêt à éviter tout èclal. Tous les évêques et d'autres ecclésiastiques, qui avaient reçu de Léon III la consécration sacerdotale , durent particulièrement emp^ cher, par tous les efforts, que la légitimité de son élection fût révoquée en doute ou qu'H fût prononcé que cette élection avait élé an)enée par des crimes. Ils évitent par conscqucDl toute assertion précise; mais les évéDcmeo» parlent et semblent témoigner pour l'opinioQ que nous venons d'exposer.

Léon III avait à peine pris possession du saint- siège qu'il envoya une ambassade à Karl , roi des Franks , pour renouer cl resserrer les liens de leur ancienne amitié; el Léon? dit-on , alla plus loin qu'aucun de sesprédc- | cesseurs, pcul-êlre parce qu'il avait la ^^ science que bientôt il aurait plus besoin qu eut de la faveur el de la bonne volonté du roi. Il envoya, dit-on, à celui-ci, entre autres pr^ sens , les clefs du tombeau de saint Pierre cl même les étendards de la ville, priant Karl de déléguer à Rome un de ses couscillcrs poQ^ décider le peuple romain à se soumettre P^^ serment à sa foi et ù son autorité. Le seul écrivain qui nous fournisse cette indication dg saurait être récusé, car c'est £inhard. Cependant il est ditficile de dire quelle importance on peut donner à ces paroles, cl quel sons Eio* liard leur attribuait; il est plus difficile enctrc de dire s'il a transmis exactement les teriae* du message pontifical cl, dans ce cas, q^>^''^ pensée le pape voulait exprimer, Au«i ^^

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