‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 188 sur 298 · LIV. X, CHAP. XIV · texte numérisé non relu

LIV. X, CHAP. XIV

peut-on conclure de celle indication que le pape ail désiré que Karl 8e déclarai inatlre de la ville de Rome cl de son territoire. Si Tamitié prolecirice de Karl devait avec raison ôlre importante pour lui , la domination absolue de Karl ne pouvait lui être avantageuse. Bien plus , il est vraisemblable qu'ily a dansEinhard un malentendu, et qu'il a donné une trop grande importance au don brillant et aux pa-rôles flatteuses par lesquelles le nouveau pape chercha à gagner la faveur du roi -, du moins il ne se trouve aucune trace que le moindre changement ait été introduit dans les anciennes relalions. Einhard ajoute, il est vrai, qu'Ângilberl, favori de Karl, abbé du monastère de Saint-Riquier, à Tembouchure de la Somme , fut délégué par le roi à Rome ; mais il n'indique avec précision qu'une seule des missions données à cet envoyé royal , à savoir : qu'Angilbcrl remit au Saint-Pére une grande partie des trésors qui avaient été enlevés aux Huns ; il donne encore bien moins des détails salisfaisans sur les actes d'Angilbert à Rome. D'autre part , deux lettres de Karl-le-Grand prouvent qu'il avait lui-même pris le message du pape dans tin autre sens que celui qu'Einhard semble lui attribuer. La première de ces lettres est adressée à Léon III : le roi lui témoigne la joie que lui cause l'unanimité de son élection et la fidélité qu'il lui avait promise; il désigne cette fidélité comme la fidélité de Tamitié : « De même, dil-il, que j'ai établi avec votre bienheureux prédécesseur les liens delà sainte palcrnilé,de même je désire conclure avec Votre Sainteté un lien indissoluble d'une égale fidélité et d'une égale aiïcclion. J'ai pour mission, avec le secours de la miséricorde divine , de défendre de tous côtés , à l'extérieur par les armes , la sainte Église du Christ , contre toute attaque des païens et tout ravage des infidèles, et de la consolider dans l'intérieur par la profession de la foi catholique ; votre obligation & vous, Saint-Père, est d'élever les mains vers Dieu, comme Moïse, et de soutenir mon service militaire par vos prières. » La seconde lettre est écrite à Angilbert; elle contient des instructions sur la conduite que cet envoyé doit tenir envers le pape^ et pas un seul mot ne nous autorise à supposer que Karl se soit considéré comme placé, à l'égard de Rome et du siège apostolique, dans une autre position qu'auparavant; la lettre, dans tout son con-

tenu , n'exprime que le désir que le pape soit en général actif et loyal , et qu'il se montre pour le roi un père pieux.

Si donc il peut ôlre vrai que l'incertitude des relations qui avaient existé jusqu'alors à Rome soit devenue bien plus grande par l'avénemenl de Léon III au saint-siège, il n'est pas douteux non plus que ce pape exerça la même puissance que ses prédécesseurs, sans y rien ajouter, sans en rien perdre \ mais les soupçons éveillés par son élection ne s'évanouissent point; ils aiguillonnent au contraire de plus en plus les âmes et rendent notre esprit plus défiant. Trois ans et quatre mois s'écoulèrent; pendant ce temps, l'ancien ressentiment continua à se développer chez les adversaires du pape ; de nouveaux actes que personne ne connaît peuvent avoir augmenté le nombre de ses ennemis ; pourtant l'apparence de l'ordre fut conservée , soit que le pape fût trop insouciant , ou que ses ennemis eussent su cacher avec une adresse perfide leurs intrigues haineuses; soit, ce qui est plus vraisemblable , qu'un petit nombre seulement fût instruit de ce qui devait arriver. Le 25 avril dé l'an 799 , l'éclat eut lieu , mais les événemens de ce jour ne nous ont pas non plus été transmis avec la simplicité et la loyauté qui conviennent à l'histoire; bien plus, la passion a dominé dans le récit des actes comme dans les actes eux-mômcs; et, comme l'on désirait élever et augmenter aux yeux du monde la dignité et la sainteté du pape, on s'est plus efforcé de tout rejeter dans le monde du merveilleux que de tout restreindre au cercle de la réalité et de la vérité. Paschalis et Gampulus , deux des ecclésiastiques les plus distingués de Rome et cousins du dernier pape Adrien , furent, diton, les auteurs d'une conjuration, dirigèrent ou accomplirent l'œuvre de cette journée* Mais, comme conjurés, ils n'avaient su ni choisir leur temps ni accomplir sans crainte une entreprise formidable, en sorte qu'ils sembleraient avoir été impliqués dans les événemens par accident plutôt que par préméditation. C'était un jour de fêle : le pape, ainsi qu'on le raconte, voulut se rendre achevai du Latran à l'église de Saint-Laurent, où lo peuple s'était réuni pour une grande procession. En chemin, Paschalis s'approcha de lui pour s'excuser de ne pouvoir, par des motifs de santé, prendre part & cet acte pieux ; bien^

tôtCampulusse joignit à eux, ctTun et Faulrc accompagnèrent lo pape en renlretenanlamica- Icincnt; mais près du clottrc de Saint-Élienne, une bande armée se précipita en avant , mit en fuite les hommes qui entouraient le pape, se jeta sur celui-ci , le renversa de cheval , le précipita à terre et le maltraila de la plus alroco manière. On prétendit môme qu'ils arrachèrent les yeux au Saint-Père et lui coupèrent la langue. Après ce crime, les coupables s'enfuirent; inais Paschalis et Campulus , qui étaient restés debout à côté de lui , portèrent la victime dans réglise du couvent, et le laissèrent devant l'autel étendu à terre et nageant dans son sang. lia renommée ajouta que ces deux prêtres curent la cruauté d'accomplir ù cette place seulement l'extirpation des yeux et de la langue. Dans la nuit , le pape , par les soins de ces ecclésiastiques, fut porté dans le cou vent de Saint* Érasme, et des hommes superstitieux annoncèrent que Dieu rendit , par un miracle , au pape, sur la rouie de oe couvent, les yeux et (a langue. Il fut tiré de ce monastère par son fidèle camcricr Albinus et par d'autres hommes pieux , et porté dans l'église de Saint- Pierre, prince des apôtres. EnOn parut Winigis, duc de Spolète, avec une armée, et il conduisit le Saint-Père sain et sauf de Rome à Spolèto*

Sans doute des renseignemcns divers sur la nature do cet événement arrivèrent bientôt à Karl ; ils devaient être défigurés par les passions des hommes, par l'exagération et les contradictions. Le pope et ses partisans se h&téfcnt certainement d'instruire de toutes ces choses leur protecteur, afin que la première impression qui devait réiiulter du tableau de leurs dangers et du miracle accompli par le Seigneur décidât l'ûme du pieux roi. Les ennemis du pape ne perdirent pas de temps non plus pour faire parvenir à la connaissance de ce prince la cause et la marche des fuils , afin de détruire cette impression. Enfin , Karl avait eu lui-même vers ce temps , ù Rome, des députés qui avaient été témoins oculaires de cette catastrophe, et ces députés, parmi lesquels se ;irouvait l'abbé Wirad , et probablement aussi Arno, évêque de SnHzbourg, ne manquèrent pas certainement dinformcr le roi de ce qu'il était nécessaire de lui faire savoir. Le roi eut donc tous les élèincns d'une exacte j

apprcciaiioR df^s choses, et vraisemblablenient >

il fit cette appréciation. Si le pape avait luecombé, et si ses ennemis avaient réussi à placer un autre personnage sur le saint-siége, Karl, se rendant au jugement de Dieu, n'aurait peut-^tre pas lire vengeance du meurlre de Léon ; mais comme Léon avait été sauvé, el qu'il se trouvait sous la protection d'un duc frank , Karl devait nécessairement se pronoocer aussitôt pour le pape. Il lui était impoisi* bic d'approuver les désordres et la violeoce avec lesquels les ennemis du pontife avaiesl agi, lors même que do graves . accusalioos eussent pu atteindre Léon. Les conseillers de Karl pensaient aussi qu'il devait prendre le parti du pape, et en lui le parti de TÉglisc donl l'unité leur semblait menacée comme à luimême. « Sur toi seul, écrivait Alcuin au roi) repose le salut de l'Église et du Christ-, saisie vengeur du crime, le guide do Terreur, le consolateur de l'afiliclion , l'ami de la vertu. Lei temps sont difficiles ^ mais il est plus facile de supporter la douleur aux pieds qu'à la lèle; fais donc, si cela est possible , la paix avec le peuple impie des Saxons , laisse-lui quelque repos, afin qu'il ne t'échappe pas cntièrcmcDl endurci , mais qu'il soit maintenu dans l'csperaoce , jusqu'à ce qu'on puisse l'amener à la paix par de salutaires conseils; contente-loi de ce que tu as, pour ne pas perdre un plus graod bien en cherchant h en acquérir un moindre. Protège tes propres brebis, afin que les loup^ ravisseurs ne portent pas la destruction parmi elles. »

Karl venait do tenir à Lippeham le champ do mai , où la continuation de la guerre contre les Saxons avait été résolue, lorsqu'il reçut la nouvelle du crime accompli à Rome et delà fuite du pape-, il ne pouvait renoncer à rcxpédition ; mais il suivit le conseil d'Alcuin autant qu'il le put. Il envoya donc ses ordres d Mi officiers en Italie, avant tout sans doute au duc Winigis de Spolète, demandant que le pape se rendtt auprès de lui en Saxe; et, comme nous l'avons raconté, il établit son quartier générai à Padcrborn. C'est là qu'il attendit le pontife, et qu'il prit les mesures nécessaires pour le recevoir. Pendant qu'il faisait relever et augmenter les fortifications sur le Wéscr, il envoya son fils Karl , avec une partie de 1 ar* méc, sur l'Elbe , moins pour agir par les armes que pour une œuvre pacifique et pcrOde. Il devait terminer quelques afTairçs avec lei

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peuploe slavos, les WiUcs ot les Obolritcs, et | fuser, ol que la seule chose qui lui resfàl fut

de tirer le meilleur -parli possible d'un fuil inô«

xcccvoir quelques Saxons du Nord dans la fldélilé de son père. Mais il devait aussi s'cm* parer des Saxons qui semblaient les plus redoutables au roi, pour les transporter avec leurs femmes et leurs enfans dans Tintéricur âe la Gaule, les y disperser et les mettre par là bors d^élat de nuire. Du moins on assure que cette cruauté eut lieu , et que Karl distri* i>ua les biens de ces infortunés & ses fidèles , aux évêques, aux prêtres et à d'autres vassaux (â). C'est par ces artifices qu'il chercha à se rendre les mains libres pour ne pas être empêché dans une expédition au delà des Alpes.

Tandis qu'il se tenait dans son camp de Pa* derborn, il recevait sans doute continuellement des rapports d'Italie au sujet du pape et de Rome et de son territoire , comme aussi d'autres parties de son empire, sur l'impression produite par les événemens de Rome. Pendant que de cette manière il se voyait forcé des'occupcr beaucoup de Rome et de sa propre position À l'égard de cette ville, du pape et de l'état ecclésiastique de son empiré, il mûrit peut-être la résolution de profiter de Toccasion qui se présentait à t'improvisle, do se revêtir de la dignité tl'cmpereur romain , et de se déclarer mattro de Rome, avec des prétentions sur tous les pays qui avaient jadis appartenu à l'empire romain.

On ne peut le nier, cette pensée peut sembler hasardée et même téméraire \ car il est impossible de déterminer par des témoignages historiques qui du pape Léon ou du roi Karl a parlé le premier du renouvellement de l'empire, et l'on ne peut pas décider davantage quelle idée l'un ou l'autre a pu se faire de ce renouvellement. Dieu seul voit la pensée intime de Thomme, et ce qui s'accomplit dans le mystère n'entre pas dans le cercle de Thistoire. Mais s'il ci^t permis aux critiques de compléter par la connaissance du caractère et des sentimcns de l'homme les anneaux qui manquent dans la chaîne des événemens, pour en soumettre les fragmens brisés é la corrélation , qui seule peut faire comprendre les phénomènes de la vie, et qui , précisément pour cette raison, est un besoin immédiat de l'esprit humain, on peut encore moins nier que le renouvellement de l'empire ne doit pas être attribué au pape, mais au roi , que le premier ne fit qu'accorder dans son danger ce qu'il ne pouvait re-

vitablo.

Le pape, en effet, ne pouvait absolument calculer les suites du rétablissement de la di^ gnilé impériale, et pour cela même, il était impossible qu'il la désirât et la voulût. Toute sa position à l'égard du peuple romain pouvait changer *, le nouveau seigneur territorial pouvait lui devenir très à charge et faire sans peine redescendre son siège apostolique de la hauteur où le besoin des peuples l'avait élevé au milieu de circonstances incertaines et douteuses. Son influence sur l'Église de l'empire grco et de tout l'Orient pouvait être perdue pour toujours, et avec la puissance toujours croissante qu'il exerçait en Occident, il lui était im« possible de renoncer alors déjà aux affaires d'0« rient*, il, n'était d'ailleurs nullement certain qu'en général le pape eût pu exercer sa domination sur une partie seulement du monde chrétien, si cette domination n'était pas recon* nue dans ce monde tout entier.

Chez Karl , au contraire , le désir et la volonté d'être reconnu empereur romain semblaient assez faciles à concevoir et à s'expliquer d'après la nature des choses, d'après le caractère humain et la situation du monde; bien plus, ce désir et cette volonté semblent avoir été presque nécessaires.

Avant tout, il est certain que Rome avait produit une impression profonde sur ce puissant roi. Depuis que, vingt-six ans auparavant, il avait vu pour la prenûôre fois la ville éternelle, elle avait toujours été présente é son esprit, sa pensée était dirigée vers Rome, sa pensée se reportait tout entière vers celte ville. La langue dans laquelle le génie des anciens temps lui avait parlé du haut des monumens, des édifices et des ruines de cette cité retentissait partout dans son empire et à ses oreilles. Il voyait dans les villes d'Ilalie et de la Gaule, et môme dans celles du Teutschland , sur la rive gaucho du Rhin et sur la rivo droite du Danube, des débris innombrables de la grandeur et de la puissance romaine, des lois et de la jurisprudence romaines, des mœurs

et Ses

usages

romains ; et les historiens 'de

Rome qu'il se faisait lire, dont il no pouvait apprécier la partialité cl les mensonges, dont le langage pompeux et les grands faits lui plaisaient, remplissaient son ânie d'idées sMblimes

HISTOIRE DU PEUPLE ALLEAUND

6ur la puissance e( la magnificence des Ro« mains. Il est donc facile de concevoir que Karl , en portant ses regards sur son empire, comparant les relations de Tépoquo romaine avec celles de sa propre époque, réfléchissant à Tabsence d*une capitale dans ses États, détournât les yeux vers Rome avec une certaine curiosité à laquelle il ne pouvait rattacher que de grands souvenirs.

Ce désir de voir Rome et de rétablir le nom romain fût peut-être augmenté par la position où le roi voyait le pape et rÉglisc. Le pape s'élevait bien au-dessus des évoques du monde chrétien ; il possédait une puissance incalculable, toujours croissante dans TOccidcnt, aussi loin que le nom chrétien était répandu , et il étendait son doigt vers TOrient. Bien des causes spirituelles et temporelles peuvent avoir contribué à élever le pape à cette hauteur et à lui donner cette influence; mais ce qui frappait tous les esprits, c'est qu'il était évêque de Rome, et que Rome l'avait amené à sa grandeur. Les ecclésiastiques d'autre part , serviteurs et propagateurs do la religion de Jésus-Christ, avaient acquis la plus grande considération et même une influence décisive parmi tous les autres peuples chrétiens d'Occident, et particulièrement dans l'empire des.Franks. Alais si l'on se demandait depuis quel temps et Jusqu'à quel point ils étaient arrivés à cette grande considération et à cette influence décisive, il n'y aurait d'autre réponse que celle-ci : C'était depuis qu'ils avaient étendu si loin le nom romain ; depuis qu'ils s'étaient soumis à l'évêque de Rome, comme à leur chef commun: depuis qu'ils avaient transformé les églises catholiques de la chrétienté en une seule église catholique romaine. Le nom de Rome avait donc fait sentir deux fois sa valeur. L'empire romain s^était étendu au loin sur les. contrées et sur les peuples; toutes les nationalités s'étaient écroulées devant la domination romaine : et maintenant l'Eglise romaine, bien qu'il s'en fallût de beaucoup que son édifice fût achevé, dominait également sur les contrées et sur les peuples, et Tes- I)oir d'arriver Jusqu'aux limites de la terre était neuf et vigoureux en elle. Mais l'empire de Karl embrassait aussi des pays et des peuples divers ; sous quel nom pouvait-il placer ces peuples pour leur donner uni) seule vie cl une seule tendance? Ce n'était assurément pas sous le nom des Franks; ceux-ci se présentaient

comme un peuple parmi les peuples, cl déjà on avait laissé aux Langobards leur nom national : les Bavarois même et les Tharingiens, et plus encore les Saxons, résistaient à ce nom, et leurs propres lois le faisaient repousser par eux ; il ne restait que Rome. De plus , la position où le roi des Franks se trouvai! à l'égard du chef suprême de l'Église catholique romaine, et où se trouvait celui-ci à Tégard de l'empereur de Constantinople, pouvait éveiller de sérieuses pensées. Les discussions sur le culte des saintes images , et la conduite du pape aux synodes de Nicée et de Francfort avaient donné de grandes leçons. On avait passé sur la chose elle-même , ou même on Favait mise de côté , mais elle avait révélé des relations singulières; et de nouveaux malentendus, de nouvelles discordes, de nouvelles discussions, pouvaient avoir do plus grands résultats.

Dans le fait , le roi des Franks pouvait trèsbien s'imaginer qu'il se trouvait dans une position doublement désavantageuse par la situation équivoque du pape envers l'Orient cl l'Occident.

Mais le titre d'empereur était inséparable du nom de Rome. Ni Karl-le-Grand, ni aucun de ses contemporains ne se faisaient une idée claire et précise de la véritable nature, de la véritable organisation de l'empire, tel qu'il s'était violemment élevé et malheureusement Tormé à Rome ; tel qu'il continuait à se maintenir misérablement à Constantinople. Ce qui le prouve, c'est que l'on considéra cet empire comme conciliable avec l'état de choses qui existait dans l'empire des Franks, avec le système féodal et avec une royauté entourée de vassaux ; bien plus, l'empire se présentait aux regards des hommes comme la plus haute puissance temporelle, entouré d'éclat et de dignité, alors encore, de même que dans les temps passés.

Lorsqu'Alcuin eut reçu la nouvelle des mauvais Iraitemens subis par le pape Léon III, lorsqu'il écrivit à Karl-le-Grand au sujet de crt événement et lui dit ce qui suit : « Jusqu'ici il y avait trois personnes au premier rang dans le monde ; d'abord la sublimité apostolique qui a coutume de tenir le siège de saint Pierre, prince des apôtres; ensuite vient la dignité impériale, la seconde puissance temporelle, enfin la dignité royale où la bonté de Notre-Seigncu

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